‹ Exposition du système naturel des nerfs du corps humainChapitre 17 sur 29 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Des muscles et de l'appareil qui environnent L'œil.

Des hommes d'une grande autorité et d'une profonde instruction ont regardé cet organe comme le plus nécessaire à la jouissance intellectuelle , c'est lui qui passe de l'observation des étoiles fixes à celle de l'expression chez l'homme (1); mais cette admiration est en partie déplacée , si elle se borne au nerf optique et au globe de l'œil exclusivement; puisque ces hautes propriétés appartiennent à l'exercice de l'œil tout entier, à son appareil extérieur, autant qu'au nerf qui est sensible à l'impression de la lumière. C'est à l'appareil musculaire , et aux conclusions que nous met à même de tirer la conscience de l'effort musculaire, que nous devons ce sens géométrique qui nous fait connaître la forme , la grandeur et la distance des objets. Il vaudrait autant chercher à

(1) Sir Henry Wotton , Dr. lleid et plusieurs autres

comprendre les usages d'un théodolite ou de tout autre instrument compliqué et destiné aux observations, en estimant seulement les forces optiques des verres , sans s'occuper du quart de cercle , et du niveau , que de vouloir connaître toutes les forces de l'œil en bornant notre étude à l'œil seul. Je me propose de montrer que nous devons distinguer les mouvemens de l'œil d'après leurs objets ou leurs usages , selon qu'ils ont pour but direct la vision, ou la conservation de l'organe ; que l'œil éprouve un mouvement de rotation qui n'a pas été remarqué jusqu'ici ; qu'il est sujet à un état de repos et d'activité, et que les difîérens états de la rétine existent simultanément avec des états correspondais des muscles environnans ; que ces muscles doivent être distingués en deux classes naturelles et que pendant le sommeil , la syncope et l'insensibilité , l'œil est sous l'empire d'une de ces classes de muscles, tandis que pendant la veille , et l'exercice complet de l'organe , il est sous l'influence de l'autre classe ; et enfin que la considération de ces états naturels de l'œil explique les changemens qu'il éprouve, soit dans les symptômes des maladies , soit dans l'expression de la passion.

Mouvemens de l'œil et des paupières.

Les actions de notre organisme qui sont les plus admirables en elles-mêmes* qui satisfont à tous nos

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besoins , et perfectionnent l'exercice de nos orga-* nés n'excitent notre attention que dès l'instant où nous en sommes privés; comme des enfans dénaturés, injustes ou qui oublient l'indulgence avec laquelle ils ont été traités , nous ne sentons que la perte des bienfaits. « Ce n'est qu'avec la plus grande » compassion , dit le philosophe religieux , et vi- » vement étonné de l'indulgence de noire créateur, » que j'ai considéré le triste état d'une personne » qui, jouissant d'ailleurs d'une bonne santé, était » privée de l'usage de ces deux petits muscles qui » servent à élever les paupières , et avait ai nsi pres- » que perdu l'usage de la vue, étant obligée ,, pen- » dant tout le temps que dura cet état , de so ule- » ver elle-même ses paupières de ses propres » mains, (i). »

Les mouvemens de l'œil ont deux buts , ou la direction de l'œil vers les objets , ou la conservation de l'organe lui-même ; soit que dans ce dernier cas ils mettent la surface à l'abri des lésions , soit qu'ils chassent ce qui peut lui nuire. Si nous perdons de vue cette distinction , nous ne découvrirons qu'avec peine les usages des parties.

Il y a un mouvement de l'œil qui , par sa rapidité a échappé à l'observation. A l'instant où les paupières se ferment , l'œil fait un mouvement qui élève la cornée sous la paupière supérieure.

(0 PaW, théologie naturelle.

Î3E LOEIL, l']5

Si nous fixons un œil sur un objet, et que nous fermions l'autre œil avec le doigt , de manière à sentir la convexité de la cornée à travers la paupière, lorsque nous fermerons l'œil qui est resté ouvert, nous sentirons que la cornée de l'autre œil s'élève aussitôt, et qu'elle s'élève et retombe ainsi d'après sa sympathie avec l'œil qui est fermé et ouvert. Ce changement de position de l'œil arrive pendant les mouvemens les plus rapides de la paupière. Ayant mis un chien dans l'impossibilité de fermer les paupières d'un œil , par la section du nerf qui s'y distribue , nous vîmes toujours l'œil s'élever lorsqu'on le menaçait et lorsqu'il fermait les paupières de l'autre côté (1}.

