PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS CANAUX - PHARES — BALISES
Pavillon des Travaux publics. — Les canaux en France. — Nombre d'écluses. — Longueur moyenne des biefs. — Progrès récents dans Toutillage de la navigation intérieure. — Le canal du Centre. — Les écluses à grande chute. — Chute do 5"",20.
— Les vannes cylindriques. — Les ascenseurs pour canaux.
— La balance aérohydrostatique Seiler. — Rachat de grandes différences de niveau. — Les ascenseurs Clarck. — L'ascenseur des Fontinettes. — Canal de Neuffossé. — Chute de 13»,50. —
— Importance de la solution. — Le halage funiculaire. — Siphon du canal Saint-Martin. — Grands travaux maritimes. — Les ports de Calais, Boulogne, Dieppe, la Pallice. — Fondations à l'air comprimé. — Les caissons à la Pallice et à Bordeaux. — Service des phares. — Le plus grand appareil optique du monde.
— Les phares électriques et les phares à l'huile. — Une solution neuve.— Appareil hyper- radiant. — Les signaux sonores.
— Les toui*s- balises k la gazoline. — Conclusion,
PRÉS les rivières, les canaux. Le programme de 1878 comportait Taméliorar tion de 3,000 kilomètres de canaux et la construction de 1,400 kilomètres de nouveaux canaux. Dès aujourd'hui plus de 1,300 kilomètres satisfont aux prescriptions de la loi du 5 août 1879. Le travail accompli a été considérable; Toutil-
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lage de la navigation très perfectionné. L*écluse joue naturellement le rôle dominant dans Texploitation et gouverne en grande partie la vitesse des transports. On comprend que la répétition des écluses entraîne une perte de temps, un accroissement dans le volume d'eau consommée, une importante aggravation des dépenses de construction et d'entretien, une gène pour la circulation, etc. On tend de plus en plus aujourd'hui à diminuer leur nombre, à augmenter par suite la hauteur de chute et la longueur des biefs. En France, on compte pour les rivières canalisées 581 écluses sur un développement de 3,579 kilomètres, ce qui donne pourle bief moyen une longueur de 6 kilomètres. Les canaux sans bief de partage n'ont déjà plus qu'un bief moyen de 4*^^,600 avec 471 écluses réparties sur 2,179 kilomètres. Pour les canaux avec bief de partage, la longueur moyenne du bief descend à moins de 2 kilomètres avec 1,395 écluses pour 2,160 kilomètres. Les écluses s'étagent sur le flanc des vallées comme les marches d'un gigantesque escalier. Certains biefs ont moins de 200 mètres. Sur le canal du Centre, par exemple, à Longpendu, 7 écluses étaient séparées par des biefs d'une longueur moyenne de 103 mètres. A Saint-Julien-sur-Dheune, on comptait 9 écluses avec bief moyen de 298 mètres. On a dû se décider, sur ces points, à supprimer un certain nombre d'écluses et ai les remplacer par des écluses à plus grande chute ; on a doublé les hauteurs de chute et, par suite, réduit de moitié le nombre des écluses. Les nouvelles écluses du canal du Centre, qui ont été visitées, au mois d'août, par le Ministre des Travaux publics, ont 5°,20 de chute et 38",50 de longueur.
13 écluses à grande chute remplacent, à Longpendu, à Saint-Julien, à Rully, etc., avec de grands avantages, 26 anciennes écluses.
Chaque sassée, en pareil cas, exige le déplacement de i ,200 mètres cubes d'eau. Pour hâter le remplissage et la vidange, on a eu recours à un dispositif ingénieux. L*cau ne s'écoule plus du bief supérieur dans le sas par l'ouverture de vannes ménagées dans les portes. Le débit par les vannes ordinaires eût exigé beaucoup trop de temps. Au fond des enclaves des portes, sous une voûte en plein cintre, s'ouvre, dans le radier de chaque côté, un large puits de i",40 de diamètre. Chacun de ces puits descend dans le bajoyer au niveau du buse d'aval et aboutit à un aqueduc voûté en plein cintre de 1",70 de hauteur sous clef et 1 mètre de largeur. Cet aqueduc longe le sas; il communique avec lui par quatre ouvertures rectangulaires espacées de 0"*,80 de largeur sur 1 mètre de hauteur. Voilà, comme on voit, une large route d'écoulement pour les eaux. A la partie supérieure de chaque puits, on a installé des vannes cylindriques qu'il suffit d'ouvrir pour donner issue aux eaux du bief supérieur et pour emplir rapidement le sas. Ces vannes cylindriques sont très commodes; il est facile d'en saisir le fonctionnement. Le puits est prolongé par un cylindre en fonte. Ce gros tuyau est coiffé d'un chapeau cylindrique; entre le cylindre et le chapeau existe un vide annulaire par lequel peut s'engouffrer l'eau. Mais h l'intérieur du chapeau peut monter et descendre une couronne de fonte de 0",46 de hauteur. Si la couronne est descendue convenablement, elle bouche l'orifice annulaire, fait vanne, et l'eau ne peut s'écouler. Si,
au contraire, on veut emplir le sas, à Taide d'un cric qui agit sur la tige à laquelle est fixée la couronne mobile, on soulève cette vanne cylindrique qui rentre dans le chapeau et Teau tombe dans \fi puits. Le chapeau reçoit la pression verticale de Teau ; les pressions latérales sur la vanne s'équilibrent de sorte que la manœuvre se réduit au soulèvement du poids de la couronne, soit de 370 kilogrammes.
Les vannes d'aval pour la vidange fonctionnent comme les vannes d'amont. Ce système organisé par M. Moraillon est très pratique et fournit sans effort une grande ouverture de débit avec une charge plus forte que sur un orifice ouvert à travers une porte d'écluse. Le remplissage du sas s'effectue en 3 minutes 10 secondes par les deux vannes; la vidange demande 5 secondes de plus. Malgré un déplacement de 1,200 mètres cubes, l'éclusage, dans ces conditions, ne dépasse que de 2 minutes la même opération faite dans les anciennes écluses à 2",60 de chute ; il absorbe environ 14 minutes pour un bateau de 30 mètres de longueur chargé de 150 tonnes et halé par deux hommes; grâce aux aqueducs latéraux, l'arrivée de l'eau se produit sans mouvements tumultueux.
Le nouveau système à vannes cylindriques pour écluses de grande chute est plein d'avenir; il a déjà été adopté pour d'autres cai^ux, pour ceux de Paris, pour les écluses de Panama, etc. On en trouve un bon modèle au pavillon. Les projets des écluses à grande chute du canal du Centre ont été dressés par M. Eugène Resal, ingénieur, MM. Moraillon etVariot, sous-ingénieurs, et M. Fontaine, ingénieur en chef.
C'est déjà bien de racheter d'un seul coup une
iii.iiijii .iii'iii ffu
r>io des puiu il*ii-
Fio. 31» i> S&!. - Éclunoa k grando chule.
différence de 5",â0. Mais ne pourrait-on aller plus loin? Avec les écluses, ce problème semble limité autour de 5 à 6 mètres au moins pour le moment. La solution est ailleurs dans certaines circonstances ; elle paraît se trouver dans une combinaison hardie, qui constituera une étape importante dans Thistoire de la navigation; nous voulons parler des ascenseurs pour bateaux.
11 existe au pavillon des Travaux publics un modèle bien remarquable du premier ascenseur construit en France^ de Tascenseur des Fontinettes, qui a excité vivement la curiosité publique depuis quelques mois, qui a fait Tobjet d'une visite spéciale du Président de la République et qui est resté le but des excursions ordinaires de tous les ingénieurs étrangers venus en France pour l'Exposition .
Le canal de Neuffossé réunit la Lys et le canal d'Aire àl'Aa; il met les ports de Dunkerque, Gravelines et Calais en communication avec le réseau de navigation intérieur; il donne lieu à un mouvement annuel de près de 13,000 bateaux tant chargés que vides. C'est sur ce canal, à Arques, près de Saint-Omer, qu'a été construite autrefois l'écluse des Fontinettes ; elle se compose de cinq sas superposés rachetant ensemble une chute de 13",i3. Les bateaux franchissent ce passage avec une lenteur que Ton devine; la durée de l'éclusage dépasse quelquefois deux heures. On a dû, pour gagner du temps, renoncer à procéder par croisement et affecter alternativement un jour à la navigation montanteetun jour à la navigation descendante. Les encombrements étaient permanents, et il fallait prévoir le jour où l'exploitation deviendrait impossi-
bte. D'ailleurs les sas des Fontinettes n'avaient pas la longueur réglementaire de 38", 50, qui est celle de nouveaux bateaux des canaux du Nord. L'administration, pour remédier à cette situation déplorable, prescrivit en 1881 la construction, àc6té des écluses, d'un
Pio. 3U. — Plan de l'Auenseur dot Fouiinettoi.
ascenseur hydraulique analogue à' celui qui fonctionne en Angleterre, à Anderton, sur le canal de Trent et Hersey, mais beaucoup plus puissant, puisque le nouvel ascenseur devait livrer passage à des bateaux de 300 tonnes, tandis que l'ascenseur d'Anderton ne fait circuler que des bateaux de 80 à 100 tonnes. On achève en ce moment un ascenseur analogue k celui des Fontinettes en Belgique, & la Louviëre, sur le canal du
m CAUSERIES SCIENTIFIQUES.
Centre; il réunira le canal de Charleroi ii Bruxelles h celui de Mons àCondé. Le modèle de l'ascenseur de la Louviére figure dans la section belge au Palais des Machines.
La conception des ascenseurs pour bateaux n'est
pas aussi nouvelle que l'on nous parait le croire; sans remonter au delà de 18f>3, nous nous souvenons fort bien avoir vu à l'Exposition de Londres un modèle d'ascenseur combiné par M. Seiler, sous le nom de « balance aérohydrostatique ». Le système de M. Seiler, très analogue aux élévateurs actuels, avait fait
Tobjelde rapports favorables, notamment de M. Huet, aujourd'hui sous-directeur des travaux de la Ville, alors ingénieur des canaux de Paris, et de M. Houel, ingénieur en chef des établissements Cail. La combinaison est d'ailleurs simple, du moins en principe. Au lieu de ramener le plan d'eau dans le sas de Técluse à la hauteur du bief supérieur, M. Seiler songea à
FiG. 355. — Ascenseur hydraulique des FontincUcs. Coupe longitudinale par Taxe d'un ia«.
rendre le sas lui-même mobile, à le faire s'élever avec eau et le bateau, ou s'abaisser de môme. Il accoupla deux sas comme les plateaux d'une balance, de façon qu'avec une légère surchage d'eau l'un des sas entraînât l'autre dans son mouvement. Le sas descendant faisait monter le sas accouplé. Les sas consistaient en grands bacs de 35 mètres de longueur. Pour l'époque, le procédé choisi pour les faire mouvoir était assez ingénieux. Chaque bac reposait sur 4 gazomètres, i à Tavant, 2 à l'arrière. Les 4 gazomètres de chs^que
bac communiquant par un tuyau, il est clair que toute surcharge de Tun comprimait Tair qui, refoulé, passait dans les 4 autres gazomètres , et les soulevait avec le second bac. La descente de Tun entraînait la montée de l'autre (i). D'où le nom de balance aérohydrostatique. La perte due au passage de chaque bateau était réduite à une faible tranche liquide. M. Seiler avait proposé ce système pour racheter des différences de niveau de 20 mètres soit sur canaux, soit même sur chemins de fer. Passons.
