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II. — Considérations préliminaires

Sous les noms de porcelaine opaque, d'opaque, de demiporcelaine, de cailloutage, de lithocérame, de granit , de china, on désigne, en France, les variétés plus ou inoins belles d'une poterie à laquelle appartient et convient seul le nom de faïence fine. Les Anglais ont également pour ce produit des noms très-variés ; ils rappellent : earthenware, /lint-ware, iron-stone, wedgwood, white-glaze, white-granit; cream-colour, pearl-glaze, etc. ; pour les Allemands, c'est le steingut, le hartsteingut, le feine faïence, le weiss granit; pour les Suédois, c'est la porslin aôkta (fausse porcelaine) ; pour les Italiens, la terraglia ; pour les Espagnols, la loza fina; pour les Portugais, la louça vidrada.

Quelque nombreux et généralement impropres que soient ces différents noms, ils ne s'en appliquent pas moins à un produit unique, dont les qualités peuvent varier en intensité,

mais sont cependant assez faciles à préciser pour faire de ce produit une individualité définie.

La faïence fine, en effet, se distingue aisément de toutes les autres sortes de poteries.

Elle diffère de la faïence commune en ce que sa pâle est blanche, ou à peine jaunâtre , en ce que sa couverte est transparente et laisse voir la pâte qu'elle recouvre, tandis que celle de la faïence commune est opacifiée par l'oxyde d étain, et cache sous un émail laiteux la coloration du subjectile ; à ce double caractère, il faut ajouter que la couverte de la faïence fine est d'une grande dureté et ne se laisse entamer par l'acier 'que sous l'action d'une pression considérable.

Elle diffère île la porcelaine dure ou tendre en ce que sa pâte est opaque et non translucide, poreuse et non vitrifiée à demi ; en ce que, encore, sa couverte ne forme pas, comme celle de la porcelaine, une combinaison intime avec la pâte céramique qu'elle protège.

La faïence fine est aujourd'hui, après les faïences communes que fabriquent tous les peuples, après les terres cuites destinées à l'art des constructions, le produit céramique le plus important de l'Europe sous le rapport non-seulement du nombre, mais encore de la valeur des objets fabriqués : cette valeur atteint près de 80 millions de francs.

Considérée au point de vue industriel, la faïence fine est un produit moderne ; c'est à la fin du siècle dernier qu'on la voit naître en Angleterre ; c'est en 1825 seulement que la France en tente la fabrication. Mais longtemps avant cette époque la faïence fine avait fait dans îc domaine de l'art une apparition éphémère et dont le temps n'a épargné que quelques rares témoins. Les belles poteries connues sous le nom de faïences de Henri II ne sont autres, en effet, que des faïences fines, à couverte transparente et semblables de tous points aux premiers produits sortis deux cents ans après des fabriques anglaises. Cependant ce n'est point de ces poteries que les céramistes de l'Angleterre se sont inspirés pour créer

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la faïence moderne ; ils ne les connaissaient pas, et aucune tradition n'avait pu leur en transmettre la composition. Au milieu du XVI4 siècle, le Poitou avait vu prospérer, pendant quelques années peut-être, la fabrication de ces produits ; puis, tout d'un coup, fabricants et fabrication avaient disparu, sans laisser aux temps modernes d'autres traces de leur passage que les cinquante et quelques pièces qui sont parvenues jusqu'à nous.

La création de la faïence anglaise est l'œuvre d'Àtsbury <it de Wedgwood ; le premier vers 1730 découvrait le moyeu d'éteindre la coloration ocreuse de l'argile plastique en additionnant cette terre de silex blanchi par la calcination. Le second, trente-trois ans plus tard (1763), complétait cette découverte en remplaçant le vernis essentiellement plombeux des poteries d'Atsbury par des glaçures analogues à celle des terres de pipe françaises.

Entre les mains habiles de Wedgwood la faïence line se perfectionna rapidement ; et, dès le commencement de ce siècle, les travaux de l'illustre potier d'Etruria avaient mis l'Angleterre eu possession de méthodes qui devaient bientôt lui permettre de répandre dans le monde entier les produits de son industrie céramique.

