CHAPITRE VI
Considérations sur le Système du Monde, et sur , les pn^s futurs de l'Mtronomie
Xjs précis que noui tcdods d« dooaer de IhiOoue de rAatroaomie • oSre trois p^iodet biflo dÂttiDcU qui «e rapportant aux phénomène*, aui ia'a qui Ut régïiaent, et aux force* doBt cea lois dépendent , nout numtreRt U route que cett^ tcience a suirie ^ua aea progrèa , et qae les autres acience* nalDj-elles doiveot s«ivre i aoa exemple. Le premier période emJtrMae Ua obserraliau des Astronome autériepH k Copernic aur les apparences des mouremeos céLestea, et Ua faypetUses qn'ils ont imaginées pov expliquer cet apparceoes et pour lea soumettreaucftlctd. Dauit le secDDil période , Copernic déduit de ces apparences, les monremcns de U twfe sur elle-même et autour du soleil , et Kepler découvre les lois des mouvemens planétaires. Enfia dans le troisième période, Newton en s'appnjant sur ces lois, s'élère au principe de la gravitation unÎTerselle ; et les Géomètres appliquant l'analyse i ce principe , en font dériver tous tes phénomènes astronomiques et ]eS nombreuses inégalités du monvement des planètes ; des satellites et des comètes. L'Astronomie est ainsi devenue la solution d'un grand problème de Mécanique , dont les élémeus des mouvemens célestes sont les constantes arbitraires. Elle a toute la certitude qui résulte du nombre immense et de la variété des phénomènes rigoareusement expliqués, et de la simplicité du principe qui suffit seul A ces expUcatious. Loin d'avoir i
cnîndn qn^ln aitve oDOTean ne dëiAents ce j^rioeipe , oa pcot «ffinaer d'atftnce qae son moBTement j «ctk c»nibm« : c'eit oc qne ntma afoos ru Boiii>i]rfmes , i r^rd d'Uraotu et des qttatre planètes tëleacoptques récoDuaeiit d^coaTeites; et chaque apparition de comMe, en fournît nne noQTelle preuve.
Telle eM donc aans aucun (tonte, la co&sfitutioa du •jstime attire. Le globe inmenae du aolelt, Ibjer principal des monTcmens dlrers de ce aj'stènle , tourne en Ttngt-cinq jonn et demi sor Ini ttJme ! sa suifaee est recOuTert» d'an océan de matière laminetite : an~ddi , les plaititei arec leara satellites te meuTenl dans des co-bes presque circulalrea , et mu- des plans pea inclinas i IVquatetir Solaire. DHinioiabrables eomëtes, après s^Atre approokëes du s(4eil , s'en éloignent i des distances qui pronreat qne son eapîre sVlend Ibeanconp phls loin qne les limitas conttaes du systtaie planétaire. Nonsenlement cet astre agit par son attraction sur tous ces gl(^8 en les forçsnt i se monrt^ autour de loi ; mais il répand Sur enx , aa lumière et sa chaleur. Son action hienfaitante fait éclore lea animaux et les plantes qni conTient la terre , et l'analogie noos perte i croire qn'dlA produit de semblables eSets sur les planètes ; ear il est naturel de penser que la matière dont nous TOjons la Ucoadîié se développer en tant de manières , n'est pas stérile sor nnc aussi grosse planète qne Jupiter qui , otnnme le globe terrestre , a ses jours, ses nuits et ses années, et snr le^el les observations indiquent de» cbangemens qni supposent des forces très actives. L'homme &it pour la température dont H jouit snr la terre , ne pourrait pas , selon tonte apparence, vivre sur les autres planètes : mais ne doit-il pas j avoir une infinité d'organisatioiis relatives «as diverse» températures
5i8 EXPOSmON
des globea de «et oiÙTers? Si Li «enle différence dea éL^ens et des cUmats, met taat de Tiri^té dans le* productions terrestres; combien plus doivent différer celles dea diTerses planètes et de leurs satellites ? L'îmagioBtion la plus active ne peut s'en former aucune id^; mais leur existence est, au moins, fort Traisemblable.
