‹ Exposition et histoire des principales découvertes scientifiques modernes (volume 5)Chapitre 39 sur 59 · ÉCLAIRAGE AU GAZ · texte numérisé non relu

ÉCLAIRAGE AU GAZ

gers auxquels il expose. Les gens de lettres eux-mômes se mettaient de la partie, et Charles Nodier se fit remarquer par la vivacité de ses attaques.

Pour combattre les préventions que jetait dans le public la résistance des savants, Winsor pensa qu'il était nécessaire de parler d'abord à Tesprit. Voulant ramènera lui l'opinion et rectifier des faits dénaturés, il publia en 1816 une ir^duciion du Traité de Téclairaye au gaz ûe M. Accum, augmenté, comme il est dit sur le fontispice, par F. -A. Winsor, auteur du système d'éclairage par le gaz en Angleterrey fondateur de la compagnie incorporée par charte royale â Londres y et brevetée par Sa Majesté pour l'emploi de ce sys^ tème en France. Cependant cet ouvrage ne réussit qu'à demi à dissiper des erreurs fortement accréditées.

N'ayant pu convaincre en s'adressant à l'esprit, Winsor se décida à parler aux yeux. Pour attirer l'attention du public, il fit à ses frais un petit établissement, et donna un spécimen du nouvel éclairage dans un salon des Panoramas. Cette exhibition eut le résultat qu'il attendait. Il reçut une offre d'association de MM. Darpentigny et Perrier, propriétaires d'une fonderie; on lui proposait de confectionner et d'établir ses appareils à Chaillot. La faillite de cette maison, survenue peu de temps après, empêcha de donner suite h ce projet.

Une seconde compagnie se présenta. Mais les actionnaire^ demandaient, avant de rien conclure, que le passage des Panoramas fût éclairé tout entier. Cet essai décisif fut exécuté par Winsor et terminé en janvier 1817. Le public pot dès lors se convaincre de la supériorité de ce nouveau système d'éclairage, et l'opinion se prononça en sa faveur d'une manière non douteuse. Les marchands du Palais- Royal suivirent l'exemple de ceux du passage des Panoramas, et Winsor reçut une demande de plus de quatre mille b€;cs. Il y eut en même temps une grande émulation pour

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obtenir des actions dans l'entreprise. Le capital de la société fut constitué au chiffre de 1 ^100,000 francs. Le grand référendaire de la chambre des pairs était à la tète des ac-. tionnairesy et il exigea en cette qualité qae ron commençât par éclairer le palais du Luxembourg.

Malheureusement Winsor, dont Tesprit remuant et actif était éminemment propre à faire réussir le principe d'uae entreprise industrielle, était loin de posséder les qualités qui sont nécessaires pour administrer une exploitation importante. Au bout de deux ans, la compagnie s'affaissait sous le poids des difficultés, et elle dut se mettre en liqui* dation après avoir établi seulement Téclairage du Luxembourg etcclui du pourtour derOdéon.Lematérielfuiadjugé pour la somme de 467,000 francs à M. Pauwels, qui, dans le milieu de Tannée 4820, créa une nouvelle société. Plus tard, cette compagnie s'est mise elle-même en liquidation, mais elle est aujourd'hui en pleine prospérité. Bile porte le nom de Compagnie française^ et siège dans le faubourg Poissonnière.

Louis XVIII, qui voulait attacher son nom au souvenir de quelque création sérieuse, voyait avec peine la décadence en France d'une industrie déjà florissante en Angleterre. On n'eut donc pas de peine à obtenir de la liste civile les fonds nécessaires pour continuer l'éclairage du Luxembourg et d'autres quartiers. Le roi devint ainsi par le fait entrepreneur d'éclairage. Lorsque cette circonstance fut connue à la cour, on s'empressa de souscrire des actions, et de là est venu le nom de Compagnie royale que porta cette société. Cependant, lorsque le but qu'il s'était proposé se trouva atteint, Louis XVIII comprit qu'il était à bout de son rôle, et il ordonna la vente de l'usine, qui ftil adjugée pour la moitié de la somme qu'elle avait coûtée. La compagnie qui se forma établit son siège près de la ba^ rière des Martyrs. Elle n'a point prospéré néanmoins, et.