Ces produits étaient à peine connus en France lorsque, en 1824, M. de Saint-Amand, que plusieurs voyages en Angleterre avaient mis à même d'en apprécier les qualités éminentes, entreprit d'en importer la fabrication dans notre pays. Après s'être assuré la priorité de la tentative par un brevet «l'importation pour appliquer aux matures indigènes les procédés de fabrication des poteries anglaises, M. de Saint-Amand chercha les moyens de réaliser industriellement ses projets; mais des difficultés privées l'arrêtèrent dès le début, et ses efforts seraient sans doute restés stériles si, appréciant toute la portée de l'entreprise, Brongniart, à cette époque directeur de la manufacture de Sèvres, n'eût mis généreusement à la disposition de M. de Saint-Amand un atelier, un four, des

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inouïes et une collection des terres argileuses de la France, collection dont Chaptal avait, lors de son ministère, ordonne et surveillé la formation. Ainsi soutenu dans sa marche, M. de Saint-Amané ne tarda pas à rencontrer le succès, et dès 1827 les sociétés savantes appelées à juger ses produits, proclamaient que le problème de la fabrication de la faïence fine en France était résolu. Les principales manufactures des terres de pipe françaises comprirent immédiatement l'importance de ce résultat , et dès 1828, elles abordaient résolument la fabrication de la faïence line.

Ces poteries étaient alors d'un prix élevé et de beaucoup supérieur au prix des produits similaires anglais. En 1835, la douzaine d'assiettes blanches, qui vaut aujourd'hui 1 fr. 50, ne se vendait pas moins de 3 fr. 50 à 5 francs. Mais cet état de choses ne devait pas durer; fabricants et consommateurs devaient rapidement comprendre à quel besoin répondait la fabrication nouvelle : remplacer la poterie commune pour le service de la table et de la toilette, tel devait être son rôle. Ce rôle, elle ne tarda pas à le jouer, et de 1835 à 1855 on vit les manufactures françaises, qui les premières avaient tenté la fabrication de la faïence fine, s'élever progressivement, tandis que, à côté d'elles, naissaient ou se transformaient d'autres établissements.

L'Exposition de 1855 eut, au point de vue du produit qui nous occupe, une importance capitale ; pour la première fois, la nouvelle poterie française allait se mesurer avec l'ancienne poterie anglaise; la lutte, hâtons-nous de le dire, ne devait pas être au désavantage de la France, et les fabricants anglais reconnurent eux-mêmes l'excellente qualité des faïences de notre pays.

Douze années se sont écoulées depuis ce concours. Pendant ces douze années les choses ont encore changé d'aspect ; rivaux des fabricants anglais en 1855 , les faïenciers français leur sont aujourd'hui supérieurs dans plus d'un cas; et l'examen impartial des produits apportés à l'Exposition uni-

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verselle de 4867 nous fournira la preuve éclatante de cette supériorité.

La France n'est pas seule, du reste, à lutter avec l'Angleterre pour la fabrication des faïences fines ; en Prusse, en Belgique, en Suède, en Hollande, des manufactures importantes se sont élevées en même temps que les manufactures françaises et apportent aujourd'hui sur les marchés de l'Europe et de l'Amérique des produits égaux et quelquefois même supérieurs aux produits anglais.

La faïence fine n'est plus ce qu'elle était autrefois ; en même temps que son prix s'est abaissé dans une large proportion, sa qualité s'est considérablement améliorée ; mais, avant d'aborder l'étude des nombreux perfectionnements auxquels est due cette amélioration, il ne sera peut-être pas inutile de rappeler rapidement les procédés généraux dont l'industrie fait usage pour produire cette sorte de poterie.

L'argile plastique est l'élément principal de la pâte de faïence line; c'est elle qui en permet le façonnage rapide; mais cette argile ne cuit pas toujours blanc; pour parer à ce grave défaut, on l'additionne de silex broyé finement qui, en même temps, la blanchit et la dégraisse ; quelquefois on ajoute à ce silex du kaolin et du feldspath ; la pâte se rapproche alors de la pâte de porcelaine, et les plus beaux produits sont obtenus par ce moyen.

