‹ Exposition du système naturel des nerfs du corps humainChapitre 1 sur 29 · DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

DU TRADUCTEUR

Le rôle impartant que joue le système nerveux dans l'organisation humaine lui a mérité l'attention d'un grand nombre d'écrivains de nos jours. li n'est en effet aucune autre partie de l'anatomie sur laquelle aulant d'ouvrages aient été écrits ; il n'en est aucune sur laquelle les opinions aient été plus divisées , aucune qui ait été le sujet d'hypothèses plus singulières et souvent plus absurdes. C'est ce dont on se rend facilement raison , lorsqu'on remarque combien cette partie a de rapports chez l'homme avec ce que ce dernier possède de plus excellent. Le système nerveux qui, s'il ne sert pas à unir immédiatement l'économie animale à la pensée , est au moins le siège de l'organe qui en est chargé , ne peut point être d'une étude aussi -.facile que si tous les objets de ses rapports étaient de la nature de ceux qui tombent sous les sens.. Cette grande difficulté n'a point ralenti l'ardeur des physiologistes -, et , malgré le peu de succès des ouvrages de la plupart de ceux qui se sont occupés spécialement: de Fétude du système nerveux, il est pourtant:, v.rai; & dire qu'il n'en est aucun qui

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n'ait contribué à augmenter la masse des connaissances. Si cependant le résultat de si nombreux travaux n'offre encore que quelques données sur les points les plus imp or tan s , ne peut-on pas en attribuer la cause principale, après celle que nous venons d indiquer, à ce que les auteurs se sont adonnés trop exclusivement à lun ou à l'autre des deux moyens d'investigation que nous présente cette étude. Les uns, expérimentateurs seulement, n'ont basé la science de l'homme que sur des expériences faites sur les animaux : les autres , entraînés par des circonstances particulières, n'ont vu que l'homme malade, la pathologie seule a été la source où ils ont puisé et leurs opinions et les preuves de ces opinions. Lanceur de l'ouvrage dont la traduction est offerte au public , placé par ses connaissances au rang des premiers physiologistes de notre époque, a prouvé, par la sagacité et la hardiesse de ses expériences, que, sous ce rapport, il ne le cédait à aucun autre ; mais étant en même temps connu des pathologistes par de grands et utiles travaux , jouissant d'une nombreuse clientèle , et se trouvant à la tête d'un hôpital renommé , quels avantages n'en devait il pas retirer pour ses études et l avancement de la science ?

Aussi son ouvrage n'est point le fruit d'un de ces rêves de la nuit , dont l'auteur à son réveil réunit les parties discordantes , y rattache quelques unes de ces expériences sur les animaux qui semblent destinées à tout prouver , et reçoit bientôt les honneurs de l'impression. — Obligé par les devoirs de sa tiîace

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d'instruire de nombreux élèves , il n'a pu se résoudre à leur enseigner ce qu'il ne comprenait pas. Son esprit observateur a cherché à pénétrer la confusion qui règne dans le système nerveux ; l'embarras qu'éprouve l'anatomiste à la vue des nerfs nombreux qui se rendent au même organe , à la face, par exemple, ne l'a point effrayé; c'est justement de ce point qu'il est parti pour établir son système. Ce qui avait rebuté les efforts de tant d'anatomistes est précisément ce qu'il a voulu comprendre d'abord , et c'est sur ces difficultés elles-mêmes vaincues qu'il cherche à baser sa théorie.

Parti d'un point bien certain en anatomie , la multiplicité des nerfs dans le même organe, et appuyé sur cette idée vraiment philosophique , qu'il n'est pas d'effet sans cause , qu'il n'est rien d'inutile , d'isolé dans la nature , que tout ce qui existe pour nos sens est régi par des lois générales ( à l'exception des actes qui dépendent de la volonté chez les êtres qui la possèdent) , il en conclut que ces nerfs n'ont pas élé jetés au hasard , qu'ils ne sont pas destinés au même objet , et qu'ils ont des usages différens.

Telle est la base du système de M. Ch. Eell : système qui , fût-il complètement faux , devrait être cependant regardé comme une heureuse invention , puisqu'il rend facile une étude qui effraie les plus intrépides. À l'aide de sa classification, l'élève le moins instruit, celui qui n'a pas ouvert encore un livre d'anatomie et qui n'a que quelques connaissances en physiologie , pourra trouver de lui-même combien un

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organe quelconque reçoit de nerfs , bien plus , il pourra même désigner la par lie du cerveau ou de la moelle allongée d'où sortent ces nerfs. On ne peut s'empêcher surtout de remarquer avec quel soin Pau teur rappelle toujours les élèves à l'étude de l'anatomie; il veut que l'anatomie soit leur point de départ, il sait qu'en Angleterre comme en France les jeunes gens se livrent trop souvent à la physiologie expérimentale avant d'avoir acquis toutes les connaissances anatomiques nécessaires.

Ces avantages sont si frappans , ils m'ont paru si réels que j'ai cru pouvoir me hasarder à faire passer l'ouvrage de M. Ch. Bell dans notre langue. Les livres anglais sont d'un prix trop élevé , la langue anglaise est elle-même encore trop peu répandue parmi nous , pour qu'on puisse se passer de traductions : aussi je ne crois point avoir travaillé inutilement en mettant à la portée de tout le monde l'ouvrage le plus original qui ait été publié depuis long-tempssur le système nerveux. D'ailleurs cette traduction présente encore un autre avantage : Fauteur m'ayant envoyé plusieurs observations nouvelles recueillies par lui-même, ou sous ses yeux par ses élèves, depuis la publication de son ouvrage, je les ai placées à la suite des mémoires auxquels elles se rattachaient par leur objet, ainsi qu'un article extrait deTEdlnburgh philosophical journal que l'auteur avait aussi eu la bonté de m'envoyer.

Si j'ai mis quelques notes ce n'a point été pour infirmer ou pour soutenir les opinions de railleur; en

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