Exposition rétrospective des oeuvres de Théophile Chauvel
La vie de tout artiste supérieur est un exemple d'unité. La même pensée anime, inspire el soutient tout ce qu’il tente, et dans tous les sens. Tandis que les hommes ordinaires se dispersent au gré des occasions et des circonstances et cherchent avidement à l’extérieur d’euxmêmes des prétextes de renouveler et de varier leur pauvreté, les maîtres ne cessent d'aller à la découverte de leur propre trésor. Le legs de leur sensibilité est intact et complet. Ils peuvent y être lus tout entiers. On n’y constate ni caprice, ni désordre. Leur constante étude n'a pas dévié de la ligne qu'ils s'étaient tracée. Le mot d'œuvre exprime bien cela, quand on l’applique à l’ensemble des travaux d’un maïtre : ce n'est pas le total
“ collaboration continue de toutes ses pensées. Il est permis de faire l’analyse et de remonter aux sources, d’in- : diquer les parentés et les influences, de reconstruire ) pierre à pierre l'édifice d’une vie et d’un labeur. On ne © trouvera pas que ces éléments se contredisent ou se di- S minuent l’un l’autre. Ils sont un tout, et c’est l’ensemble “qui permet de dégager la loi dont s’inspirent, à laquelle
! obéissent les parties.
> À cet égard, on doit sortir rassuré de l'exposition Théophile Chauvel. Toutes ces pages émouvantes et
Lune l'impression sans d'émolioh tout le n as
tique des époques incertaines d’elles- -mêmes, plus ex l LATE LC Een bérantes que fertiles. Encore voisines de nous par k | | dates, ces œuvres ont l'autorité des anciennes chos NIMES Chacun, à quelque technique qu'il se soit voué, quels pe
RES | que soient ses goûts et ses préférences, peut y venir ie A prendre une magnifique lecon de largeur et de probité. | Théophile Chauvel fut ce que les critiques de métier | appellent un graveur de reproduction. Ce fut là la for: définitive de son activité d’ artiste. C'est là qu'ont abouti
toutes ses recherches originales, les expressions pers sonue Bus du dessinateur ée “A peintre, son Re si Me.
goût public en France lee dan En à des É tentatives DA faciles. Il ju accoutumé à a
par les maïtres du dernier siècle, les Lalanne, les Buho à
ee Meryon, les PRESS Jacque, abeRES à des œuv:
souvent en hanches et en dés s4f 60 ce
ve Théophile Chauvel ne nous apprend pas met HAE quelle richesse personnelle, quelle largeur de *wis 4 HD immense savoir sont nécessaires à l'artiste pois
170 Tâchons de le D ndre par tout ce qu’il nous lègue de lui- -même. Ainsi nous pourrons peut-être saisir ant secret de cette maîtrise créatrice et de cette unité.
… Du paysagehistorique aux clairières de Fontainebléau, | Théophile Chauvel a évolué librement et logiquement. Comme de hommes de sa A il a fait peu à
| départ. Il ne S oi pas immobilisé sur une formule. Mais $ les. lecons de Jécole, la discipline. apprise à l'atelier Aflrent-elles complètement inutiles à l'élève de Picot, Belle et dAHgny, second grand-prix de Rome de
Dore en 1854, à So -trois ans ? Done -On, sis
au une églogue de Virgile, te gel fat l'appoint
Pme aide l'éducation classique dans la genèse de ce talent, vite DE libéré. Us De lHons et ses modèles ? Aujourd’hui Es
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vement éliminé des concours de Rome. Mais il se ratta-
chait d'une manière étroite à une grande époque de l'art. Issu des nobles rêveries de Claude, de la mélancolie sereine des ruines qui décorent la campagne romaine, il fut pour des générations d'artistes une école de style et de majesté. Les pins et les cyprès, masses denses et circonscrites sur la profondeur du ciel, les tombes en ruines, envahies par les feuillages parasites, rongées par les mousses, interdirent les agréments faciles et les gentillesses pittoresques. Même transplanté, loin des cieux qui l’inspirèrent, au imoins pour des élèves, il fut une forme utile, et non pas sans beauté, il enseigna l’art de distribuer et de composer, il fit sentir la différence de l'œuvre méditée et de l’'ébauche, de la vision réfléchie et de la vision improvisée. Dans la première toile de Chauvel, on peut constater que les éléments essentiels de cet enseignement ont été sentis et retenus, on peut deviner surtout qu'au cours des années, ils se renouvelleront pour s'enrichir.
Et tout de suite, loin de s’entêter dans une maniere, loin de ressasser des leçons dont il comprenait la valeur seulement provisoire, l'artiste sortit de l’abstraction et des rêveries imaginalives pour aller à la grande maïitresse de l’art de peindre, pour apprendre le ciel, les arbres et les eaux. Comme Jules Dupré, comme Corot,
comme tous les maîtres de l'école de 1830, il fit le.
chemin de l’école à la nature. Il ne se contenta pas des procédés enseignés, de la technique et de la vision des professeurs. Il ne pouvait rester un bon élève. il était peintre. Peintre, par le don d'exprimer les jeux de l'ombre et de la lumière, par le goût de la matière généreuse, par le sens de l'effet. Peintre des libres espaces,
dont il a rendu la poésie et la profondeur dans ces neuf,
Effels de ciel où, comme Turner, Bonington et Paul