PREMIER CAS
Salle Percy. 29 Mai. — Charles Osborn , âgé de 29 ans. « Samedi 6oir, cet homme était occupé à mettre des poulies à une fenêtre à châssis , lorsque la pierre sur laquelle il était monté étant venue à couler , il fut précipité par la fenêtre dans la cour , de la hauteur de 1 5 pieds. Il croit être tombé sur le dos; mais il n'en est pas certain, car il
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resta pendant quelque temps sans connaissance. 11 est actuellement au lit, les membres dans la supination et sans force ; il dit que c'est l'épine qui a été blessée entre les épaules. » Comme nous ne voulons avoir que l'analyse exacte de ce cas., il vaut mieux dire de suite que c'était une erreur, qu'il ressentait la douleur à un point beaucoup plus bas que la fracture , et qu'à sa mort on découvrit que les lames et les corps des. sixième et septième vertèbres cervicales étaient fracturés. «Les extrémités inférieures sont sans mouvement, et insensibles. Il peut lever les épaules et tendre les bras ; mais il ne peut faire exécuter aucun mouvement à ses mains. »
On trouve dans un autre rapport : « — Son expression est .singulière; il dit qu'il peut remuer les bras par la force de ses épaules , ce qui est exactement vrai, car en remuant l'épaule, il peut imprimer un certain mouvement de rotation à l'humérus , et , conséquemment , remuer les avant bras , lorsqu'ils sont fléchis sur le coude. La peau des bras est cependant sensible à la piqûre d'une épingle. Les muscles de l'abdomen sont relâchés, et les viscères semblent flasques. Il ne peut faire aucun effort pour uriner ; on tire l'urine au moyen du cathéter, les matières fécales sortent sans qu'il s'en aperçoive. Il y a priapisme. Lorsque je lui dis de faire un effort, et de pousser, je ne remarque aucun changement dans les muscles abdominaux; ils ne présentent ni fermeté , ni roideur.
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Les tégumens de l'abdomen et de la poitrine sont insensibles jusqu'au mamelon. »
«La respiration est fréquente , et à cbaque inspiration la poitrine s'élève par un mouvement court et rapide. A chaque expiration l'abdomen est poussé en avant avec une ondulation, et un choc instantanés. Le ventre , pendant cet effort de la respiration , est uniformément plein et mol; lorsqu'il est entrainé en dedans , c'est par l'élévation des côtes, et lorsque la poitrine se contracte , il est poussé en avant. »
« On l'a vu bailler naturellement. »
Peut-il tousser?
« On a cherché aujourd'hui à répondre à cette question. Quand on lui dit de tousser, il pousse les côtes, et étend la poitrine, puis la laisse retomber ; il tousse , mais faiblement : c'est évidemment par la facilité qui lui reste d'élever la poitrine, et de donner de l'élasticité aux côtes , ainsi que par le poids des parties qui retombent , qu'il peut chasser l'air, il ne peut diviser l'expiration en deux temps, ni donner deux impulsions à l'air; mais chaque fois qu'il tousse, cet acte doit être précédé de l'élévation de la poitrine. »
En étendant les mains et les doigts sur le côté de la poitrine , on pouvait sentir l'action du grand dentelé , et l'on sentait le bord inférieur du muscle trapèze se roidir pendant l'inspiration , comme lorsqu'il se disposait à parler.
Lorsqu'on lui demanda si par hasard il avait
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éternué , il répondit : « Non , monsieur, je ne puis me moucher. » Ce n'est pas parce qu'il ne pouvait élever la main à la tête , mais il savait très-bien qu'il ne pouvait pousser l'air avec force. M. B. ayant pris le mouchoir d'une garde, et ayant serré le nez du malade , ainsi qu'une femme le fait à un enfant , le malade ne put se moucher. Il ne pouvait donner cette impulsion soudaine de l'expiration qui est nécessaire à cet acte.
J'ai trouvé dans une des relations de ce cas que le malade était troublé par des rêves affreux. Cela est très-probablement dû à la gêne qu'éprouvait la respiration; mais j'ai omis de vérifier cette observation pendant la vie du malade.
Il est à remarquer , dans ce cas , qu'en sentant son estomac , le malade indique de lui-même la différence qui existe entre la sensibilité interne , et celle de la peau ; il dit qu'il sent à l'intérieur, mais que sa peau ne lui fournit aucune sensation. Il me sent lorsque je presse sur l'estomac , et il s'est plaint des coliques qu'ont occasionnées les médicamens.
Cet homme est mort dans la nuit du septième jour , après l'accident. La garde de nuit n'a pas donné de détails particuliers sur la manière dont il est mort , si ce n'est qu'il a semblé désirer parler, et qu'il ne l'a pu : il a essayé d'articuler quelques sons , mais inutilement.
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