DORURE CHIMIQUE. SAS
que ces moyens nouveaux promettent à Tensemble des arts, l'impulsion neuve et féconde qu'en rece* vront le commerce et l'emploi des métaux précieux; enfin les avantages qu'ils assurent à l'économie usuelle et domestique. L'importance industrielle de l'électrochimie et des opérations qui s'y rattachent est évidemment destinée à s'accroître beaucoup dans l'avenir. La galvanoplastie resterait-elle d'ailleurs renfermée dans ses limites actuelles , elle n'en serait pas moins digne d'être rangée parmi les découvertes les plus intéressantes de notre époque, par le nombre, la variété, l'étendue, la nouveauté de ses applications. Malheureusement, en toute chose humaine, le mal se trouve trop souvent placé à côté du bien. En matière d'industrie, nos forces ne peuvent s'agrandir et s'étendre sans fournir en même temps à la fraude des -ressources nou^ velles jusque-là inconnues. La galvanoplastie , qui promet à l'humanité les plus sérieux avantages , apporte en même temps avec elle la menace d'imminents périls. Il y a rarement bénéfice à taire une vérité. Avouons donc, sans détour inutile, que la galvanoplastie , la dorure et l'argenture chimiques mettent une arme nouvelle et une arme terrible aux mains du contrefacteur, du faux monnayeur et du faussaire. Sans entrer dans d'autres explications, il est facile de comprendre dans quelle situation se trouveront placés désormais la société , le commerce et l'industrie , en présence d'un art encore à peine ébruité qui permet de copier en quelques instants, et avec la plus parfaite exactitude , toutes les surfaces en relief; d'un art qui, avec l'objet resté seulement quelques minutes entre les mains du contrefacteur, permet d'en
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obtenir le moule, et avec ce moule de reproduire Torigioai avec une fidélité si entière , qu'il est impossible a l'œil le plus exercé de distinguer le modèle de la copie ; d'un art, enfin, qui permet de dorer, d'argenter, de platiner toute matière métallique à toute épaisseur, sans altérer en rien ses formes extérieures, et dont les produits s'obtiennent sans bruit , sans appareil , sans dépense, sans secours étranger et dans l'emplacement le plus exigu. Les institutions de la société civilisée se trouvent donc en face d'un pressant danger^ et d'un danger d'autant plus sérieux , que jusqu'à ce moment personne autour de nous ne semble comprendre ni sa gravité ni son étendue. Aussi est-il urgent que le gouvernement, l'administration et le commerce se mettent promptement ^n mesure , pour ne pas être surpris un Jour par quelque terrible réveil. De son côté, la science ne doit pas rester inaclive ; elle possède et elle doit perfectionner les moyens de conjurer ces périls. Qu elle s'applique do/fc sans retard à prévenir ou à détourner les effets de l'arme redoutable que le crime peut-être s'apprête a mettre en jeu , et qu'ainsi il lui soit àoaué de guérir elle-même le mal qu'elle a pu causer. Si, d'après la grande et juste image des Écritures, l'arbre de la science porte dans ses rameaux les fruits du bien mêlés aux fruits du mal, développons les germes heureux, et sachons élever hors de la portée de la main du crime les fruits empoisonnés.