Façonnée ensuite par des procédés rapides et économiques, la pâte, devenue pièce de platerie ou pièce de creux, est passée au four une première fois; elle est cuite en biscuit. Sur ce biscuit, s'il s'agit d'obtenir un produit en blanc, on pose par immersion une couverte fusible, qu'il faut ensuite vitrifier en passant une deuxième fois la pièce au four; elle est alors cuite en émail. Mais s'il s'agit d'avoir des pièces décorées par impression, il faut d'abord poser sur le biscuit, à l'aide d'une feuille de papier tirée en taille-douce, la gravure que l'on veut reproduire, enlever cette feuille de papier par un lavage à l'eau, passer la pièce au feu de moufle, pour volatiliser les es-

sences qui ont servi à délayer la couleur, mettre enfin on couverte et passer au feu l'émail comme précédemment.

Telles sont les manipulations compliquées que doit subir la faïence fine pour passer de l'état de terre à l'état de produit manufacturé.

§ 2. — Organisation industrielle des manufactures do faïences

tincs en Europe.

Angleterre. — Ou ne saurait être surpris de trouver l'Angleterre au premier rang des pays producteurs de faïences fines. Elle a créé la fabrication de cette poterie ; longtemps elle en a gardé le monopole, et l'habileté industrielle de ses potiers ne s'est jamais démentie. Aussi, depuis le commencement de ce siècle, sa production n'a-telle point cessé de s'accroître; on l'estime aujourd'hui a près de 55 millions de francs; ce chiffre représente les trois quarts de la production européenne. Une faible partie seulement de ces poteries est destinée à l'Angleterre, la majeure partie, estimée à 35 ou 40 millions de francs, est livrée à l'exportation. Les États-Unis, le Brésil, les Indes, l'Australie, etc., en sont les principaux consommateurs, et la France elle-même, malgré la perfection actuelle de sa fabrication, demande encore à l'Angleterre environ 800,000 francs de faïences fines chaque année.

C'est dans un petit nombre de grandes manufactures, dans un nombre beaucoup plus considérable de petites fabriques qu'a lieu cette énorme production. Grands et petits, tous ces établissements, au nombre de 200 environ, se trouvent groupés, se touchant presque les uns les autres, au centre de l'Angleterre, dans un district du Staffordshire dont l'étendue ne dépasse pas 4 à 5 lieues carrées. Ce district n'avait autrefois aucune importance ; à la fin du siècle dernier, on y trouvait à peine 6,000 habitants; il en avait 31,000 en 1810 ; on en compte 125,000 aujourd'hui. Sur ce nombre, 30,000 personnes, dont 10,000 femmes, sont directement employées à la fabrication des faïences fines et de la porcelaine tendre.

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Plusieurs villes s'y rencontrent, Burslcm, Stoke-on-Trent, Longton,Ncwcastle-under-Tyne, etc., qui comptent 13 et même 20,000 habitants. En tête des grands établissements que ces villes renferment se place la célèbre manufacture de MM.Minton,àStocke-on-Trent; 1,500 à 1,600 ouvriers y travaillent journellement à la production de la faïence fine et de la porcelaine tendre ; de toutes les usines céramiques de l'Angleterre, elle est la plus considérable, et c'est seulement sur le continent que nous en retrouverons d'aussi importantes. A côté de la manufacture de MM. Minton s'en placent quelques autres dans lesquelles le nombre des ouvriers varie de 600 à 400; telles sont celles de MM. Copeland, Ridgway, Wedgwood, Pinder-Bourne, Jones, Brownfield, etc.; mais bientôt ce chiffre s'abaisse et l'on ne trouve plus que ces petites fabriques, au nombre de plus de 150, qui emploient une centaine de personnes environ et souvent descendent jusqu'à 30 ou 20 ouvriers.