(i) J'ai coupé le nerf respiratoire de la face chez un chien et voici ce que je remarquai quelques jours après. Le chien est très-bien à présent, n'ayant que peu souffert de l'opération ; lorsqu'il flatte , le côté droit de la face est tout-à-fait immobile , ( c'est le nerf du côté droit que j'avais coupé ). Lorsque je feins de vouloir le frapper, tous les muscles du côté gauche de la face éprouvent une agitation momentanée^ qui indique la crainte, tandis que ceux de l'autre coté sontdans un repos parfait ; il ne peut fermer les paupières , il ne cligne pas lorsqu'il est sur le point d'être frappé ; mais on voit l'œil se tourner en haut. Lorsqu'on l'irrite , tous les muscles du côté gauche de la face ont une expression de vivacité , et l'œil est très-brillant , tandis que îe côté droit est .tout-a-fait inanimé. C'est ce qu'on voit surtout d'une manière extraordinaire , lorsqu'il combat avec un autre chien.

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J'ai observé à peu près la même chose chez une fille dont les paupières étaient adhérentes à la peau des environs , à la suite d'une brûlure ; car comme toute la partie antérieure de l'œil était complètement à découvert, lorsqu'elle voulait cligner, les paupières ne descendaient pas, mais les yeux s'élevaient en haut, et la cornée était humectée par le contact des orifices des canaux lacrymaux.

On connaîtra le but de ce mouvement rapide de l'œil, lorsqu'on aura observé la forme des paupières et le lieu qu'occupe la glande lacrymale ; les bords des paupières sont lisses, et lorsqu'elles se rencontrent elles ne se touchent que parleurs bords externes, ensorte que quand les paupières sont fermées, il existe une gouttière entre elles et la cornée.

Si l'œil devait rester sans mouvement, les bords °es paupières en se rencontrant sur la surface de la cornée en laisseraient une certaine portion sur laquelle ils n'auraient point passé , et l'œil n'aurait aucun moyen de faire disparaître ce qui obscurcirait la vision à l'endroit même de la cornée transparente, qui est dans l'axe véritable de l'œil; s'il coulait des larmes, elles resteraient accumulées sur le centre delà cornée et le clignement, au lieu d'éclaircir la vue, l'obscurcirait. C'est pour éviter ces effets , et pour essuyer et éclaircir la surface de la cornée au moment où les paupières se ferment que l'œil roule sur lui-même , et que la cornée est élevée rapidement sous la paupière.

Un autre effet de ce mouvement de l'œil, c'est

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de procurer l'écoulement des fluides des conduits lacrymaux ; car par relèvement de la cornée, et la descente simultanée de la paupière supérieure , la membrane, sur laquelle s'ouvrent les conduits est étendue et il en résulte comme un allongement du mamelon, ce qui facilite l'écoulement des larmes. Par ce double mouvement, la descente de la paupière et relèvement simultané de la cornée , la rapidité avec laquelle l'œil se met à l'abri des lésions est encore augmentée ; les animaux qui n'ont que des paupières imparfaites , comme les poissons*, par ce mouvement rapide de rotation de l'œil , évitent les blessures , et se débarrassent des impuretés.

Je puis faire remarquer en passant qu'on reconnaît encore un moyen de conservation de l'œil qui n'a pas été observé, dans la manière dont se ferment les paupières ; tandis que la supérieure tombe , l'inférieure se meut vers le nez. C'est là une partie de ce mouvement préservatif extraordinaire qui réunit les particules nuisibles vers l'angle interne de l'œil. Si l'on met sur les bords des paupières de petits points noirs, on verra quand les paupières s'élèveront et s'abaisseront , que le point marqué sur la paupière supérieure, s'élèvera et descendra perpendiculairement, tandis que celui de la paupière inférieure marchera horizontalement comme une navette.

Pour comprendre certaines actions des muscles de l'œil, nous devons nous rappeler que la caron-

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cule et la membrane nommée semilunaire, situées dans l'angle interne de l'œil, sont destinées à débarrasser l'œil des corps étrangers, et ont en effet le même but que cet appareil qui est plus parfait, et plus complet chez les quadrupèdes et surtout chez les oiseaux.

La marche de nos recherches nous force à faire ici quelques observations sur ces parties.

Chez les quadrupèdes, on trouve une glande destinée à la sécrétion d'un fluide glutineux et tenace , qui est placée du côté internede l'orbite , près du nez; elle est tout-àfait distincte de la glande lacrymale , elle est comprimée par un appareil de muscles , et le fluide exsude sur la surface de la troisième paupière. Cette troisième paupière est une partie trèsdistiucte de l'appareil de la conservation : c'est un cartilage mince dont la partie postérieure est attachée sur un corps élastique. Ce corps est logé dans une division ou dans une dépression de l'orbite du côté du nez : pendant l'excitation, de l'œil, le globe presse sur le corps élastique , et le fait sortir de son enfoncement ou de son sillon , d'où résulte la sortie au dehors de la troisième paupière , ou membrane clignotante , comme on la nomme chez le cheval. Par ce mécanisme, la troisième paupière balaie rapidement la surface de la cornée , et au moyen du fluide glutineux dont elle est enduite , elle prend et emporte les particules nuisibles.