Dans les ascenseurs actuels, c'est l'eau sous pression qui remplace avec grand avantage Tair comprimé. On peut dire que ces appareils sont la résultante des progrès scientifiques et industriels réalisés depuis vingt ans. 11 fallait, pour les construire avec sûreté, avoir l'expérience des grandes pressions, arriver à faire manœuvrer des poids gigantesques de 1,300,000 kilogrammes soutenus sur des pistons de grand diamètre. On dut procéder méthodiquement en passant progressivement du petit au grand. Il a été indispensable d^attendre que la métallurgie et l'art des constructions mécaniques eussent permis de fabriquer des pistons et des corps de pompe résistant à des pressions énormes, car, dans les nouveaux élévateurs, les bacs sont soutenus et mus par les pistons de presses hydrauliques.
M. Edwin Glarck, l'éminent ingénieur anglais, n'a construit en 1880 le premier ascenseur, celui d'Andorton, que lorsque, par de longues études préliminaires, il se fut rendu maître du maniement de l'eau sous haute pression. A vrai dire, ce sont les applica-
(1) Causeries scientifiques. Découvertes et Inventions^ tome II,
lions ingénieuses qu*il fit de Teau sous pression au soulèvement des navires à radouber qui le conduisirent peu à peu à la réstlisation des ascenseurs. C'est à ses conseils que Ton a eu recours pour le grand ascenseur des Fontinettes. M. Edwin Clarck en a fourni Tavant-projet ; les études définitives ont été commencées sous la direction de M. Bertin, ingénieur en chef. Le projet des terrassements et maçonneries a été dressé par M. Gruson, ingénieur en chef, et M. Gètre, ingénieur ordinaire, qui ont dirigé les travaux pendant toute leur durée. Les travaux commencés en 1883 ont été terminés en 1887, et Tascenseur mis en service le 20 avril 1888.
Le nouvel ascenseur se compose de deux caissons ou sas métalliques renfermant de Teau, et dans lesquels flottent les bateaux. Chaque sas est fixé par son milieu sur la tête d'un énorme piston qui plonge dans un cylindre de presse hydraulique installé au centre d'un puits. Les deux presses communiquent souterrainement au moyen d'une conduite munie d'une vanne qui peut .les isoler à volonté. Les deux sas mobiles sont disposés parallèlement; on a ainsi une véritable balance hydraulique; il suffit que Tun des caissons reçoive une certaine surcharge d'eau pour que, la vanne étant ouverte, il s'abaisse en produisant l'ascension de l'autre. Une dérivation est ouverte sur la rive droite du canal de Neuffossé. Chaque bateau descendant arrive sur le caisson qui doit s'abaisser, chaque bateau montant est rangé de son côté sur le caisson qui va s'élever. En sorte que chaque mouvement des deux bacs assure le passage de deux bateaux.
Chaque bac ou sas mobile a une longueur totale de
40"° ,35 et une longueur utile de 39",50, avec une largeur, au milieu, de S", 60 et une profondeur de J'.SO
au milieu, réduite h 3",50 aux extrémités. Il y a toujours au moins 2", 10 d'eau dans les sas. Les pistons qui supportent le sas ont une longueur de l'",13, en-
PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. m
viron la hauteur d'un quatrième d'une maison de Paris; ils sont en fonte avec un diamètre exti'rîeur de 2 mètres et d'une épaisseur de 7 centimètres. On les a constitués par des tronçons de i^.SO empilés les uns par-dessus les autres avec feuille de cuivre intermédiaire pour assurer l'étanchéité du joint. Quant aux cylindres des presses, ils ont LS^JO de hauteur et
2", 078 do diamètre extérieur; ils sont formés par des anneaux en acier laminé de O'.ISS de hauteur et de O^jOe d'épaisseur, emboîtés les uns dans les autres avec chemise coutinue en cuivre k l'intérieur pour assurer l'étanchéité.
La machinerie -destinée k envoyer de l'eau dans les presses sous les pistons pour élever le bac ascendant est installée entre les deux caissons mobiles. Elle comprend deux turbines mises en mouvement par la
chute d*eau empruntée au bief supérieur. L'une de ces turbines, d'une force de 50 chevaux, actionne quatre pompes de compression qui mettent en charg-e un accumulateur de l,âOO litres de capacité. L'autre turbine de 15 chevaux commande un compresseur .d*air et une pompe d'épuisement des eaux des cales des sas mobiles. Le compresseur d'air a une destination spéciale. Les sas mobiles et les parties du canal qui font suite ont besoin d'être raccordés hermétiquement; il existe entre eux un espace de quelques centimètres. On a imaginé de gonfler dans cet intervalle des poches de caoutchouc qui comblent le vide ; on ouvre une ventelle qui laisse écouler de l'eau dans cet espace étroit; puis on soulève les portes du sas et le bateau passe. Le compresseur à air sert à gonfler ces poches, qui servent aussi à conserver l'étanchéité des portes des sas.
En somme, la manœuvre est facile. Un des sas étant au haut de sa course, on fait passer le bateau dans le bief supérieur. On fait entrer le bateau descendant; on donne à ce sas une surcharge de 30 centimètres d'eau, soit 65 tonnes. La vanne de communication des presses hydrauliques est ouverte; l'eau est refoulée par le sas descendant sous le piston du sas ascendant qui s'élève. On arrête le mouvement en fermant la vanne. La position d'un sas peut être corrigée en manœuvrant des distributeurs qui laisse échapper de l'eau des presses ou donne accès au contraire à l'eau sous pression des accumulateurs (1).
(1) Le poids à élever comprenant le piston, un sas, l'eau et le bateau atteint 800 tonneaux. La pression dans les presses est de 35 atmosphères. On a dû charger les accumulateurs à 30 atmo-
Sans entrer dans plus de détails techniques» on peut dire que la durée totale d'une manœuvre est en moyenne de 26 minutes, savoir : entrée des bateaux et fermeture des portes, 8 minutes; ascension et descente des sas, 5 minutes ; correction de la position des sas, 3 minutes; ouverture|des portes et sortie des bateaux, 10 minutes.
On installe des cabestans hydrauliques pour accélérer la sortie et l'entrée des bateaux, ce qui fera gagner 6 minutes environ. On pourra livrer passage à six bateaux par heure dans les deux sens.
£n définitive, la construction de Tascenseur a permis de racheter d'un seul coup une différence de niyeau de 14 mètres, de supprimer 5 écluses, do gagner près de deux heures sur le passage des bateaux, d'économiser du personnel et surtout de Teau. Chaque élévation et abaissement d'un bateau ne dépense qu'une èclusée ordinaire; le gain est dans le rapport de 1 à 5, ce qui devient d'une réelle importance pour les canaux à point de partage où l'alimentation a toujours été la plus grave des préoccupations des ingénieurs.
A côté des progrès réalisés dans l'outillage des canaux, il nous faudrait parler des moyens de transport, des différents bateaux, du halage, de la traction mécanique, etc., et notamment de la traction mécanique telle que vient de l'installer M. Maurice Lévy, de l'Institut, entre Paris et Saint-Maur. Le système de halage funiculaire de M. MauriceJLévylsemble promettre des résultats économiques importants.
Nous ne pouvons qu'esquisser en quelques lignes le
sphères, pour assurer le bon^fonctionnemcnt des presses'de soulèvement des portes.
nouveau dispositif. Un moteur lixe entraîne les deux brins d'un cAble, courant l'un adroite, l'autre k gauche du canal sur des poulies portées par des chevalets établis en dehors des chemins de halage. Les bateaux s'amarrent individuellement à l'un ou & l'autre de ces brins suivant le sens de leur marche. Le c&ble opère simultanément la traction de.-! bateaux à la re-
monte et h la descente. Les poulies verticales de support ont O^.eO de diamètre au fond de la gorge et O^.SÛ de diamètre au pourtour. Pour éviter que le câble puisse s'en échapper, elles sont surmontées d'une petite roulette qui lui ferme toute issue. Le câble est très tendu et pèse environ 3 kilomètres par mètre courant.
L'amarre des bateaux s'engage aussi entre la roulette et la gorge de la poulie ; mais il faut qu'elle puisse s'en dégager aisément quand le bateau ne doit plus suivre le mouvement. Pour cela on a pratiqué
dans la joue de la gorge, du côté de l'eau, deux crans limités par des développantes de cercle. Quand on veut faire sortir la corde de la gorge, il suffit d'éloigner le bateau de la rive pour donner à l'amarre une certaine
FiG. 359. — Halagc funiculaire.
Premier appareil de ddcUncheinent.
inclinaison. Lorsque Tamarre arrive au cran, elle s'échappe par l'ouverture, suit la développante de cercle et se dégage.
Quant au mode d'attache au câble, il a été très bien
Cséà d» trwHol^
lli;\wtiiil{:!;Ml)^il;)a^^;;:^^li^(^
Fio. 360. — Hala^o funiculaire.
Plan d'un bateau en marche.
combiné. Le câble porte de place en place une bague avec petit appareil d'attelage. L'amarre y est introduite et peut la quitter de même facilementpar un système rapide de déclanchement.
Avec ce dispositif, on pourra, avec des machines espacées tous les 30 à 36 kilomètres, commander en
amont et en aval des longueurs de voie navigable de i5 à 18 kilomètres de longueur. A la vitesse de i mètre par seconde et pour un trafic de 1 million de tonnes, il suffira tous les 30 kilomètres de deux machines de 45 à 50 chevaux. On peut évaluer que pour 1 million de tonnes avec des péniches de 38"* ,50 le prix de premier établissement reviendra à 47 fr.par mètre
courant de voie. Les frais d'exploitation par mètre de canal y compris l'amortissement du capital et du câble n'excèdent pas 3 fr. 50 et la dépense de traction 0 fr. 003 par tonne et par kilomètre pour un trafic de 1 million de tonnes, ou 0 fr. 001 2 pour un trafic de 3 millions de tonnes. Ces résultats sont très beaux. Il est clair que Ton tire même parti au maximum de la voie navigable.
La première installation faite 'entre Paris et Joinville a été établie par M. Maurice Lévy, ingénieur en chef. Les détails ont été étudiés et les travaux dirigés par M. Pavie, ingénieur ordinaire. MM. les conducteurs Elquinet et Vandercal ont surveillé les travaux et étudié Tappareil de déclanchement.
A citer aussi, de M. Maurice Lévy,ringénieux siphon qu'il a installé sur le canal Saint-Martin. Là, il s'agit
Fio. 361. — Halage funiculaire.
Poulie timpto des angles concaTes.
de faire passer par-dessus le canal des eaux d'égout, mais on conçoit que le même systèmo|puisse rendre d'autres services chaque fois quil y aura i traverser un canal, pour une dérivatioa ou une canalisation d'eau, par exemple. Ce siphon ; composé de deux tubes de 0"',60, a été appliqué contre les deux tètes du pont de Morland. Il a 7", 50 de flèche et près de 20 mètres de corde.
