‹ Exposition universelle de 1855Chapitre 4 sur 16 · AQUARELLE , SCULPTURE ET GRAVURE ANGLAISES · texte numérisé non relu

AQUARELLE , SCULPTURE ET GRAVURE ANGLAISES

Nous ne devons pas passer sous silence les nombreux tableaux à l'aquarelle des peintres anglais. Us sont remarquables par leurs grandes dimensions et surtout par l’habileté avec laquelle ils sont exécutés. Nous admettons bien que la composition des couleurs employées par les artistes anglais soit une condition essentielle pour atteindre d’aussi beaux résultats, mais assurément la manière de s’en servir est indépendante de la préparation chimique, et il faut posséder un grand talent de coloriste pour obtenir, avec des couleurs à l’eau, la vigueur d’effet, la richesse et la variété de tons que l’on remarque dans les Capucins à matines et la Salle d’audience de Bruges , que M. Haghe a représentée avec une exactitude parfaite et en y plaçant une foule de personnages du xvie siècle, dont les élégants costumes lui ont fourni l’occasion de déployer les richesses de sa palette. Nous avons aussi admiré une Soirée au château de B al moral et une Matinée dans les montagnes d'Ecosse, de M. Haag, tableaux qui représentent deux épisodes des voyages de la reine d’Angleterre. Il serait trop long d’énumérer ici toutes les œuvres remarquables de cette partie de l’Exposition. Cependant nous mentionnerons les sujets historiques de M. Corbould ;—YAtiacjuedu pâté et la Victoire , de M. Hunt ',—Sir Biorn aux yeux étincelants, de M. Ca~ termole, scène très-originale, où le vieux chevalier est représenté portant un toast et présidant un banquet dont les convives ne sont autres que les armures de ses ancêtres, rangées autour de la table; — le Harem d’un

bey et plusieurs autres ouvrages de M. Lewis, d'une exactitude et d'un fini merveilleux.— le Prisonnier de Gisorsj de M. Wehnert, nous a vivement intéressé. C'est un statuaire dont les poignets sont reliés par une lourde chaîne et qui, muni d'une pierre et d'un clou, sculpte dans la muraille de son cachot l'image de Notre-3eigneur crucifié. La pâleur du visage de ce pauvre captif inspire la compassion, mais en même temps on voit que toute sa pensée est absorbée dans son pieux travail et qu’il y trouve courage et consolation. Au-dessus de son bas-relief ébauché il a écrit sur la pierre, en manière d’ex-voto : O maler Del , miserere mei Ponlani! Le burin d’un artiste anglais, M. Bacon, s'est emparé de ce beau sujet; nous espérons qu’il contribuera à faire ressortir le mérite du peintre et en même temps celu i du graveur.

Nous ne finirions pas si nous voulions nous arrêter devant les ravissants portraits en miniature qui complètent cette partie de l'exposition anglaise. Ce ne sont pas, comme nous l’ aurions imaginé, de petites figures vaporeuses, sans forme et sans caractère, comme celles qui ornent les Keepsake : ce sont de bons tableaux, composés d’une ou plusieurs figures parfaitement bien ajustées, d'une couleur et d’un fini admirables. Nous en citerons très-peu, mais il nous en coûte d’avoir à choisir entre tous ces petits chefs-d’œuvre qui témoignent du talent élevé et consciencieux des artistes anglais et du goût distingué des nobles personnages qui, ne se contentant pas d’encadrer dans de l’or et du velours les portraits de leurs femmes et de leurs enfants, encouragent généreusement ceux qui consacrent un véritable talent à leur donner ces jouissances de famille. Le portrait dç

Mm# Upton , celui de la belle Mme Sidney Herbert et de ses trois enfants, et surtout ceux de lady Lhidsay et de sa soeur, sont des œuvres admirables. Les deux sœurs, vêtues très-simplement, en costume du seizième siècle, sont de ravissantes figures, d’une élévation et d’une pureté idéales. Lime d’elles semble une Béatrice peinte an seizième siècle. Ces portraits sont de M. Thorburn. Un autre miniaturiste, sir Roos, beaucoup moins sévère dans son style que M. Thorburn , a exposé plusieurs portraits d’une grâce un peu coquette, mais d’un goût fin, d’une expression vraie : parmi eux, nous citerons le groupe charmant de la duchesse de Marlborough, de lady Louisa Spencer et du jeune lord Churchill.

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