PARTIE PRATIQUE
Détails relatifs à la construction des paratonnerres.
Un paratonnerre est une barre métallique ABCDEF(/Sg. 1 j, > élevant au-dessus d'un édifice, et descendant, sans aucune solution de continuité, jusque dans l'eau d'un puits ou dans
un sol BA, qui se dmcènr àïi Bdeb
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De /a Itge.
La tige est une barre de fer carrée BA, amincie de sa Iwsc à son sommet, en forme de pyramide. Pour une hauteur de 7 à 9 mètres (24 à 27 pieds), qui est la hauteur moyenne des tiges qu'on place sur les grands édifices, on lui donne à sa base do ol à 60 mil limé 1res de côté (2i à 26 lignes^ : on lui d
48ti Nom.
63 millimètres (18 lignes) si elle devait s'élever à 10 mètre (30 pieds) (<).
Le fer étant très exposé à se rouiller par l'action de l'eau et de l'air, la pointe de la tige serait bientôt émoussée ; pour obvier à cet inconvénient, on retranche de l'extrémité de la tige une longueur d'environ 55 centimètres , et on la remplace par une tige conique de cuivre jaune, dorée à son extrémité ou terminée par une petite aiguille de platine de 5 centimètres (% pouces) de longueur (2) . L'aiguille de platine est soudée, à la soudure d'argent, avec la tige de cuivre; et pour qu'elle ne puisse point s'en séparer, ce qui arriverait quelquefois malgré la soudure, on renforce l'ajustage par un petit manchon de cuivre. La tige de cuivre se réunit à la tige de fer au moyen d'un goujon qui entre à vis dans toutes deux ; il est d'abord fixé dans la tige de cuivre par deux goupilles à angle droit, et on le visse ensuite dans la lige de fer, dans laquelle il est aussi retenu par une goupille. On peut, sans aucune espèce d'inconvénient, ne point employer de platine et se contenter de la tige conique de cuivre , et môme ne pas la dorer si l'on n'en a pas la facilité sur les lieux. Le cuivre -ne s'altère pas profondément à l'air, et en supposant que sa pointe s'émoussât légèrement, le paratonnerre ne perdrait pas pour cela son efficacité.
Une tige de paratonnerre, de la dimension supposée, étant d'un transport difficile, on la coupe en deux parties, au tiers ou aux deux cinquièmes environ de sa longueur, à partir de sa base. La partie supérieure s'emboîte exactement, par un tenon pyramidal de 19 à 20 centimètres (7 à 8 pouces), dans la partie inférieure et une goupille l'empêche de s'en séparer. On doit cependant, autant qu'on le pourra, ne faire la tige que dune seule pièce, parce qu'elle en aura plus de solidité.
Au bas de la tige, à 8 centimètres (3 pouces) du toit, est une embase soudée au corps même de la tige ; elle est destinée à rejeter l'eau de pluie qui coulerait le long de la tige, et à l'em-
(1 ) La manière la plus avantageuse de faire une barre pyramidale est de souder bout à bout des morceaux de fer, chacun d'environ 80 centimètres (2 ~ pieds) de longueur, et d'un calibre décroissant,
(2) On petit remplacer l'aiguille de platiné par une aiguillé faite avec ralliàffè des monnaies d'argent , qui est composé de 9 parties d'argent -* * h enivre.
notis.
péebet de s'infiltrer dans l'intérieur du bâtiment et de pourrir les bois de la toiture (4).
Immédiatement au-dessous de l'embase, la tige est arrondie sut une étendue d'environ 5 centimètres (2 pouces), pour recevoir un collier brisé à charnière, portant deux oreilles, entre lesquelles on serre l'extrémité du conducteur du paratonnerre, au moyen d'un boulon. Au lieu du collier, on peut faire un étrier carré qui embrasse étroitement la tige ; on en voit la projection verticale en Q, et le plan en R (fig. 5, 6), ainsi que la
Fig. 5.
nr^vrn
Fig. 6.
manière dont il se réunit avec le conducteur. Enfin on peut encore, pour diminuer le travail, souder un tenon T (fig. 7),
(I) Pour foire l'embase, on soude un anneau de fer sur la tige, et on l'étiré cireulairement sur l'enclume en inclinant ses bords de manière à obtenir un cône tronqué très aplati.