La difficulté était de Tamorcer et de maintenir l'amorçage. M. Lévy a eu l'idée de déterminer le vide dans le siphon par le jeu d'une trompe placée à
Fiu. 362. — Siphon de l'É^ont de Bercy. Coupe d'une trompe.
Fia. 363 et 364. — Siphon de l'Égout do Bercy. Coupe et éléTatlon de la partie lup^rieure dei ilphoiie avee les trompée.
son sommet. Dans une boite en tôle en communication avec le siphon sont disposés en regard deux ajutages coniques. Par l'un d'eux arrive sous pression l'eau de la ville ; de là, elle pénètre par la tubulure en regard;
et comme celle-ci est de diamètre un peu plus large, sa vitesse et sa pression diminuent. Cet abaissement de pression détermine une aspiration dans la boîte et dans le siphon et Teau de Tégout entre à son tour et amorce le siphon. Une disposition ingénieuse empêche Teau d'égout chargée de matières d*entrer dans la boite et d'ensabler les ajutages.
Il y a deux siphons et deux trompes. Sauf par les grands orages, un seul siphon fonctionne. Il n'estménae pas nécessaire de faire fonctionner la trompe d'une manière continue. M. Lévy a combiné une disposition automatique qui permet de ne faire marcher la trompe que lorsque c'est absolument nécessaire pour produire Tamorçage selon les variations du niveau des eaux dans Tégout. Les siphons du canal Saint-Martin constituent une véritable curiosité. C'est une innovation qui méritait d'être signalée.
Après les canaux, nous devrions insister sur les constructions gigantesques qui ont été poursuivies depuis dix ans dans nos ports maritimes On a entièrement refait à neuf le port de Calais, on a considérablement agrandi et modifié les ports de Boulogne, de Dieppe; on a achevé en 1888, au Havre, le bassin Bellot, destiné à la grande navigation; à Honfleur, on a construit un bassin de retenue de chasses avec déversoir à hausses mobiles pour arrêter les envasements du port. A mentionner encore les importants travaux des ports de Rouen, Saint-Malo, Saint-Nazaire, Rochefort, Bordeaux, Marseille et surtout ceux de la Pallice, àla Rochelle. On trouve, au pavillon, deux solutions intéressantes pour la création de ports artificiels, l'une en circonscrivant à l'aide de jetées le port
en mer profonde de Boulogne, l'autre à la Pallico, où le port et l'avant-porl ont été creusés dans les terres comme on l'avait fait autrefois pour le port militaire de Cherbourg. A la Rochelle, en elTet, on a cr^é de toutes piécfs un port, un nouveau bassin, le bassin de la Pallîce accessiblo aux plus grands navires; on a
mordu sur la terre ferme, jusqu'au rocher; on a pratiqué lies fouilles, enlevé les déblais. Le travail, commencé en 1881, sera terminé en 1890. L'avant-port aune étendue de H hectares 1/2 et une profondeur aux hautes mers de 11 ",56; le bassin à flot a une étendue de 11 hectares Xji. La jetée Sud aune longueur de 300 mètres; les fondations ont été faites au-dessous du niveau des eaux au moyen,'de blocs gigantesques en maçonnerie, construits dans des caissons mobiles à air comprimé amenés sur place et immergés en mer.
Les fondations du mur du quai, écluses, formes de radoub, ont été généralement établies aussi au moyen de caissons à air comprimé. Ce ^eure de fondation prend chaque jour un développement plus considérable. Au port si remarquable de la PaUtce, les caissons mesuraient 29 mètres de long sur 10 mètres
Fia. 386. — Plnn de Boulogne -lur-Mer.
de large, les dimensions d'un hôtel parisien. A Bordeaux, les deux quais de la rive gauche, sur un développement de 1,600 mètres ainsi que les cales de radoub, ont été établis sur fondations, faites aussi avec des caissons à air comprimé, à des profondeurs comprises entre 20 et 25 mètres au-dessous des eaux. Nous voilà bien loin des petits caissons à air comprimé de 40 mètres carrés qu'en 1860 l'entrepreneur (tançais Castor employait pour établir les fondations
du pont de KehI. Aujourd'hui on se sert couramment de caissons de plusieurs mille mètres carrés de superficie qui permettent de construire d'un seul coup une écluse entière, un bassin de radoub, des murs de quai. C'est tout à fait prodigieux. Castor reprenant l'idée de Trîger, autre ingénieur français qui s'était servi lepre-
Fio. 3ST. — PUd dm busloi de MïtmïIIo.
mier sur la Loire de l'air comprimé pour travailler k sec,aappropriéle système àrexécution desfondations; il & été le véritable créateur de ces procédés hardis dont notre pays a eu l'initiative. Il est juste de rappeler le nom de Castor en face des travaux colossaux exécutés aujourd'hui un peu partout. Les ingénieurs anglais, qui ont conçu et exécuté le célèbre pont sur le Forth, une des œuvres les plus grandioses de notre temps, n'ont pas hésité à confier les fondations des piles à l'entreprise fi-ançaise Couvreux et Hersent, qui
Wï CAUSERIES SCIENTIFIQUES.
avait déjà exiïcuté avec tant de succès les travaux à air comprimé d'Anvers.
Il est bon d'ajouter encore que partout maintenant sur les ports, les portes d'écluses, les ponts tournants ou roulants sont manœuvres mécaniquement. Les grues, les treuils, les cabestans, etc., fonctionnent avec
de l'eau sous pression. On pourra se rendre compte, au pavillon, de toute l'importance des travaux exécutés dans nos ports. On trouvera aussi de beaux plans en relief de nos ports transformés dans l'exposition des Cbambres de commerce maritimes à gauche du pont d'Iéna, sur la berge.
Nous ne pouvons à regret énumérer tous les ingénieurs distingués qui ont concouru à ces travaux. Rappelons seulement les noms de MM. Guillain, Vélillard, Polel, etc.
Allons plus vite ; abandonnons les travaux maritimes et arrétons-nous, comme le public, dans cette visite ra-
FlQ. 3«» et 370. licale Ht horisoni
pide,devant le magnifique appareil optique poiirpbare installé au milieu du pavillon : un appareil en vraie
grandeur, celui-là même qui est destiné à l'éclairage du cap d'Antifer. C'est le plus grand appareil qui ail été jamais construit encore. C'est un phare il essence minérale. Il a été décidé que l'éclairage électrique ne serait appliqué qu'aux phares principaux qui senent au grand atterrage. Malgré cela, nous possédons en France treize de ces phares électriques dont huit bont actuellement en service à Dunkerque, Calais, Gris-Nez, la Canche. la Hève, Creac'h, les Baleines et Planier, et dont cinq sont en voie d'établissement à Barfleur, à Penmarc'h Belle-lsle, lie dTeu et laCoubrc. A l'étranger, on ne trouve, au contraire, que dix stations éclairées à réiectricilé
parmi lesquelles quatre seulement en Angleterre.
En France, on a cherché à créer un système intermé-
PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. i9!
diaire entre les phares de premier ordre et les phares éleclriques toujours coûteux, en améliorantles phares éclairés h l'huile. Pour assurer àun feu un grand éclal
Via. 373 et 37e.— ËlévaiioD et coaps du Phkre du Cnnd-Ch*rp«ii(ier.
lumineux, il est indispensable de conccntrerles rayons, de les empêcher dedivcrger.Or,ladivergencc augmente quand les dimensions du foyer lumineux augmentent elles-mêmes. Pour la diminuer, il faut, & mesure que ta grandeur du foyer s'accroît, accroître de même le diamètre du système optique. Avec l'électricité, l'optique
est réduite parce qup le foyer esttrès réduit liii-mi^mi?; mais si l'on vput employer l'huile et, par suite, des flammes un peu grandes.ildevient indispensable, pour
Fin. 3IT. — Phare mi<uUiquo de l'nrl-Ycndrrs.
ne pas augmenter la diverçence des rayons d'avoir recours à des appareilsopliqnes de très fort diamètre. Ofi jusqu'ici, on n'avait guère pu dépasser les dimensions adoptées par Presnel pour les appareils optiques de premierordrc,soit l^ïSide diamètre intérieur. En An-
gletcrre, à défaut de mieux, on a superposé dans une uiôme lanterne 2, 3 et même 4 appareils de premier ordre; ces combinaisons appelées biforme, trlforme, fjuatî'ifonne compliquent le service, élèvent le prix de revient de Tunité de lumière et augmentent la divergence déjà excessive des appareils.
En France, on a attendu que les progrès de l'industrie aient permis d'augmenter les dimensions des appareils d'optique. C'est à M. Barbier, constructeur de phares, que revient l'honneur de la solution. Il est parvonu, en 1885, à fabriquer de grandes lentilles de l",330 de longueur focale. Le bel appareil du pavillon a 2"", 66 de diamètre extérieur. Il est susceptible, d'après les expériences faites à South-Foreland, en Angleterre, do tripler l'éclatd'un a|)pareil de premierordre. C'est un véritable progrès. Déjà la Russie et les Etats-Unis ont adopté pour des feux fixes illuminés avec une seule lampe les appareils dits hyper-radiants de M. Barbier. Le système est très économique et assure une juste proportion entre les dépenses etles besoins à desservir ; on y aura recours pour les points d'intérêt secondaire (|ui réclament cependant l'amélioration de l'éclairage.
Les visiteurs s'arrêtent aussi devant les modèles des nouveaux phares. construits de 1878 à 1888 : les phares à huile de la Vieille (Finistère), des Grands- Cardinaux (Morbihan), du Grand-Charpentier, àTembouchure de la Loire ; le phare métallique de Port- Vendres, le phare électrique ^e Planier, près de Marseille. On a beaucoup amélioré, dans ces derniers temps, les installations de nos phares électriques, {^'administration a groupé dans un bâtiment spécial attenant au pavillon toute une installation de phare
i>lectrique, avec appareil optique bifocal, dynamos Meritcns, instruments de contrôle tn-s ingénieux, moteurs à air chaud. La force motrice est fournie par les nouvelles machines à air Bénier, qui évitent l'emploi des chaudières et l'usage de l'eau. On associe aussi
maintenant aux phares électriques des signaux sonoms pour remt'dier à t'ipsufQsance de l'éclairage par les tempi: de brouillard. M. Bourdellcs, ingénieur en chef du service des phares, fait exécuter en ce moment le nouveau programme à Belle-lsle et à Barfleur. Au début, on se servait en France des sirènes si em-
PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. tt9
ployées aus États-Unis et actionnées par la vapeur d'eau. Uaintenant, afin de pouvoir produire des sons au moment du besoin, sans attendre que la vapeur
soit sous pression, on a recours à l'air comprimé. Les moteurs qui scnenl A l'éclaira^f servent aussi à comprimer de lair. et, au moment utile, il suffit de mettre des accumulateurs d'air en relation avec la sirène.
