CHAPITRE II
Description des appareils employés dans la galvanoplasUe. — Princi« pales opérallons gaWanoplastiques. — Applications diverses de ces procédéi.
On se propose , dans la galvanoplastie , d'obtenir à l'aide de la pile voUaïque, sur un objet donné, la pré^
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dpitation d*un mêlai dissous dans un liquide , de ma* nière à obtenir à la surface de cet objet une couche continue, mais non adhérente, qui reproduise tous les détails du modèle. Si le dépôt se fait a Tintérieur, on obtient la reproduction intérieure du modèle , et la couche ainsi fonnée est destinée a servir de moule. Si le dépôt a lieu à l'extérieur, il a pour effet de provoquer sur ce moule la précipitation d'une nouvelle couche métallique, qui, séparée du moule, est dès lors la reproduction extérieure du type primitif.
Donnons d'abord d'une manière générale, et en termes abrégés, la description des appareils en usage pour les opérations de la galvanoplastie; nous décrirons ensuite ces opérations elles-mêmes, et nous passerons enfin en revue la série nombreuse des applications qu*ont reçues ces procédés.
Pour provoquer le courant électrique «t pour recevoir le dépôt métallique, on peut se servir de deux appareils , Y appareil simple ou Y appareil composé. Dans le premier, l'objet destiné à être reproduit fait luimême partie du couple voltaïque qui doit provoquer le courant. Dans le second, le courant voltaïque se produit en dehors de la liqueur à décomposer, et le moule est simplement attaché au pôle négatif de la pile par un fil conducteur.
L'appareil simple le plus souvent employé est formé d'un vase de verre contenant la dissolution métallique à décomposer, du sulfate de cuivre, par exemple, si c'est du cuivre que Ton veut réduire. Au centre de ce premier vase, se trouve un second vase de porcelaine qui plonge dans le liquide et contient de l'acide sulfurique élendu de 12 à 15 fois son poids d'eau; I. 27
on place datis Fncide sulfurique une lame de zinc que Ton fait communiquer, au moyen d'un fil de cuivre, avec le moule qui se trouve déposé au fond du vase de verre renfermant la dissolution de sulfate de cuivre. Le couple voltaïque engendré par le contact du cuivre et du zinc donne naissance à un courant électrique faible et continu qui provoque lentement et graduellement la réduction du métal. Le cuivre précipité vient se déposer peu à peu dans le moule placé au pôle négatif, et au bout de quelques jours il produit, en se modelant sur tes diverses inégalités de sa surface, une couche métallique qui est la contre-épreuve parfaite de l'original. Comme la dissolution de sulfate de cuivre s'épuise au fur et à mesure de la réduction d'une partie du métal, on l'entretient à un degfé constant de saturation, en ajoutant de temps à autre à la liqueur des cristaux de sulfate de cukre. Ce petit appareil, très en usage pour la reproduction galvanique des objets de petite dimension, est celui qui est employé dans les cours de chimie pour la démonstration des opérations de la galvanoplastie. Il est connu sous le nom A' électrotype de Spencer.
L'appareil composé offre deux parties à considérer: le vase dans lequel s'effectue le dépôt du métal, et la pile voltaïque placée en dehors de la liqueur.
Les dispositions adoptées pour la construction des piles en usage dans la galvanoplastie varient beaucoup. Il serait superflu de les décrire ici d'une manière détaillée. Nous dirons seulement quelques mots de la pile de M. Smée, qui est la plus employée en Angleterre, et de celle d'Archereau, que l'on emploie presque exclusivement parmi nous.
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La pile de M. Smée, formée d'un seul ou de plusieurs éléments, se compose d'une lame d'argent enveloppée d'une lame de zinc. Ce système plonge dans un liquide formé d'acide sulfurique étendu, d'eau. Il est terminé par deux fils métalliques qui constituent ses deux pôles. C'est, comme on le voit, un appareil d'une grande simplicité; seulement, si l'on emploie plusieurs couples, il devient assez dispendieux, et c'est là ce qui a empêché son usage de se répandre dans l'industrie.