Chez les oiseaux, l'œil est un organe extrêmement fin ? et protégé d'une manière encore plus

DE e'oEIL. I79

curieuse, et comme nous serions tentés de le dire, avec plus d'art. La troisième paupière est plus parfaite , elle est membraneuse et large , et s'étend sur la surface de l'œil , au moyen de deux muscles qui sont attachés à îa partie postérieure de l'œil, et par un long tendon rond dont le trajet est presqu'aussi long que les trois quarts de la circonférence de l'œil. La glande lacrymale est petite , et placée inférieurement , mais la glande muqueuse est d'un grand volume , et située dans une cavité large et profonde, et au côté interne de l'orbite. Comme la troisième paupière est mise en mouvement par un appareil qui ne peut comprimer la glande muqueuse, en même temps qu'il fait mouvoir la paupière , comme dans les quadrupèdes , les muscles obliques sont spécialement chargés de tirer l'œil contre la glande , et de faire sortir le mucus sur la surface de la troisième paupière. Il sort en grande abondance, et c'est probablement la raison du petit volume de îa glande lacrymale propre qui est de l'autre côté de l'orbite.

Nous voyons déjà que les mouvemens de ces parties remplissent deux objets ; ils humectent l'œil avec le fluide limpide de la glande lacrimaîe , et ils entraînent ou portent au dehors les parcelles de poussière.

Ces mouvemens présentent encore d'autres phénomènes non moins curieux, qu'il nous reste à examiner: les différents états de l'œil pendant la veille et le sommeil. Si nous nous approchons d'une

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personne dont le sommeil est troublé, lorsque les paupières sont entrouvertes , nous ne verrons pas la pupille ni la partie noire de l'œil , comme nous le pourrions si elle était éveillée , car la cornée est tournée en haut , sous la paupière supérieure. Si nne personne tombe en syncope , à mesure quelle devient insensible , ses yeux cessent de contempler , c est-à-dire qu'ils n'ont pas de direction , ils sont sans action , et alors le blanc de l'œil en haut se découvre par la rotation : la même chose arrive à l'approche de la mort ; car quoique les paupières soient ouvertes, les pupilles sont en partie cachées , étant tournées en haut, avec une agonie visible qui est cependant le signe d'une augmentation de l'insensibilité.

On admettra actuellement que la variété des mouvemens auxquels l'œil est soumis , exige la complication des muscles que nous trouvons dans l'orbite , et il doit être évident pour l'observateur le plus ordinaire , que l'on cherchera en vain à donner une classification exacte des muscles de l'orbite , si Ton n'a pas étudié ces différentes fonctions et ces différens états de l'œil.

Des actions des muscles de l'œil et leur classification naturelle.

Les muscles qui s'attachent a l'œil sont de deux sortes , les uns droits , les autres obliques : les muscles droits sont au nombre de quatre ; ils viennent

de l'oeiï,. 1$1

du fond de l'orbite , et se dirigent tout droit en avant et en dehors ; ils environnent l'œil , et s'y insèrent aux quatre points cardinaux. Les obliqnes sont deux muscles qui se dirigent en arrière et en dehors. (1) Ils embrassent l'œil , l'un passant obliquement au-dessus , l'autre obliquement au-dessous.

On prouve facilement que les muscles droits sont chargés de diriger l'axe de l'œil , en le tournant vers tous les points de la sphère de la vision. Leur origine , leur trajet et leur insertion les rendent très-propres à cet emploi , et ils sont évidemment capables de s'en acquitter, sans avoir besoin du secours des autres muscles. En outre , depuis l'homme jusqu'à la sèche , les mouvemens des yeux sont les mêmes , et l'origine , la marche et l'insertion de ces muscles sont semblables , tandis que les autres muscles varient selon l'appareil qui est autour de l'œil.

Les muscles obliques sont différens des muscles droits sous tous les rapports : par leur nombre , leur volume et leur direction. On croit cependant qu'ils sont les antagonistes des muscles droits et qu'ils tiennent l'œil en équilibre ; beaucoup d'ob-

(î) Nous pouvons le dire , car quoique le muscle oblique supérieur vienne de la partie postérieure de l'orbite, il se dirige, lorsqu'il a passé par l'anneau cartilagineux 7 en arrière et en dehors de son insertion.

j.ections se présentent contre cette opinion. i° Chez les animaux où l'œil est enfoncé dans une cavité cartilagineuse et ne peut pas se retirer en arrière , il existe néanmoins des muscles obliques. 2° lorsqu'un puissant muscle rétracteur est surajouté aux muscles droits , les muscles obliques n'ont reçu aucune augmentation ; 3° l'œil de l'homme ne peut être porté en arrière par l'action réunie des muscles droits, comme nous le voyons arriver chez les quadrupèdes ; d'où il résulte donc que ces muscles ne sont pas rétracteurs , et dès lors que les obliques ne sont pas leurs antagonistes pour tirer l'œil en avant.

