LA FOI CATHOLIQUE
111. — Après avoir posé la sainte Trinité comme principe et base du droit canonique, le compilateur des Décrétales réfute les erreurs contraires cà ce dogme fondamental, déclarant la nécessité pour tous de professer la foi de l'Église romaine. — Gap. I, Fi7initer credimus — cap. ii, Damnamus ergo et reprobamus.
Gette foi s'impose donc à tout homme, quel qu'il soit, cl principalement aux juges ecclésiastiques et civils ; elle s'impose à toute société, soit ecclésiastique, soit civile, soit politique, soit domestique, sans aucune distinction.
« Qui non credidcrit condemnabitur, » Usons-nous, au dernier chapitre de l'évangile de saint Marc. « Sine fide impos- « sibile est placere Deo, » dit aussi l'apôtre saint Paul dans son épître aux Hébreux.
Gela étant, nous formulerons, avec M^'' Grandclaude, les trois corollaires suivants :
122 PRKMIER LIVRE DES DÉGRÉTALES
1° Elle est fausse et hérétique la doctrine du rationalisme moderne enseignant que les hommes sont libres de ne pas embrasser la vraie foi.
Aussi, le Syllabus a-t-il condamné, dans son paragraphe III, les deux propositions qui suivent :
« XV. — Il est libre à chaque homme d'embrasser et de (( professer la religion qu'il aura réputée vraie, d'après les « lumières de la raison. »
« XVI. — Les hommes peuvent tromper le chemin du « salut éternel et obtenir ce salut éternel dans le culte de (' n'importe quelle religion. »
2° Elle est fausse et pernicieuse, la doctrine du libéralisme actuel qui exempte les sociétés poHtiques de l'obligation de se soumettre à la vraie foi.
Aussi, dans son paragraphe X, le Syllabus a-t-il condamné les propositions LXXVII et LXXVIII, ainsi conçues :
« LXXVII. — A notre époque, il n'est plus utile que la « religion catholique soit considérée comme l'unique religion « de l'Etat, à l'exclusion de tous les autres cultes. »
« LXXVIII. — Aussi, c'est avec raison que, dans quelques <( pays catholiques, la loi a pourvu à ce que les étrangers qui « s'y rendent y jouissent de l'exercice public de leurs cultes <( particuliers. »
3" Elle est pernicieuse et fausse, la doctrine du libéralisme dit catholique qui, entre autres erreurs, soutient que la liberté civile des cultes est, en soi, une chose bonne, ou, du moins, nullement nuisible au bien de la religion.
Aussi, au paragraphe X du Syllabus, la proposition LXXIX, formulant cette doctrine, a-t-elle été condamnée. Voici cette proposition :
« Il est faux que la liberté civile de tous les cultes, et que « le plein pouvoir laissé à tous de manifester ouvertement « et publiquement toutes leurs pensées et toutes leurs opi- « nions jettent plus facilement les peuples dans la corruption
des mœurs et de l'esprit, et propagent la peste de l'inditte- « rentisme. »
Une autre erreur du même libéralisme consiste à proclamer, en principe, la liberté de conscience, ou à dire, par exemple : l'obligation de croire aux dogmes de la foi catholique n'existe que pour ceux qui sont persuadés ou convaincus de la vérité de ces dogmes.