VENTS POLAIRES. PAMPEROS
Si le temps se couvre pendant Avant les vents de S. O., ou les calmes , qui ordinairement sont pamperos , le temps est ordinairede peu de durée dans ces parages, ment très-incertain , les vents sont la première brise qui s’élève vient variables du N. au N. O., avec lesla plupart du temps du N. au N. N. quels le mercure descend considé- E.; elle fraîchit progressivement, rablement-, mais il s’élève ordinaila pluie commence à tomber et le remeot un peu avant que le vent
temps devient brumeux, principalement près de terre. Le vent continue à prendre de la force , et, à mesure qu’il fraîchit , il passe au N. N. O. et au N. O.; alors la pluie diminue, le ciel commence à s’éclaircir. Lorsque le vent est venu au N. O., il ne tarde pas ordinairement à sauter à l'O. S. O., dans des grains quelquefois très -violents , et c'est alors que le vent a le plus de force. Toutes les fois que ces vents d’O. S. O. et à grains ont acquis une certaine durée, ils finissent par venir au S. O., et le temps s’embellit; ils passent ensuite, mais rarement, au S. S. O.
et même au S. S. E.
tourne au S. O., et souvent il continue à s'élever, quoique le vent puisse augmenter de force.
Tandis que ces vents de S. O.
souillent, l’air est froid et l’atmosphère claire et élastique à un degré que l’on rencontre rarement dans toute autre partie du monde ; ils sont généralement suivis de quelques jours d’un beau temps serein. Le vent, étant plus modéré, passe au S. et varie ensuite vers
Nous avons eu occasion de remarquer que les pampcros , lorsqu’ils commencent, sont à grains et très-pluvieux , mais seulement pendant quelques heures.
L’analogie qui existe entre les vents polaires et les vents de S. O., nommés pamperos , nous semble démontrer que ceux-ci sont des vents polaires.
Leur violence, leur densité, ainsi que leur température froide, paraissent indiquer qu’ils ont commencé près des pôles ; s’il en est ainsi , ils doivent nécessairement passer au-dessus de la chaîne des Cordillères.
Les vents alisés du S. E. à l’E., qui souillent dans l’océan Atlantique méridional, passent au-dessus des Cordillères, et parviennent sur les côtes du Pérou.
Les vents sont en général faibles sur toute l’étendue de la côte du Pérou, comprise entre le Mono-TVlexillones ( lat. S.) et Lima. Pendant le jour, ils souillent de la partie du S., mais ils varient suivant la direction de la côte avec laquelle ils fout ordinairement, du côté de la mer, un angle d’environ 22 °. Dans les endroits où la côte court S. E. et N. O., les vents soufflent du S. S. E., et là où elle court N. et S. ils soufflent du S. S. O.; pendant la nuit il fait calme.
Des vents du S. a 1 E.; mais soufflant avec plus d’uniformité que ceux dont nous venons de parler, se font sentir au large de la côte et à une distance sujette à varier. Sur le parallèle d’Arica , on ne les trouve quelquefois qu à 3o ou 4o lieues de terre , souvent beaucoup plus près ;
mais, à mesure qu’on s'avance dans le N., on les ressent à une plus petite distance de la côte; sur le parallèle de Lima, on les trouve à moins de 10 à 12 lieues de terre.
De temps en temps des vents frais de l’E. S. E. souillent à la côte et dans les terres, pendant environ 3 jourâ, sans discontinuer.
Comment les vents du S. à l’E. parviennent-ils sur les côtes du Pérou ?
On serait d’abord porté à croire que les vents polaires, qui soufflent sur les côtes du Chili , tournent au S. et au S. E. en avançant dans le N., le long des côtes du Pérou ; mais les vents du S. à l’E. sont à peu près constants prés de cette dernière côte, tandis que les vents polaires ne le sont pas sur celle du Chili; il existe même une saison où les vents tropicaux du N. au N. O. y sont beaucoup plus fréquents que ceux du S. O. au S.