La pile d'Archereau, qui est employée en France pour les opérations de la galvanoplastie, de la dorure et de l'argenture, n'est qu'une modification avanta^ geuse des piles de Grove et de Bunsen. Comme dans chacun de ces instruments, la source à laquelle on emprunte l'électricité est une action chimique, et non le simple contact de deux métaux. Cette pile se conir pose d'un vase de yerre contenant une lame circuculaire de zinc qui plonge dans de l'acide sulfurique affaibli. Au centre de ce vase, et au milieu du liquide acide qu'il renferme, existe un second vase de porcelaine non verni, et par conséquent poreux et perméable aux gaz. On place dans ce cylindre de poreelaine de l'acide azotique. Le gaz hydrogène formé par la réaction de l'acide sulfurique sur le zinc traverse la cloison poreuse de porcelaine et vient réagir sur l'acide azotique, qu'il décompose en formant de l'eau et du gaz bypo-azotique. Cette double réaction provoque un dégagement considérable d'électricité. Pour amener au dehors l'électricité qui a pris ainsi naissance, on adapte à la lame de zinc un conducteur métallique qui constitue l'un des pôles de la pile , et
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Ton fait plonger dans Tacide azotique un gros fragfnent de charbon de coke, corps très conducteur du fluide électrique, que Ton fait communiquer avec un fil métallique destiné à représenter l'autre pôle.
Le vase dans lequel doit s'effectuer le dépôt engendré par l'une de ces piles n'offre aucune disposition qu'il soit nécessaire de signaler. Il contient la liqueur saline a décomposer : du sulfate de cuivre , du cyanure d'argent dissous dans du cyanure de potassium, si c'est du cuivre ou de l'argent que l'on se propose de réduire ; la forme de ce vase est indifférente. On attache au pôle positif de la pile plongeant dans la liqueur un anode, c'est-à-dire une lame de cuivre si Ton opère sur un bain de cuivre , ou d'argent , si l'on agit sur un sel d'argent. Ije métal attaché au pôle positif se dissout au fur et à mesure que marche l'opération en quantité à peu près égale à celle qui se trouve réduite par le courant.
L'emploi d'un appareil composé a des avantages de toute nature, et il a seul permis de prêter aux opérations galvanoplastiques l'étendue et la variété qu'elles ont acquises aujourd'hui. L'anode qu'il renferme permet d'entretenir la dissolution saline à un état constant de saturation, circonstance qui est très utile au succès. En faisant usage d'éléments voltalques plus ou moins énergiques , plus ou moins nombreux, on peut obtenir un courant animé de tous les degrés possibles d'intensité. Enfin cet appareil permet d'augmenter autant qu'on le veut le volume des pièces reproduites ; il suffit pour cela de placer la liqueur dans des vases d'une dimension convenable. Il n'y a dès lors plus de limites pour la forme
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ni pour retendue de l'objet que Ton veut reproduire.
Les opérations galvanoplastiques présentent , dans la pratique, quatre circonstances essentielles d'où le succès dépend, et qui malheureusement sont encore loin d'être bien élucidées. Ce sont : l'intensité de la pile pour les différentes dissolutions, — le degré de concentration de la liqueur et sa conductibilité électrique, — sa température, — enfin la disposition et la grandeur relative entre les deux électrodes, c'est-à-dire, entre la plaque de cuivre attachée au pôle positif et le moule qui termine le f(Ae négatif. Ces quatre circonstances peuvent donner, en variant selon les cas, des résultats très différents , etl'habitude fournit aux expérimentateurs des règles beaucoup plus sûres que tous les principes vagues que l'on a essayé d'établir jusqu'ici.
Pour prendre une empreinte galvanoplastique , on n'agit pasen général sur l'objet lui-même, qui courrait le risque d'être détérioré par son séjour dans des liqueurs corrosives ; ordinairement on en prend un moule sur lequel on opère là reproduction. Les moules employés sont faits avec un métal ou avec une substance plastique que l'on rend conductrice de l'électricité en la recouvrant d'une couche très mince de plombagine , ou d'une poudre métallique. Le métal employé pour la confection des moules est Falliage fusible de Darcet , la soudure des plombiers, ou l'alliage des clichés, .qui est beaucoup plus dur. Maiià le plus souvent on se sert de moules de plâtre que l'on commence par rendre imperméables à l'eau en les plongeant dans de la stéarine fondue. On étend ensuite sur leur surface, à l'aide d'un pinceau, une légère couche de plombagine destinée à la rendre conductrice. Pour établir la com- 1. 27.