Quoique les démens du système éta planètes , soient arbitraires ; cependant , ils ont entre eux , des rapports qui peuvent nous ëclairer sur son origine. En ie considérant avec attention , on est étonne de voir , tontes les planètes se monvoir autour du soleil , d'occtdeot en orient et presque dans un même plan ; les satellitea en mouvement autour de lenrs planètes, dans le même sens et à peu près dans le même plan que les planètes ; enfin , le soIeU, les planètes et les satellites dont on a observé les mouvemens de rotation , tourner snr eux-mêmes , dans le sens et i peu prèli dans le plan de leurs nuMivemens de projection. Les satellites offrent k cet égard , une singularité remarquable. Leur mouvement de rotation est exactement égal k leur mouvement de révolution , en sorte qu'ils présentent constamment le même bémispbère i leur planète. C'est du moins, ce que l'on observe pour la lune, pour les quatre satellites de Jupiter et pour le dernier satellite de Saturne , les senls satellites dont on ait reconnu jusqu'ici la rotation.
Des phénomènes aussi extraordinairas ne sont point dus k des causes irrégnlièras. En soumettant an calcul lenr probabilité , on trouve qu'il j a plus de denx cent mille milliards Ji parier contre un, qu'ils ne sont point l'effet du hasard ; ce qui forme une probabilité bien supérieure k celle de la plupart des événemens historiques dont nous ne doutons point. Nous devons donc croire , au moins avec la même confiance , qu'une
DU SYSTÈME DD MONDE. Si^
c«iue primîtÎTe a dirigé les mouvemens pUaëUîres.
Un autre phënomëne également remarquable du système «traire, est le peu d'ezcentricitë des orbei de» planëtea et des satellites , tandis que ceux des comètes sont fort tloogë&', les orbes de ce système n'offrant peint de nuances intennédiaires entre nue grande et une petite excentricité. Noos sommes encore forcés de reconnaître ici l'effet d'une cause régulière : le hasard n'eftt point donné une forme presque circulaire aux orbes de tontes les planètes ; il est donc nécessaire que la cause qui a déterminé les mouvemeus de ces corps, les ait rendus presque circulaires. Il faut d« plus, que la grande excentricité des wbes des comètes, et la direcUon de leur mouvement dans tous les sens , en soient des résnltab nécessaires , car en regardant les wbes des comètes rétrogrades , comme étant inclinés de plus de cent degrés à l'écliptique , on trouve que l'inclinaison moyenne des orbes de tontes les comètes observées approche beaucoup de cent degrés , comme cela doit être , si ces corps ont été lancés au hasard.
Quelle est cette cause prinùtÏTe ? j'exposerai sur cela , dans la note qui termine cet Ouvrage, une hypothèse qui me parait résulter avec Tme grande vraisemblance , ' des phénomènes précédens ; mais que je présente avec I la défiance que doit inspirer tout ce qui n'est point un / résultat de l'observation ou du calcul.
Quelle que soit la cause véritable , il est certain que les élémens du système planétaire, sont ordonnés de manière qu'il doit jouir de la plus grande stabilité , si des causes étrangères ne viennent point la troubler. Par cela seul que les mouvemeus des planètes et des satellites sont presque circulaires et dirigés dans le même sens et dans des plans peu différens , ce système
5ao EXPOSITION
ne' fiât qa'MciUer antoor d'na ^tU moyen dont il ne s'écarte jnnaia tjae de qnantités trèa petites. Lea moyona Bouvemeoa de rotation et de r^volation de ces divers ctvps sont uniformes , et lears distances moyvnno aux foyers des forces principales qni les anisBCnt, sont constantes : tootes les inégalités séculaires sont périodi- <pie8. Les plus ooDsidérablei sont celles qot affectent les mouTemeu de la Inné par rapport i son périgée, à ses nocnds et an soleil : elles s'elèveot k plusieurs circonférences ; mais après un très-grand n(»tthre de siècle* , elles ae rétablissent. Dans ce long interralle , tontes les parties de la surface lunaire se présenteraient succcuiTement à la terre i mus l'attraction du sphéroïde terrestre qui faisant participer la. rotation de la lune, k ces grandes inégalités , ramène sans cesse vers nous le m£me hémisphère de ce satellite , et rend l'autre hémisphère invisible À jamais. C'est ainsi (jue l'attraction récipTo<pie des trois premiers satellites de lupiter a primitivement établi et mai^ent le rapport que l'on observe entre leurs moyens mouvemens , et cpii consiste , en ce quels longitude moyenne du premier satellite, moÏDS troBs fois celle du second , plus deux fois «lie da troisième , est constamment égale à deux angles droit*. En vertu des attractions célestes , la gnindetv de l'année snr chaque planète , est toujours k très peu près la même : le changement d'inclinaison de son oiltite A son éqnatenr , renfermé dans d'étroites limites , ne peut apporter que de légères variétés dans la température des saisons. Il semble que la natnre ait tout disposé dans le ciel pour assurer la durée du système planétaire , pair des vues aemUables 1 odles qu'elle nous parait suivre si admirablement sur la terre , pour la oonscrratioa de* individus et pour la perpétuité de* eapèces.