à la place du collier ; mais il faut avoir soin de ne pas affaiblir la tige en cet endroit, qui est celui où elle doit opposer le plus de résistance, et le collier ou l'étrier sont préférables.
La tige du paratonnerre se fixe sur le loit des bâtiments, selon les localités. Si elle doit être posée au-dessus d'une ferme 8 (fig. 7 ei 8), on perce le faîtage d'un trou dans lequel on fait
Fig. 7.
passer le pied de la tige, et on l'assujettit contre le poinçon au moyen de plusieurs brides, comme on le voit dans la figure. Cette disposition est très solide, et doit ôtre préférée lorsque les localités le permettent.
Lorsqu'on doit fixer la tige sur le fattage en À (fig. 8), on le perce d'un trou carré de mômes dimensions que le pied de la tige, et par-dessus et en dessous on fixe, avec quatre boulons ou deux étriers boulonnés qui embrassent et serrent le fattage, deux plaques de fer de 2 centimètres (9 lignes) d'épaisseur, portant chacune un trou correspondant à celui fait dans le bois. La tige s'appuie par un petit collet sur la plaque supérieure, contre laquelle on la presse fortement au moyen d'un écrou se vissant sur l'extrémité de la tige contre la plaque inférieure; la fig. 9 montre le plan de l'une de ces plaques. Mais si Ton pouvait s'appuyer sur le lien CD (fig. 8), on souderait à la tige deux * qui embrasseraient les faces supérieures et latérales du
atagn, et (leeemdnMBt jnpii iten, swr lequel on les Sursit M moyen d'an boulon E.
Enfin, si le paratonnerre devait iHre placé sut une voûte, on I* (•minerait par Ira» on quatre empâtements on par des contreforts qn 'on scellerait dans la pierre, comme d'ordinaire, avec du
Du eaaduc loir du paratonnerre.
Le conducteur du paratonnerre est, comme on la dit, une barra de fer BCDEF [fo. I), on B'iVD'E'F', partant du pied de la tige et se rendant dans le sol. On donne a celle barre de v 5 a 20 millimètres {7 à 8 lignes) en carré ; mats 1 5 millimètres (7 lignes) sont réellement suffisants. On la réunit solidement à la tige ec la pressant entre les deux oreilles du collier, au moyen d'un boulon, ou bien on la termine par une fourchetteM (/îo. 6), qui embrasse la queue X de rétrier, ei l'on boulonne les deux pièces ensemble.
NOfES.
Le conducteur ne pouvant être d'une senle pftlu», on réaak plusieurs barres bout à bout pour le former. La meHtairo iNh iriére est celte représentée perla fa. 4*. Il est soutenu à 49 oo 45 centimètres (5 ou 6 ponces) parallèlement au toit, par des crampons à fourche , auxquels , peur empêcher riafikrttion de l'eau par leur pied dans le bâtiment, on donne la fane suivante.
Au lieu de se terminer en pointe, ils ont une patte (fig. 44 et 4 2) formée par une plaque mince de 25 centimètres de long sur
Fig. il.
4 de large, à l'extrémité de laquelle s'élève la tige du crampon, en faisant avec la plaque ou un angle droit [fig. 4 4), ou un angle égal à celui que forme le toit avec la verticale (fig. 4 2). La patte se glisse entre les ardoises ; mais, pour plus de solidité, on rem-
Fhj. l?.
place par une lame de plomb l'ardoise sur laquelle elle reposerait, et Ton cloue ensemble, au-dessus d'un chevron, cette lame et la patte du crampon. Le conducteur est retenu dans chaqae fourchette par une goupille rivée, et les crampons sont placés à ~- ï*nn 5 mètres les uns des autres.