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munication entre le moule et le [lôle négatif de la pile , on entoure le moule d'une bande de cuivre.
Tel est l'ensemble des opérations qui s'exécutent dans la plupart des expériences galvanoplastiques. Passons maintenant en revue les diiïcrentes applications de ces procédés, Nous parlerons d'abord de la reproduction des monnaies et des médailles.
Pour reproduire une monnaie ou une médaille, on peut opérer de deux manières ; — On agit directement sur la médaille que l'on veut reproduire ea la plaçant au pôle négatif, après avoir pris les précautions suffisantes pour empêcher l'adhérence de l'empreinte avec l'original. Ces précautions consistent à passer sur la médaille une couche excessivement légère d'une substance grasse, telle que l'huile, la cire, la stéarine, le suif, etc. On obtient ainsi en creux une empreinte sur laquelle on opère de nouveau pour avoir la reproduction en relief. • — On prend l'empreinte de la pièce avec du plâtre ou un alliage fusible ; de cette manière l'opération galvanoplastique reproduit immédiatement la médaille en relief. Quand on agit directement sur la médaille, il faut recouvrir de stéarine le revers, sur lequel il ne doit pas exister de dépôt; on la met ensuite en rapport avec le pôle négatif au moyen d'un fil de métal fixé sur son contour. Le revers est reproduit plus tard de la même manière en recouvrant de stéarine la face déjà prise. Cinquante ou soixante heures d'immersion donnent au dépôt une épaisseur convenable. L'opération achevée, on sé- ])are la pièce du moule, auquel elle n'adhère que fai- Jjlcnicnt.
On reproduit par ces moyens, les cachets , les tini-
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bres et les sceaux, en opérant sur des empreintes prises avec le plâtre ou la stéarine.
C'est par les mêmes procédés que Von recouvre de cuivre-une statuette, un groupe ou tout autre objet exécuté en plâtre. L'appareil de M. Spencer, que l'on a vendu à Paris sous le nom d'électrotype breveté^ et que nous avons décrit en parlant des appareils simples, est très commode pour les reproductions de ce genre. Cependant cette opération est assez puérile. Envelopper d'une couche de cuivre une statuette ou un médaillon de plâtre, ne remplit aucune vue d'utilité particulière et n'a rien de bien heureux sous le rapport de l'art.
En recouvant de cuivre, par les mêmes procédés, des fruits, des légumes , des feuilles, des graines et d'autres produits naturels, on peut obtenir quelques ornements curieux en ce qu'ils conservent et traduisent exactement la forme et tous les détails les plus fins de l'objet galvanisé. Pour reproduire, par exemple, une pomme, une poire, une feuille d'arbre, etc., on frotte lefruitavecde la plombagine, et l'on enfonce vers la queue ou vers le germe une petite épingle ; on réunit cette épingle à un fil communiquant avec la pile , et l'on place le fruit dans la dissolution. Le cuivrage étant achevé , on retire l'épingle », qui laisse un petit trou par x)ù les sucs du fruit peiv vent s'évaporer. . Disons cependant que ces espèces de cuivrage sont d'une parfaite inutilité, et ne sont guère propres qu'à donner la mesure de la perfection et de la délicatesse des opérations galvanoplastiques. Je me souviens avoir vu, dans le vestibule de l'Institut, un spécimen assez curieux de^ produits de cet arl singulier, M. Soyer avait réus^ à envelopper le ca-
davre d'un enfant nouveau-né d'une couche de cuivre. Bien que le résultat fût merveilleux de réussite, c'était un spectacle assez hideux à contempler. On disait autour de nu» qu'il y aurait là un moyen d'élever aux grands hommes à la fois un tombeau et une statue d'une ressemblance authentique.
La galvanoplastie fournit à l'art du fondeur des applications d'une importance plus sérieuse et qui sont destinées à recevoir un jour un développement considérable. Voici en quelques mots l'eiisemble des moyens qui permettent de réaUser, avec le simple secours de la pile voltalque, les grands objets de sculpture, que l'on n'avait pu jusqu'ici obtenir qu'à l'aide de la fusion du métal.