Les premières expériences faites au phare de Gris-Nez ont donné d'excellents résultats. On pourra examiner ce nouveau genre de sirène dans le bâtiment des phares. Enfin, le public regarde aussi curieusement une tour-balise en béton et une tour-balise en grandeur naturelle installées devant le bâtiment des phares. La tour en béton est intéressante par son mode de construction ; c'est le type de la tour du Soulard, situl^c aux abords de la rade de Lorient. La construction se fait vite, et elle résiste bien à la mer. La seconde tour-balise est destinée, comme les bouées lumineuses, à l'éclairage des écueils. Elle est munie de quatre brûleurs à la gaz oline groupés autour d'un tambour dioptrique h feu fixe. Le feu n'a besoin d'être ravitaillé que tous les trois mois. Les brûleurs sont en relation avec deux réservoirs ayant chacun 225 litres de capacité et renfermantlagazoline. Avec Toptique, l'éclairage correspond sensiblement à celui des feux de cinquième ordre. Les frais d'entretien ne dépassent guère 1 000 francs par an. M.Bourdelles a fait installerce type aux abords de rtle de Ré, du nouveau port de la Pallice, et on l'établira aussi sur recueil des Chicns-Perrins, à l'ouest de l'île d'Yeu, sur la roche de Menhir, située au large de Penmarc'h, dans les parages les plus exposées de la côte française. Mentionnons encore, parmi les curiosités du pavillon, l'exposition des travaux du tunnel sous la Manche, le beau modèle de l'Apadana d'Artaxercès de M. Dieulafoy, les documents sur le service des mines, sur la statistique graphique de M. Cheysson, les cartes des chemins de fer, de la navigation, des routes, les appareils et les documents sur le nivellement de la France, travail immense en cours d'exécution. La
Commission constituée en 1878 pour arrêter le programme (les opérations a désigné parmi ses membres lin Comité d'exécution composée de M. Marx, président/de MM. Cheysson, Goulier, Durand-Claye, Prompt et Ch. Lallemand, secrétaire.
La construction des cheminsdefer,desroutes,le tracé des canaux de navigation et d'irrigation, l'exécution des ouvrages de défense aux abords des places fortes exigent une connaissance exacte du relief du sol. Cette connaissance est obtenue, comme on sait, au moyen d'opérations topograpbiques dont l'ensemble porte le nom de nivellement. Le nivellement général d'un grand pays s'appuie surun réseau fondamental delignesdonWe profil est déterminé avec la plus grande exactitude possible, qui relient entre elles les différentes mers et qui se raccordentavcc les lignes analogues despays voisins.
Le premier réseau fondamental a été exécuté en France, de 1857 à 1864, par Bourdalouë. Depuis, les travaux de cette nature ont pris en Europe une telle extension que les lignes actuelles de nivellement de précision, mises bout à bout, feraient trois fois le tour de la Terre.
Le réseau de Bourdalouë avant été reconnu insuffisantjc Ministère des Travaux Publics a entrepris, depuis 188 4, l'exécution d'un nouveau réseau fondamental de 12,000 kilomètres, qui seraenviron troisfois plus précis. Cette opération s'exécute avec des instniments très perfectionnés et des méthodes nouvelles (1) que déjà plusieurs pays étrangers ont adoptés [pour leurs propres nivellements.
(1) Voir pour la description de ces instruments et de ces méthodes le Traita de nivellement de haute précision de M. Ch. Lall«mand, ingénieur des Mines, qui dirige les opérations.
502 CAUSERIES SCIENTIFIQUBS.
Le nouveau réseau fondamenlal français doit être terminé en 1892. — On abordera i cette époque les nivellements intercalaires et le tracé des courbes de nmau qui achèveront de di'finir le relief du terrain.
^- (î*^clL/^
A câté des modèles et des plans, l'administration a réuni dans une bibliothèque les principaux ouvrages publiés depuis I8T8 par les ingénieurs des Ponts et (aiaussées. Parmi ces ouvrages, il en est trois.que nous devons mentionner spécialement, en raison de leur importance et de la grande autorité de leur auteur.
U.Alfred Picard, ancien directfîur général desPonls oX Chaussées, des Chemins de fer et-des Mines, aujourd'hui présidentdelasectiondesTravaux publics, de l'Agriculture,du Commerce et de l'Industrie au Conseil d'Étal. Le premier est relatif aux travaux exécutés pour
Fio»<l. — Ui(?h
l'alimentation du canal de la Mnrne au Rhin et du canal de l'Est (I ). Ces travaux co'm|irenncnlen particulier deux usines liydraulii|ue^. établies à Valcourt et à Pierro-la-Treiche, pies di' Tonl; une usine à vapeur
(0 L'Alimenlalion en Enu ilfs l'mw<i.i tt des Villes. Travaux «■liVulf s depuis 187(1 jioiir ralimcii'.ilinn du canal de la Marne au Rliin et du canal df l'Esl, — Avec nu ailns de 25 planches donl Itdoubles : 60 (r. (J. Rnlh-'cliMi.l. l'-dlicnr.
créée à Vacon, près àc Void ; un résenoir constniit à Paroy, près de la nouvelle fronlJL're; et des rigoles nvcc siphons en fonte d'un développement consîdériible. Les usines hydrauliques utilisent dos chutes de la Moselle canalisée; elles peuvent refouler jusqu'à
700 litres par seconde à 40 mètres de haulour; les moteurs sont des turbines Girard dont chacune actionne directement trois pompes, accouplées à ISO" : la parlic mécanique a été construite par MM. Gallon et féray. L'usine à vapeur comporte deux machines horizontalcs agissant par connexion directe sur des pompes, susceptibles de refouler 500 litres d'eau par seconde <t 37 mètres de hauteur : l'installation mécanique a été
faite par MM. Cail et C'*^. Le réservoir de Paroy contient 1,700,000 mètres cubes d'eau; il est à digue en terre'ct présente des dispositions fort ingénieuses pour les ouvrages régulateurs. Le livre dans lequel M. A. Picard a rendu compte de ces travaux constitue un traité tout
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Flû. 383. — Machines hydrauliques c^lévatoiros do Pierrc-la-Trciche.
Plan.
à la fois scientifique et pratique, qui est appelé à rendre les plus grands services à tous les ingénieurs, aussi bien pour l'alimentation des villes que pour l'alimentation des canaux.
La seconde publication de M. Picard est intitulée : « les Chemins de Fer français (1) . » C'est une étude his-
(!) Les Chemins de Fer français. Etude historique sur la constitution et le régime du réseau, débats parlementaires, actes
torique en sixTolumes sur la constitution et le régime du réseau. On y trouve les indications les plus complètes tant sur les actes législatifs, réglementaires ou administratifs, que sur les débats parlementaires auxquels a donné lieu depuis l'origine la question si im-
PiQ. 3M.— MachÎDi
portante des chemins de fer. L'auteur a fait preuve d'un profond esprit d'analyse, d'unecomplëte impartialité et d'une compétence exceptionnelle. Le style est tout à la fois clair, sobre et précis. Des tableaux statistiques très développés permettent de suivre
ic \
pas à pas tous les laits économiques et financiers.
Le dernier ouvrage a pour titre : « Traité des cheininsdefer(1).»Ilesten quatre volumes. C'estun traité d idactique et magistral ,ertibrassant toutes les quest ions administratives, économiques,fmancières et juridiques relatives aux voies ferrées. Le régime des chemins de fer y est étudié dans ses moindres détails, non seulement en France, mais aussi à l'étranger. Nous n'avons pas à faire Téloge de cet ouvrage remarquable qui a une réputation universelle et qui fait autorité dans tous les pays : cependant nous signalons spécialement le tome l®^ qui est presque exclusivement consacré à des études économiquesdu plus haut intérêt,et le tome IV, concernant l'exploitation commerciale et en particulier la tarilication des voyageurs et des marchandises.
M. Le Rond, ingénieur des ponts et chaussées, expose une publication très étendue sur les travaux publics de l'Amérique du Nord, rédigée à la suite d'une mission donnée par le Ministère (2).
Elle est divisée en cinq parties: la première renferme la description des systèmes nouveaux qui ont permis de franchir les grands fleuves de l'Amérique : le Missouri, le Mississipi, TOhio, le Saint-Laurent, THudson, à l'aide de ponts gigantesques, atteignant jusqu'à 168 mètres de portée.
La seconde partie traite des nombreux perfectionnements apportés à la construction, au matériel et à
(1) Traité des Chemins de fer. Économie politique, commerce, finances, administration, droit, études comparées sur les chemins étrangers. 4 volumes in-S®. — J. Rothschild, éditeur.
(2) Les Travaux publics de V Amérique du Nord, 1 volume do texte et Atlas. — J. Rothschild, éditeur. (Sous presse.)
l'exploitation des chemins de fer proprement dits et des chemins de fer urbains.
La troisiiïme partie décrit les récents travaux exécutés pour rendre accessibles à la grande navigation
les voies navigables, dont l'Amérique est naturellement mieux douée qu'aucun pays du monde.
L'auteur étudie ensuite la création et l'entretien des ports et des rades, les systèmes de protection de balisage.
La cinquième partie traite des questions de génie municipal, voirie, éçouls, alimentation en eau, éclairage, qui ont dû, aux I^tats-Unis, plus qu'ailleurs, ré-
damer des solutions immédiales, en raison du développement rapide des cités américaines.
L'ouvrage est précédé d'une, introduction sur les
BkΔSi.
progrès du génie civil en Amérique, écrite par un di's hommes les plus considérés do l'Amérique, M. G. Bouscaren, ingénieur-conseil à Cincinnati. Evidemment, il faudrait des heures et mCme des
journées pour visiter en détail le pavillon des Travaux publics.
En comparant les modèles du pavillon à ceux de la
liana Railway) «or TOhio, à Louisville.
onirepoldt«
période antérieure qui figurent dans lasection de l'histoire du travail, dans le palais des Arts libéraux, on se rendra facilement compte de l'importance des progrès réalisés depuis un demi-siècle. En se reportant aussi
àTExposition de 1878, oh constatera avec satisfaction que les dix dernières années constituent également .une période d'activité considérable pour les travaux publics ; jamais, peut-être, on n'a autant construit, aussi sagement appliqué les ressources disponibles dans rintérôt général de notre pays.
Il nous est agréable, on terminant cette esquisse trop rapide, de rendre un hommage bien mérité aux ingénieurs des ponts et chaussées et aux ingénieurs des mines, aux auteurs de toutes ces grandes œuvres qui depuis dix ans ont tant coiilribué pour leur part à accroître les sources vive^? do la richesse nationale.
Architecture rustique. — Dorique eu arbres séculaires. — Décoration sylvestre. — Rondins et écorce. — Entablements en cordes de tilleul. — Construction sur pilotis. — Les ateliers de la Croixde-Toulouse. — Au rez-de-chaussée. — Panneaux décoratifs.
— Musée du bois. -^ Les diverses essences et leurs applications.