A ces objections on peut en ajouter d'autres non moins fortes: nous venons de faire voir que l'œil est obligé d'exécuter plusieurs mouvemens trèsrapides , maintenant on peut démontrer que pour mouvoir un corps , il faut moins de temps à un muscle qui est oblique à la ligne du mouvement que si ce muscle était dans la direction suivant laquelle le corps se meut. Si les muscles obliques étaient ou antagonistes ou congénères des muscles droits, on ne voit pas pourquoi ils seraient obliques , mais bien pourquoi ils ne le seraient pas : car comme les points de leur insertion doivent se mouvoir plus rapidement que ceux des muscles droits , ils ne peuvent pas s'accorder avec eux : d'u n autre côté, nous voyons pourquoi, afin qu'il n'y ait aucune différence dans le temps de l'action et du relâchement de ces différentes classes , un muscle

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droit doit en avoir un autre pour opposant , et pourquoi lorsque c'est un muscle oblique qui agit , son antagoniste doit aussi être un muscle oblique.

Un muscle perd de sa force , en proportion -de la rapidité qu'il gagne par son obliquité. L'obliquité de ces muscles que l'on a cru opposés aux muscles droits , et la circonstance de leur nombre , puisqu'ils sont deux contre quatre, prouvent qu'ils sont disproportionnés en force , et cette disproportion montrer que ces deux classes de muscles ne sont pas antagonistes.

On peut démontrer parla dissection et par des expériences que les muscles obliques sont antagonistes l'un à l'autre, et qu'ils roulent l'œil dans des directions opposées , le supérieur dirigeant la pupille en bas et en dehors, et l'inférieur en haut et en dedans. Il est prouvé que deux muscles droits entraînent la pupille dans la direction d'une diagonale qui serait entre eux deux ; dès lors pourquoi y aurait-il un muscle additionnel pour diriger la pupille en haut et en dehors, où en bas et en dedans. Il est donc évident que les muscles obliques ne sont pas chargés d'aider les muscles droits pour diriger l'œil vers les objets, mais qu'ils doivent avoir quelqu 'autre fonction particulière; si nous voulons pénétrer plus avant ce ne peut être qu'à l'aide des expériences*

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Recherches expérimentales sur l'action de ces muscles.

l.° Je divisai le droit supérieur ou l'élévateur chez un lapin, et je fus un peu trompé dans mon attente , en observant que l'œil restait stationnaire. Peu après ayant examiné l'animal tandis qu'il mangeait, je vis la pupille abaissée , et je remarquai qu'elle ne pouvait s'élever.

Voici comment je me rendis raison de cette singularité. Pendant l'expérience l'œil était spasmodiquement fixé par l'action générale des muscles , et surtout par le rétracteur, muscle particulier aux quadrupèdes. Mais lorsque le spasme eut cessé , et que l'œil fut rendu à l'influence des muscles volontaires , ou muscles droits , l'animal ayant perdu lé pouvoir volontaire d'élever l'œil par la section du droit supérieur, l'œil resta toujours abaissé.

2.° Je voulus m'assurer si les muscles obliques se contractent pour entraîner l'œil latéralement vers le nez ; je mis un fil très-fm autour du tendon du muscle supérieur d'un lapin , et je suspendis à ce fil un grain de verre d'un poids suffisant pour tirer un peu le tendon, Ayant touché l'œil avec une plume , j'eus le plaisir de voir s'élever le grain de verre , et en répétant l'expérience , le fil était tiré avec force d'entre mes mains.

Par des expériences faites avec soin sur le ca-

davre , (ayant distendu l'œil en y versant lentement du mercure pour lui donner sa forme globulaire complète ) , j'avais trouvé que l'action du muscle oblique supérieur tourne la pupille en bas et en dehors , et que l'oblique inférieur fait exécuter à l'œil le mouvement contraire. Dans l'expérience que nous avons rapportée ci-dessus, il est bien suffisamment prouvé que le muscle oblique supérieur a agi , et cependant la pupille n'a pas été tournée en bas et en dehors , il faut donc que les deux muscles obliques aient été mis en action. Leur action combinée tire l'œil vers le nez.

Dans une violente affection spasmodique de l'œil ? lorsqu'il est douloureusement irrité , je crois que tous les muscles tant de l'œil que des paupières sont excités. Je me suis assuré chez les quadrupèies que les muscles obliques agissent lorsque la membrane clignotante est portée en avant , j'ai aussi remarqué que le rétracteur de l'œil peut seul la porter en avant.

Mais ce n'est pas chez les quadrupèdes que nous devons chercher à éclaircir les mouvemens de l'œil par des expériences, puisque chez eux l'appareil des muscles de l'œil est plus composé que chez l'homme : le singe a les mêmes muscles que l'homme.

