RI ÊCLAIBIOE AD GAZ. |7S
Ihanl décompose l'eau diins des cornues de fonlc à du charbon de bois. La vaptur d'eau provenant d'une (baudière est dirigée dans l'iotëi icur d,e la cornue à l'aide fan tube qui s'élend le long de toute sa capacité; ce tube ni percé de trous très-pelils qui donnent issue à la ra- ^nr el la mclleat en contact avec le charboa incandescent, [lomme ces orifices, au bout d'un certain temps, s'alténJent par suite de l'oxjdation, ce qui rendait Irës-inOgal e diSbil de vapeur, M. Gillard lésa pratiqués sur de pé- [ites lames do platine encastrées sur le fer de la cornue. [)e cette manière, par l'inoxydabitité du platine, k<6 ourerlares donnant issue à la vapeur conservent toujours les JoAmes dimensions. EnQn, par une substitution trèstTStOtageuse sous le rapport de l'écoDoniic, M. Gillard a mnpiacé ces Inmes de platine pur une lunguetie de terre 'âfractaire, substance inailémble au feu. Une feule pratihi^e le long de cette languette de terre donne issue k a vapeur et conserve toujours ses manies dimensions nalgré un usage prolongt^.
L'hydrogène pur est le produit principal qui prend taissance pendant la dccumposition do l'eau dans les aplareils de M. Uillard. Les rapports entre l'hfdrogéne et 'oxjde de carbone sont, en efTet, dans la proportion je 93 du premier sur 8 du second. La quantité d'acide ïarbonique produit est IrÈs-fuible. Aussi l'épuration estbile Tort simple : on se contente de diriger le gaz dans un iépurateur contenant de la chaux pour le priver île i'acide earlionique ; il se rend ensuite directement au pzomèlre. Pour lui communiquer le pouvoir éclairant {aï lui manque, on interpose au milieu de la flamme ua petit cylindre formé par un réseau de fils do platine IrèslOB. La présence de ce corps étranger au milieu du gai en coœbutlion réalise les conditions physiques qui sont niî- L'Cssaires pour provoquer l'efTet lumineux; le mbillon de
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platine remplit, dans le gaz hydrogène pur, le même effet physique que produit, dans la flaomie de l'hydrogène bicarboné, le dépôt de carbone dont sa combustion s'aecompagne. Le gaz de Tcau présente ce fait assez carieoi, que sa flamme est à peu près invisible ; on n'aperçoit que le réseau de platine porté au rouge blanc et qui répand le plus vif éclat. Aussi la lumière n'cst-elle pas sujette i vaciller; elle reste immobile môme au milieu d*an courant d*air.
Le gaz extrait de l'eau est d'une pureté extrême; il ne renferme aucun de ces produits sulfurés contenus trop souvent dans le gaz de la houille, et dont les etteis sont» nuisibles aux métaux précieux. Aussi ce mode d'éclairage a-t-il été quelque temps adopté dans les magasins et les ateliers de M. Christofle consacrés à la dcHiire et à l'argenture galvanique. Le gaz était préparé dans la maison môme, car tout Tappareil n'exige qu'un petit emplacement. Trois ou quatre villes en France sont éclairées aujourd'hui par le gaz à l'eau.
En résumé, les moyens nouveaux imaginés par M. Gillard pour l'extraction du gaz de l'eau constituent une découverte intéressante et qui mérite d'être encouragée. D reste seulement à vider la question du prix de revient, qui ne parait pas encore tranchée en sa faveur.
Il nous reste à dire quelques mots du gaz portatif comprimé et non comprimé. Dans les premières années de l'emploi du gaz, on redoutait beaucoup les frais considérables qu'entraîne la canalisation, c'est-à-dire la distribution du gaz au moyen de canaux souterrains ; on craignait de ne jamais couvrir les dépenses que nécessitaient la pose et l'achat des tuyaux. On eut donc l'idée de ré* duirc le gaz à un petit volume en le comprimant, à une pression considérable, dans des réservoirs susceptibles
ÉCLAIHAGS ai: gai. 1T5
l'ÔIre Iransporlés. Mais les désavanliiges de ce syslème k (ardércnl |>as à se maniresler. La diTOcullé de comimer le gaz k trente almosphères sans am<<iier de fuites, mpossibilité d'obtenir, pendant la combusUon, un lîcouincnt de gaz constAnt, de manijsre que les dimensions \ la flnranic restassent les niâmes, enfin le danger qui luJlail de l'finploi de ces appareils obligèrent d'y reicer. M. Faraday a prouvé, d'ailleurs, que la compreslo du gaz de l'éelairage donne naissance ù divers carres d'bydrogëne liquides qui se forment aux dépens gM lui-même et amènent ainsi une perle noiable de tduit. Les établissements fondés à Paris pour l'emploi' iQ dn gaz comprimé ont depuis longtemps cessé leurs lions.