— Galerie du premier étage. — Les collections. — Les coupes microscopiques. — Les maladies de l'arbre; les insectes. — Les produits chimiques. — La pâte à papier. — La soie de bois. — Les charbons. — Les bois colorés artificiellement. — Les germinateurs. — A travers les montagnes. — Dans les Alpes et les Pyrénées. — Vues dioramiques. — Restauration et conservation. — Le problème des reboisements.
u sommet d'un coteau gazonné, au milieu des fleurs, des pampres et des plantes grimpantes, s'élève le joli pavillon des forêts. Sans Taflluence du public on se croirait là au bout du monde, transporté bien loin de la Seine et du Champ-de-Mars, Tout autour cela sent bon; partout, à Textérieur comme à Tintérieur, se répandent les senteursde la forêt, Todeurdu bois fraîchement coupé, des branches vertes et du feuillage, le parfum des pins, des mélèzes, du chêne, du châtaignier. Cela donne rtllusion du grand air et des grands espaces.
CAUSEIUES SCIENTIFIQUES.
Montons le coteau verdoyant. Duiix escaliers, aux
marches Uillées dans le soi et maintenues par des traverses de bois brut, conduisent & droite et h. gauche
atix portes d'entrée. L'aspect de la construction ne rappelle en rien le chalet forestier de l'Exposition de 18TS. Cette fois tout a été fait avec du bois en grume, avec des troncs d'arbres tels qu'ils ont été apportés de la forêt, des arbres avec leur écorce et même lour :. Tous les arbres ont été empruntés aux forêts
de l'État. La fai,'ade est de style grec accusé par une double colonne de dorique qui dessine un beau promenoir extérieur de 3'°,50 de lai^e. Deux avanceitieuls avec pignons rappelant les chalets suisses forment vestibules d'entrée. Au milieu des deux pignons, sous lès chevrons de la' toiture, on lit : /"oré/j; chaque mot est tracé avec des lambeaux d'écorce (fig. 391). Entre les colonnes du promenoir courent d'élégantes
FiG. 391. - l'ie
balustrades. Au premier étage des balcons, des pilastres avec leurs chapiteaux ; point de pierres, point xle briques, du bois, rien que du bois; les fondations sont sur pilotis (fig. 392); les colonnes sont des troncs de chêne, d'orme, de hêtre, de peuplier, de sorbier, d'alisier, cormier, merisier, sapin; elles ont 6 mètres de hauteur et 40 à 50 centimètres de diamètre. Les chapiteaux sont formés de branchages entrelacés, les tores de la base dessinés avec des cordes d'écorce de tilleul : la base elle-même est constituée par des rondelles de môme essence, mais de plus grand diamètre; toujours des branches, des troncs, des arbres, partout la forêt. \
Des pilastres également en troncs d*arbrls soutiennent la muraille en bois et la découpent en panneaiix recouverts, ainsi que le plafond, avec des demi-rondins ou baguettes de bois divers revêtus de leur écorce aux teintes variées.
La construction comprend un rez-de-chaussée et une galerie formant premier étage. Le rez-de-chaussée se compose d'une grande salle rectangulaire de 42 mètres de longueur sur 18 mètres de largeur; il est prolongé en arrière par une annexe qui a elle-même 36 mètres sur 14 (fig. 392 et 393). Le promenoir à colonnes du rez-de-chaussée supporte la galerie du premier étage (fîg. 396) . Au fond de la salle, encadré par de larges troncs, dans le demi-jour, un bassin avec rochers; audessus à 1 mètre de hauteur, une galerie de 5 mètres de largeur, où les visiteurs se pressent; on y parvient à droite et à gauche du rocher par quelques marches. Dans cette galerie, on a installé trois vues panoramiques d'un bel effet, représentant des montagnes,
LE PAVILLON DBS fORETS. 119
des torrents et divers travaux de reboisement. La galerie donne aussi accès à deux petites salles d'exposition avec photographies diverses, documents, biblio' graphie, etc., et à deux annexes affectées l'une au logement des surveillants, l'autre à l'administration.
On monte eiilin an premier étage par deux escaliers disposés à droite et h gauche du bassin central. La galerie supérieure tourne autour de la grande salle; elle est ornée d'une balustrade avec colonnes rustiques et entre-colonnements soutenant les plafonds et les parties hautes de la construction. Elle comprend quatre petits salons d'angle et deux salles d'exposition
au-dessua des vestibul»tsdu rez-de-chaussée. Toute 1» décoration est en boisd'essences forestières françaises. La couverture est en bardeaux de cliêne (fig. 393).
fia. 3U. — Ifscalier du rei-de-chauiiii^o conduiuml au:c dioramas.
La construction a absorbé près de 1,400 mètres cubes ; la plus grande partie des bois a été tirée de la forêt de Fontainebleau. 272 troncs ou colonnes (132 mètres cubes) proviennent de la forêt de Mont<
J.E PAVILLON DES FORETS. Mt
cËaux, prts de Meaux ; on a fait venir aussi des châtaigniers (26 mètres cubes) de la forêt de Marly, des mélèzes (3 mètres cubes) de )a forêt de Compiëgne, des sapins, des épicéa» {i mètres cubes) de la forêt de
DnHtructioo en ptsncho* du modf^lo i
Gérardmer (Vosges). C'est au carrefourdc la Croix-de- Toulouse, dans la forfit de Fontainebleau, que l'on avaitétabli lesdix-huitcliantiersqui, de septembre 188K à mars 1889, débitèrent les bois et fabriquèrent les panneaux, balcons, chapiteaux, rondins, etc. {Ggl 395 et 396). Pendant six mois, plusde soixante ouvriersont travaillé en forî't avec une activité fiévreuse (flg. 397).
CAUSERIES SriRNTlFIQUES.
11 esl bon, sans doule, de dire que pas un arbre n'a été sacrifié en vue de l'Exposition. On a simplement
îi
Sï
choisi parmi les coupes de l'année les matériaux les plus convenables. Cette belle exposition de l'adminis- Iration des Forêts n'aura pas coijté pins deiOOOOO fr.
Le programme général de l'exposition des Forêts a été arrêté par une Commission nommée par M. Develle,HinistrederAgricu1tiire,dèslemoisde juin 1886. Ce programme a été réalisé avec le concours de tous les agents forestiers, des professeurs et directeurs des
écoles de Nancy et des Barres, sous la direction de M. Daubrée, directeur des forêts,
La constniction du pavillon et l'installation de l'exposition ont été conliées ii MM. de Gayflier, conservateur des forêts, Leblanc, architecte, et René Daubrée, inspecteur des forêts.
MM. Sée, administrateur, et Thil, inspecteur adjoint des forêts, ont été chargés de la réunion et du classe-
ment des collections relatives à l'exploitation des bois; M. Demontzey, administrateur des forêts, a dirigé la partie de l'exposition relative à la restauration des terrains en montagne.
Assurément la gravure, la photographie présentent bien une image fidèle du pavillon des Forêts; mais rien ne saurait donner à ceux qui ne Tout pas vu une idée juste de son originalité, de son élégance, de sa poésie. C'est un spécimen à part, qui n'a pas d'analogue, que Ton ne recommencera sans doute jamais. C'est joli, frais, coquet^ gracieux, charmant. Les motifs décoratifs sont d'un goût exquis. Les panneaux et les revêtements de plafonds en écorces variées séduisent le regard. Les murailles, les cloisons constituent de véritables mosaïques que l'on dirait formées de marbre noir, gris, rouge, vert jaune. La richesse des couleurs est étonnante. On a fait presque de la tapisserie avec des écorces d'arbres bien choisies. C'est de l'art véritable.
Le promenoir extérieur h lui seul mériterait une longue visite particulière. Nous ne pouvons qu'y jeter un rapide coup d'œil (fig. 392).
Un certain nombre des arbres de la colonnade sont antérieurs à la Révolution. On a placé sur chacun d'eux un écriteau : Ghône rouvre, 150 ans; hêtre raboteux, 160 ans; châtaignier, 60 ans; peuplier noir, 50 ans; aune, 70 ans; sorbier, cormier, 200 ans; sapin, 120 ans; épicéa, 190 ans. On voit aussi des rondelles détachées de vieux arbres avec leur Age* Cela va jusqu'à 270 ans. On se promène au milieu de ces vétérans qui ont vécu plusieurs existences hun^aines. Quelques-uns, à l'intérieur et à l'extérieur, ont con-
serve encore assez de sève pour donner des feuilles. On voit s'échapper d'un merisier séculaire une vigoureuse poussée de jeunes feuilles d'un vert émeraude. La grande salle est consacrée à l'exposition du bois et du travail du bois. Au milieu une scierie mécanique
Kiu. 3SS. ~ AwLipr de scicun ie long débiianl Irm charpente!.
attire les regards. L'outil est entraîné par un moteur à gaz ; il saisit un énorme tronc et le partage en deux. Mais l'intérêt est ailleurs, et l'attention se fixe sur les panneaux de la muraille. Les parois de rez-de-chau^-sée sont subdivisées, en compartiments juxtaposés, par les piliers de soulien; chacun de ces entre-colonnements constitue l'exposition d'une essence de bois spéciale. Les essences ont été groupées par ordre
naturel, selon les familles végétales. A côlé des échantillons de bois, on a placé les applications les plus caractéristiques. Voici, par exemple, le panneau du tilleul. Le |bois de tilleul est très employé par les luthiers, les sculpteurs, mais surtout par les fabricants de jouets d'enfants. On s'en sert notamment pour la saboterie, les allumettes, la pâte à papier. Le tilleul a donné lieu plus récemment à une indus-
trie naissante. Son liber, après macération dans Teau» se détache et forme la tille, sorte de substance très tenace que Ton tresse de façon à en faire des cordes et des cordes excellentes. On trouve dans ce panneau de nombreux spécimens de ces cordes, etc. A côté vient l'érable; d'un coup d'œil le visiteur voit qu'avec l'érable on fabrique des robinets, des manches d'outil, des chaises. Plus loin, à la suite on a groupé les arbres fruitiers. Le poirier prend bien la teinture ; il est recherché pour la sculpture; le cerisier est employé par les fabricants d*instruments de musique, par les fabricants de pipes; le sorbier, l'alisier servent à faire des régies, des équerres; le cornouiller, des cannes; la bruyère, des pipes, des balais; le frêne, les rais de roues, les chaises, etc.
Tout le monde sait que le noyer est utilisé surtout dans l'ameublement. Le sapin est employé pour les instruments k cordes, pour les planchers, pour les caisses, les allumettes, les jouets, les seaux, les tonneaux, les baignoires en bois, les conduites d'eau. L'épicéa est appliqué surtout à la confection des tables d'harmonie. Le mélèze sert dans la charpente des maisons et des vaisseaux, dans la tonnellerie. Avec le pin maritime, on fait principalement des traverses
de chemin de fer et des pilotis; — de la laine, extraite des feuilles du pin sylvestre, on fabrique divers tissus. Au panneau du mélèze, on s'arrête devant une rondelle dont l'un des diamètres a près de 2 mètres. L'if et le genéyrier nous fournissent par leur poli et leurs nuances variées un superbe bois d'ébénisterie. Le châtaignier nous donne des échalas, des treillages» placages, parquets; le tremble, les allumettes; le peuplier, des allumettes et surtout de la pâte à papier.