5.° Je coupai en travers le tendon du muscle oblique supérieur de l'œil droit sur un singe , il n éprouva que peu de changement par cette expérience ; il tournait les veux avec ces regards

l86 DES MOUVEMENS

inquiets qui lui sont particuliers, comme si son œil n'avait rien éprouvé.

4-° Je divisai l'oblique inférieur de l'œil sur un singe; l'œil ne fut pas sensiblement affecté; les mouvemens volontaires étaient parfaits après l'opération.

5° Tenant ouverts les yeux du. singe chez lequel j'avais coupé le muscle oblique supérieur de l'œil droit, et passant la main devant lui, je remarquai que l'œil droit se tournait en haut et en dedans , tandis que l'autre œil avait un mouvement à peine perceptible dans la même direction. Lorsque l'œil droit était ainsi tourné en haut il paraissait éprouver quelque difficulté à le ramener en bas.

Ces expériences démontrent que la section des muscles obliques n'affecte nullement les mouvemens volontaires qui dirigent l'œil vers les objets.

On ne peut cependant pas en dire autant du mouvement involontaire du clignement. Nous avons vu que les muscles obliques agissent dans le clignement qui a pour but d'éviter une lésion , et que le muscle oblique inférieur reçoit de la division de l'oblique supérieur son antagoniste, une augmentation de force pour élever l'œil.

Ces mouvemens de rotation qui accompagnent le clignement des paupières sont de la plus haute importance pour la conservation de l'organe. C'est ce que m'a prouvé un cas que j'ai observé pendant quelque temps; les mouvemens ayant cessé d'avoir lifeu, l'œil et les paupières restèrent immobiles , et

l'inflammation, ainsi que l'opacité de la cornée en fut la suite. Une autre circonstance curieuse qu'a présentée ce cas , c'est que quand les paupières étaient fermées , le malade voyait encore une lumière rouge par l'œil affecté , ce qui tient à ce que l'œil ne se tournait pas en haut, lorsque les paupières se fermaient.

Si nous fermons les yeux devant une fenêtre , ou devant une lumière , et si nous continuons de faire attention aux sensations de l'œil , nous verrons encore la lumière rouge arriver à travers les paupières. Mais si nous faisons un effort pour fermer les paupières ( quoi qu'elles soient déjà fermées) nous nous trouverons pendant un moment dans l'obscurité, parce que, pendant l'effort que nous avons fait , les yeux se sont tournés en haut. Il paraît ainsi que la chute de la paupière devant l'œil ne lui formerait qu'un rideau imparfait, et que pour que cet organe soit entièrement protégé de la lumière, la pupille doit être tournée en haut (1).

Des deux états de l'œil , celui de repos et celui d'activité.

L'œil peut exister dans deux états, celui de re-

(1) Dans ^e cas que nous avons cité plus haut, îe malade avait perdu el le mouvement et la sensibilité de l'œil ; la cinquième paire avait cessé de remplir ses fonctions , et cependant le nerf optique conservait sa puissance , et le malade pouvait voir.

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pos , avec absence de toute sensation , et celui de veille, pendant lequel le nerf optique et le nerf du mouvement volontaire sont en activité. Lorsque l'œil est en repos , comme pendant le sommeil , ou même lorsque les paupières sont fermées , la sensation que reçoit la rétine étant alors négligée, les muscles volontaires cessent leur office , et les involontaires tirent la pupille sous la paupière supérieure. Tel est l'état de l'organe pendant le repos parfait.

D'un autre côté il y a une connexion inséparable entre l'exercice du sens de la vision , et l'exercice des muscles volontaires de l'œil. Lorsque nous voyons un objet, deux sens sont frappés: outr& l'impression de la rétine , nous recevons aussi l'idée de position ou de relation qu'il n'appartient pas à la rétine de nous donner. C'est par la connaissance du degré de l'effort imposé au mouvement volontaire que nous connaissons la position relative d'un objet par rapport à nous-mêmes. On peut démontrer parle moyen suivant le rapport qui existe entre l'office de la rétine , et celui des muscles volontaires.

Si l'on fixe les yeux sur un objet éclairé , jusqu'à ce que la rétine soit fatiguée et soit pour ainsi dire remplie par l'image , et que l'on ferme ensuite les yeux, la figure de l'objet continuera de leur être présente , et il est trés-clair que rien ne peut changer le lieu de cette impression qu'a reçue la rétine ; mais quoique l'impression qu'a reçue la rétine ne

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puisse pas être changée, il n'en est pas de même de l'idée qu'elle occasionne ; car par le mouvement des muscles volontaires de l'œil, le corps perçu paraîtra changer de place, il nous semblera prendre différentes positions selon le muscle qui sera mis en action. Si nous élevons la pupille, nous verrons le corps élevé , si au contraire nous l'abaissons , il nous semblera au-dessous de nous , et tout cela a lieu tandis que les paupières sont fermées , et que la rétine ne peut recevoir aucune nouvelle impression. L'état de la rétine est uni ici à la conscience de l'action musculaire ; et nous reconnaissons que la vision, dans toute l'étendue de son acception, est une opération composée ; l'idée de la position d'un objet ayant rapport à l'activité des muscles.