Sotès. h*\
L* conducteur, après s'être replié sur la corniche du bâti- (fi9> *) sans la toucher, s'applique contre le mur le duquel il doit descendre dans le sol, et se fixe au moyen 1* cruepons que Ton fiche ou que l'on scelle dans la pierre. Aimé en D ou en D; dans le sol, à 50 ou 55 centimètres (4 S ou 9t pouces) au-dessous de sa surface, il se recourbe perpendiculairement au mur suivant DE ou D'E', se prolonge dans cette ■tavelle direction l'espace de 4 à 5 mètres (48 à 45 pieds), et s'enfonce ensuite dans un puits EF, ou dans un trou E'F' fait dans leterre, delà profondeur de 4 à 5 mètres(4 2 à 45 pieds), si Ton ne rencontre pas l'eau , mais de moins si on la rencontre plus tôt.
Le fer enfoncé dans le sol, en contact immédiat avec la terre «I l'humidité, se couvre d'une rouille qui gagne peu à peu son centre et finit paç le détruire. On évite cette altération en faisant courir le conducteur dans un auget rempli de charbon DE <* D'E', qu'on a représenté plus en grand dans la /ty. 43. On construit l' auget de la manière suivante :
flg. |3.
Après avoir fait une tranchée dans le sol, de 55 à 60 centimètres (30 à 22 pouces) de profondeur, on y pose un rang de briques à plat,, sur le bord desquelles on en place d'autres de champ; on met une couche de braise de boulanger de l'épaisseur de 3 à 4 centimètres (4 à 4 7 pouce sur les briques du fond ; on pose le conducteur DE par-dessus ; on achève de remplir l'auget de braise, et on le ferme par un rang de briques. La tuile, la pierre- ou le bois peuvent également être employés pour former l'auget. On a l'expérience que le fer, ainsi enveloppé de charbon, fe'éproùve aucune altération dans l'espace de trente années. Mais lecbarben fr'a pas seulement l'avantage d'empêcher le fer de se Huilier dans la terre ; comme M conduit très bien la matière électrique quand il a été rougi (et c'est pour cela que nous avons recommandé d'employer la braise dé boulanger)^1 facilite l'écoulement de la foudre dans le sol.
Le conducteur, sortant de l'auget dont on vient de parler, perce le mur du puits dans lequel il doit descendre et s'immerge dans l'eau de manière à y rester plongé de 65 centimètres v2 pieds) au moins dans les plus basses eaux. Son extrémité se termine ordinairement par deux ou trois racines, pour faciliter l'écoulement de la matière électrique du conducteur dans l'eaa. Si le puits est placé dans l'intérieur du bâtiment, on percera le mur de ce dernier au-dessous du sol, et l'on dirigera par l'ouverture qu'on aura faite le conducteur dans le puits.
Lorsqu'on n'a pas de puits à sa disposition pour y faire descendre le conducteur du paratonnerre, on fait dans le sol, avec une tarière de 4 3 à 4 6 centimètres (5 à 6 pouces) de diamètre, un trou de 3 à 5 mètres (9 à 4 5 pieds) de profondeur ; on y fait descendre le conducteur en le tenant à égale distance de ses parois, et l'on remplit l'espace intermédiaire avec de la braise que Ton comprime autant que possible. Mais, lorsqu'on voudra ne rien épargner pour établir un paratonnerre, nous conseillons de creuser un trou beaucoup plus large E'F' (fig. 4), au moins de 5 mètres de profondeur, à moins qu'on ne rencontre l'eau plus tôt, de terminer l'extrémité du conducteur par plusieurs racines, de les envelopper de charbon si elles ne plongent pas dans l'eau et d'en entourer de même le conducteur au moyen d'un auget de lx>is que l'on en emplira.