DU SYSTÈME DD MONDE. 5a ■
C'est i^dcipilemrat à l'att^sctioii cUt grands corps pUcét an centre an Bjiltma det plsnètes et des ayatèmes deiatellitM, qu'citdne la itabilité'de ces ■yctëmo» que l'action mntnelle de tenu ces cturps et les attractions étrangères tendent tans cette h trooblcr. Si l'action de Jupiter Tenait à cesser ; ses aatellïtes que ntma voyons se mouvoir antoni' de lui suivant un <»rdre admirable, se disperseraient aosaitàt, ks uns en décrivant antonr du soleil des ellipses très alongées, les antres en s'^loî' gnant indrffîniment dans des orbes hyperboliques. Aloss l'inspeœdon attentive du système solaire , niras montre la nëcesnté d'une fiirce centrale très paissante , pour maintenir l'entemUe d'un système et la régnlarité de sta moavenens.
Ces considérations senlca explîqneraiest la dispoÀtion dn sptème solaire , si le Géomètre ne devait pas ëten> dre plus loin sa vue , et diercher dans les lois primordiales de la nature , la casse des pbrfnomènes le pins indiqua par l'ordre de l'anivers. D^jà quelqnes-iuw d'eux ont été ramenés i ces lois. Ainsi la stabilité des pMes de la terre à sa surface , et celle de l'équilibre des mers, l'une et l'antre si nécessaires i la coBSCrvation des ètm organisés , ne sont qa'un simple résultat du mouvement de rotation et de la pesanteur universelle. Far sa rotation , la terre a été aplatie , et son axe de révolotion est devenu l'un de ses axes principsnx; ce qui rend invariables , les climats et la durée du jour. En vertu de la pesanteur , les coucbes terrestres les plus denses se sont rapprocbées da centre de la terre dont la moyenne densité surpasse ainsi celle des eaux qui la recouvrent; ce qui fflffit pour assurer la stabilité de l'équilibre des mers, et pour mettre unjrein à la foreur desfioU. Ces phénomènes et quelques antres sembla- .
533 EXPOSmOK
blement expliqués , intoriacat i penier qae bxu dépendent de cea lois, pu dea ^apports plus ou moins cadi&, nui* dont il eit plus Mge d'avcaer l'ignorance , qœ d'y aabttitner des csnaes imaginées par le seni betoin de calmer notre inquiétude sur l'origine des dioses qui nous intâreisent.
Je ne puis m'emp^her ici d'obserYer combien Newton s'est écarté sur ce point, de la métbode dont il a iftit d'ailleurs , de si beureuaes applications. Depuis la publication de ses décourertes sur le système du numde et sur la lumiire , ce grand Geomitre Urré i des spëcnlations d'un autre genre , recborcba par quels motiû l'auteor de la nature a donné au sjslime solaire , la constitution dont nous stoos parlé. Après avoir exposé dans le scholie qni termine l'ouvrage des Principes *, le pbe'nomène singulier du mourement des planètes et des satellites , dans le m£me aeiu, i peu près dans nu mime plan et dans des orbes presque circulaires , il ajoute : « Tous ces monvemeos si réguliers n'ont point a de causes mécaniques, puisque les comètes se meu-
■ ' vent dans toutes les parties du ciel et datas des orbes » fort excentriques.... Cet edmiral)|e arrangement du a soleil, des planètes et des comètes, ne peut £tre que
■ l'ouvrage d'un être tnteUigeat et tout-puissant. ■ Il reproduit i la fin de son Optique , U m£me pensée dans laquelle il se serait encore plus confirmé , s'il avait connu ce que nous avons démontré , savoir que les conditions de l'arrangement des planètes et dés sateUites.
* Ce «diolie ne «e troore point duu k prenùire ^tioa «le l'ou- Tisge. n parait qae Hewtoa jotqu'Blon l'Aiît ludqaenent Utt^ aux Sdencei iiutlii!matiqiie* qu'il a , maUieiiieaiemeiit pour elles et poar n gli^ , trop tAt abuidoDDén.
