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Exposition national, Salon de 1850

Nous nous abstiendrons de commencer, suivant l'usage, cette revue du Salon par un ouragan d'injures à l'adresse du jury de 1 exposition. Il est possible qu'il n'ait pas rempli sa mission avec toute l'impartialité désirable; si cela est, les artistes le savent, et comme ils ont, après tout, le droit d'élire leurs juges, ils feront justice au jour de Télection. N'accusons donc personne , et si nous élevons la voix dans cette importante question, que ce soit uniquement pour réclamer un règlement qui détermine clairement les attributions du jury et limite le nombre des ouvrages qu'il sera permis à chacun d'exposer , jusqu'à ce que la France possède enfin une galerie assez vaste pour qu'on puisse admettre sans contrôle tous les ou-

vrages qui viendront s'offrir à la curiosité comme au jugement du public.

Si jamais on en arrive là, ou ne tardera pas à voir les artistes, instruits quelquefois par de cruelles leçons, devenir plus sévères pour eux-mêmes queue saurait l'être le jury le plus absolu. S'ils avaient, dès à présent, assez de raison pour n'offrir au public que ce qu'ils regardent comme le résultat le plus complet de leurs études de l'année, tout le monde y gagnerait et l'art ne s'en trouverait pas plus mal.

Cette année, les membres du jury ont eu l'heureuse pensée de faire ce triage , et les galeries inférieures nous ont donné le spectacle d'une des plus belles expositions que nous ayons vues depuis long-temps. Nous y avons trouvé la conviction que la tradition de la bonne peinture s'enracine parmi nous. Il n est plus guère question d'écoles ni de manières; il n'y a plus, dans les arts , que des hommes épris de la nature et mettant tous leurs soins à l'interpréter sincèrement.

Il résulte, pour nous, de l'examen du Salon de 1850, que le règne de l'adresse et du savoirfaire est passé. L'art véritable triomphe; nous sommes heureux de le constater, et il s'écoulera peu de temps avant que le public , imbu des saines doctrines, encourage enhn de ses suffrages les peintres qui concourent à refaire à la France une école digne des meilleures époques.

Avant d'entrer dans la discussion qui fait l'objet de cette revue, nous ne pouvons résister au désir de féliciter l'administration des Beaux-Arts de ce qu'elle a su donner une importance vraiment artistique aux constructions destinées à recevoir la meilleure partie des ouvrages exposés. On ne saurait trop louer le goût qui a présidé à la disposition des galeries, à leur décoration, et à l'arrangement des tableaux et des statues, que, par une très beureuse innovation, on a réunis dans les mêmes salles. Ce mélange de la peinture et de la sculpture est du meilleur effet qu'on puisse ima~ giner.

M. Chabrol, architecte du Palais, a élevé le petit édifice provisoire d'après le programme proposé par la direction des Beaux-Arts, et avec un sentiment parfait des convenances locales.

L'ensemble de la décoration, composé par M. Séchan et exécuté en partie par lui , a été complété, sous sa direction, par MM. Gobert et Gosse, pour ce qui concerne les figures du grand salon , représentant la Science, la Foi, le Travail et la Poésie.

M. Séchan a voulu mettre les artistes modernes sous le patronage des plus grandes illustrations de l'école française, et il a combiné le style de ses ornements de façon à y introduire une série de médaillons qui portent le nom des hommes célèbres dans les diverses branches de l'art.

Le grand salon comprend les peintres d'histoire.

La galerie de droite, les peintres de genre, de portrait et de paysage.

La galerie de fond , les architectes.

Celle de gauche , les sculpteurs.

Enfin, on a réuni les noms des graveurs dans les deux entrecolonnements qui forment la jonction des galeries.

Cette décoration intéressante, ainsi que Theureuse distribution de la lumière, également favorable pour tous les ouvrages exposés, font le plus grand honneur à iAL Séchan , à M. Chabrol, ainsi qu'aux artistes qui les ont secondés.

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