On saitque pour obtenir une statue debronze, de fonte ou de 2inc, le sculpteur ayant fourni son modèle d'argile, on en tire une épreuve de plâtre; cette dernière épreuve sert ensuite à préparer le moule de sable où l'on coule le métal. Ces diverses opérations nécessitent un grand travail et ne sont pas sans danger à cause des explosions qui peuvent avoir lieu pendant la coulée; en outre, la copie métallique est loin d'être parfaite, et elle exige pour être terminée de nombreuses retouches et un travail nouveau. Par la galvanoplastie, au lieu de faire un moule en relief avec du plâtre et ensuite un moule en creux avec du sable, on commence par mouler le plâtre en creux, et Ton revêt ensuite de plombagine l'intérieur de ce moule. On le plonge alors dans une dissolution de sulfate de cuivre et l'on faitpasser le courant électrique ; quand la couche déposée est d'une épaisseur suflBsante , on enlève le moule qui laisse à découvert l'objet parfaitement exact. S'il s'agît d'une
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statuette en ronde bosse de petite dimension, on prend le creux de chaque moitié, on les revêt de plombagine et Von rapproche ensuite les deux moitiés que Ton réunit avec du plâtre ; on fait communiquer le tout avec l'appareil vol talque, en s'arrangeant de manière que le liquide pénètre dans l'intérieur du moule et que le dépôt métallique puisse s'y effectuer. Si l'original avait de trop grandes dimensions , les vases a employer devraient présenter une capacité énorme ; il est mieux alors de réunir entre elles avec de la cire les diverses parties du moule en creux, de manière à en former une sorte de capacité dans laquelle on place la dissolution même. Les parties séparées que l'on obtient ainsi sont ensuite soudées à l'argent ou à Tétain. Enfin ces soudures elles-mêmes sont galvanisées à leur tour. Il suffit, pour cela, de circonscrire la surface des soudures avec du mastic, de manière a en former une espèce d'auge que l'on remplit de la solution de sulfate de cuivre ; à l'aide de lu pile, on détermine un dépôt de cuivre qui recouvre et fait disparaître les traces de ces soudures. C'est par ces procédés que M. Soyer a exécuté les bas-reliefs galvanoplasliques de sa belle statue de Guttenberg.
Les statuettes, les bas-reliefs, les diverses figurines métalliques que quelques artistes de Paris commencent à répandre dans le commerce, et que les industriels anglais produisent depuis plusieurs années, sont obtenues par les mêmes moyens. On est quelquefoisdans l'usage, pour faire disparaître le ton rouge du cuivre, qui n'est que d'un effet assez médiocre, de recouvrir ces différents objets d'une couche d'argent par l'action de la pile ; l'éclat et le toa brillant de ce d^r-
nier inétal leur donnent beaucoup de relief et de valeur. L'application des procédés galvanoplastiques à la typographie n*a encore donné, au point de vue pratique, que des résultats d'une assez faible importance. La galvanoplastie ne pourra offrir d'avantagescertains que pour former les moules ou matrices dans lesquelles on fond les caractères d'imprimerie. Quantaux caractères, rien ne peut remplacer, sous le rapport de l'économie , les procédés de l'industrie actuelle.
Les planches stéréotypées s'obtiennent à un si bas prix qu'il est difficile que la galvanoplastie puisse les remplacer. On sait, en effet, qu'on est dans l'usage, pour les livres qui sont d'un grand débit, et qui n'exigent pas de changements pendant un grand nombre d'années, tels que la Bible, les classiques anciens, etc., d'imprimer avec des planches stéréotypées. On prend avec le pUUre l'empreinte des pages d'imprimerie composées avec les caractères métalliques, on fait sécher cette empreinte , et en y coulant l'aUiage d'imprimerie fondu, on obtient une planche métallique qui sert ensuite au tirage. La galvanoplastie pourrait peut-être intervenir pour la fabrication de cette dernière empreinte, mais elle ne pourrait le faire avec une économie suffisante.