Dans un terrain sec, comme par exemple, dans un roc. on donnera à la tranchée qui doit recevoir le conducteur une longueur au moins double de celle qui a été indiquée pour un terrain ordinaire, et môme davantage, s'il était possible d'arriver jusque dans un endroit humide. Si les localités ne permettent pas d'étendre la tranchée en Fig. n. longueur, on en fera d'autres transversales,
comme on le voit en A (fig . 4 7 et 4 8), dans lesquelles on placera de petites barres de fer entourées de braise, que Ton fera communiquer avec le conducteur. Dans tous les cas, l'extrémité do ce dernier doit s'enfoncer dans un large trou, s'y diviser en plusieurs racines et être recouverte de braise ou de charbon Mira été rougi.
NOTKS.
I, on doit faire les tranchées pour le conducteur endroit le pins humide autour du bâtiment, les placer par oenfr dans les lieux les plus bas, et diriger au-dessus ta* loviales, afin de les tenir dans un élat plus constant d'hu- . On ne saurait trop prendre de précautions pour procurer adre un prompt écoulement dans le sol, car c'est prîncipade cette circonstance que dépend l'efficacité desparatoii-
barres de fer qui forment le conducteur présentant, eu
de leur rigidité, quel-
fficnlté pour leur faire
les contours d'un bâ-
, on a imaginé de les
cer par des cordes
ques qui , indépen-
>nt de leur flexibilité,
core l'avantage d'é-
& raccords et de di-
• les chances de sodé continuité. On quinze fils de fer
lireun toron, et quatre torons forment la
qui alors a 4 6 ou 18
Hres (7 à 8 lignes)
nètre. Pour prévenir
tructiou par l'air et
lité, chaque toron est
nné séparément, et la corde l'est ensuite avec beaucoup de n l'attache à la tige du paratonnerre de la même manière que ucteur fait avec des barres de fer, c'est-à-direqn'on la pince Mit au moyen d'un boulon entre les deux oreilles du colfig. \ 5), qui sont un peu concaves et hérissées de quelnotes pour mieux embrasser et retenir la corde. Les cramai la supportent sur le toit, au lieu d'être terminés en t, le sont par un anneau 0 (fig. 4 2), dans lequel passe e. Parvenue à 2 mètres (6 pieds) du sol, on la réunit à rrede fer de 15 à 25 millimètres (6 à 9 lignes) en carré mine le conducteur, comme on le voit en C (fig. 4 6); ins le sol, la corde serait promptement détruite. n"
&f*4 NOTES.
assure que des cordes ainsi employées n'ont pas éprowvé d'altération sensible dans l'espace de trente années. Néanmoins, comme il est incontestable que les barres de 1er bien assemblées sont beaucoup moins destructibles, nous conseillerons de leur donner la préférence autant qu'on le pourra. Si les localités obligeaient à employer des cordes, on pourrait les faire en fil de cuivre ou de laiton, qui est beaucoup moins destructible et qui.
tïg. 16.
Fèg. t§.
(Haut aussi meilleur conducteur, permettrait de ne donner au* cordes que 1 6 millimètres (6 lignes) de diamètre. C'est surtout pour les clochers que les cordes métalliques peuvent être d'une grande utilité, à cause de la facilité de leur pose.
Si le bâtiment que Ton arme d'un paratonnerre renferme des pièces métalliques un peu considérables, comme des lames de plomb qui recouvrent le faftage et les arêtes du toit, des gouttières de métal, de longues barres de fer pour assurer la solidité de quelque partie du bâtiment, il* sera nécessaire de les faire toutes communiquer avec le conducteur du paratonnerre; mais il suffira d'employer pour cet objet des barres de 8 millimètres (3 lignes) de côté ou du fil de fer d'un égal diamètre. Si cette réunion n'avait pas lieu et que le conducteur renfermât quelque solution de eonlÀuwlfc, w\ cç&"\l w« communiquât pas très libre-
ment avec le sol, il serait possible que la foudre se portât ttfec fracas du paratonnerre sur quelqu'une des parties métalliques. Plusieurs accidents ont eu lieu par celte cause; .nous en avons cité deux exemples au commencement de celte Instruction (1).
