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CHAPITRE VII

I recherches sur l'électricité atmosphérique. — Expériences Ml Europe. — Beccarîa. — Mussenbroek, etc. — Expériences nklin sur la nature de l'électricité des nuages. — Construction lAlonnerre.

tfisultats obtenus avec le cerf-volant électrique offraient é champ aux expériences des physiciens : la carrière .verte fut promptement remplie.

d les savants qui s'occupèrent en Europe d'étudier cité atmosphérique à l'aide du cerf-volant, le père fi* religieux des Écoles pies de Turin, se distingua parle t et la variété de ses recherches. Dans un ouvrage pu- 1 1767, intitulé Lettere dell'elettricismo, on trouve l les nombreux travaux de ce physicien. iria fit un grand nombre d'observations sur l'électril'atmosphère dans les temps d'orage, et lorsque le ciel rein, soit avec des barres de fer isolées, soit avec des liants. En variant ces expériences de différentes manièt plusieurs observations intéressantes. Les cordes de ses ants étaient quelquefois garnies et d'autres fois dés de fil de fer. Afin que ces cerfs-volants fussent connt isolés, lorsqu'il leur donnait plus ou moins de l roulait celle-ci, comme l'avait fait Romas, sur un dévi- ►porté par des pieds de verre (1).

•ttere deU'Eleltrickmo, f>. 112.

lik DÉCOUVERTES SCIENTIFIQUES.

Mussenbroèk, en Hollande, étudia aussi l'électricité aérienne au moyen du cerf-volant II observa que les étincelles électriques étaient très faibles, lorsque l'appareil était près de la terre, et d'autant plus fortes que l'appareil est [dus élevé dans les airs.

Le 16 septembre 1756, Mussenbroèk se trouvant à Warmond, village près de Leyde, attacha aux deux extrémités d'un fil de fer de cent cinquante pieds de longueur, deux rubans de soie, et il disposa ce fil à la hauteur de quatre pieds et demi, parallèlement à l'horizon. Il ne découvrit ainsi aucun signe d'électricité. Il plaça ensuite le même fil de fer, toujours isolé par ses deux rubans, verticalement le long à 1a hauteur d'une tour. Ce conducteur métallique ne donna encore aucun signe d'électricité. On en obtint, au contraire, par le moyen d'un cerf- volant qui fut porté très haut dans l'air; €6 qui prouvait qu'il existait du fluide électrique libre dans kl régions élevées de l'air, tandis que la partie de l'atmosphère située plus près du sol n'en renfermait point.

Quand le cerf-volant fut à sept cents pieds de hauteur environ, on tira d'une clef qu'on avait attachée à l'extrémité inférieure du fil de fer qui le retenait, des étincelles très fortes, qui excitaient une commotion dans toute la longueur du bras. En approchant la main du fil de fer, on éprouvait comme la sensation d'une toile d'araignée.

Le \k juillet 1757, sur les six heures du soir, Mussenbroëk fit dans les faubourgs de Noordwick, avec le baron Van der Does, les mêmes observations. Le cerf-volant était attaché, non à une corde, mais à un fil de fer très mince, qui se roulait, à l'aide d'une manivelle, sur un tambour de bois, de sorte qu'on pouvait l'allonger à volonté. L'extrémité inférieure de ce fil de fer était attachée à un ruban de soie. Ces savants se trouvaient sur le bord de la mer lorsqu'ils élevèrent leur cerf-volant; Je ciel était un peu nébuleux, et le vent d'est soufflait légère-

t Aucun signe d'électricité n'apparut tant que l'appareil jeu éloigné de la terre. Quand il se fut élevé à cent pieds, ommença à apercevoir une faible électricité et à tirer «tites étincelles. Nos expérimentateurs résolurent alors de insporter au sommet des plus hautes montagnes sablonneuses foordwick. Arrivés là, ils lancèrent de nouveau le cerfat, qui se chargea d'une grande quantité de matière élecle, de sorte qu'en très peu de temps on tira avec une d'un tube de fer communiquant à la chaîne attachée au Ion de soie tenu à la main, de très fortes étincelles qui parît avec bruit, et qui répandaient autour d'elles une odeur ireuse (1).