Parmi ces fabriques, les plus considérables seulement s'astreignent à poursuivre la série complète des opérations successives qu'exigent le broyage, le mélange, le raffermissement, le façonnage et la cuisson des pâtes. Les autres ne sont quelquefois que de simples ateliers de façonnage : la famille aidée d'un petit nombre d'ouvriers en constitue tout le personnel ; la pâte ou masse est achetée toute préparée; puis, après l'avoir façonnée, le potier la porte cuire dans un four voisin. D'autres fois, l'entreprise a plus d'étendue ; au lieu d'acheter la pâte toute faite, le potier, auquel son devancier a légué des formules, des secrets, se contente d'acheter à quelques-uns de ces moulins puissants qui, dans le Ware district. exécutent le broyage des matières dures, la barbotine de silex, celle de (lornish-stone et quelquefois môme l'argile délayée. Ces barbotincs diverses {slop) sont vendues, à une densité déterminée, dans des barils de 300 à 600 litres. Le potier les mélange dans sa fabrique, les additionne directement de kaolin si la composition l'exige, les raffermit, les façonne et les cuit.

L'organisation de ces dernières fabriques semble être le type vers lequel tendent aujourd'hui les potiers du Staffordshire ; il y a peu de temps encore, un petit nombre d'entre eux seulement se trouvait en mesure d'opérer dans l'atelier même le raffermissement des pâtes ; aujourd'hui, la plupart montent des machines à vapeur pour réaliser cette opération qu'a beaucoup simplifiée, dans ces dernières années, l'emploi des presses de Needham et Kyte.

Ce remarquable faisceau de poteries anglaises, groupées, depuis près d'un siècle, dans un district restreint, où l'on ne trouve aucune des matières premières qu'exige la fabrication, où rien, en somme, ne justifie leur agglomération, semble en ce moment menacé de se rompre. Déjà des centres céramiques nouveaux se sont créés à Glasgow et à Newcastle-on- Tyne. Les matières premières arrivent directement par voie de mer au pied de ces usines, et les manufacturiers économisent ainsi les frais de transport de ces matières par canal, de Liverpool aux Potteries, transport dont le prix ne s'élève pas à moins de 10 francs par tonne.

A l'exception de l'acide borique et des produits accessoires, toutes les matières premières employées en Angleterre, sont extraites du sol de ce pays. L'argile plastique vient du Dorsetshire et du Devonshire; le kaolin, la pegmatite sont fournis par le Cornwall , et les silex sont recueillis sur les côtes méridionales de l'Angleterre ; quelquefois, cependant, ces silex sont rapportés, comme frets de retour, des côtes de France et surtout de Dieppe.

C'est, d'ailleurs, dans des proportions colossales que ces divers produits sont livrés à la fabrication des faïences Unes et des porcelaines tendres anglaises ; d'après une statistique, dressée en 1865 par M. Coghill, le poids de la pâte ou masse, prête pour le façonnage, s'élève, pour le district des poteries, a 160,000 tonnes ; dans ce poids, l'argile plastique figure pour28 pour 100; le kaolin du Cornwall, pour 26 pourlOO; le silex, pour 29 pour 100; la pegmatite ou cornisu-stone, pour 17

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pour 100. Le poids du borax employé pour les couvertes n'est pas moindre de 1,200 tonnes; 30,000 kilogrammes d'oxyde de cobalt servent à azurer les pâtes et les glaçures ; enfin, plus de 375 kilogrammes d'or, soit près de 1 million de francs, figurent, comme matière première, dans la décoration de ces poteries.

France. — Sous le rapport de l'importance commerciale, la France prend rang immédiatement après l'Angleterre pour la fabrication des faïences fines. Cette fabrication a fait depuis quelques années des progrès immenses dans notre pays. En 1862, M. Salvelal, juge si compétent en la matière, l'estimait à 8 millions de francs; aujourd'hui, d'après les renseignements les plus dignes de foi, elle s'élève à près de 12 millions de francs. Cependant, les produits de cette industrie n'ont servi jusqu'ici qu'à la consommation locale ; l'exportation est restée insignifiante.

La production de la faïence fine est, en France, le résultat d'une organisation toute différente de l'organisation anglaise. En France, en effet, on ne compte que six grandes manufactures et une vingtaine de petites fabriques, disséminées sur la surface entière du pays ; les premières représentent, dans la production générale, environ 0,500,000 francs; les secondes, environ 2,500,000 francs. Ces divers établissements emploient un personnel de 0,000 ouvriers.

