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il n'est venu à notre connaissance aucun fait qui conduise à modifier les règles générales qu'elle propose :
4° Pour la section des conducteurs, qu'elle fixe à 2ci,25 (2 centimètres et un quart), c'est-à-dire à 4 5 millimètres de côté pour le fer carré et 4 7 millimètres de diamètre pour le fer rond ;
2° Pour la manière d'établir les conducteurs sur les couvertures des divers édifices ;
3° Pour la manière de les mettre en communication avec le réservoir commun.
Après avoir examiné tout ce qui appartient à la construction et à la pose du paratonnerre, le sujet qui nous occupe n'est pas épuise ; il reste encore une question importante et difficile à résoudre : c'est la question desavoir à quel point il faut multiplier les paratonnerres, ou, en d'autres termes, quel estle cercle de protection qu'il est permis d'attribuerà un paratonnerre bien établi.
Quelques anciennes observations paraissent avoir constaté des coups de foudre sur les parties des bâtiments qui se trouvaient à une distance de la tige égale à trois ou quatre fois sa hauteur au-dessus de leur niveau. En conséquence, à la fin du siècle dernier, c'était une opinion généralement reçue, que le cercle do protection du paratonnerre n'avait pour rayon que deux fois la hauteur de la tige. L'Instruction de 4 823 ayant trouvé cette pratique établie, a cru devoir l'adopter. Cependant elle y apporte quelques restrictions : par exemple, en ce qui regarde les paratonnerres des clochers, elle admet, s'ils s'élèvent do 30 mètres au-dessus du comble des églises, que, pour ces combles, le rayon du cercle de protection se réduit à 30 mètres, au lieu de 60. 4 II importe de rappeler que ces règles, bien qu'elles soient appliquées depuis longtemps, reposent sur des bases où il entre beaucoup d'arbitraire ; et, si nous faisons cette remarque, ce n'est pas pour les condamner, mais seulement pour empêcher qu'on ne leur attribue une valeur qu'elles sont loin d'avoir. Ne suffirait-il pas, en effet, que, d'époque en époque, elles fussent ainsi admises traditionnellement et de confiance pour que l'on se crût dispensé de les soumettre à quelque contrôle, pour que l'on négligeât de faire sur ce point des observations qui pourraient se présenter et qui fourniraient à la science des documents qui lui manquent presque complètement?
Ce n'est qu'avec ces réserves et faute de données assez nombreuses et assez certaines que nous admettons ces règles reçues
sur la grandeur du cercle qu'un paratonnerre protège autour de lui. Nous ajouterons de plus, pour ceux qui pourront observer des faits qui s'y rapportent, qu'elles ne peuvent pas être générales et absolues ; qu'elles dépendent d'une foule de circonstances, et particulièrement des matériaux qui entrent dans les constructions. Nous croyons, par exemple, que le rayon du cercle de protection lie peut pas être aussi grand pour un édifice dont les couvertures ou les combles sont de métal que pour un édifice qui n'aurait, dans ses parties supérieures, que du bois, de la tuile ou de l'ardoise. En effet, dans ce dernier cas, la portion active du nuage orageux, quoique notablement plus éloignée du paratonnerre que de la couverture, exerce cependant sur le paratonnerre une action plus vive ; tandis que, dans le premier cas, ces deux actions doivent être à peu près égales pour une distance égale.
En terminant ici le développement de ces principes généraux, nous profiterons de l'occasion qui nous est offerte pour appeler de nouveau l'attention sur tout ce qui se rattache aux effets de la foudre et sur la nécessité de les bien observer. Chaque fois que le tonnerre tombe, près ou loin des paratonnerres, près ou loin des habitations, dans les plaines ou sur les montagnes, il est presque certain qu'il y a des observations importantes à faire sur les phénomènes qui se manifestent. On connaît, il est vrai, un grand nombre, malheureusement un trop grand nombre d'exemples de personnes tuées ou de maisons incendiées ; on connaît aussi des exemples très divers de métaux fondus, de charpentes brisées, de pierres ou même de murailles transportées au loin, enfin beaucoup d'autres effets analogues ; mais ce qui manque en général, ce sont des mesures précises relatives aux distances, aux dimensions, aux positions des objets, soit des objets atteints, soit de ceux qui ne le sont pas : car il faut connaître aussi bien ce que le tonnerre épargne que ce qu'il frappe. C'est à tous les observateurs, et particulièrement aux officiers de la marine, de l'artillerie et du génie, aux professeurs, aux ingénieurs, aux architectes, qu'il appartient de bien constater ces phénomènes au moment même où ils se produisent, et de les bien décrire, au profit de la science comme au profit de l'économie publique. Do telles descriptions, quand elles se rapportent à un coup de foudre, doivent, autant que possible, indiquer les traces de la foudre à son point le plus haut et à son point le plus bas; ensuite.
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par des sections horizontales bien repérées et assez multipliées, faire connaître les positions relatives de tous les objets dans un cercle assez étendu autour de ceux qui portent la marque de son passage.
L'Académie des sciences recevra toujours des travaux de celte espèce avec un véritable intérêt.