Le 30 juillet 4757, dit encore Mussenbroëk, un violent orage int élevé sur les sept heures du soir, je lançai en l'air un cerfnt ; le fil de fer donna alors des explosions très promptes et

fortes ; quelquefois elles partirent avec l'éclair, mais elles aient lorsque le tonnerre grondait ; ces étincelles se succént avec une très grande rapidité, et produisaient des éclats,

pouvaient être entendus de très loin. Ayant approché de lie d'un chien, d'un bouc, d'un jaune taureau le fil de fer. animaux furent frappés si violemment, qu'ils prirent aust la fuite, et qu'ils ne voulurent jamais souffrir qu'on les osât à la même tentative. Nous fîmes une chaîne, en nous nant la main; un de ceux qui faisaient partie de la chaîne, nt touché au fil de fer, nous fûmes tous aussitôt frappés (2) . »

[1 est inutile d'ajouter que l'on n'obtenait pas toujours des nés d'électricité, bien que le cerf-volant fût élevé jusqu'à cents pieds. C'est ce qu'éprouva Mussenbroëk, au mois oût 1757, même par un vent d'aquilon qui était modéré, avec un ciel couvert de nuages.

[1) Cours de physique expérimentale et mathématique, par Pierre a Mussenbroëk, traduit par Sigaud de Lafond, t. 1, p. 396, g 913.

(2) Ibidem, p. 400, g 914.

Le prince de Gallitzin, secondé par le physicien continua, à la Haye, les expériences de Mussenbroëk moyen du cerf-volant. Exécutées depuis l'année 1775 ji l'année 1778, elles furent communiquées par le prince de litzin à l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg (i] Dans ces expériences, on obtint constamment de l'élecl à l'aide du cerf-volant ; on parvint souvent à charger batteries de bouteilles de Leyde avec l'électricité des nuagm Quant à la nature, positive ou négative, de l'électricité, on stata qu'elle variait sans cesse. Il sembla néanmoins quel'éleo-j tricité se montrait positive dans les temps calmes et au commencement des orages.

A Amsterdam, Van-Swinden, professeur de physique, des étincelles électriques de son cerf-volant, non-seulement temps d'orage, mais par un temps serein.

En France, l'abbé Bertholon, professeur de physique danskj Languedoc, fit plusieurs expériences du même genre. 1776, il présenta à l'Académie des sciences de Paris un roè-l moire contenant le récit des expériences qu'il avait faites, de 1 concert avec Baume, Fontana et plusieurs autres membres de l'Académie, en faisant usage du cerf-volant électrique coustnA par le duc de Ghaulnes, grand amateur d'électricité.

En Amérique, Kinnersley, le collaborateur de Franklin, éleva aussi des cerfs-volants électriques ; mais ses expériences furent exécutées avec bien moins de soin que celles de Becaria et de Mussenbroëk (2).

Quant à Franklin, il ne se livra à aucune recherche sur l'électricité de l'air avec les cerfs-volants électriques, et l'on ne voit

(1) Observations sur Vélêctricilé naturelle par le moyen d'un cerf" volant. Lettre de 6 pages in-4.

(2) Deuxième lettre de M. Kinnersley à M. Benjamin Franklin. — OEuvres de Franklin, traduites par Barbeu-Dubourg, t. I, p. 205, in-4.

li niATosGcnu. ?I7

u'après sa célèbre expérience, il ail. à l>iemple dVs i physiciens, poursuit i cette carrière d'études intêirsw Pour constater la nature de l'électricité qui existe habiment dans l'atmosphère, il se contenta, après son essai » cerf-volant, raconté pins hint. d'élever sur 5a maison tttrre de fer pointue qu'il isolait à toîooté. et qu'il avait e d'un carillon électrique afin d'être averti de la présence fectricité dans ce conducteur.