Houzeau-Muiron, de Reims, a imaginé, depuis celte toque, de transporter à domicile le gaz non comprimé ift d'îmmcoscs voitures de lûle mince conlennnl de lOdes outres élasliqnes et imperméables, munies d'un ibinct et d'un tuyau. Quand il s'agit de distribuer le consommateur, le ctfnducteur de la voilure fait kir une petite manivelle placée ù l'extérieur ; la mani- Hle serre des courroies quicomprimenl l'outre et chaspnt le fsa£ dans le gazomèttc des particuliers. Ce sjs- (me fist en usage k Paris sur de petites proportions; Il est princi paiement consacré au service de l'éi-laihgG de quelques administrations publiques. C'est le u de la résine ou de l'buile qui est employé pour la nparaUon du gaz portatif, en raison de la supériorilé de 1^ pouvoir éclairant ; ce sjstéme a été aussi quelque bnpB adopté Ik Itouen, k Marseille, à Sedan et II Reims. Il ■ présente ccpendaut aucun avantage particulier. Le utunètre dont chaque consommateur doit être muni Ipeupeune place considérable, et sa marche est difilcile régler. Eu outre, le gaz non comprimé ne peut pré-
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senter, sous le rapport économique, aucune supériorité sur le système établi pour le gaz de la houille, qui, chassé dans les tuyaux sou$ une faible pfession, ne coule aucuns frais de transport. On peut dire, sous le rapport de l'économie que l'on peut espérer de l'éclairage avec le gaz non comprimé, ce que M. Dumas dit à propos du gaz comprimé: « L'économie revient à peu près à celle qu'on pourrait attendre en remplaçant par des porteurs d'eau les tuyaux principaux de conduite que Ton établit à grands frais dans toutes les rues, n
Nous avons décrit l'ensemble des procédés qui servent à l'extraction du gaz de l'éclairage au moyen des diverses substances qui peuvent s'appliquer à sa préparation. Noos n'avons pas besoin d'ajouter que le gaz de la houille est plus communément en usage. Le gaz de l'huile et celui de la résine se préparent dans un petit nombre d'usines, et le gaz extrait de l'eau, destiné sans aucun doute à un avenir sérieux, est encore d'une origine trop récente pour avoir pris de l'extension. En Angleterre, en France ei en Belgique, le gaz de la houille est à peu près le seul employé.
La quantité de gaz consommée dans Paris en 1846, a été estimée à vingt-cinq millions de mètres cubes, qui ont été produits par environ cent mille tonnes de bouille. On évalue à quatre-vingt-cinq mille le nombre des becs qui servent, dans celte ville, à l'éclairage public et particulier. Chaque bec brûle en moyenne iiO litres de gaz p^tr heure, et produit une lumière égale à une fois et demie celle d'une lampe Carcel.
Chercher à démontrer la supériorité de l'éclairage au moyen du gaz sur les anciens systèmes d'éclairage, serait plaider une cause depuis longtemps gagnée. Nous nous bornerons donc à rappeler quelques chiffres qui donneront la mesure de sa supériorité.
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Il est repODDU qu'un bec à gaz de la dimension adoptée par les compagnies, et qui est équivalent à un fort bec d'Argand, consomme par heure, terme moyen, 440 litres de gaz de houille, 58 à 60 litres de gaz de résine et 34 litres seulement de gaz d'huile. D'où il résulte que, pour une soirée d'hiver commençant à quatre heures et finissant à onze, un bec consume: iiSO litres de gaz de houille, 464 à 480 litres de gaz de résine^ et 272 litres de gaz de rhuile. Or, d'après M. Peclet, le prix d'une heure d'éclairage, à lumière égale, en prenant pour terme de comparaison la lampe Carcel, qui brûle 42 grammes d'huile à l'heure, revient à Paris, savoir :
Centimct.
Il u j II (des 12 au kilogramme à 0,80
le lacbandelle< . . ,^ tu™ .Aa
( dei 16 au kilogramme 12,00
^ ^ de la bougie des 10 au kilogramme 48,€0
de l'huile, dans l'appareil le plus avantageux 5,80
du gas de l'huile ou de la houille 3,90
Il résulte de là que la lumière fournie par les bougies de cire est seize fois plus chère que celle du gaz, et que Téclairage par le gaz- présente une économie de près de moitié sur l'éclairage à l'huile, et des deux tiers sur celui du suif et de la chandelle. Ajoutons que les chiffres donnés ici par M. Peclet sont encore beaucoup au-dessous de la vérité, car ce physicien basait son calcul sur le prix de 72 centimes le mètre cube, prix trop élevé, attendu que -les compagnies de gaz à Paris le livrent aujourd'hui aux consommateurs à 45 centimes.
Ce n'est pas seulement sous le rapport de l'économie que l'éclairage au moyen du gaz offre des avantages marqués; son emploi met à l'abri d'un grand nombre d'inconvénients inséparables des anciens modes d'éclairage. Les chances multipliées d'extinction que présentaient aulrefrois les réverbères alimentés par l'huile, telles (]ue
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la gelée, ragitation de l'atmosphère, le défaut de mèches ou le mauvais entretien de l'appareil, n'existent plus avec le gaz. Dans l'intérieur des maisons, il permet d'éviter les ennuis du soin et de l'entretien des lampes, et les pertes qu'occasionne trop souvent la mauvaise qualité du combustible. Il offre aussi moins de chances d'incendie, sœtout dans les ateliers où le nettoyage des lampes et le coupage des mèches, pendant leur ignition, proToqonil des accidents fréquents, par suite de la Dégligence àes ouvriers.
Cependant la fixité obligée des appareils à gaz présente, dans rintéricur des habitations, un inconvénient capîtil qui annule, pour l'usage privé, presque tous les avantages de ce mode d'éclairage. Sans cet obstacle insurmontable, il est certain qu'en raison de l'économie extrême qn'ofif son emploi, le gaz aurait détrôné tous les autres agents d'éclairage. Mais la nécessité de conserver les lampes, flambeaux, bougies, etc., c'est-à-dire les appareils qui se transportent d*un point à un autre, restreint l'usage du gaz en l'empt^chant d'être consacré à l'éclairage domestique.