DU STSTÈBŒ DU MONDE. 5a3
■ont prtfciatfmeitt celles qnï en aMnrent la stabilité. ■ Un
• deitia aveugle , .dit-il, ne ponTaît junaii faire mou- B voir aiiui toutes les planHes , â quelques inégalités
■ près & peine remarquaMes , qui peuTent provenir de k l'action mutuelle des planètes et des comètes , et qui
■ probablement deviendront plus grandes par une lon-
• gue suite de temps, jusqu'à ce qu'enfin ce système ait
■ besoin d'être remis en ordre par son auteur. • Mais cet arrangement des planètes, ne peut-il pas être Inîméme , an efièt des lois du mouvement ; et la saprJms inteltigeDce que Newton fait intervenir, oe pent-dle pas l'avoir fait dépendre d'un phénomène plus général? Tel est , suivant nos conjectures , celui d'une matière nébuleuse éparse en amas divers, dsos l'immensité des cienx. Peut-on encore affirmer que la conservation du système planétaire entre dans les vues de l'anteur de la nature ? L'attraction mutuelle des corps de ce système ne peut pas en alt&«T la stabilité, comme Newton le suppose ; mais n^ eût-il dans l'espace céleste , d'autre fluide que la lumière ; sa résistance et la diminution que son émission codait dans la masse du soleil, doivent à la longue , détruire l'arrangement des planètes ; et pour le maintenir , une réforme deviendrait sans doute , nécessaire. Mais tant d'espèces d'animaux éteintes dont H. Cuvier a su reconnaître avec une rare sagacité , l'organisation, dans les nombreux ossemens fossiles qu'il a décrits, n'indiquent-elles pas dans la nature , une tendaoce & cbanger les choses m£me les plus fixes en apparence ? La grandeur et l'importance du système solaire ne doivent point le faire excepter de cette loi générale; cor elles sont relatives à notre petitesse , et ce système , tout vaste qu'il nous semble, n'est qu'un point insensible dans Tunivers. Parcourons l'histoire des progrès de
5a4 Exposmon
Telprit boUaiii et de tei errean : non* j verrons l« cMuei ânfttea Tcoulrfès coasUmideat kux bontés de aea contuiidMti«ei. Ces catues que NewtOK tranporte axa Ihliites du système lolaû-e, éteiebt, de «m tempe même, plic^s dftDt l'efanosplière , pour ex^qncf les météores; elle* ac sont donc aux yeaz do philoSopiie , que t'expressionde l'ignorance od noue •omioce, des TériUbtes cauies.
Leibnitz , dans sa qaerellc avec K efrtoa sar l'îavention du calcul iafinitésiaaal , ovitîqna TÎreaMnt l'interveatioa de la dÎTinilé , pour fcmettve en ordre le «yatèuA wlkire. « C'est , ditS , âToh- dca idées bien ëtroitea de la tageaae et de la pnissaBoe de Dicv. ■ Newton répliqua par -«ne critique ausi rive de l'Harmonie préétablie de Leibnita , qu'tt qualifiait de miracle perpétuel. La postérité n'a point admie ces Vaines bypotlièses; mais elle a rendu la justice la pin entière aux travaux mathématique* de ces deox grands génies : la découverte de la pesanteur tmirerseUe et 1er elForU de son auteur pour y rattacber Ica phénomènes célestes , seront tonjours l'objet de son admir^oa et de sa reconnaissance.