Nous arrivons aux applications de la galvanoplastie qui ont le plus vivement attiré l'attention des industriels et des savants, c'est-à-dire à l'emploi de ces procédés dans l'art de la gravure. Nous allons trouver ici un ensemble nouveau d'opérations assez importantes pour former une branche particulière des arts électrochimiques , que l'on désigne aujourd'hui sous le nom spécial à'électrotypie. En Allemagne et en Angleterre,
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Télectrotypie est déjà assez avancée. On a moins bien réussi en France ; en général , les planches obtenues parles procédés électrotypiques se sont assez promplement altérées et il a été difficile d'en tirer un bon parti ; elles s'oxydent, dit-on, avec une rapidité déplorable. Cet insuccès est dû sans doute à ce que , jusqu'à ce motnent, peu de personnes se sont occupées , parmi nous, de cette partie si insolite et si nouvelle [des arts industriels. On s'est mal rendu compte des conditions nécessaires pour que les planches de cuivre obtenues par la galvanoplastie réunissent les conditions exigées par les graveurs , et les essais de ce genre n'ont pas encore eu de suites bien sérieuses. On peut cependant citer ici avec éloges un de nos plus intelligents artistes, M. Zier, qui a reproduit et multiplié par ces moyens, et avec un bonheur complet, plusieurs belles planches de M. Calamatta.
Voici les applications principales faites jusqu'à ce jour des procédés galvanoplastiques à l'art du graveur. L'électrotypie permet d'exécuter les opérations suivantes : 1" fabriquer des planches de cuivre pur à l'usage des graveurs; 2° reproduire les planches gravées ; 3^ graver directement une planche de cuivre par le courant galvanique.
Les planches de cuivre employées par les graveurs exigent des qualités que les procédés de l'industrie actuelle réalisent difficilement. Le cuivre même le plus pur, livré par le commerce, contient généralement de î'étairi et d'autres métaux , qui rendent la gravure au burin difficile et la gravure à l'eau-forte incertaine dans ses résultats* Au contraire, le métal qui se dépose sous l'influence du fluide électrique est d'une
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pureté absolue ; il est donc parfaitement approprié aux besoins de la gravure.
Le. procédé pour obtenir les plaques de cuivre unies à Tusçige des graveurs est extrêmement simple. It suffit de se procurer une plaque de cuivre unie qui sert de moule , et sur laquelle on détermine , à Taide de la pile, un dépôt de cuivre qui reproduit exactement l'original employé. La plaque de cuivre unie que l'on veut reproduire est d'abord soudée , par sa face postérieure , à une lame d'étain , de plomb ou de zinc , qui ne «ert qu'à établir la communication électrique avec la pile. La pile la plus convenable à employer est cellç de M. Smée. Le sulfate de cuivre est placé dans une auge verticale de bois qui contient les électrodes. Quelques manipulations et précautions particulières « décrites avec soin par M. Smée, et dans le détail desquelles il serait difficile d*entrer ici , permettent d'arriver sans trop de peine à un résultat avantageux , et d'obtenir une planche de cuivre unie , qu'il ne reste plus qu'à polir pour qu'elle puisse immédiatement servir aux usages de la gravure.
Les planches de cuivre gravées par la main de l'artiste ne sont pas plus difficiles à reproduire que les plaques unies. En effet, une planche où se trouve tracé le dessin le plus compliqué, le travail le plus délicat et le plus (in , peut être copiée avec autant de facilité qu'une planche unie, puisque le dépôt métallique s'effectue , dans les deux cas , de manière à reproduire fidèlement l'original.
Les dessins gravés sur des plaques de cuivre sont creusés, comme on le sait, dans l'épaisseur du métal.
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Or le problème ^ résoudre consiste à obtenir une copie en creux. Il faut donc commencer par tirer un modèle en relief, qui sert ensuite à obtenir le même modèle en creux. On obtient cette copie de cuivre en relief , en opérant comme nous venons de Tindiquer pour les plaques unies. Ce moyen est le plus parfait et doit être préféré quand il s'agit de dessins très délicats ; mais si Ton redoute de porter atteinte à une planche précieuse , ou si cette planche pré$eote de trop grandes dimensions , on doit se servir du moyeu suivant. On prend une lame de plomb très mince , propre et bien polie ; on place cette lame de plomb dans une presse à imprimer en taille-douce ; au-dessous d'elle on met une plaque de fer, et par-dessus la planche gravée ; on soumet alors le tout à l'action de la presse ; par le fait de la pression , le dessin de la gravure s'imprime en relief de la manière la plus exacte sur la lame de plomb , et cette lame sert ensuite de moule pour obtenir en cuivre galvanoplastique une planche, en creux , qui reproduit exactement la planche originale sortie des mains du graveur.
