XIV
correspondances multipliées de toutes les parties de l'Allemagne; de l'Angleterre, de l'Italie , de la Nouvelle-Hollande, des possessions anglaises dans l'Inde, des deux Amériques; et nous y trouvons cesmémes sentimens d'admiration et de regrets. Certainement ce deuil imiversel des sciences si noblement et si librement exprimé, n'a pas moins de vérité et d'éclat que la pompe sépulcrale de Westminster.
Qu'il me soit permis , avant de terminer ce discours , de reproduire ici une réflexion qui se présentait d'elle-même, lorsque j'ai rappelé dans cette enceinte les grandes découvertes d'Herschel, mais qui s'applique plus directement encore à celles de Laplace.
Vos successeurs , Messieurs , verront s'accomplir les grands phénomènes dont il a découvert les lois. Ils observeront dans les mouvemens lunaires les changemens qu'il a prédits et dont lui seul a pu assigner la cause. L'observation continuelle des satellites de Jupiter perpétuera la mémoire de l'inventeur des théorèmes qui en règlent le cours. Les grandes inégalités de Jupiter et de Saturne, poursuivant leurs longues périodes, et donnant à ces astres des situations nouvelles, rappelleront sans cesse une de ses plus grandes découvertes. Voilà des titres d'une gloire véritable, que rien ne peut anéantir. Le spectacle du ciel sera changé; mais à ces époques reculées . la gloire de l'inventeur subsistera toujours : les traces de son génie portent le sceau de l'immortalité.
Je vous ai présenté , Messieurs , quelques traits d'une vie illustre consacrée à la gloire des sciences : puissent vos souvenirs suppléer à d'aussi faibles accens ! Que la voix de la patrie , que celle de l'humanité tout entière, s'élèvent pour célébrer les bienfaiteurs des nations, seul hommage digne de ceux qui ont pu, comme Laplace, agrandir le domaine de la pensée, et attestera l'homme la dignité de son être, en dévoilant à nos regards toute la majesté des cieux!
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Me vero primùm dulces ante omnia Musse Qiiariim sacra fero , ingenti perculsus amore, Accipiant, cœlique vias el sidéra monstrent. , VlRG. Genrs. , lil). II.
De toutes les sciences naturelles, l'Astronomie est celle qui présente le plus long enchaînement de découvertes. Il y a extrêmement loin de la première vue du ciel, à la vue générale par laquelle on embrasse aujourd'hui les états passés et futurs du système du monde. Pour y parvenir, il a fallu observer les astres pendant un grand nombre de siècles; reconnaître dans leurs apparences les mouvemens réels de la terre; s'élever aux lois des mouvemens planétaires, et de ces lois, au principe de la pesanteur universelle; redescendre enfin de ce principe, à l'explication complète de tous les phénomènes célestes, jusque dans leurs moindres détails. Voilà ce que l'esprit humain a fait dans l'Astronomie. L'exposition de ces découvertes et de la manière la plus simple dont elles ont pu naître et se succéder, aura le double avantage d'offrir un grand ensemble de vérités importantes, et la vraie méthode qu'il- faut suivre dans la recherche des lois de la nature. C'est l'objet que je me suis proposé dans cet Ouvrage.