Paratonnerres pour les églises.
Le paratonnerre dont on vient de donner les détails de construction, et que l'on a pris pour type, est applicable à toute espèce de bâtiments, aux tours, aux dômes, aux clochers et aux églises, avec de très légères modifications.
Sur une tour, la tige du paratonnerre doit s'élever de 5 à 8 mètres (15 à 24 pieds), suivant 1 étendue de sa plate forme; 5 mètres suffiront pour les plus petites et 8 pour les plus grandes.
Les dômes et les clochers, dominant ordinairement de beaucoup les objets circonvoisins , un paratonnerre placé à leur sommet en tire un très grand avantage pour étendre son influence au loin, et n'a pas besoin, pour les protéger, de s'élever à la même hauteur que sur les édifices terminés par un toit très étendu. D'un autre côté, 1 impossibilité d'établir solidement des tiges de 7 à 8 mètres (21 à 24 pieds) sur les dômes et les clochers, sans des dépenses considérables, doit faire renoncer à en employer dans ces dimensions. Nous conseillons donc, pour ces édifices, et surtout pour ceux dont le sommet est d'un accès difficile, de n'employer que des tiges minces, s'élevant de 1 à 2 mètres (3 à 6 pieds) au-dessus des croix qui les terminent. Ces tiges étant alors très légères, il sera facile de les fixer solidement à la tête des croix, sans que la forme de ces dernières paraisse altérée de loin et sans que le mouvement des girouettes qu'elles portent ordinairement en soit gêné.
Nous pensons même que, pour peu qu'on éprouve des difficultés à placer ces tiges sur un dôme ou sur un clocher, on peut les supprimer entièrement. 11 suffira, pour défendre ces édifices des atteintes de la foudre, d'établir, comme pour le cas où ils sont armés de tiges, une communication très intime entre le pied de
(1) Nous devons plusieurs des détails de construction que nous venons de donner, à M. Mérot, habile constructeur de paratonnerres, qui, ù notre demande, nous a communiqué avec empressement les résultats de sa pratique.
chaque croix et Je sol. Cette disposition, qui est très peu dispen «lieuse et qui offre également une très grande sûreté, sera snrlor
«* rHdsswç-
nvantageuse pour les clochers des petites communes rurales. fiy, 23, représente un clocher sans tige de paratonnerre, d
NOTES. 4t7
la croix est en communication avec le sol, ou d'un conducteur ' partant de son pied, et la fig. 24 offre un clocher surmonté d'une tige attachée à sa croix.
Quant aux églises, lorsqu'elles ne seront pas protégées par le paratonnerre de leur clocher, il sera nécessaire de les armer % avec des tiges de 5 à 8 mètres (4 5 à 24 pieds) de haut, semblables à celle qui a été décrite pour un édifice aplati (4).
Paratonnerres pour lesmagatin* à poudre et le$ poudrier et.