Voici encore le panneau du bouleau avec des sabots nombreux et une série de flacons renfermant divers produits. Ces produits sont obtenus par la distillation du bouleau et du hêtre. Leur préparation occupe aujourd'hui une industrie florissante. Ces produits sont Talcool méthylique, le goudron de bois, Tacide acétique, etc. G est du goudron de bouleau que Ton extrait en Russie une huile légère renfermant en elle-même un principe particulier qui sert à donner au cuir de Russie son odeur caractéristique. L'écorce du bouleau est riche en résine, ce qui lui assure une imperméabilité qui est utilisée pour la fabrication de semelles contre Thumidité, de tabatières, etc. On trouve au milieu de la tourbe et des lignites de l'écorce de bouleau ayant résisté à Teau et à la durée du temps. Enfin, la sève de cet arbre sert à la fabrication de certaines boissons alcooliques et renferme des principes médicamenteux.
Avec le micocoulier, arbre du Midi, on fabrique des fourches,des manches de fouet; avec Torme, des poulies, des charrettes, des tampons de wagons. Avec le charme,dur et tenace, on fait des dents d'engrenage, des
formes de chaussures.des maillels, merlJns, blocs, etc. Les deux essences les plus importantes de nos forêts
- sont le chêne et le h^tre. Le hêtre occupe à lai seul trois panneaux du pavillon. Le hêtre ne vît guère que trois ou quatre siècles, et sa hauteur ne dépasse
pas 40 mètres avec 6 mëlres de circonférence ; mais sa tige reste droite et régulière; aussi fournit-il
lie belles planches et de longues poutres. Ses emplois sont nombreux : tonnellerie commune, brosserie, meubles dé cuiiine ; il ne se pourrit pas dans l'eau ;
-mr- r-r
aussi sert-il à faire des pilotis, des rames, des traverses de chemin de fer; imprégné de vapeur d'eau,
FiG. 401. — Chêne rouvre.
GrossU»ement : 60 diamèlrei. Micrographie de M. Thouroude.
il se laisse coucher et ployer. Le bois tourné de Vienne n'est que du hêtre. Quant au chêne, chacun en sail les usages ; charpente, ameublement, tonnellerie, parqueterie, wagons, charronnage. Ce n'est pas que
i,E PAYrrr-oN" dks forets.
le chCne soit supérieur h certaines autres essences par sa dureté, sa souplesse, etc. Mais il rcïiime h un
Fio. 4M. — Onn« fhsmpi^lre
àejçcé moyen les principales <|ualités des autres bois.
Mentionnons encore ce que, en termes de foresterie, onnommelesmorts-boisilabourdaine.dontlecharbon
estsiemployépourlafabricationde la poudre; le buis, si recherché pour la tabletterie et le tour ; le coudrier.
pour les corbeîlles,hottes,éluis; le genévrier, pour les bois de crayons; le houx, pour les dents d'engrenage; le troène, qui fournit un bon charbon pour la poudre, etc. Lasalledu rez-de-chaussée peut être considéréecomme
LE PAVLLLeN DES FORÊTS.
in vérilablo mustïe dn bois et de ses applications. Le musée se continue au premier éta^e dans la ga-
lerie aupërienre. On a groupé avec le même ordre méthodique tout ce qui se rapporte à chaque essence. On trouve là comme une série de monographies et même de leçons de choses, selon le mot moderne: De
CAIÎSERIKS SCIENTIFIQUES.
belles photographies, œuvres d'agents forestiers, montrent le port de l'arbre â l'état isolé ou en massif,
sous ses divers aspects d'été ou d'hiver. A côté des lichantillons de graines (collection préparée par M, Gouël), des bourgeons, des feuilles, des fruits (lierbier sous verre de M, Flîche) ; k côté encore, iOO sec-
lions microscopiques tie liois ; sur ces coupes minces, on dislingue fort bien les fibres, les vaisseaux, les rayons médullaires, te parenchyme, les canaux résinifères; on peut avec ces éli^menlsdéterminerrapide-
nicnl une espèce. On a eu soin de mettre sous les yeux du visiteur des agrandissements photographiques (I)
(t) te» Bnii rmployft dan» Vlnduatrif. Leurs caraclf-res riistiiiciifa et leurs dtsci-ipiiona, acconipa).iiûs do 100 scclioiiH en laiHi's iiiiiirrs des principalus essences Ibrestirres de la Prsiiee et lie l'AlgiTii.'. pur H, Nierpusoek. Avec teiic el on lablcau. — J. Roihïchild, éditeur.
538 CAIISEIIIES SCIENTIFIQUES,
préparés par M. ThouroudeJ et qui font très bien ressortir la constitution intime du bois. On la voit à l'œil nu. Des diagrammes, établis pour la plupart par H. Bartet, mettent en relier les résultats d'études variées sur la végétation de chaque arbre, sa- forme
[gras, ïcuaot sur lonn humiilo). [maigre coiiehc trts forte),
aux difTérents âges, son accroissement en diamètre et en hauteur. Enlin, Ik aussi, on a disposé une série d'échantillons de bois, en parallélîpipèdes de 0",38 sur O'°,08 d'épaisseur pour les essences principales et en rondins pour les essences secondaires, prélevés d'ailleurs sur des arbres de toutes les régions de France et d'Algérie.
On a eu aussi la bonne idée d'exposer des échantillons des lésions morbides produites sur les arbres, soit par suite de troubles phyrilésiens. soit par suite d'acciden(8méléoriques(l). C'est lu également un petit
Kia.411. — Ch«na .liiNordin
musëe des plaies, des fentes, fissures, de modes de traitement, etc. On y trouvera notamment quelques échantillons lératolo^^iques et surtout des loupes (âj,
(1) te» Ravageun de* FortlU H det Arbrtê d'Alignement. Hi»loirc nnlorclle, mo-iir*. dt^gàtn des insccles, tiioyrns de les combattre et de t^stuaiVr tes pisnialiniu, par H, de la Blanchkrk et par Eue. Robkrt. G* MiUon. 1 lolume avec 162 gravures. — J. Rothschild, éditeur.
(2) La Maladies de* Manies cultivtei, de$ Arbres fruitiers et forealieri, occasionnées par le sol,l'atmotpkére, les parasites, etc.,
CAUSERIES SCIENTIFIQTTES.
ces excroissances, quelquefois énormes, que l'on rencontre sur les arbres. II est sunenu que ces loupes ont présenté plus d'une fois certaine ressemblance avec une tête d'homme ou d'animal. Aussi les philosophes du xvi" et du xvii" siècle n'avaient pas manqué
de dire à ce propos que c'était là des essais de la nature qui s'eiTor<;ait do donner naissance à l'homnic. On était d'une philosophie un peu naïve 11 y a trois cents ans. Cette collection a été réunie avec soin par
D'aprfa Mulasnc, Bary, Berkeley, Harli^;, Soraucr, etc., par A. d'Arbow db Jun*mviLLE, conscrrotear des foréla, el J. Vksiiuk. préparateur au Musoum. t Totumc, arec (S rigncties ei 1 planches en couleur. — J Rolhsrhild. ^Jitpur.
lia. — Orme du Ca- Fio. III. — Orme de Pro. Fio. tiS. — Orme prov
Is. |I.ca cau<-hos do Trnce. proveasDl d» toi^ nBBlduFhunpdebatail
iuBiicE annuplli' ■cm ralps moini hamidos que deTonloD. dsni le lou
ament irincfs rgu'tiD a ccu\ dani lesqiiple oai ■□lDgiirfc>humtde.(Qrâi
le k If s diilinpuor le* poiiud 1d> Ormoa tig. ils k !■ chslaur <lu climat.
M. Bop{ie. Il convient de nienlionner encore des spécimens des champignons et autres parasites de l'arbre (collections de M. d'Arbois de Jubainville), des cadres renfermant les insectes qui s'attachent à nne essence donnée avec indication de leurs ravages (collection de M. Henry), une carte de répartition géographique éta-
- Yéinre do Ch«ne.ï l'ëchella ds 1/3. |i,s lone du doubla Millier
Iravera lo bon boii fl ■ &uBsi iivai le double subier: une fente alomiut oppoifs i'cM i>roi1uile li irsvers le double aubier.)
blie par M. Thil, d'après les renseignements fournis par les conservateurs, une série d'échantillons présentés par M. Mer et ayant pour objet de montrer l'inlluence des éclaircies sur le développement du hêtre, (lu sapin, de l'épicéa; un herbier des végétaux de la forêt d'Orléans, par M. Besanconnot, une collection des bois d'Algérie de H. Lambert, une collection de cadres des essences du bois de Boulogne de M. Le
Fl(i. f!0. — Prlili- rrni
5ia CAliSERIES SCIENTIPIQUR.".
Faute, inspecteur gônijral dos promenades de la vi de Paris; etc.
Ce n'est pas tout fncoi'e;loiijniirs dans cette galei du premier étage, on rencontre une belle collectiun
bois silicifiés. Ces échantillons ne sont pas compn blés ni par la beauté, ni par les dimensions, aux éu nants spécimens recueillis dans l'Arizona et expo dans la section des Ëtats-Unis ' mais tels quels , présentent leur intérfit. Plus loin, on s'arrête devirm une collection très complète de pierres des carrières des forets domaniales ou communales ; la lilholo^e
Pia- -*SS- — Branche Irisc'e. non n-couverlo, Fis. 4Î6. — Tronc do ChfoB h l'éch«lle ayant o«a«ionno la pourriluro d'un Ironi; de IJIO, pri'icnuipl près ôa cteur des
d'Orme. (Le pourwur du ironc cBl bcuI Dainmea île (trisfilo j«uno. plus dkn-
5li CAUSERIES SCIENTIFIQUES.
de la France y est bien représentée depuis les roches du terrain éruplif jusqu'aux roches sédimentaircs de la fin du tertiaire sous la forme de pavés d'égales
Kta, 417. — Branche de F^n sflrestro dCgradéo par le Canm plnUor^mtOK.
dimensions. On y a placé jusqu'aux cryptogames dus formations houillères et aux phanérogames angio* spermes des formations tertiaire et quartenaire.
En avançanttoujours, le visiteur trouvera des échantillons d'un succédané de la soie obtenu avec la fibre
4M. — Souche d'oïl Pin iijlveitro ta* Fro. 430. — la Tnimtlet raditiperda, iool ou voit • ité uil a loa rAcepittclsB frucliftres. corHaita.
