DU TRADUCTEUR
L’importance de la question qui occupe aujourd’hui le monde médical sur la nature de l’inflammation et l’essentialité des fièvres , a suffit pour me déterminer à entreprendre la traduction de l’ouvrage d’un savant et laborieux Transalpin, qui déjà, en i8o5, avait jeté les fondemens d’une nouvelle doctrine médicale, et qui depuis, soit dans des notes particulières, ou dans une Introduction qui parut en 1816, avait esquissé cette nouvelle doctrine, par des données générales qui n’ont pu être qu’imparfaitement développées par ceux qui avaient pris la peine de les commenter; ce qui fait que l’on n’a qu’une idée très-incomplète de l’importance de l’ouvrage que l’auteur méditait alors , qu’il publia en 1820, et dont nous avons cru devoir enrichir la littérature médicale française.
Depuis les premiers essais du médecin italien, notre savant et infatigable Broussais, inspiré par le même sentiment et la même volonté de poser des bases solides à la science, d’en
Vj PREFACE
reculer les bornes, et de servir l’humanité, multiplia les recherches, jeta aussi les fondemens d’une doctrine naturelle, et réveilla ainsi l’attention des médecins français. La vérité des maximes démontrées avec toute la chaleur que fait naître la conviction , lui acquit bientôt un grand nombre de partisans, sans qu’il lui fût possible d’éviter les antagonistes que lui suscitèrent la routine soumise au respect des vieilles traditions , autant peut-être que la jalousie et l’ignorance. Tous également excités par une passion , irrité sans doute par le ton hardi ou peu réservé du docteur Broussais, ne s’attachèrent qu’à l’idée de l’anéantissement de la réputation de celui qui, rempli delà conscience du bien qu’il pouvait faire, se roidissait violemment contre les obstacles que voulaient faire naître les mécréans. Au lieu d’ouvrir un débat sage et lumineux, pour éclairer les faits elles réduire à leur juste valeur, une polémique indigne de la science prit la place du raisonnement*, chacun des antagonistes, pour le combattre , s’arma des argumens tirés des anciennes théories ou de certaines hypothèses, qui , quoiqu’elles aient été professées par les grands maîtres, n’étaient pas toujours d’accord avec leur pratique. Si, sans prévention, ils