La construction des paratonnerres pour les magasins à poudre et les poudrières ne diffère pas essentiellement de celle qui a été décrite comme type pour toute espèce de bâtiment; on doit seulement redoubler d'attention pour éviter la plus légère solution de continuité et ne rien épargner pour établir entre la tige du paratonnerre et le sol la communication la plus intime. Toute solution de continuité donnant lieu, en effet, à une étincelle, le pulvérin qui voltige et se dépose partout dans l'intérieur et même à l'extérieur de ces bâtiments, serait enflammé et pourrait propager son inflammation jusqu'à la poudre. C'est par ce motif qu'il serait très prudent de ne point 'placer les tiges sur les bâtiments mêmes, mais bien sur des mâts qui en seraient éloignés de 2 à 3 mètres (fig. 26 ). Il sera suffisant de donner aux tiges 2 mètres de longueur; mais on donnera aux mâts une hauteur telle, qu'avec leurs tiges ils dominent les bâtiments* au moins de 4 à 5 mètres. On fera aussi très bien de multiplier les paratonnerres plus qu'on ne le ferait partout ailleurs, car ici les accidents sont des plus funestes. Si le magasin était trfo* élevé, comme par exemple, une tour , les mâts seraient d'une construction difficile et dispendieuse pour leur donner de la *olidité : on se contenterait , dans ce cas, d'armer le bâtiment d'un double conducteur ABC (fig. 27), sans tige de paratonnerre, qu'on pourrait faire en cuivre. Ce conducteur, n'étendant pas son influence au delà du bâtiment, ne pourrait attirer la foudre
(I) La fig. 25 représente la tige d'un paratonnerre fait avec luxe , comme on en place sur quelques bâtiments : elle porte une girouette en forme de flèche , mobile sur des galets, pour rendre sou mouvement plus doux, qui fait connaître la direction du vent au moyen de lignes fixes orientées N.-S.-O.-E. ; à sa ha** eiU un socle d« cuivre mince dont la forme est arbitraire.
îv. A3,
île loin , M il aurait cependant l'avantage de garantir le bâtiment de te* atteinte» s'il en était frappé; de aorte que ceui-là mfnie>
qui rejettent les paratonnerres, parce qu'ils croient qu'ils déterminent là foudre a tomber sur un bâtiment qu'elle eut épargné sans eux , ne pourraient foire aucune objection fondée contre
MTls. 499
disposition qui vient d'être indiquée. Un pourrait arraei
ne manière semblable un magasin ordinaire ou tout autre bàent (fig. 28 ). A défaut de paratonnerres, des arbres élevés.
Fig. 38.
posés autour des bâtiments à 5 ou 6 mètres de leurs faces, défendent efûcacement de la chute de la foudre.
Paratonnerres pour les bâtiments de mer.
Pour un vaisseau, la tige du paratonnerre se réduit à la par-
tie de cuivre qui a été décrite pour l<* paratonnerre type. Celte lige est vissée sur une verge de fer ronde CB [fig. 30), qui entre dans l'extrémité I de la flèche du mât de perroquet, et qui porte une girouette. Une barre de fer MQ, liée au pied de la verge, descend le long de la flèche et se termine par un crochet ou anneau Q, auquel s'attache le conducteur du paratonnerre, qui est ici une corde métallique ; celle-ci est maintenue de distance en distance à un cordage , et, après avoir passé dans un anneau fixé au porte-hauban, elle se réunit à une barre ou plaque de métal qui com-
Fig. 30. mu,1^ue avec Ie doublage de cuivre du c / \ vaisseau. Sur les bâtiments de peu de
longueur , on n'établit ordinairement qu'un paratonnerre au grand mât; sur ii — im 4 les autres, on en met un second au mfti
"j i de misaine.
Disposition générale des paratonnerres sur un édifice. On admej, d'après l'expérience, qu'une tige de paratonnerre
Fig. 14. Fig. 17.
tége efficacement contre la foudre autour d'elle un espace
Fig. 18.
claire d'un rayon double de sa hauteur. Ainsi, d'après cette te, un bâtiment de 20 mètres (60 pieds) en long on en carré
n'aurait besoin, pour être défendu, que d'une seule tige de 5 à 6 mètres (4 5 à 4 8 pieds) de hauteur, élevée sur le milieu de son toit (/lg. 4 4 et 47). Dans la figure 47, le conducteur est une corde métallique.