64e CAUSERIES SCIENTIFIQUES.
du bois; le bois transformû par certains procédés chimiques fournit une malière filamenteuse fine el
Fio. 4îl. — Boia deChéd
soyeuse, un textile qui prend bien la couleur et simule d'assez près la soie. On a installe au rez-de-chaussée
CAtSKRlKS SCIENTIFIQUE
quelques a|ip;iri^ils qui m- fonriiunncnl pas, mais qui
Fio. 135. — Pi.|fti
onl la prélentîon de monlrt-r comment le bois peut ainsi se mélnniorplioser en iin liiamcnt analogue à la
LE PAVILLON DES KORETS. 5i9
il'. Il y a saifs doute lîi de l'avenir; mais, jusqu'ici,
iiii|;rc, échelle Je 1^
eue allai] u^ par 1c
il ne semble pas que ce succédané de la soie ait beaucoup préoccupé nos Tabricants de Lyon. On verra
aussi des appareils intéressants, les germinateurs destinés à hAter la germination des graines et à permettre ainsi de se renseigner sur leur valeur marchande en raison de la proportion relative des bonnes et mauvaises graines d'un échantillon. Pas très loin.
le visiteur regarde les bois, colorés à l'intérieur, de M. Penières, d'Ussel. Tous les bois sont susceptibles d'être soumis à cet intéressant procédé; mais c'est surtout le bois de charme qui se prête le mieux à l'injection. On obtient ainsi des imitations de bois de Inxe et des effets nouveaux et imprévus en infusant côte à cûte, dans une même bille, des couleurs dilTé-
rentes. Ailleurs, on examine curieusement les blocs de bois avec lesquels on fabrique la p&te à papier, et cette pâte elle-même. Certes, le bois ne Toumit pas un papier comparable à celui que l'on tire du cMlTon ;
cependant on obtient toute une si^rie de papiers ordinaires d'excellente qualité, et, sil'onmélangeàla pâle de bois des proportions convenables de pâte de chiffon, on finit par fabriquer des papiers satisfaisants et qui peuvent rivaliser avec les produits obtenus avec le chiffon. Enfin, on s'arrÈte {généralement devant
l'exposition très instructive des échantillons de charbon de M. Noguette. L'auteur s'est préoccupé de mon-
trer au publicdes charbons préparés avec les diverses essences. De chaque espèce d'arbre, il a pris deux morceaux d'égale grandeur : l'un a été réduit en charbon, l'autre est resté tel quel. On voit d'un simple
iï»(((l per VHyleiinia Frai
554 CAUSERIES SCIENTIFIQirES.
coiipd'œil combien les iliffÎTeiioes sont grandes. Avec
une essence, on oblient peu du charbon; avec uni> autre, le volume de charbon équivaut presque au bois
Ft«. 447 et 418. — D4gâU lur lo BooIobu par le Bottrichm li\
qui l'a rourni. On peut dire d'une maniérE que le volume du charbon est d'autant plu* le bois dont il dérive est plus tendre et pli Dans un petit salon du premier étage, à t'a du pavillon, l'administration a exposé un
notices statistiques donnant pour chacun i partements tous les renseignements qui c laquestipn forestière (1) : contenancedu sol plement, mode d'exploitation, production.
(1) Revue des Eaux et Forets {Annalei foretMres), puis 1812. — t" partie : Journal des Intérfls forestier. Répertoire de Législation et de Jurisprudence forei Rolbschild, <^dilcur. — (Sous pressa, l'Annie 18S0, i
bois; puis des documents divers, un répertoire des publications françaises anciennes et modernes sur les forôts, un exemplaire des ouvrages publiés par les agents forestiers de 1878 à 1889, des Hémoires ma-
Fta. 4K0. — Borge droiM do la Combe do Péf^tre.
nuscrits présentés par les professeurs de l'École de Nancy, etc.
Nous n'avons plus que le temps de descendre et de visiter la galerie annexe du fond oii sont inslalli3es les vues panoramiques. Jetons les yeux à droite de i'escalier. Nous voilà en pleine montagne, dans une hutte de forestier. Les outils, la table rustique, la petite
couchette, tout à côté une forge de montagne, un atelier temporaire. Tout cela est bâti en branchages, recouvert de fougères sèches dont l'odeur forte complète l'illusion. Prés des buttes croissent de ^Taie^ fougères et de jolis pins. Devant nous, dans le lointain, la montagne, les rochers, les torrents, les cas-
cades. M. Demontzfy a fait aménager très habilement trois dioranms destinés à mettre le puhlic au courant des opérations de reboisement et de défense contre les éboulis (l}.Nul ne pouvait le mieux faire: il est sur la brèche depuis le début et n'a cessé de diriger ces
(1) Heboiiemml et Gaionnemenl dei Montagnei. Traîlé pratique, par P. Deuontzey, inspecteur gtn* rai àes forêts. !• ciiitlon. 1 fort volume in-8°, avec 105 gravores. — J. Rothschild, éditeur.
LE PAVILLON DES FORETS. sr.1
importants travaux. Les trois toiles ont une hauteur uniforme de 8 mètres ; elles sont placées à 10 mètres environ du spectateur, qui en est séparé par une chambre relativement obscure de 5 mètres environ de profondeur, suivie d'un saut-de-Ioup de même dimension, dont lo talus sert k supporter les plantations
d'arbres résineux et les autres motifs destinés à raccorder les premiers plans avec la toile do fond.
La première vue montre le travail de fixation d'une montagne dans les Hautes-Pyrénées, au lieu dit Combe de Péguère, qui domine el menace le village de Cauterets, les sources ai renommées de la Rallière, du Mouhourat, du Petit-Saint-Sauveur, etc. L'équilibre est tellement instable qu'aucune végétation forestière
560 CAIISERFES SCIENTIFIQUES.
ne saurait s'y implanter. On a établi des murs de soutènement en pierre sèche à partir du sommet et, entrices gradins, on a proGté du peu de terre que l'on a rencontrée pour plaquer dfjs ^'azons de Taçon à relier
FiQ. 4jÏ.— Atelier
les blocs et les pierres roulantes. Ces travaux sont à peine termines. Le programme de leur exécution avait éié tracé en 1885,devant l'Académie des Sciences, par M. Dcmontzey, correspondant de cette Académie,
Au milieu et plus loin se trouve une vue diora mique des travaux de correction du torrent de ffiou-
BourdouXj affluent de la vallée de TUbaye, où il débouche à 3 kilomètres en aval de Barcelonnctte (Basses-Alpes). Le cône do ce torrent s'étale sur une étendue de 240 hectares. La route de Montpellier à Coni le traverse sur un parcours de plus «de 3 kilomètres. On aperçoit le lit du torrent consolidé par des barrages, des radiers, des enrochemens, clayonnages, etc. Les atterrissements successifs ont modiflé la forme du lit qui s*est agrandi, exhaussé. On a fixé les berges jadis mouvantes qui compromettaient la stabilité des plateaux supérieurs aujourd'hui reboisés.
Enfin, le troisième diorama nous transporte devant le torrent du Bourget^ autre affluent de l'Ubaye. Les travaux sont de ce côté très avancés. Les barrages ont fixé les berges, et on a pu reboiser môme à l'intérieur du lit dû ravin. Ces vues panoramiques d'un bel effet ont été exécutées, sous la direction de M. Demontzey, par M. Gabin, de Paris.
Entre les vues dioramiques existent deux petites salles, de véritables bibliothèques où Ton a réuni tous les documents possibles : vues, tableaux, albums, statistiques, photographies, plans en .relief sur les divers travaux exécutés depuis 1878 dans les Pyrénées, les Alpes et les Cévennes, pour la restauration des montagnes, la correction des torrents et le reboisement. Cette question de la restauration des montagnes et du reboisement est d'une importance considérable. Elle intéresse la fortune publique (1). Non
(1) La contenance boisée dans chaque pays d'Europe est par habitant :
37 ares en Allemagne : 3 ares en Angleterre; 4i ares en Au-
seulement la consolidation dos penles montagneuseâ nous mot à l'abri dû catastrophes épouvantable s et
sauve un grand nombre de vies humaines, mais le
LK PAVILLON DES FORETS. !t6i
reboisemeni, qui en est la consc'quence, augmente la richesse id laurixlncLiondii sut et a encore Jine action
certaine sur le régime des eaux et sur )e climat.
If
quiènie de l'œuvre considérable qui a été entreprise,
soit plus de 60,000 hectares. Pour dompter les tor-
168 CAUSERIES S C I K \ T I K [ Q t! E S.
rents; i! fuitl les enserrer dans nnn enceinte i-o:itimie
Fio. lis. - Stttliou moyrimi- <lii Turr,-ut du B.iurgcMl.W» m*u cl aluiuilc-
de VL'gL'tation. Vingt ans se sont ûcoulés depuis que pulicullera. L«b foréu de l'État, «n I8H7, ont produit 21,752,902 fe.
l'on a commencé les travaux. Dans les Alpes, dans les Pyrénées, de nombreux reboisements d'essences résineuses étalent leur vipoiireuse végétation à des altitudes co n si d (arables ; le:> torrents jadis si redoutés sont devenus des ruisseaux inoffensifs qui procurent k
l'agriculture des euux meilleures et almndantes. Le problème posé par les lois de IStill et de 18K2 est aujourd'hui résolu; les faits ont prouvé (|ue la défense contre les éboulis (;t contre les torrents nélait ni
L'importation en France» été en I8S7 tle 158.300,001) francs, tandis qu'eu 1880 od a importe jiour 278 millions de francs. L'exportation, en 1880, a étéile3i,800,OO0 St. et en 1887 de 25,300,000 fr.
Un fait caractéristique est que depuis vingt ans les recettes ont diminué, l.inclis que les dépenses out augmenté.
longue ni coàteiise h obtenir; il suffit d'aider la
■110 (Ba<i~o<-A[|ii-!>) (l.iiOO laH. iCallitudo).
nature par une série de petits moyens judicieux et sans cesse répétés.
Les avantages que Ton doit attendre à bref délai de cette entreprise vraiment patriotique peuvent se résiuiier ainsi : consolidation des versants instables et protection assurée à des centaines de hameaux et aux cultures qui font vivre leurs habitants ; préservation des vallées contre les ravages des torrents; restitution à l'agriculture de très grands espaces occupés par les cônes de déjection; régularisation du régime des cours d'eau en plaine; augmentation du débit des sources et irrigations; sécurité pour les chemins de fer, routes nationales, départementales, vicinales; transformation agricole des régions montagneuses; accroissement de la population des montagnes ; conservation et amélioration des bois existants et création de 300,000 hectares de nouvelles forêts.
C'est la lutte contre la nature qui est poursuivie avec acharnement par les reboisements. Les travaux déjà effectués sont le témoignage inscrit en caractères ineffaçables sur les hauts versants des labeurs etjdes efforts du corps forestier.
Ce pavillon constitue une des plus intéressantes expositions de 1889. Nous devons exprimer un regret, c'est de voir ce véritable musée du Bois destiné à disparaître aussi vite. Il n'aura pas vécu assez longtemps . au gré de tout le monde. 11 est fâcheux qu'on ne puisse nous le conserver à sa place encore des années ou nous le reconstruire au Bois de Boulogne ou au Bois de Vincennes.
