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I la pile voltaïque, préparée par le docteur Ln pour celle exf périeace, était une pile à auges contenant deux cent soixanledix couples, cuivre et zinc, de quatre pouces ; thaque fil coniocteur communiquaut avec les deux pôlr*> se tenninait par ne pointe métallique enveloppée prés de son extrémité d'une petite poignée isolante, pour le manier plus commodément
Les officiers de police ayant apport/- le cadavre, la pHe fut tussitôt chargée avec un mélange d'acides snlfurique et azotique novenablement étendus. M. Marshall fut chargé d'exécuter ta Kasections.
On commença par pratiquer, au-dessous de J'ocrq*it, une grande incision, afin de découvrir la vertèbre a//«*, dont on nrfeva la moitié postérieure, de manière à mettre la moelle ipinière à nu. On fit, en même temps une grande inritioa à la tanche gauche pour découvrir le nerf viatique. La tare rriétaJ- Ique qui communiquait avec l'un de» rViie» de la pUe fut *Utr% Bise en contact avec la moelle épiniêre, tandh que relie *\ni Wdmunjquait avec l'autre pôle était appliquée \ur Je turi idatique. A l'instant, tous les musde* du c/itjh furent asrjflt le violents mouvements comuisifc. qui re**rmMaie»f a un frisson universel. Quand on rétablissait et interrompait *lt*r lativement le courant électrique, tout le tAté tao^be du cor]* éprouvait de vives convulsions.
On fit alors une petite inc&'rfi au talon, de manière a mettre à nu le tendon d'Achille. L'un <U% t//ttâwi*ittx <U- 1» pile étant maintenu, comme précédemment < au conta'* av/ a moelle épiniêre, l'autre fut appliqué mit la p"'j"- tw.%%um !aite au talon du supplicié, dont on an au p/éalaM'-Hifor plié les genoux. Dés que U commuriKaDori éîw.'r ique for /-ta blie, la jambe, qui *e trouvait flé'.hie w la ',mw, *>• tU'ifwUt subitement ; elle fut lancée ar<* tarif 'Je wAnn*, qn >lle faillir renverser un des aide» qui emtait en %aio de la tfU'iitr.
On se mit ensuite en devoir de rétablir par l'agent électrique les mouvements de la respiration. A cet effet, on mit à nu le nerf diaphragmatique gauche, vers le bord externe du muscle sterno-thyroïdien, à trois ou quatre pouces au-dessous de k clavicule. On fit ensuite une petite incision sur le cartilage de la cinquième côte, et l'un des conducteurs de la pile fut mis, par cette ouverture, en contact avec le diaphragme, tandis que l'autre était appliqué, dans la région du cou, sur le nerf diaphragmatique. Le résultat fut prodigieux. A l'instant, on vit se rétablir sur le cadavre les phénomènes mécaniques d'une forte et laborieuse respiration. La poitrine s'élevait et s'abaissait, le ventre était poussé en avant, et s'affaisait ensuite ; le diaphragme se dilatait et se contractait comme dans la respiration naturelle. Ces divers mouvements se manifestèrent sans interruption, aussi longtemps que le courant électrique fut maintenu. « Au jugement de plusieurs savants qui étaient té- » moins de la scène, dit le docteur Ure, cette expérience respi- » ratoire fut peut-être la plus frappante qu'on eût jamais faite » avec un appareil scientifique. » Le docteur Ure ajoute qu'il est permis de supposer que la circulation se serait rétablie, et que l'on aurait vu battre le cœur et les artères , si le sujet n'eût été épuisé de sang, stimulant essentiel de cet organe.