Nous pouvons aussi montrer en variant cette expérience , que l'état d'agitation des muscles' et l'état d'action où ils sont en opposition , ou confus, modifient l'image perçue.

Si, après avoir examiné un corps lumineux assez îong-temps pour que la rétine en puisse conserver l'impression , nous nous couvrons la figure de manière à produire l'obscurité sans fermer les paupières, et qu'alors nous touchions ou tournions les yeux, l'image qui était vivement empreinte sur la rétine , disparait à l'instant , comme si on l'otait avec la main : ne doit on pas attribuer cette circonstance à ce que cet état irrégulier des muscles ne s'accorde pas avec l'exercice de la rétine , et en trouble la fonction ?

091 BKS MOTJVEMEMS

Si nous mouvons l'œil parles muscles volontaires, tandis quela rétine conserve encore cetteimpressîon, notre esprit acquerra la notion de lieu ou de rapport; mais si le mouvement de l'œil est produit de toute autre manière, par les muscles involontaires ou par la pression du dehors , nous n'éprouverons aucun changement de sensation correspondant à ce mouvement.

Si après que la rétine a reçu l'impression d'un objet, comme nous venons de le dire, nous fermons les yeux, l'image ne s'élèvera pas, quoique cependant les pupilles s'élèvent réellement , comme elles le font toujours lorsqu'on ferme les yeux , parcequ'il n'y a pas alors la sensation d'un mouvement volontaire. Si après nous être assis à quel que distance d'une lampe recouverte d'un verre dépoli, et après avoir fixé l'œil sur son centre , nous le fermons subitement pour contempler l'image qu'il a reçue , et si tandis que cette image continue encore à présenter une belle couleur bleue, nous pressons l'œil d'un côté avec le doigt, nous ne verrons pas le fantôme de l'image se mouvoir, quoique le cercle de lumière produit par la pression exercée sur l'œil se meuve avec le doigt.

Ne pourrait-on pas expliquer ceci de cette manière : le mouvement n'étant pas produit dans l'œil par les organes destinés à cet office ( les muscles volontaires) il ne fournit aucune sensation de changement au sensorium , < t n'est pas uni avec l'impression sur la rétine, de manière à affecter

DE I/OEIL. ïgi

l'idée qu'a reçue l'esprit. C'est d'après la même cause , que , lorsqu'on regarde une lampe , on peut, en pressant l'œil , obtenir deux images et les faire mouvoir l'une sur l'autre. Mais si la rétine a reçu l'impression de manière à ce que l'image reste visible lorsque les paupières seront fermées , on ne pourra, en pressant un œil, obtenir cei effet. On ne peut, quelque degré de pr ssion que l'on emploie, faire paraître le mouvement de l'image , mais à l'instant même où l'œil se meut par les muscles volontaires, l'image change déplace; c'est-à-dire que nous produisons les deux sensations nécessaires pour occasioner cette idée dans l'esprit ; nous avons la sensation de l'impression reçue par la rétine, et la conscience ou la sensation de l'action t des muscles.

Il me semble que ces expériences et cette explication de l'effet de l'action combinée des muscles volontaires de l'œil font disparaître l'obscurité dans laquelle les écrivains les plus modernes ont laissé ce sujet. Dans un ouvrage très- savant sur l'œil et l'optique publié il y a quelque temps , on dit à l'occasion de cette question « Tout ce que nous » savons , c'est que , l'esprit résidant pour ainsi dire » sur chaque point de la rétine , rapporte l'im- » pression qu'elle a reçue sur chacune de ces par- » ties à une direction qui coïncide avec la dernière » portion du rayon qui la porte » Le même auteur dit : « C'est avec raison que Kepler attribue la vision » droite d'une image renversée à une opération dé

lt)2 DES MOUVEMJENS

» l'esprit par laquelle il suit les rayons jusqu'à la » pupille , et ainsi rapporte la partie inférieure de » l'image à îa partie supérieure de l'œil. » Que peuton vouloir dire ici, par cet esprit qui suit l'objet en remontant à travers les humeurs de l'œil ? Il pourrait tout aussi bien le suivre hors de l'œil , et comme l'araignée marcher le long de son fil. Une autorité bien plus grande dit que nous nous tourmentons sans nécessité. « INous appelons la partie inférieure » d'un objet celle qui est plus près de la terre » .Personne ne peut douter que l'obscurité qui règne ici ne soit due à ce que l'auteur ne s'est pas donné la peine d'éclaircir ce sujet avec sa sagacité et sa profondeur ordinaire. Mais pour moi , je crois que la plus grande sagacité sera fort embarrassée lorsqu'il s'agira de donner une explication du pouvoir par lequel l'homme acquière la connaissance de la position et des relations des objets, si Ton exclue la sensation de l'activité musculaire qui accompagne le mouvement de l'œil.

