‹ Exposition rétrospective des œuvres de Théophile ChauvelChapitre 2 sur 9 · LEP AD · texte numérisé non relu

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Huet, il fait dire à l’aquarelle la transparence et l'éclat de l’atmosphère brillante de pluie ou rayonnante de soleil. Peintre des plaines où, sur la terre détrempée,

miroite le reflet des cieux, peintre aussi de ces coins et,

si je puis dire, de ces réduits où la nature accumule et enchevêtre la flore, où, dans un espace de quelques pieds, à l'ombre des arbres géants, se groupent et se compliquent des forêts, étroites comme un jardinet, vastes comme un monde. Peintre, peintre surtout par létude constante, sincère et profonde de la nature, cette infinie réserve de merveilles logiques pour qui sait voir. Je prie que l’on regarde ces esquisses et ces dessins, dont le premier remonte à 1851, dont les derniers sont de l’année où mourut le maitre. Partout est inscrit l'effort d’une admirable conscience d'artiste, d’un admirable savoir. Le paysagiste se refuse à égarer son pinceau dans ‘de molles et chatoyantes fumées ; il ne veut pas que sa peinture soit le reflet des choses dens un trouble miroir. Il sait que la nature est fortement bâtie, d’après les lois d'une architecture; il sait que l’arbre a son caractère, comme un individu: ce n’est pas seulement un léger brouillard de feuilles qui tremble au bord de l'aube ou du crépuscule, c’est une charpente, élégante ou forte, fine ou massive. Suivant les terrains et les essences, les branches s’attachent au tronc d’une façon particulière et forment avec lui des angles définis. Les feuilles les

couronnent ou les dérobent. Elles laissent l’air jouer

entre elles ou laissent filtrer seulement une indécise lumière. Le dessin de Chauvel exprime et résume toutes ces lois. Gras et robuste ou noblement linéaire, jamais lourd, jamais pédant, il traduit l'originalité de l’objet avec la même autorité saisissante que le dessin d'Ingres, quand il s’agit de l'individualité de l'être humain. A Neuilly, où les bords charmants de la Seine et les

variété infinie des apparences. Sur cetté SOLE armature, 4 mr >.

il pourra installer le décor que choisira sa sensibilité,

+ l'orage du ciel, l'infini des paies le mystère de la “oret, | : A d Ji «

D ratiiée Avec Rousseau, Corot et + Da il fut. | de ceux qui en firent la découverte, il la vécutavec eux. Ve NOR Fontainebleau, romantique empire, revanche de Ne d À sailles, UE des rêveurs libres qui, dans la solitude,

et d’or, lueur factice parfois, touioure féconde en pres VERRE tiges. Ses nymphes, ses pages, ses. lévriers, Sous des Ress | frondaisons os comme qe émaux, avaient mis

) parcouru jee longues routes pavées, les avenues d’ arbres s “ qui imposent au désordre de la forêt comme une allure % | SNS régulière de cité. Mais, entre les Paul Huet, les Dupr LS EE entre tous les maïtres, un mélancolique et puissant Je magicien se levait qui devait les dépasser tous par PES Fa force de ses charmes. Sûrement, l’art de Théodi

Rousseau aida Chauvel à prendre conscience de

même. Il Ni . une on Pen si d'autorité

é > des HQbRES la tristesse infinie des ENS

pris avec Corot le charme éperdu des matinées sylvestres, a grâce des feuillages abandonnés à la brise. C’est ainsi u al ee ses N BIeMeE de à nature et des

Re | indifférente d'un copiste, mais en vertu d’une espèce . de fraternité dans la création.