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après sa liquidation, \e ré&idu <lc son capital s'est réuni a edm de la compngnit anglaise, Manhy Wilson. En déflni' e, il existe aujourd'hui h Paris huit compagnies d'éclaî- (e distribuées acinn le périmètre des circonscriptions 'tftées par l'iidininistration municipale. L'organisation ces divers i^Iablissemenls et la disposition des tuyaux conduite ont exigé un capital de Irenle millions.

CHAPITHE V.

•nployéi pour lo pr^parailnn et 1 épuration du g«i de l'éetallaga. — (iai de la houille. — Gai relire de l'hulte, de la rétine el de

Tmm. ~ Gu piirlutit, '- AvBnlajei de rdclairaje au gai.

TduUts les matières organiques qui présenlent dans leur lusiliou une prédominance de carbone el d'hydrogène fiwnuMi'nt, ^tant soumises & l'aclion d'une haute tempéitMirai (les gaz inflammables doués d'un certain pouvoir jclâiraol. Mais lus substances qui peuvent se prêter avec écoDOmieà la Fabrication du gaz de l'éclairage sont peu sombre u lies. La bouille est le composé qui présente à beaucoup près les meilleures conditions sous ce rapport. Los huiles de qualité inrérieure, l'huile de poisson, les graisses alléréus, la rOsine, donnent un gaz doué d'un pou- *oir éclairant considérable, mais dont le prix de revient Ml iKsex élevé. La décomposition de l'eau au moyen du fiit ou du cbiirbon fournit un gaz qui présente, sous le rappQTl de la purulè, uuv supériorité incontestable. Enfin certaines matières organiques constituant des résidus sans emitloî, Iclles que les ntalièrcs grasses extraites des eaux MTOonouses àv* rabriqucs de drap, la tourbe, la lie de vin,

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les débourrages de cardes et les huiles de schistes, peuvent encore servir à cette fabrication. Mais de toutes ces substances» la houille est encore le produit qui présente les meilleures conditions ^ous le rapport économique, en raison de cette circonstance importante, que la vente du coke qui forme le résidu de sa fabrication suffit à couvrir son prix d'achat. Examinons rapidement les procédés qui servent à la préparation du gaz de l'éclairage au moyen de la houille.

Pour obtenir le gaz de la houille, on place celte matière dans de grandes cornues disposées, au nombre de trois ou de cinq, dans un large fourneau de briques. Ces cornues, qui peuvent contenir une centaine de kilogrammes de houille, ont à peu près la forme d'un demi-cylindre allongé; leur section représente un rectangle à angles arrondis de 66 centimètres de large et de 33 centimètres de haut. Elles sont de fonte ou de terre réfractaire. Les cornues de terre, qui coûtent environ un tiers de moins que celles de fonte, durent plus longtemps que celles-ci, et ne sont pas attaquées à rextérieur par Tair et les produits de la combustion ; mais elles résistent moins que les cornues métalliques aux changements de température, ce qui obligea les faire fonctionner sans interruption, afin d'éviter leur rupture par suite du refroidissement. Au bout d'un certain temps de service, il se forme à l'intérieur des cornues de terre ou de fonte, des incrustations de charbon provenant du goudron, et l'on est obligé d'interrompre de temps en temps la fabrication du gaz pour détruire ces dépôts, ce qui se fait simplement en continuant à chauffer la cornue librement ouverte à ses deux extrémités : le courant d'air fait disparaître, en les brûlant, les incrustations charbonneuses.

Le degré de la température à laquelle on soumet Ii houille influe beaucoup sur la quantité et sur la nature du

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