Les deux paTillons do la Ville. — Construction et décoration. — Pavillon Suftren. — Écoles. — Statistique de l'Instruction publique do laVille do Paris. — Assistance publique, Préfeclure, etc. — Pavillon La Bourdonnais. — Direction pcnéralc des travaux de Paris. — L'Hygiène. — Types de maison. — La maison insalubre.— La maison salubre. — Conditions hygiéniques de l'habitation. — Promenades dans les égouts. — Les égouts. — Types anciens et types nouveaux. — Le curage. — Les ]>anicr8 d'arrêt. — Les appareils automatiques de chasse. — Siphon de l'Aima. — Le grand collecteur. — Les eaux de Paris : transparence comparée des eaux do source, des eaux de rivière ot des eaux de l'Ourcq. — Eaux de la Vanne et de la Dhuys. — Salubrité des eaux. — Le tout à Tégout. — Gennevilliers. — Achères.
droite et à gauche du Dôme central, entre les deux ailes du palais des Industries diverses, s'élèvent parallèlement les deux pavillons de la Ville de Paris. L*Exposition de la Ville ou plus exactement du département de la Seine, car les services sont réunis, occupait en 1878 un seul pavillon d'une surface totale de 3,200 met. carrés. Il a fallu cette fois augmenter sensiblement la surface. Les deux pavillons construits par M. Bouvard, sont de forme rectangulaire et décorés extérieure-
menl, dans un style, à dessin très simple au moyen d'applicalionsde treillages verts au-devant desquels se
profilent de légers massifsd'arbustes. Il a fallu, en elM, viser à l'économie, chaque pavillon ayant 7 j m^-lres sur dO mèlres el le crédit mis à la disposiliori de l'archi-
EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. r,n teclc n'étant que de 150,000 francs, soit 30 francs par
mètre, diicoration compriso. Les lermes métallique:^ ont été louées à tn;* bonnes conditions à la liquida-
restreint la décoration h de simples applications de moulures et de treillages en bois. Les travaux ont
VÛI.
Fio. 470. — PMilli
été entièrement confiés, sauf le montage des fermes, à dix associations ouvrières qui se sont très intelligemment acquittées de leurs missions. Ce n'est que
Kugënc LouKcpied. (Mûi^c d<!co
Kro. 47!. — ll.'r.
listes tlemn"
EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. 593 S Beaux-Arts et des Industries diverses, et certaines
critiques ont 6lé formulées à cet égard; peut-éire pùt-il été bon, au préalable, do se préoccuper de savoir quel était le crédit mis i. la disposition de l'architecte.
(7S.- Lo D»ntP, par Jpsn-Piul Aub^. ^"'- '™- - Françoi» Villnn, par Bliia i-D bronza •li'i.-oranl la Square du }''raD<;aiN Elrhelo. (SUtup fn
Uiga de Krancp ) bronio ili^corant le Squafr du
Collège de Fraocc.)
prolcssionnelles, de l'ameubldineiit, c'est-à-dire tout
Tensemble de la direction de l'ensei^ement, puis l'Assistance publique, la Préfecture de police, les directions des affaires municipales et départementales,
EXPOSITION DE LA VILLE DK PARIS. 587 ot enfin les sapeurs-pompiers. Il est très inléressant à
parcourir. On s'arrête devant les travaux faits par les élèves, plus loin devant le Laboratoire municipal, devant le matériel de sauietage, etc. Nous ne pouvons
i\\m mentionner cettepartie de l'exposition de la Ville. Signalons cependant l'exposition des services scolaires qui a pour objet de faire connaître au public l'installation matérielle et les résultats de renseignement dans les diverses catégories d'établissements que
1''to. 479. ~ l.'IIeuro du l)<!^JFiiner il l'École inalprnella.
la Ville de Paris consacre à l'instruction publique.
Ces établissements comprennent les écoles maternellfs, les écoles primaires élémentaires, les écoles primaires supérieures et les écoles professionnelles.
Les écoles maternelles reçoivent les enfants des deux' sexes de deux à sept ans. Elles sont au nombre de 127, contenant un total de 22,879 places d'élèves. Le oersonnel attaché à ces établissements se compose
de 123 directrices el 307 institutrices adjointes. Le budget des écoles materneUes, <|ui s'élevait, en 18T8, au moment de la (ierDii>re Exposition, k 2.1 47,278 fr. 73, s'élève aujourd'hui à 3,606,032 fr. 50, soit une augmentation de 1 , 158,753 fr, T7.
Les écoles primaires de garçons cl de filles rei^oivent les enfants de six à quatorze ans. M existe anjourd'hui ii Paris 191 écoles de garçons, contenant un total de 70,6!)i places d'éliH-es el 174 écoles de filles contenant 60,509 places d'élèves. Le personnel enseignant se compose de 3,002 maîtres el maltresses.
Le budget consacré aux écoles primaires était, en 1878, de 7,813,331 fr. 12; il s'élève aujourd'hui
à 1d,K53,512 Ir. 50, soit une augmentation de 13,040,181 fr. 38.
Les écoles primaires supérieures sont au nombre de 6 pour les garçons (collège Chaptal; écoles Turgot, Lavoisier, Golbert, Arago, J.-B. Say), recevant ■
Kio. «80. — L'École commutikle da gsr^ot». n» Camou
3,793 élèves; de 1 pour les filles (école Sophie-Germain), recevant384 élèves.
Les écoles professionnelles pour les garçons sont au nombre de A : l'école Diderot (travail du fer et du bois), l'école Boulle (école d'ameublement), l'école Estienne (industries du livre), et enfin, l'école municipale de Physique et de Chimie industrielles.
EXPOSITION DE LA VILLE DE PARI?. 99t
Pour les filles, la Ville de Paris possède actuellement 5 éroles professionnelles, situées rue Fondarj-, Bossuet, Bouret, Ganneron et de Poitou.
L'exposition de la Direction de renseig:nement, si bien organisée par H.Edmond Duplan et par M. Pierrot, permet aux nombreux visiteurs de juger des pro-
yta. lel. ~- Uno Le^on do moJcUgo & l'École primairo.
grrès accomplis depuis dix ans dans le domaine de l'enseignement primaire à tous les degrés. Ces progrès ont été considérables. Nous sommes heureux de les attribuer à l'initiativo, k la libéralité du Conseil municipal, aux soins éclairés, & l'intelligente collaboration de tout le personnel de l'enseignement (1).
(I) Cootultei l« tolame publié par M. DupUn, Sou«- Directeur
CAUSERIES SCIENTIFIQUKS.
Le pavillon Nord (càté de l'avenue de La Bourdonnais) est entièrement consacré aux divers services relevant de la Direction générale des travaux de Paris. Au milieu sont réunis les documents relatifs aux services de la voie publique et des promenades, du plan
de Paris et des travaux historiques. Du côté de la galerie des Machincsse trouvent les services des eaux et des égouts; du cûté de la tour Eiffel, les services d'architecture et des beaux-arts. Cette division permet de procéder méthodiquement à la visite des nombreux
de rtndruclion primairi, à titre de commeDWira et d'explication de l'eipositioD de l'EaBeigaernent primaire (L'Eiueignemeni pri- 'naire public à Paris, 1877-1888, - i vol. in-4").
EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS, rm
documents, modèles en relief, dessins, etc., exposés par la Direction des travaux, documents dont, comme d'usage, les plus « discrets » ne sont pas tonjours ceux «{iii répondent aux moindres services rendus. L'ensemble dos service? relevant de la Direction gé-
niirale des travaux de Paris concerne, en somme, ce <|ui constitue le Paris visible, le Paris attraction, celui i|ui attire et retient les étrangers.
Sans doute on ne saurait trop admirer les efforts accomplis, les résultats obtenus dans tous les services »]ue comprend l'administration d'une ville dont le budget ordinaire dépasse 360 millions, ces écoles claires, propres, gaies, venant remplacer les locaux
insufOsanUde jadis, ces hôpitaux qui se multiplient et où la mort devient pour ainsi dire l'exception, ces progrès réalisés dans l'organisation de la défense contre le feu, etc. Toutes ces améliorations dont bénéficie k si haut degré la population parisienne, le pu-
blic de passage les ignore presque, le Parisien luimême ne les connait pas bien et c'est à peine s'il s'aperçoit souvent de leurs bienfaits. Au contraire, ce (juc le public apprécie, quelquefois, il est vrai, d'une façon inconsciente, ce sont ces grandes et belles vi>i«s ouvertes k travers les quartiers de luxe comme dans les quartiers ouvriers, ce sont ces promenades où se presse la foule, ce sont les efforts constants qui sont
faits, travaux d'égouts, adduction d'eau, etc., pour assainir Pai'is et augmenter la durtSe de la vie moyenne; ce sont ces monuments où, sans méconnaître leca ractère utilitaire, on a toujours eu à cœur de ne point perdre de vue le côté artistique... Tout cela, c'est le
domaine de la Direction générale des travaux de Paris (1), et il n'est pas étonnant que les visiteurs qui veulent étudier dun peu prÈs ce qui a été fait pour le bien des Parisiens, se pressent nombreux dans le pavillon.
(t] M. A. AlpbiDd, Inspecteur générai des Ponts ot Chausgdes. Directeur; M. Hucl, Inspecteur général des Ponts et Chaussées, Soiu-Dirc'Cteur.
Bae CAUSERIES SCIENTIFIQUES.
Quand on pénètre par la porte qui regarde le palais des Industries diverses, on trouve à droite et A gauche deux hautes constructions, deux maisons à deux étages, en grandeur naturelle, s'il vous platt, représentant, d'une part, un type de maison sahibre, el
Kiu. «86. — Une Leçon de gjmuasiiiiue à l'Kcolo primaire itçarçons).
de l'autre, un type de maison insalubre. On sait combien les questions de salubrité sont & l'ordre du jour en France depuis quelques années, et quels efforts ont été faits pour assainir et la maison et la voie publique. On peut affirmer qu'il n'y a pas encore bien longtemps on constatait chaque année beaucoup plus de décès par suite des conditions insalubres de l'iiabilation et de la vie quotidienne que par
suite de maladies organiques ou autres. Ces dernières sont exclusivement du domaine médical. Quant à l'in-
salubrité, c'est la mission de l'ingénieur hygiéniste d'y remédier, et tout ingénieur, à notre époque, tout architecte doit être un peu hygiéniste. Les deux types de maisons exposés sont caractéristiques au point de
vue de l'bygiène et parlent nettement aux yeux et à l'intelligence du public.
Dans l'une onaréuni toutes les causes d'insalulirité <liie présentent si souvent les maisons dans les quar-
tiers ouvriers et populeux ; fosses fixes, jamais élanclies où les matières fermentent à proximité immédiate du puits 4{ui donne l'eau d'alimentation, cabineU communs infects, plombs k émanations insupportables, cbambrcs à peine aérées où le cube d'air par personne n'est pas le quart de ce qu'il devrait Ptre,
papiers de tenture malsains, etc., etc.; de ce côté le tableau n'a rien de chargé, et il existe dans Paris des milliers de maisons réunissant h un plus haut degré
kJl
Fio. 490. — Service do rAssainissemcnt. (Coupo en travers d*uno Maison
desservie par le Syslèmo diviseur.)
peut-être encore toutes les causes d'insalubrité imaginables.
On voit avec un véritable intérêt ce type de maison privée d'air, de soleil, etc. Les escaliers sont bondés de monde. De là, on passe dans le second type, situé en face, le type de la maison salubrc. C'est la maison
idéale, non point Inxaeuse, — tout ce qu'elle comporte peut être réalisé à peu près sans dépenses su|>-
Fio. 491. — Service de i\e U Ville de Paris. (Msii le Tout à l'égoui. — PI,
plémentaires — mais salubre, avec le tout à l'égout, les cabinets séparés, l'eau partout, les pièces suffisamment grandes et surtout aérées, les siphons in-
Fro.495. —Bai
CAUSERIES S;CIENTIFIQUES.
lerceptant partout les odeurs, l'éclairafre électriijue mi'me, etc. Certes on peut encore s'estimer heureux