Lt par la lithographie. À une époque où on ce que ; l'école française a compté d'artistes éminents s’intéres- sait à ses progrès et la pratiquait avec maîtrise, il lui fit réaliser des chefs-d’œuvre. Après A. de Lemud, Isabey, Bonington, avec tous les peintres, il fut un virtuose de cet art merveilleux, il l’enrichit encore, il Je fit bénéfi- | * cier de toutes les expériences d’un œil infiniment juste, “+ re monter et à descendre la gamme AE des

ds LE entes aux noirs denses, veloutés :

A profonds, il le parcourut tout entier. Avec lui, la litho- graphie ne fut plus seulement un effet, elle devint une matière. Non qu'il se soit astreint à & rentrer » unifor-

. mément 0 rain, OUT obtenir cet aspect DÉNOTE mono-

se mécanique du fac-simile, ï la rendit dire et

1 êtres MORTE soumis au caprice

ressive. Troyon, Corot, Théodore Rousseau, Isabey

+ v. "5 | +: V4 D CA Ne

ii iemont bte que par Ch | use Fa quatre planches d’après les originaux des collections Lièvre et Burty : Vaches à l'abreuvoir, Lisière d'un bois! Le Pont de Grez et Le Chemin creux. Avec une force, une évidence qui n’ont jamais été dépassées ni peut-être atteintes, on peut y lire la sensibilité, on y retrouve la su manière de chacun des peintres. Ces quatre pièces sont ri : - des commentaires indispensables à l'intelligence de CÉS maîtres. Et n’en pourrait-on pas dire autant de l’admirable Enclos, d'après Van Marcke, où la lithographie atteint à la solidité, à la souplesse et à l'éclat de la matière peinte? Longtemps, Chauvel resta fidèle à cet art : et, quand il l’eut délaissé, il ne cessait d’en parler avec éloquence, il témoignait d’une admiration passionnée |

pour les pièces capitales des maîtres du siècle, entre. autres pour le Maître Wolframb de Lemud qu'il aimait particulièrement et dont il conservait une belle épreuve. Mais Théophile Chauvel fut avant tout un aquafortiste, c’est l’eau-forte qui lui permit de réaliser d’une manière complète son rêve d'artiste, c'est par elle surtout qu'ilest un maître. Plus riche, plus variée, plus énergique que. tout autre procédé, elle lui permit de rester un peintre, 8; tout en lui ouvant un domaine nouveau, aussi vaste que “} ceux qu'il avait déjà parcourus. Nul procédé peut-être, quand on le sait à fond et qu'on peut mesurer les résultats %: dont il est capable, n’est plus propre à exprimer l'origi- p nalité d’un artiste. Le minimun de technique que l'on à L peut apprendre dans les écoles ne compte pas. Par une | F: expérience quotidienne, par une lutte constante avec la ide

matière, l’aquafortiste apprend longuement son art et. ;

vient à bout des caprices et des surprises dont il abonde. … à

En même temps qu’il y découvre des secrets et des habi- 4

letés particulières, le graveur s’y découvre lui- même st

peintre, par sa science du dessin et des valeurs, on peut dire que Théophile Chauvel était né pour l’eau-forte.

ur Of pourra suivre ici les étapes de sa carrière, depuis 5 ses premières œuvres, Le Héron (1861), Le Moulin à à ÿ' Vent (1862), Le Buisson (1863); sans doute précédées dès £ longtemps de tentatives intéressantes et personnelles, jusqu'à ses grandes interprétations des paysagistes de l'école anglaise contemporaine ; depuis ses eaux-fortes d Dilatiales. substantielles, si je puis dire, et complètes, jusqu’à ces belles gravures où revit toute la poésie de l'école de 1830, eaux-fortes originales encore, puisqu'elles furent pensées et exécutées par une volonté d'artiste 3 identique à celle de ces maîtres, nourrie des mêmes | : enseignements dans les mêmes séjours, soucieuse de la . * même beauté, — eaux-fortes originales encore, puis- | ses me sont pas de qhéleonques et mécaniques

1 Rue d’une vision et d’une ours indépendentes. à Dans cet art, Chauvel avait eu des prédécesseurs, avait des contemporains qui sont restés des maîtres. Dés les . origines du romantisme, Eugène Bléry, le maïtre de © Méryon, Paul Huet surtout avaient fait la découverte de % | l'eau-forte oubliée ; sous le second empire, la vogue était

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