Considérons combien est faible et délicate la sensation du mouvement volontaire par lequel nous balançons le corps , et par lequel nous jugeons de la position des membres , soit pendant l'activité , soit pendant le repos. Considérons combien serait imparfait le sens du toucher et le peu que nous fournirait le nerf du toucher seul de tout ce qui est connu aujourd'hui par le double moyen des muscles et des nerfs, et nous serons disposés à donner plus d'importance aux muscles droits de

DE l'oeil. ig5

Fœildans la sensation de la vision , et aux fonctions remplies par l'appareil qui entoure l'œil , pour aider cet organe lui-même.

De l'expression de L'œil et des fonctions des muscles obliques dans l'état de maladie.

Puisque les usages des muscles obliques de l'œil n'ont pas été compris , comme nous l'avons dit , puisque les distinctions des nerfs n'ont pas été saisies , comme nous espérons le prouver ; les symptômes des maladies de l'œil et les sources de l'expression de cet organe restent encore à expliquer.

Pendant le sommeil, dans la compression du cerveau , la syncope , la faiblesse qui suit la fièvre , chez l'hydrocéphale , et à l'approche de la mort, les pupilles des yeux sont élevées. Si nous écartons les paupières d'une personne pendant le sommeil ou l'insensibilité nous trouverons les pupilles tournées en haut ; quelle qu'en soit la cause , nous remarquerons qu'on doit lui attribuer l'expression dans la maladie , la douleur et l'épuisement soit d'esprit soit de corps ; car alors les paupières sont relâchées et les pupilles élevées de manière à être recouvertes à moitié par la paupière supérieure. Nous devons expliquer cette position de l'œil pendant son état d'insensibilité et d'immobilité.

Il est un fait familier aux pathologistes , c'est que, si la faiblesse vient de l'affection du cerveau ,

l'influence est plus grande sur les muscles qui , dans leur état naturel , sont plus spécialement sous la dépendance de la volonté. Nous pouvons le voir dans les périodes progressives de la faiblesse chez l'ivrogne , lorsque les muscles de la langue , des yeux , de la face , des membres , cessent successivement de servir; cardans les mêmes circonstances ? les muscles qui ont une double fonction , comme ceux delà poitrine , perdent leurs mouvemens volontaires , et conservent ceux qui sont indépendans delà volonté. Depuis long-temps les bras ont perdu leur force , avant que l'action de la respiration soit affectée.

Si nous appliquons les mêmes principes aux muscles de l'œil , nous trouverons facilement l'explication des phénomènes que nous venons de décrire. Les muscles droits sont des muscles volontaires ? et ils sont dans une débilité complète avant que les muscles obliques n'éprouvent le même état; et les muscles obliques étant prépondérans entraînent l'œil.

Si en outre Ton demande pourquoi l'œil est porté en haut et en dedans , nous devons nous rappeler que c'est l'état naturel de l'œil , que c'est sa position , lorsque les paupières sont fermées , l'œil à l'abri de la lumière ? les muscles droits en repos , et les muscles obliques balancés l'un par i 'autre.

Quoique je sache très-bien que les faits en médecine ne contribuent que rarement à l'avancement

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de la science exacte , cependant je suis tenté de décrire l'état d'un malade confié à mes soins , parcequ'il fournit une succession des phénomènes que nous cherchons à expliquer. Il me fut présenté à l'hôpital , louchant distinctement de l'œil gauche qui s'écartait de l'objet qu'il avait devant les yeux. Il avait un ulcère vénérien profond sur la paupière de l'œil droit ; cet homme courrait le danger de perdre l'œil et avait besoin d'un prompt secours ; mais avant qu'il pût être traité , l'ulcère enflammé devint plus profond , et la cornée opaque. Le muscle droit supérieur, étant comme je le suppose , endommagé par l'augmentation de la profondeur de la plaie , la pupille resta constamment abaissée. Le malade ayant perdu la vue du côté droit fut obligé de se servir de l'œil du côté gauche : il le dirigeait avec précision vers les objets , s'en servait sans difficulté , et cet œil devenait tous les jours plus fort.