Portons maîatenaDt noe regards an^deU dn système solaire, sur ces innombrables soleils répandus dans Kmntensité de l'espace , è nn âoignement de nous , td que le diamètre entier de l'oi^ tarrestre , observa de leur centre , serait insensible, flusienrs étoiles épronveut dans leur couleur et dan* leur clarté , des cbangemens périodiques remarquables qui indiquent i la surface de ces «stres , de grandes tacbea qoe des mouvemens de rotation présentent et dérobent altematiTCmeutè nos regarda. D'autres étoiles ont paru tout à coup et ont ensuite disparu après avoir brillé pendant pln-
DU STSTËUE OU MONDE. 5a5
lieQFS moû , d'un vif éclat. Telle fut l'étoila ofaserrée par TyçIio-B»W en iSyx , dans U eoosteUatioii àa Cassiop^. £a très pau de temps ella snrpaHa la clarté des plus brillantes étoiles «t de Jupiter m£ine : «m la voyait ea plein jour. Sa. lumière s'affaiblit ensuite , et «Ue disparut seize mois «pria sa découverte, fia conUor éprouva des Tariatians «omàd^nblea : elle fat d'abord . dVa blapc éclatant, ensuite d'un jaune rougeâtre, et enfin d'un blanc jlombé codum Saturne. Quels changeinens prodisienx ont dâ s'opérer sarees grands eoFps, pour être aussi sensibles k la distance qui nous ea ai' p«re! Conibien ils doivent sorpMMr «tuz que nous observoas à U surface du soleil, ut nous eonTaÏDere que la nature est loin d'^tnv tonjours et partent la m^me ! 9,'ons ces attrea devenus invisibles n'ont point changé de place durant Iflur apparition. Il existe donc dans l'espace céleste , dfls corps opaques aussi considérables, et peut-étre en SMsi grand nombre que les étoiles.
Il paraît que loin d'être dw^inées â des distances à peu près égales , les étoiles sont rassemblées en divers groupes dont <quelqaes-UJ(U renferment des milliards de ces astres. Notre soleil et Ijjs plus brillantes étoiles font ^ofcableowDt partie d'un de oes groupes , qui vu du point o& nous somoies , semUe entourer le ciel et forme k voie lactée. Le grand nombre d'étoiles que l'on aperçoit à U fois dans le champ d'an fort télescope dirigé vers cette voie , nous prouve son immense profonjdeur qui surpaie miUe fois la distance de Syrius & la terre; en sorte qu'il est vraisemblable que les rayons émanés de U plupart deces étoiles, ont employé uo grand nombre de tilles à venir )usqu'i nous. La voie l«.ctée finirait par olTrir i l'observstenr qui s'en éloignerait indéfiniment , l'apparence d'une lumière blan-
che et conliime d'an petit diamètre; car l'irradiation qni subsiste même dans les meilleors télescopes , couTrirait l'interralle des étoiles. Il est donc probable que parmi les nébuleuses , plosieors sont des groupes d'an tris ^and nombre d'étoiles « qni vos de lenr intérieur , paraltraient semblables i la voie lactée. Si l'on réflécbit maintenant k cette profusion d'étoiles et de nélmlenses , répandues dans l'espace céleste , et aux interralles immenses qni les séparent ; l'imagination étonnée de la grandeur de l'unirei* , aura peine k lui conceroir des bornes.
Herschel , en observant les nébuleuses an moyen de «es puissans télescopes , a sniri les progrès de lenr condensation, non SDT une seule , ces progrès ne ponrant devenir sensibles pour nous, qn'après des siècles ; maïs «nr lenr ensemble , comcu on snit dans une vaste forêt l'accroissement des arbres , sur les individus de divers Ages , qu'elle renferme. Il a d'abord {dtservé la matière nébuleuse répandue en amas divers, dans les différentes parties du ciel dont elle occupe une grande étendue. H a TU dans qnelqnes-nns de ces amas, cette matière faiblement condensée antonr d'un on de plusieurs noyaux peu brillans. Dans d'autres nébolenses , ces noyaux brillent davantage relativement i la nébnlosité qui les environne. Les atmosphères de chaque noyau, venant Jise séparer par une condensation iJtérienre , il en résulte des nébuleuses multiples formées de noyanx brillans très voisins et environnés, chacun , d'une atmosphère : quelqndbis , la matière nébuleuse , en se condensant d'une manière uniforme , produit les nébuleuses que l'on notante planétaires. Enfin, un pins grand degré de condensation transforme toutes ces nébuleuses, en étoiles. Les nébnleuses classées d'après cette vne philoso-
DD SYSTÈME DU MONDE. Si?
phiqne, indiquent avec une exti^me vraiMmbUiiM , leur transformation fiiture en étoiles , et IVut ant^rienr de nébulosité des étoiles existantes. Ainsi l'on descend par le progr^ de la condensation de la matière nëbulense , 1 la considération du soleil environné autrefois d'une vaste atmospliire , considération â laquelle je suis remonté par l'examen des phénomènes du systime solaire , comme on le verra dans la note dernière. Une rencontre aussi remarquable en suivant des routes opposées , donne i l'existence de cet état antérieur da soleU , une grande probabUîté.
