‹ Exposition et histoire des principales découvertes scientifiques modernesChapitre 8 sur 42 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

F.\péi iences pour mesurer la Titesse de transport de l’électricité et de la commotion électrique. — Essais de Lemonnier en France. — Expériences des physiciens anglais. — Modifications apportées à la bouteille de Leyde. — Expériences diverses de l’abbé Nollet — Bévis change la disposition de cet appareil et lui donne sa forme actuelle.

Reprenons la suite des expériences qui furent exécutées en France, en 1747, avec la bouteille de Leyde. L’instanta-

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néité de la commotion électrique, et par conséquent l’étonnante vitesse du fluide, était le phénomène qui avait frappé le plus vivement les esprits. Des expériences furent donc entreprises, à cette époque, pour essayer de mesurer la vitesse de transport de l’agent physique qui occasionne ces effets, Lemonnier, de l’Académie des sciences, fut l’auteur des premières recherches entreprises dans ce but. Dirigées avec beaucoup de sagacité, elles mirent en évidence la prodigieuse vitesse avec laquellele fluide électrique se transporte d’un point à un autre.

Lemonnier commença par répéter les expériences de l’abbé Nollet sur la transmission du choc électrique à travers une chaîne composée d’un grand nombre de personnes, mais il les varia et les étendit singulièrement.

Dans ses premiers essais, Lemonnier forma un cercle de pei*sonnes qui, au lieu de se tenir immédiatement par la main, se joignaient par des chaînes de fer, longues de trois ou quatre toises. Quelques-unes de ces chaînes traînaient à terre, d’autres plongeaient dans l’eau d’un baquet, d’autres enfin étaient enroulées autour de quelques grosses pièces de fer. En appliquant les conducteurs de la bouteille aux deux extrémités de cette espèce de cercle, toutes les personnes ressentirent le choc électrique sans que le fluide parût aucunement détourné par le sol ni par l’eau.

Lemonnier répéta la même expérience en employant, au lieu de chaînes, un fil de fer long de près d’ime lieue. Une partie de ce fil de fer traversait un pré, dont l’herbe était mouillée par la rosée ; une autre était portée sur une palissade de charmille et s’enroulait autour de plusieurs arbres ; enfin une. partie assez considérable traînait dans une terre nouvellement labourée : malgré tous ces obstacles, l’électricité passa le long du fil de fer, et excita une commotion violente dans les bras d’une personne plaeée à l’extrémité de la chaîne.

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