Après avoir artificiellement rétabli les phénomènes mécaniques de la respiration, on mit en jeu les muscles de la face, qui sont si impressionnables par l'électricité. Pour cela, au moyen d'une légère incision faite au-dessus du sourcil, on découvrit le nerf sus-orbital, sur lequel fut appliqué l'un des conducteurs de la pile ; l'autre fut mis en rapport avec la plaie du talon. Le docteur Ure excita alors des commotions électriques en promenant la plaque métallique qui formait l'un des pôles de la pile, le long des bords de cet appareil, depuis la deux cent vingtième jusqu'à la deux ccut vingt-septième plaque. De cette «lanière, cinquante commotions électriques qui se succédaient
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avec la plus grande rapidité, et dont l'intensité s'accroissait successivement, furent produites en deux secondes. Rien ne peut rendre ce qui se passa alors sur le visage du cadavre. Tous les muscles de la face furent mis en action à la fois d'une manière effroyable, exprimant tour à tour des sentiments opposés. La rage, l'angoisse, le désespoir, enfin des sourires affreux, se peignirent successivement sur les traits de l'assassin. Plusieurs personnes, qui assistaient à ce spectacle hideux, en éprouvèrent un tel saisissement qu'elles furent forcées de quitter l'amphithéâtre ; un gentleman tomba évanoui et dut être emporté au dehors : à la suite de l'émotion qu'il avait éprouvée, il demeura pendant plusieurs jours frappé d'une véritable obsession morale.
On termina ces étranges scènes en mettant en action, par le fluide électrique, les articulations des doigts de la main. En faisant passer le courant de la moelle épinière au nerf cubital, on vit les doigts se mouvoir avec autant d'agilité que ceux d'un joueur de violon. Un des assistants essaya de maintenir fermé le poing du cadavre , mais la main s'ouvrait en dépit de ses efforts. Ensuite, après avoir préalablement fermé le poing du sujet, on appliqua le conducteur de la pile, sur une légère incision faite au bout du doigt indicateur. Le doigt s'étendit aussitôt, et le bras tout entier fut pris de mouvements convulsifs. Le cadavre semblait ainsi montrer du doigt les différents spectateurs, dont quelques-uns, terrifiés, le croyaient revenu à la vie.
Le docteur Ure n'était point éloigné d'admettre que le sujet de ces expériences extraordinaires eût pu être ramené à l'existence si, dans les premières opérations, la moelle épinière n'eût été entamée et dilacérée. Il pensait qu'on aurait pu le ramener à la vie, si l'on eût commencé, comme il l'avait demandé, par rétablir les mouvements respiratoires :
€ En réfléchissant, dit-il, sur les phénomènes galvaniques que nous venons de rapporter, nous sommes porté à penser que si, sans entamer et sans blesser la moelle épinière, ainsi que les vaisseaux sanguins du cou, on eût mis en jeu d'abord les organes pulmonaires, comme je le proposais, il y a quelques probabilités qu'on aurait pu restaurer la vie. Cet événement, sans doute peu désirable dans le cas d'un assassin, et peut-être contraire à la loi, aurait été cependant bien pardonnable du» une circonstance où il aurait été infiniment honorable et utile i la science (4). »
Il paraît même que, parmi les personnes qui assistaient à h galvanisation du cadavre de Clydsdale, ou qui avaient demandé qu'on y procédât, il s'en trouvait plusieurs qui n'avaient agi que dans l'espoir secret de voir revenir à la vie le supplicié; on se proposait ensuite de le moraliser, de le marier et de le ramener à la vertu.
Si nous avons décrit avec d'assez longs détails les expériences dans lesquelles on a mis enjeu, par l'action du galvanisme, le corps des hommes et des animaux, ce n'est pas dans le vain désir d'exciter par des ressorts grossiers l'iutérôt ou la curiosité du lecteur. Selon nous, on a trop vite prononcé sur le peu de valeur scientifique de ces phénomènes ; on a trop vite coupé court aux difficultés qu'ils soulèvent, en déclarant que l'électricité n'agit dans ce cas que comme un stimulant ordinaire, et qu'elle provoque les mouvements musculaires sur les animaux récemment mis à mort comme pourrait le faire à sa place tout autre excitant. En portant ce jugement, si généralement accepté
(i) Exposé des expériences faites sur le corps d'un criminel immédiatement après V exécution , avec des observations physiologiques et philosophiques, par Andrew Ure, docteur-médecin, membre de la Société géologique. (Lu à la Société littéraire de Glasgow, le 10 décembre 1818, et imprimé dans le Journal of Sciences and the Arts, n° 12, traduit de l'anglais par M. Billy.) — Annales de chimie et de physique, t. XIV, p. 350.