Es rattachant la formation des comètes , à celle des nébnlenses; on peut les regarder comme de petites nébolenses errantes de systèmes en systèmes solaires , et fermées par la condensation de la matière nébuleuse répandue avec tant de profusion dans l'univers. Les comètes seraient ainsi par rapport & notre système , ce que les aérolidies sont relativement à la terre k laquelle ils paraissent étrangers. Lorsque ces astres deviennent visibles pour nons , ils offrent une ressemblance si parfiiite avec les nébnlenses , qu'on les confond souvent arec elles , et ce nWt que par leur mouvement ou par la connaissance de tontes les nébnlenses renfermées dans la partie du ciel où Qs se montrent , qu'on parvient & les distinguer. Cette hypothèse explique d*nne manière heureuse l'extension queprennent les têtes et les queues des comètes, k mesure qu'elles approchent du soleil ; l'extrême rareté de ces queues qui, malgré leur immense profondeur, n'affaiblissent point sensiblement l'éclat des étoiles que l'on voit à travers; la direction du mouvement des comètes dans tons les sens , et la grande excentricité de leurs orbites.
Des considérations précédentes fondées sur les ob-
5a8 ËXPOSmOM
McvatioD* tâeKopi<[aes , îl réanlte que le mouT^Bent àa «ystème «<Jtire e«t trèa compo«é. La lane écrit ttn wbe preique circulaire autour de I* terre ; maû me du loleil , elle pamlt détruire une auite dVptc/claïde* dovt Isa centres août sur la circoofércace de l'oi^ terr^tre. Pareillement, la terre décrit UDC suite d'épîcycloïdes dont lei centras sont lor U courbe <{ne le soleil décrit autour du centre de gravile du groupe d'éloilea dont il fait partie. Enfin le soleil décrit Ini-Méme «ne aiite d'épicycloïdes dont les centred sont sur U courbe décrite par le ceqtre de grarité de ce groupe , autour de ceint de l'uaiverf, L'Astromie a déjà fait un grand pas , en noui faisant connattre le mouvement de U terre , et les épKijcIoïdes qne la Inné et les satellites décrivent snr les orbes de leure planètes respectives. Mais s'il a fallu des siècles pour connaître les mouvemens du 'système planétaire , quelle dorée prodlgieuee exige la détermiaatian des mouvemesB du soleil et des étoiles! Déjà les observslioM noua montrent ces mouvemens : leur enecmUe parait ipdiqner un mouvement général de tous les corps du sjrstème soLatre , vers la contfellatîon d'Hercule ; mats ellessemblent prouver en mime temps , ^e les mouvemens appareos des étoiles sont une combinaison de lenrs mouvemens propres avec celuf du soleil. On remarq^ue de plus, des moavemens très singuliers dans les étoiles double» : c'est aiosi que l'on nomme ces étoiles qui , ruea dans les télescopes, paraissent formées de deux étoiles très voinnes. Cesdcnx étoiles tournent l'une autour de l'autre d'une manière assez sensible dans quelques-unes, pour que l'on ait pn déterminer i peu près par Las observations d'un petit nombre d'années , U durée de leon révolu-
DU SYSTÈME DU MONDE. Ssg
Tons ces mouTemens des étoiles, lenrs parallaxes, les variations périodiques de la lumière des étoiles changeantes , et les dnrées de leurs mouyemens de rotation ; nn catalogue des étoiles qui ne font que paraître , et leur position an moment de leur éclat passager; en6n les chaogemens successifs de la figure des nébuleuses , déjà sensibles dans quelques-unes , et spécialement dans la belle nébuleuse d'Orion ; tels seront relativement aux étoiles , les principaux objets de l'Astronomie future. Ses progrès dépendent de ces trois choses, la mesare du temps , celle des angles , et la perfection des instntmeus d'optique. Les denx premières ne laissent maintenant presque rien k désirer ; c'est donc principalement vers la troisième , que les encouragemens doivent être dirigés; car il n'est pas douteux qne si l'on parvient à donner de très grandes ouvertures , aux lunettes achromatiques; elles feront découvrir dans les cieux, des phénomènes jusqu'à présent invisibles ; surtout si l'on a soin de les transporter dans l'atmosphère pure et rare des hautes montagnes de l'équateur.