On a essayé de reproduire par des moyens semblables les planches gravées sur acier ; mais comme la dissolution des sels de cuivre attaque profondément l'acier, on a dû employer des dissolutions d'une autre nature. Les tentatives que l'on a faites jusqu'ici dans cette direction n'ont pas encore doimé de résultats satisfaisants.
Arrivons à la gravure directe des planches de
cuivre par le courant galvanique. Tout le monde
sait que pour obtenir une gravure à Teau-forte, on
commence par recouvrir une planche polie de cuivre
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OU (l*acier d'une couche de cire ou de vernis. Le graveur dessine alors sur cette couche avec une pointe line de manière à mettre ïe métal à nu. Il place ensuite cette planche dans un vasie plat et verse dessus de Tacide azotique (eau-forte) étendu d'eau. L'acide attaque et dissout le métal jusqu'à une profondeur suffisante pour loger l'encre typographique. M. Smée a imaginé de remplacer l'eau^-forte par l'action chimique .qui s'exerce sur un métal quand on le place au pôle positif d'une pile voltaique.
Toutes les opératicms dont nous avons parlé jusqu'ici se forment au pôle négatif de la pile ; c'eât là que s'accomplissent , comme on l'a vu , les dépôts métalliques. Mais il se passe au pôle positif une autre action chimique doQt M. Smée à su très ingénieqsement tirer parti* Dans la décomposition électro-chimique d'un sel, en même temps que le métal se réduit au pôle négatif de la pile, l'oxygène et l'acide se rendent au pôle positif, et si l'on dispose à ce pôle une lame mé* tallique , celle-ci se trouve peu à peu attaquée et dissoute par l'action réunie de l'oxygène et de l'acide libres. Ce fait, sur lequel M. Jacobi afondé l'emploi des anodes, a servi à M. Smée à obtenir ce curieux résultat de graver directement par le courant galvanique une planche de cuivre. Voici comment ce physicien recom» mande d'opérer. La planche métallique, recouverte de cire ou de vernis sur ses deux faces , récent coofune à l'ordinaire le dessin exécuté avec la pointe par la main de l'artiste. Cette planché est alors ptoeée dans une dissolution de sulfate de cuivre en communication avec le pôle positif d'une pile ; le circuit voltaïque est complété en mettant en rapport avec le pôle négatif
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une plaque de même dimension que la planche à graver.La décomposition ne tarde pas à s'effectuer; Toxygène et l'acide sulfurique se portent sur la planche et dissolvent le cuivre dans les points où les traits ont ét« marqué».
Cette manière si nouvelle de graver présente, selon il. Smée,les avantages suivants : on évite les exhalaisons nitreuses qui se dégagent dans le procédé ordinaire; 2^ l'action est plus uniforme qu'avec l'acide; 3° les creux viennent plus rapidement et avec une plus grande perfection j et l'on peut leur donner toute la profondeur nécessaire; 4° les traits sont d'une plus grande netteté; 5** il ne se dégage aucune bulle de gaz , tandis que dans le procédé ordinaire des bulles nombreuses adhèrent au métal et amènent une inégalité d'action. — La gravure galvanique est-elle destinée à remplacer dans nos ateliers la pratique habituelle de nos artistes? Il est difficile de le savoir, car les essais de ce genre de gravure n'ont pas encore été exécutés en France.
