ET DES ÉVÊQUES
Les juges ordinaires stables après le Pape sont les Patriarches, les Primats, les Archevêques et les Évoques.
Des Patriarches.
331. — Le mot Patriarche dérive du Grec. « Patriarcha « graicum nomcn, dit Schmalzgrueber, summum Patrem,
« sive Patriim et Episcoporum Principem dénotât. » — T. 1, p. 236, n. 19.
Le Patriarche est un Prélat qui a la préséance sur les Évoques et môme sur les Archevêques non seulement d'une seule province, mais aussi de tout un royaume ou d'un empire ; il a dans toute l'étendue de son patriarcat une certaine juridiction, puisque l'on peut lui déférer les causes majeures qui en intéressent les sujets. — Can. Urhes, dut. 80.
Il n'y avait anciennement que trois Patriarches : ceux de RomCj d'Alexandrie et d'Antioche.
Aujourd'hui, on divise les Patriarches en majeurs et mineurs.
1. Les Patriarches majeurs, excepté le Souverain Pontife, ou le Patriarche de Latran, sont ceux de Gonstantinople, d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem.
Les Patriarches de ces sièges majeurs ne sont, aujourd'hui, que des Patriarches titulaires, excepté le Patriarche latin de Jérusalem y étahli par Pie IX, par sa constitution Nullo celebrior. Ce dernier même ne jouit pas des prérogaliA'es des anciens Patriarches. « Huic Patriarcha) fuerunt concessa jura solummodo metropolilica. » — Sanïi, lih. I, décrétai, p. 320.
En Orient, il y a cinq Patriarches catholiques de divers rites : ce sont : le Patriarche des Melchiles ; le Patriarche des Maronites ; le Patriarche des Syriens ; le Patriarche des Chaldécns; le Patriarche des Arméniens.
2. Les Patriarches mineurs qui, dans l'Église Latine, prennent le nom de Patriarches, avec la tolérance du Pontife Romain, ou en vertu d'une coutume très ancienne, sont les Patriarches de Bordeaux dans l'ancienne Aquitaine, de Venise, d'Aquilée, d'Ethiopie et des Indes.
3. Le pouvoir des Patriarches majeurs, jadis, assez considérable, n'existe, à vrai dire, plus aujourd'hui, puisque leurs provinces sont entre les mains des infidèles. Leur nom et leur dignité ont été conservés, mais leur juridiction a cessé.
Quant aux Patriarches mineurs, leur office et leur pouvoir se confondent avec ceux des Primats ou des Métropolitains.
Des Primats.
332, — Les Primats sont de certains Archevêques plus puissants, placés à la tête de métropoles plus importantes. En ce qui concerne leur office et leur pouvoir, ils ne sont pas distincts des Patriarches mineurs; ils ne s'en distinguent que par leur nom et leur titre.
L'Archevêque de Salzbourg, en Allemagne ; celui de Tolède, en Espagne ; celui de Gantorbéry en Angleterre prennent encore le titre de Primats. En France l'Archevêque de Lyon s'intitule Primat des Gaules, celui de Bordeaux Primat d'Aquitaine, et celui de Rouen Primat de Normandie.
« Le Pape Pie IX, dit M. l'abbé André, par un bref « spécial, reconnut, en 1851, le titre de Primat des Gaules « que l'Archevêque de Lyon prend dans ses actes oiïiciels. » — Cours de droit canon, au mot Primat.
Les Patriarches et même les Primats avaient autrefois le pouvoir :
1° De consacrer les MétropoUtains et de leur donner le ]}d\Yi\mï, postquam tamen ipsimet Patriarchœ, dit Soglia, a Romano Pontifice palliwn acccpissent. — Inst. jur. puhl., p. 299.
2° De recevoir les appels des sentences des Évoques, de convoquer les Évêques et les Métropolitains aux synodes ;
3° De suppléer la négligence des Archevêques dans la collation des bénéfices.
Mais ces droits sont totalement éteints : il n'en reste guère plus que les titres, de sorte que les Patriarches et les Primats ne sont en réalité désormais que de simples Archevêques.
Des Archevêques.
333. — L'Archevêque, comme l'exprime le nom luimême, est le Prélat Évoque qui a la préséance sur tous les Evêques d'une province ecclésiastique.
L'Archevêque est aussi appelé Métropolitain, parce que la yille où il réside est la métropole, ou la mère en quelque sorte des autres villes épiscopales de la province.
Les Évoques de cette province sont appelés suffraganls. (( Suffraganeus dicitur Episcopus une Archiepiscopo subdi- « tus. » — Gap. Pastoralis^ inprincip., de Offic. Or clin. ; cap. I, de Foro compet. in 6°.
L'Archevêque diffère des Patriarches et des Primats, en ce qu'il préside seulement à une province, tandis que les autres président à des royaumes entiers, ou à plusieurs provinces.
Il diffère des Évêques, en ce que sa juridiction s'étend à toute une province, où à plusieurs diocèses. Il est cependant certains Archevêques — c'est l'exception -r— qui n'ont aucun diocèse suffragant.
Quel est le pouvoir de l'Archevêque?
Ce pouvoir est triple.
1 . L'un est propre à l'Archevêque lui-même : c'est celui qu'il a sur le diocèse qui lui est immédiatement soumis.
2. L'autre concerne les Évêques suffragants, non exempts, de sa province.