Il reste encore à faire sur notre propre système , de nombreuses découvertes. La planète Urauus et ses satellites nouvellement reconnus, donnaient lieu de conjecturer l'existence de quelques planètes jusqu'ici non observées. On avait même soupçonné qu'il devait y en avoir une entre Jupiter et Mars , pour satisfaire à la progression double qui règne à peu près , dans les intervalles des orbes planétaires , à celui de Mercure. Ce soupçon a été confirmé par la découverte de quatre petites planètes qui sont à des distances du soleil, peu différentes de la distance qne cette progression assigne à la planète intermédiaire entre Jupiter et Mars. L'action de Jupiter sur ces planètes , accrue par la grandeur
des exceatricités et des iaclioaùoas de leura orbes entrelacés, produit daos leurs rnooTemens , des ia^galïtès considëraUes ^i r^pandroiit ua nouveau jour sur la théorie des attractions célettes , «t donneront lieu de ia perfectionner encore.
Les élémeos arbitraires de cette théorie, et la con- Tergence de ses Qj^oximationa , dépendent de la précïsîom des observatioM et du progrès de l'analyse ; et par là , elle doit de jour en jour, flcquérir plus d'exactitude. Les grandes inégalités séculaires des corps ce' leates, résultantes de leurs attractions mutuelles, et ijue déjà l'observatiou fait apercevoir, se développeront avec les aièclea. Des observations faites avec de puissaus télescopes, sur Im sat^lites , perfectionaeroBt les théories de leurs mouvemen* , peut-être en feront décoavrir de nouveaux. On déterminera par des mesures précites et moltipliées , toutes les inégalités de la figure de la terre , et de la pesanteoT i sa surface ; et bientôt , l'Europe entière sera couverte d'un réseau de triangles qui feront connaître exactement, la poftitioa , la coui^ , bure et la grandeur de toutes set parties. Les phénomènes du flux et du reflux de la mer , et leurs singulières variétés dans tes difl&ens ports des deux hémisphères , seroid, déterminés par une longue suite d'observations , et comparés i la théorie de la pesanteur. On reconnaîtra si les mouvemens de rotation et de révolidion de la terre sont sensiblement altérés par les changemens qu'elle éprouve à sa surface , et par le choc des aéroUthes <[ui , selon toutes les vraisemblances , viennent des profondeurs de l'espace céleste. Les nouvelles comètes qui pai-aUi'ont ; l'observation de celles qui mues dajis des orbes hyperboliques, sont errantes de système en système ; les retours des comètes mues dans des orbes et-
liptic^nei t ^ les changemens de forme , et d'intcncité de lumière , qu'elles ofiriroat à chaqHe appantton; les perturlMtiou <f oe tous ces «stres font ëprourer aux moavemeus planétaires; celles qu'ils ^proarent eux-mÊmes, «t qui à rapproche d'une grosse planète , peuvent changer entièrement leurs orbites ; enfin les altérations que les mouremens et les orbes des planètes et des satellites reçoivent de la part des étoiles , et peut-itre encore , par la résistance de milieux éthérés ; tels sont les principaux objets que le système solaire offre aux recherches des Astronomes et des Géomètres futurs.
L'Astronomie , par la dignité de sou objet et par la perfection de ses théories , est le plus beau monument de l'esprit humain , le titre le plus noble de son intelligence. Séduit par les illusions des aexa et de l'amour propre , l'homme s'est regardé long-temps , comme le centre du mouvement des astres , et son vain orgueil a été puni par les frayeurs qu'ils lui ont inspirées . Enfin , plusieurs siècles de travaux ont fait tomber le voile qui cachait à ses yeux , le système du monde. Alors il s'est vu sur une planète presque imperceptible dans le système splaire dont la vaste étendue n'est elle-même , qu'un point insensible dans l'immensité de l'espace. Les résultats sublimes auxquels cette découverte l'a conduit, sont bien propres à le consoler du rang qu'elle assigne à la terre ; en lui montrant sa propre grandeur , dans l'estrâme petitesse de la base qui lui a servi pour mesurer les cieux. Conservons avec soin , augmentons le dépôt de ces hautes connaissances , les délices des êtres pensans. Elles ont rendu d'importans services k la Navigation et à la Géographie ; mais leur plus, grand bienfait est d'avoir dissipé les craintes produites par les
53a EXPOSITION
phénomènes câeates , et détruit les erreurs n^ea de l'ignorance de nos vrais rapporta avec la nature * erreurs et craintes qui renattraient promptement , si le flambeau des Ktences venait i s'éteindre.
DU STSitME DU MONDE.