Note spéciale pour les bâtiments de mer.
Le cuivre rouge a une grande supériorité sur le fer et le laiton dont on fait usage trop souvent pour composer le câble qui forme le conducteur du paratonnerre ; il est moins altérable sous l'influence des agents atmosphériques, et surtout il peut être employé avec une section trois fois plus petite. Nous conseillons donc exclusivement les câbles de cuivre rouge ; ils devront avoir 4 centimètre carré de section métallique : ainsi leur poids sera d'environ 900 grammes par mètre courant ou 90 kilogrammes les 4 00 mètres : les fils auront de 4 millimètre à 1mm,5 de diamètre ; ils pourront être cordés à trois torons, comme à l'ordinaire.
Le paratonnerre peut n'avoir que quelques décimètres de longueur, y compris sa pointe, composée comme nous lavons dit. Sa jonction avec le câble sera faite dans l'atelier, à la soudure à l'étain ; pour cela on pourra, par exemple, ménager dans la tige un trou convenable, y passer le câble et ramener le bout de 3 à 4 décimètres de longueur pour le corder et l'arrêter avec le reste; ensuite le trou sera rempli d'une soudure qui imprègne tous les fils et qui forme aux points d'entrée et de sortie du câble une sorte de large hémisphère.
Avec cette disposition la tige du paratonnerre ne peut plus se visser elle-même au sommet de la flèche qui la reçoit, il faudra donc lui donner une forme qui permette de la boulonner solidement avec son support.
A son extrémité inférieure le câble sera ajusté d'une manière analogue dans une pièce de cuivre de forme convenable , et il faudra nécessairement que cette pièce de cuivre soit mise ellemême en permanente communication avec le doublage du navire.
La précaution dont on use quelquefois d'isoler la chaîne du porle-hauban est inutile ; et l'habitude de jeter la chaf
mer au moment de l'orage est dangereuse: 4° en ce qu'il est possible que Ton oublie de le faire ; 2° en ce que souvent il ne suffit pas que la chaîne communique à l'eau de la mer par 2 à 3 décimètres carrés de surface.
Note spéciale pour le PalcUê de VExpoiilion.
Les constructions du Palais de l'Exposition couvrent un rectangle de 4 00 mètres de largeur sur 250 mètres de longueur, sans compter les pavillons qui se trouvent en dehors et sur les quatre faces. La galerie centrale a 25 mètres de largeur, et la galerie rectangulaire qui lui est contiguë et qui l'enveloppe de toutes parts, seulement 28 mètres. Les fermes de cette grande charpente de fer sont à 8 mètres l'une de l'autre; elles sont reliées entre elles par des pannes en forme de cornières, par des moises et des entretoises ; et ce vaste ensemble est supporté par plu* sieurs centaines de colonnes de fonte, indépendamment du mur extérieur.
Le système de construction ne permet pas que les paratonnerres aient plus de 6 à 7 mètres de hauteur, et qu'ils soient posés ailleurs que sur les sommets des fermes. En conséquence, on les établira de trois en trois fermes, c'est-à-dire à 24 mètres l'un de l'autre. Ainsi, la galerie rectangulaire aura trente paratonnerres, la galerie centrale neuf ou dix ; quant aux pavillons, ils en recevront plus ou moins, suivant leur étendue et leur position.
Un grand conducteur commun sera établi dans toute la longueur du chéneau qui fait le tour de la galerie centrale, ayant ainsi 500 mètres de développement; il sera formé avec du fer portant 8 à 9 centimètres carrés de section, et métalliquement continu. Chaque paratonnerre sera muni d'un conducteur particulier qui viendra se souder au conducteur commun. Enfin le conducteur commun lui-même sera mis en communication avec le sol au moyen de quatre puits, au moins, qui seront creusés vers les quatre angles du rectangle ou vers les milieux des côtés, et qui devront être assez profonds pour avoir toujours 4 mètre d'eau. Il importe que ces puits soient éloignés les uns des autres ; il importe pareillement que les conducteurs qui viennent y perdre la foudre se trouvent en contact avec le liquide par de grandes surfaces, soit qu'on, les y ramifie de diverses manières,
soit que l'on y soude des feuilles larges et épaisses de tôle étamée, de zinc ou de cuivre.
Les paratonnerres des pavillons seront de môme reliés au conducteur commun, ou au plus voisin de ses embranchements qui se dirigent vers les puits.
On doit remarquer qu'il se trouve environ 40 mètres de distance entre les pieds des paratonnerres ' correspondants de la galerie centrale et de la galerie rectangulaire, tandis que, d'après les règles reçues par rapport au cercle de protection, les paratonnerres de 7 mètres ne comporteraient qu'une distance de 28 mètres. Mais ces conditions sont imposées par la nature de la construction, qui ne permet, comme nous lavons dit, de placer des paratonnerres qu'au sommet des fermes; au reste, il nous paraît que cet excès de distance ne peut pas avoir grand péril, puisqu'à partir du pied des .paratonnerres, la couverture, ayant la forme d'un cylindre horizontal à base circulaire, va en s' abaissant rapidement.