L'emploi de procédés analogues à ceux de la gravure galvanique a permis d'arriver à ce résultat intéressant et curieux, de transformer une plaque daguerrienne en une planche propre à la gravure et pouvant servir adonner, parle tirage typographique, des épreuves sur papier de l'image daguerrienne. Une épreuve photographique est composée, comme on l'a vu, de reliefs formés par le mercure, qui représentent les clairs, et de parties planes constituant les ombres, qui ne sont autre chosequel'argent de lalamemétallîque(l). Si l'on
(1) Voyez Photographie, page 22.
dépose du cuivre sur ces images, prises comme moules galvaniques , les reliefs deviendront des creux , et réciproquement; de sorte qu'en tirant des épreuves sur papier de ces planches recouvertes de cuivre, les clairs deviendront des ombres, et vice versa, M. Grove est arrivé à remplir ces conditions d'une manière satisfaisante en se servant de la planche daguerrienne comme anode attaché au pôle positif de la pile, et plongeant dans un liquide d'une nature chimique telle, qu'il attaque le ipercure et respecte l'argent. Le liquide qui convient a cet objet délicat, de laisser l'argent inattaqué tout en dissolvant le mercui-e, est l'acide chlorhydrique étendu d'eau. Grâce à l'emploi de précautions et dé soins particuliers, indiqués par le physicien anglais , on peut transformer une planche daguerrienne en'une planche de graveur, et le tirage de cette planche donne sur le papier une épreuve sur laquelle on peut glorieusement écrire : Dessinée par la lumière et gravée par l'électricité,
Nous avons envisagé rapidement les applications diverses que l'on a faites jusqu'à ce jour de la galvanoplastie. Nous avons dû passer sous silence beaucoup de faits du même genre parce que la pratique n'a pas encore permis d'en justifier suffisamment la valeur. On aimerait à pouvoir fixer dés aujourd'hui l'avenir réservé à ces moyens nouveaux. Cependant il est impossible de prévoir encore le rôle qu'ils sont appelés à jouer dans l'industrie moderne et de marquer définitivement leur place parmi les conquêtes récentes de la science et des arts. Au début d'une invention naissante il est malaisé de raisonner sur l'avenir. Parmi les
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procédés el les perfectionneuients de la galvanoplastie que nous voyons chaque jour se produire autour de nous y il en est qui sont destinés, peut-être , à opérer une révolution dans la métallurgie actuelle ; il en est d'autres qui ne seront jamais que des jeux d'enfant» En France , jusque dans ces derniers temps , la galvanoplastie industrielle n'avait pris qu'un essor des plus timides. Cependant, dépuis un ou deux ans, elle commence à recevoir une extension plus sérieuse ; rhabileté et le goût de quelques uns de nos artistes ont fini par triompher de T indifférence du public. M. Zier a répandu dans le commerce quelques pièces de grande dimension remarquables, par leur fini et leur délicatesse, et qui l'emportent de beaucoup, sous ce rapport, sur les produits de la ciselure et de la fonte. Nous avons vu, dans son atelier, une réduction de la colonne Vendôme , de deux mètres de hauteur , qui suffit à faire pressentir tout ce que l'on peut attendre un jour de l'emploi de l'électricité appliquée à la reproduction plastique. Quelques autres ' artistes exécutent à Paris des ouvrages de petite dimension qui permettent d'apprécier le degré extraordinaire de finesse et de perfection de modelé qui est le propre des reproductions galvaniques. On trouve aujourd'hui dans le commerce des portemonnaie de luxe , des coffrets, etc.,, revêtus d'une planche galvanoplastique de cuivre argenté , qui sont de nature à fixer le goût du public sur ces intéressantes et curieuses productions. Tout cela cependant ne présente encore rien de bien sérieux au point de vue industriel, et ne peut guère rivaliser avec les produits de ce genre si variés et si nombreux que l'on l. 28.
trouve en Angleterre. Les entraves que rencontre parmi nous le développement de réleclro-chimie tiennent surtout à l'existence de brevets qui jettent dans cette industrie nouvelle toutes sortes de difficultés et d'hésitations. Lorsque les brevets pour la dorure et l'argenture galvanique, et pour certains procédés de moulage galvanoplastique, seront définitivement tombés dans le domaine public, nous ne doutons point que la galvanoplastie industrielle ne reçoive aussitôt une impulsion considérable. La métallurgie électrochimique deviendra alors un accessoire des plus heureux de la ciselure et de la fonte des métaux, en attendant qu'elle devienne leur rivale.