Si les vents polaires qui soufflent sur cette dernière côte formaient les vents alisés du S. à l’E., qui régnent à quelques lieues au large de la côte du Pérou, ils parviendraient nécessairement jusqu’au rivage, et ils auraient une certaine intensité; mais, pendant les séjours que nous avons faits , en 1822 et 1823, sur les côtes situées au S de Lima, nous n’avons jamais trouvé que de très-faibles brises, et nous ne connaissons qu’une circonstance où des vents du S. asseï forts s’y soient fait ressentir.
La mer qu’ils avaient élevée près de terre était telle , que le vaisseau américain, le Francklm, courut quelques dangers au mouillage de Quilca.
Des circonstances semblables à celles que nous venons de citer doivent être bien rares ; car, malgré que les fonds soient mauvais sur la partie de côte dont nous parions , il y a peu de parages où les bâtiments puissent être en plus grande sécurité.
Il existe une grande analogie entre les vents qui soufflent sur les côtes duPérou, et ceux qui régnent sur les côtes occidentales d’Afrique, de la Nouvelle-Hollande, de Madagascar, ainsi que sur la côte du Malabar. Sur toutes ces côtes, les vents soufflent du large pendant le jour, de manière que leur direction forme ordinairement, avec celle de la côte, un angle de 22". La nuit, il fait calme, ou bien la brise vient de terre ; à quelque distance de la côte , les vents alisés soufflent presque constamment.
De temps en temps , les vents alisés parviennent jusqu’au rivage des pays dont nous venons de parler; on les ressent même dans les terres : alors ils soufflent sans interruption pendant environ trois jours.
Nous avons à peu près la certitude que les vents alisés du N. passent au-dessus des terres de l’Afrique septentrionale; que ceux qui
soufflent sur les côtes du. Coromandel parviennent sur celles du Malabar. Nous avons lieu de croire aussi que les vents alisés du S., qui soufflent sur les côtes orientales de Madagascar, parviennent sur les côtes occidentales ; nous avons cru pouvoir conclure , par analogie, que les vents alisés du S., qui soufflent dans l’océan Atlantique méridional , passent au-dessus des Cordilières, et parviennent sur les côtes du Pérou.
Les vents du S. E. à l'E. soufflent, pendant toute l’année, au large des côtes du Brésil, situées au N. du parallèle de 20° environ. Près de terre , ces vents éprouvent des variations. Les vents polaires du S. S. O. au S. S. E., qui , depuis le mois d’avril jusqu’au mois d’octobre , soufflent souvent sur le parallèle du cap Frio, atteignent celui de Fernambouc.
A la même époque , des vents d’O. régnent quelquefois , pendant environ trois jours , sur les côtes du Pérou ; nous pensons que c’est dans les circonstances où les vents polaires du S. S. O. au S. S. E., soufflent sur les côtes du Brésil , car alors ils ue prennent la direction du S. E. à l’E. que près de l’équateur.
En jetant un coup d’œil sur la carte, on voit que les vents du S. S. O. au S. S. E. ne peuvent' pas passer au-dessus des Cordilières, dont la direction est presque S. E. i /4 S., et N. O. i /4 N., entre les
Ï arallèles de 1 8° et de 6° S. Les vents d’O. qui soufflent sur les côtes du érou sont alors les contre-courants des vents alisés du S. , qui soufflent constamment, et avec régularité, à environ i4o lieues de la côte.
Depuis le mois d’octobre jusqu’à celui d’avril , les vents de l’E. au N. E. se font ressentir près des côtes du Brésil; nous avons lieu de croire que ces vents, qui sont ordinairement modérés, n’ont lieu qu’à la surface , et que ceux du S. E. à l’E., qui soufflent au large de la côte , continuent à souffler dans les couches supérieures de l'atmosphère.