Un bâtiment de 40 mètres (4 20 pieds), d'après la même règle, serait défendu par une tige de 4 0 mètres (30 pieds), et Ton en place effectivement de semblables ; mais il .serait préférable, au lieu d'une seule tige, d'en élever deux de 5 à 6 mètres (45 k 4 8 pieds de hauteur, et de les disposer de manière que l'espace autour d'elles fût également protégé de toutes parts, ce à quoi l'on parviendrait en les plaçant chacune à 40 mètres (30 pieds) de l'extrémité du bâtiment, et par conséquent à 20 mètres (60 pieds) l'une de l'autre (fig. 4 8). Pour trois ou un plus grand nombre de paratonnerres, on suivrait la même règle.
Les paratonnerres des tours et des clochers, en raison de leur grande élévation, doivent certainement étendre leur sphère d'action plus loin que s'ils étaient moins élevés ; mais cette action s'étend-elle, comme on l'a supposé pour des tiges de 5 à 4 0 mètres, à une distance double de la hauteur de leur pointe audessus des objets qu'ils dominent ? Il est possible qu'elle s'étende
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même plus loin ; mais l'expérience ne nous ayant encore rien appris à cet égard, \\ aéra yrotarcA. d'armer les églises de paru-
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4> phcif <t»
riqne doos ayons drâ beaucoup insisté sur la condition tàr une communication très intime entre la tige des pareras et ]e s jï. son importance nous détermine à la rappeler 3 Elle e^t teCe que. si elle n'était pas remplie, non-seuleles paratonnerres perdraient beaucoup de leur efficacité, que même ils pourraient devenir dangereux, en appelant la
Fig. 20.
e sur eux, quoique dans l'impuissance de la conduira dan* . Les autres conditions dont il nous resto à parler sont sauts
doute moins essentielles* que cette dernière , mais elles n'en méritent pas moins qu'on y ait égard.
On doit toujours faire parvenir la foudre, depuis la tige du paratonnerre jusque dans le sol, par la voie la plus courte.
Conformément à ce principe, lorsqu'on placera deux paralounerres sur un édifice, et qu'on leur donnera un conducteur commun, ce qui est, en effet, suffisant, on fera concourir en un point sur le toit, à égale distance de chaque tige, les portions des conducteurs qui ne peuvent être communes, et, à partir de ce point, une barre de fer, de la même dimension que pour un seul paratonnerre, servira de conducteur aux deux (fig. *8 et 19\
Fig. 18.
Lorsqu'on aura trois paratonnerres sur un édifice, il sera prudent de leur donner deux conducteurs (fig. 20). En général, chaque paire de paratonnerres exige un conducteur particulier.
Quel que soit le nombre des paratonnerres placés sur un édifice, on les rendra tous solidaires, en établissant une communication intime entre les pieds de toutes leurs tiges, au moyen de barres de fer de mêmes dimensions que celles des conducteurs fig. 20,24, n).
'sque les localités le permettront, on placera les conduc-
Fig. 19.
sur les murs des bâtiments qui font face au côté d'où vien-
Fig. 20.
le plus fréquemment les orages dans chaque lieu. En effet,
ces murs étant exposés à être mouillés par la ploie, deviennent des conducteurs, quoique imparfaits, en raison de la mince nappe d'eau qui les couvre ; et si le conducteur du paratonnerre n'était pas en communication intime avec le sol, il serait possible que la
foudre l'abandonnât pour se précipiter sur la face mouillée. Un
autre motif encore, c'est que la direction de la foudre peut être
déterminée par celle de la pluie, et qu'en outre la face mouillée
, comme conducteur, achetas \* Wta* te préférence au
paratoimen^Cestggio^poqrlescfcKAgrsqiieceUeobgervit^ est importante, et qu'A est Bécessadre d'y avoir égard.
Observations $ur l'efficacité de» paratonnerre*.