anklin se proposait, connue tous les expérimentateurs de

•ope, de reconnaître si l'électricité des nuages était posi-

ou négative, et si l'un de ces états était constant Cette

rmination avait pour lui un intérêt particulier, parce que.

rès sa théorie générale sur l'élcctrKatioo en plus on en

n*, dont nous avons déjà parlé, et qu'il opposait à la théorie

)ufay, si l'électricité des nuages orageux avait été négathe,

tirait fallu en conclure que la foudre s'élançait de la terre

s les nuages et non du ciel sur la terre, c'est-à-dire que

budre était toujours ascendante, au lieu d'être descendante

ascendante, selon le cas.

Pour résoudre la question de la nature de l'électricité des iges, Franklin prit deux bouteilles de Leyde ; il en chargea 1e avec une machine électrique donnant de l'électricité posie, de telle sorte que, sur la surface extérieure de la bouille il existait, suivant l'effet bien connu qui se passe dans cet jpareil, de l'électricité positive. A l'aide d'un conducteur, il t ensuite communiquer la seconde bouteille de Leyde avec la arre de fer pointue qui se trouvait élevée sur le faîte de sa laison, de telle sorte que cette bouteille se chargeait spontaément de l'électricité dérobée aux nuages. Il plaça ensuite ntre les deux bouteilles, et à trois ou quatre pouces de disince, une petite balle de liège suspendue par un fil de soir. »i l'électricité envoyée par les nuages était positive comme elle qui avait servi à charger Tune des deux bouteilles, la

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petite balle de liège devait être successivement attirée par b garniture extérieure de Tune des deux bouteilles et repounée par l'autre. Si les électricités étaient différentes dans les deux bouteilles, la balle de liège devait être attirée successivement par chacune des bouteilles, et voyager ainsi continuellement de Tune à l'autre.

Cette expérience, et quelques autres que Franklin essayi dans la même vue, ne donnèrent jamais de résultats constants. L'électricité des nuages était tantôt positive, tantôt négative, et même négative le plus souvent, ce qui n'était pas conforme à sa théorie.

Franklin ne poursuivit pas longtemps ces tentatives sur l'électricité météorique, sujet obscur, d'une complication extrême, et qui n'est encore aujourd'hui qu'imparfaitement élucidé. La tournure positive de son esprit ne lui permettait pu de continuer des recherches dont il n'entrevoyait pas de conséquence utile. Aussi renonçant à cette question, il donna aussitôt tous ses soins à réaliser, pour la pratique, l'idée du pantonnerre, qui, mise en avant en 1752 à titre de simple hypothèse, était devenue l'origine et le point de départ de toutes les découvertes des physiciens sur l'électricité météorique.

C'est en 1760 que Franklin fit construire le premier paratonnerre ; cet instrument ne différait que fort peu de celui que nous employons aujourd'hui.

Le premier paratonnerre fut élevé par Franklin sur la maison d'un marchand de Philadelphie, nommé West. Il se composait d'une baguette de fer de neuf pieds et demi de long et de plus d'un demi-pouce de diamètre, et qui allait en s'amincissant vers sa partie supérieure. De l'extrémité inférieure de cette tige métallique partait une seconde tige de fer plus mince de dix pouces de long et d'une épaisseur d'un quart de »m>ucc, dont la partie inférieure était mise en rapport avec un

conducteur de fer descendant jusqu'au sol, où il péné-

k une profondeur de quatre ou cinq pieds, 'est une circonstance bien remarquable, qu'à peine installé, me pour prouver la valeur de cet instrument, le paratone fut atteint par le feu du ciel. Après le coup de foudre, West trouva fondue la pointe du paratonnerre; la tige de pouces qui le joignait au conducteur était réduite à sept ces et demi de longueur.

. partir de ce moment, l'admirable invention du physicien mérique était accomplie : le paratonnerre était créé. Il nous e à dire comment cette découverte fut acceptée en Europe.

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