aujourd'hui, on n'a pas tenu assez compte des faits nombreux ^extraordinaires qui ont été observés. Il nous semble difficile l'admettre que l'électricité agisse, dans les cas de ce genre, Gomme un autre stimulant. Il n'est point de stimulant chimique capable de réveiller la sensibilité et la contractilité musculaire avec un tel degré de puissance, et d'une manière si en harmonie avec les mouvements qui s'accomplissent pendant la vie. la meilleure réponse à faire à cette explication, c'est qui*, lorsque Jean Aldini se livrait aux expériences dont nous a\ons t'apporte les résultats, il attendait toujours, pour commencer ses opérations, que les organes de l'animal fussent détenus insensibles à l'action des excitants ordinaires; il n'administrait le galvanisme que lorsque toute sensibilité par 1rs irritants mécaniques ou chimiques, tels que l'ammoniaque, |r*s acides, etc., avait entièrement disparu. L'électricité n'agit donc point, comme on l'a dit, à la manière d'un stimulant ordinaire, puisque son action s'exerce sur nos organes lorsque tout autre moyen de stimulation n'éveille plus aucune impression. Si l'on réfléchit maintenant qu'avec le courant électrique ou ft réveillé sur le cadavre les sécrétions organiques, — qu'Aldin) a provoqué sur le corps d'animaux décapités la sécrétion sali* vaire en faisant agir l'électricité sur les glandes parotide* [\ , — que le docteur Wilson Philip a rétabli par le même mo\en, sur des lapins vivants, les fonctions suspendues de la respiration et de la digestion (2) ; — si l'on .se rappelle que des appareils spéciaux pour la production de l'électricité f\iM'iit dans quelques animaux, entre autres chez le gwmiote, la torpille, le silure et la raie; — quelestra\aux des physiologistes de nos jours ont mis hors de doute l'existence d'un courant pi opi e dans les muscles et les nerfs des animaux ; — que M. I>n Hoit Raymond, de Berlin, qui s'est tant occupé, a noire époque, d<-
(i) E$sai théorique et expérimental zur U fjatmittwit:, j». 147. (2) Annales de chimie et de phytifjue, t. XIV, p. :ji?.
ce genre de phénomènes, montre très facilement par l'expi rience, à l'aide du galvanomètre, la production d'un courant électrique pendant la contraction des muscles, chez l'homme; — on demeurera convaincu que cet ensemble de faits, qui m rattachent aux questions les plus élevées de la physiologie gêné-; raie, mérite un examen très approfondi. Nous ne voulons pis discuter ici la grande question de l'identité ou de l'analogfedfl fluide électrique avec l'influx nerveux qui anime le corps de» animaux, et nous ne ferons à cet égard qu'une réflexion générale. L'étude de l'électricité animale, la doctrine de l'identité ou l'analogie de l'électricité avec Je fluide nerveux, a été, fl f a cinquante ans, l'objet de l'enthousiasme presque unanime du monde savant Ces idées sont tombées, de nos jours, dans ni complet discrédit II appartient à notre époque, également exempte de l'entraînement de l'enthousiasme qui accueillit kf premiers temps de cette découverte, et de tout dédain systématique pour une théorie quelconque, d'approfondir cette question. Aussi espérons-nous que la science, de nos jonrSi tentera de soumettre au contrôle attentif de l'expérience et de l'induction des phénomènes qui offrent un intérêt égal an méditations de la philosophie, aux recherches expérimentales de la physique, et aux bienfaisantes applications de l'art de guérir.
LA PILE M TCITA.