Une expérience de cinquante années sur l'efficacité des para* tonnerres démontre que, lorsqu'ils ont été construits avec les soins convenables, ils garantissent de la foudre les édifices sur lesquels ils sont places. Dans les États-Unis d'Amérique , où les orages sont beaucoup plus fréquents et plus redoutables qu'en Europe, leur usage est devenu populaire ; un très grand nombre de bâtiments ont été foudroyés, et l'on en cite à peine deux qu'ils n'aient pas mis entièrement à l'abri des atteintes de la foudre. Tout le monde sait que les parties métalliques , sur un édifice, sont frappées de préférence par la foudre, et ce fait seul démontre l'efficacité des paratonnerres , qui ne sont que des barres métalliques disposées de la manière la plus avantageuse, d'après les connaissances acquises sur la matière électrique par la théorie et l'expérience. La crainte d'une chute plus fréquente de la foudre sur les édifices armés de paratonnerres n'est pas fondée, car leur influence s'étend à une trop petite distance pour qu'on puisse croire qu'ils déterminent la foudre d'un nuage à se précipiter dans le lieu où ils sont établis. Il parait au contraire certain, d'après l'observation, que les édifices armés de paratonnerres ne sont pas foudroyés plus fréquemment qu'avant qu'ils le fussent. D'ailleurs
508 WOTtS. <
la propriété don paratonnerre d'attirer plus fréquemment ta 1 foudre supposerait aussi celle de la transmettre librement dans le sol, et dès lors il ne pourrait en résulter aucun inconvénient pour la sûreté des édifices.
Nous avons recommandé l'usage des pointes aiguës pour les paratonnerres, parce qu'elles ont l'avantage sur les barres arrondies à leur extrémité, de verser continuellement dans l'air, sous l'influence du nuage orageux, un torrent de matière électrique de nature contraire à la sienne, qui doit très probablement se diriger vers celle du nuage , et en partie la neutraliser. Cet avantage n'est point du tout à négliger ; car il suffit de connaître le pouvoir des pointes , et les expériences de Charles et de Romas avec un cerf-volant sous un nuage orageux , pour rester convaincu que les paratonnerres en pointe, s'ils étaient plus multipliés et placés sur des lieux élevés , diminueraient réellement la matière électrique des nuages et la fréquence de la chute de la foudre sur la \ surface de la terre. J
Cependant, lorsque la pointe d'un paratonnerre aura été , émoussée par la foudre ou par une cause quelconque, il ne faudra j pas croire , parce qu'elle aura perdu l'avantage dont on vient de parler, qu'elle ait aussi perdu son efficacité pour protéger le bâtiment qu'elle est destinée à défendre. Le docteur Rittenhouse rapporte qu'ayant souvent examiné et passé en revue, avec un excellent télescope de réflexion, les pointes des paratonnerres de Philadelphie, où ils sont en grand nombre , il en a vu beaucoup dont les pointes étaient fondues; mais qu'il n'a jamais appris que les maisons où ces paratonnerres étaient établis eussent été frappées de la foudre depuis la fusion de leurs pointes. Or cela n'aurait pas manqué d'arriver à quelques-unes, au moins au bout d'un certain temps , si leurs paratonnerres n'avaient pas continué de bien faire leurs fonctions ; car on sait, par nombre d'observations, que, lorsque le tonnerre est tombé en quelque endroit, il n'est pas rare de l'y voir retomber encore.
Pour que le fruit que l'on doit retirer de l'établissement des paratonnerres soit aussi grand que possible, et que l'on puisse profiter de l'expérience acquise sur une localité , pour la faire tourner à l'avantage général, nous formons le vœu que Son Excellence le Ministre de l'Intérieur, après avoir ordonné l'exécution d'une mesure réclamée depuis longtemps , et dont elle sent toute l'utilité, invite les autorités locales à lui transmettre fidèlement
tous les renseignements relatifs à la chute de la foudre sur un édifice armé de paratonnerre. Ces renseignements seraient la source d'améliorations importantes, et contribueraient, en faisant connaître les avantages d'un préservatif aussi simple et aussi sûr, à en rendre l'adoption plus générale.