Après quelques semaines , le traitement ayant réussi , l'ulcère de la paupière supérieure de l'œil droit se ferma , l'inflammation et l'opacité de l'œil disparurent graduellement , il redevint accessible à la lumière , qui fut d'abord jaune et ensuite d'un pourpre foncé. Alors les muscles reprirent leur influence , et l'œil put se mouvoir parallèlement à l'autre , ce qui embarrassait considérablement la vision. Mais l'inflammation delà paupière supérieure avait été si violente , que cette dernière avait perdu beaucoup de sa mobilité; et, ce qui parut

l§6 DES MOUVEMENS

fort étonnant , la paupière inférieure remplit l'office de la supérieure et l'on y remarqua un degré de mouvement très-extraordinaire. Elle s'abaissaitlorsqu'il voulait ouvrir l'œil, et se levait en tirant du côté du nez, lorsqu'il le fermait. La paupière supérieure n'était pas seulement immobile , elle avait aussi perdu de sa largeur; de sorte que malgré l'élévation remarquable de la paupière inférieure , les bords ne se trouvaient pas en contact , et nous pouvions voir le mouvement de l'œil. Lorsqu'il le fermait nous voyions la pupille s'élever et le blanc paraissait seul.

Je vais actuellement chercher à donner l'explication de ces phénomènes.

Depuis l'enfance , l'œil gauche n'avait reçu que de faibles impressions , et la rétine n'était pas exercée , les muscles droits ou volontaires ne recevaient pas d'excitation , et manquaient d'activité ; dès lors les muscles involontaires l'emportaient, et la pupille était tournée en haut et en dedans, conséquemment éloignée de l'axe de l'autre œil. Mais lorsque cet autre œil fut devenu inutile , l'œil gauche étant le seul qui pût exercer la vision, l'attention fut dirigée sur l'impression reçue par la rétine , les muscles volontaires augmentèrent d'activité , et ramenèrent l'œil vers les objets. L'œil fit chaque jour de nouveaux progrès , parceque c'est par l'exercice naturel , qu'une partie arrive à la perfection et de ses fonctions et de son développement. Lorsque l'œil droit devint trans-

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parent et recouvra la lumière , les muscles volontaires de cet œil partagèrent leur stimulus naturel , et firent , pour trouver les objets , des efforts qui au bout de quelques jours ramenèrent l'œil à son axe naturel et les deux yeux au parallélisme.

Ce qui ensuite attire notre attention dans ce court exposé, c'est la rotation del'œil. Nous avons dit dans son autre endroit de ce mémoire , que quand les paupières sont fermées , les muscles droits ou volontaires cessent leurs fonctions , le muscle oblique inférieur gagne une nouvelle force , et l'œil se dirige de manière à élever la pupille. On n'aura pas manqué d'observer que la pupille de cet œil était abaissée , et ne pouvait être élevée, par un acte volontaire, pour l'exercice de la vision, à cause, comme nous l'avons supposé de la lésion du muscle droit élévateur , tandis qu'elle s'élevait ainsi indépendamment de la volonté , lorsque la paupière se fermait : ce qui prouve que ce mouvement insensible est dû au] muscle oblique inférieur et non au muscle droit supérieur.

Je me rappelle à l'occasion de la paupière inférieure qui remplit les fonctions de la supérieure , et qui se dirige comme la paupière inférieure des oiseaux, une omission que j'ai faite en parlant des auteurs. Ils ont voulu trouver un abaisseurde la paupière inférieure qui n'existe pas , et est tout-àfait inutile ; car le mouvement du mélévateur de la •paupière supérieure écarte les paupières , et abaisse l'inférieure en même temps qu'il élève la supérieure.

Si nous plaçons le doigt sur la paupière inférieure, lorsque l'œil est fermé, et si ensuite nous ouvrons l'œil, nous sentirons que pendant cette action , l'œil est poussé en dehors : et nous pourrons observer que la paupière inférieure est disposée de manière à glisser sur la surface convexe du globe de l'œil , et conséquemmont à s'abaisser. La raison que l'on en peut donner , c'est que le muscle qui élevé la paupière supérieure passe sur une étendue considérable de la partie supérieure et postérieure de l'œil , et que . comme l'origine et l'insertion de ce muscle se trouvent sous le point le plus élevé de la convexité de l'œil, ce corps doit être poussé en avant , en raison de la résistance de la paupière supérieure à s'élever. Dans le cas précédent , la paupière supérieure étant immobile , l'origine et l'insertion de l'élévateur devinrent des points fixes ; conséquemment l'action des muscles retomba entièrement sur l'œil lui-même , ce qui le poussait en bas et en avant , d'une manière si extraordinaire , et abaissait ainsi la paupière inférieure à un degré considérable. C'est ainsi que ce muscle devint un abaisseur de la paupière inférieure , au lieu d'être l'élévateur de la supérieure ; le mouvement d'élévation de la paupière inférieure était exécuté par un surcroît d'action de la portion inférieure de l'orbiculaire des paupières.

L'auteur regrette que ces circonstances minutieuses sur l'action des muscles de l'œil ? l'aient

conduit à être si long ; il espère qu elles ne sont pas sans intérêt par elles-mêmes , outre que cette discussion lui fournira une base certaine pour établir la classification des nerfs de l'œil et le mettra à même de les distinguer d'après leurs usages.

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