Le plus considérable d'entre eux, au point de vue de l'étendue des affaires comme au point' de vue de la qualité des'produils, est la manufacture de Sarreguemines. Fondée en 1780, connue depuis tantôt un siècle sous la raison sociale L lsclineider et C1'", dirigée de 1830 à 1859 par M. le baron de Geiger, aujourd'hui administrateur de la Société, confiée depuis huit ans aux soins de M. Paul de Geiger, fils de ce dernier, cette manufacture a fait, dans les trente dernières années, des progrès qui, sans conteste, ta placent à la tête de toutes les faïenceries de l'Europe. 2,000 ouvriers y sont

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employés à la fabrication de la faïence fine el de quelques autres produits céramiques moins importants, tels que la porcelaine tendre anglaise et les grès cérames.

Viennent ensuite les deux manufactures de Oeil et de Montereau, réunies sous la raison sociale Lebeuf, Millet et O, et que leurs babiles directeurs, MM. Barbue l et Frontier, ont su maintenir au niveau où elles s'étaient placées en 1855. Le nombre d'ouvriers, travaillant dans ces deux établissements à la fabrication de la faïence fine, est de 1,400.

Une manufacture importante est établie à Bordeaux ; fondée en 1834 par M. Johnston, dirigée aujourd'hui par M. VeiUard, cette maison occupe, dans la fabrication de la faïence fine, une place des plus honorables; malheureusement, elle ne figure pas à l'Exposition de 18G7. C'est à un malentendu qu'il faut attribuer cette abstention involontaire, malentendu, d'autant plus regrettable, que la manufacture de Bordeaux avait seule affronté, en 1862, les périls et les dépenses de l'Exposition de Londres. La faïence fine est le produit le plus important de cette manufacture; chez MM. Veillant et C'% 600 ouvriers s'occupent spécialement de cette fabrication; mais on produit également dans cette usine la porcelaine dure et des bouteilles en verre.

Au centre de la France, la manufacture de Gien, dirigée par M. Geoffroy Guérin et Cie, atteste, par les efforts heureux qu'elle a faits dans ces dernières années, la part qu'elle entend prendre à la marche progressive de la fabrication française; on y compte 450 ouvriers .

Enfin, aux portes de Paris, la manufacture de Choisy-le- Boi subit, sous l'impulsion hardie et intelligente de M. Hippolytc Boulenger, une transformation complète. Munie d'un outillage nouveau et perfectionné, cette maison a conquis une place excellente au milieu des premiers établissements de la France. 300 ouvriers se trouvent réunis dans cette manufacture.

A côté de ces six grandes usines, on en rencontre encore

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dont l'importance mérite d'être signalée ; quelques-unes n'emploient pas moins de 200 ouvriers ; telles sont celles de Grigny (Rhône), de Niederwiller (Haut-Rhin), etc.; d'autres viennent ensuite, plus nombreuses et telles que celles d'Onnaing(Nord), de Longwy (Moselle), d'Arboras (Rhône), etc., dans lesquelles le nombre des ouvriers s'élève à 100 environ; d'autres, enfin, telles que celles de Sierck (Moselle), de Clairfontaine (Haute-Saône), deRoquevert(Bouehes-du-Rhône), etc., où le nombre des ouvriers dépasse rarement • 50 ; à l'exception de deux ou trois, ces dernières manufactures ne figurent pas à TExposilion universelle de 1867 ; elles ne doivent pas cependant, être oubliées dans cette nomenclature ; plusieurs d'entre elles, en effet, sont appelées à prendre un développement peut-être considérable. L'étendue de l'usine qu'élèvent, en ce moment, à Tergnier, les directeurs de la fabrique d'Onnaing montre clairement que les petites manufactures d'aujourd'hui peuvent devenir le noyau de nouvelles et importantes fabrications.

Il ne faut pas oublier non plus les établissements où, comme chez M. de Bcttignies, à Sainl-Amand-les-Eaux; chez M. de Boissimon, à Langeais, près Tours, etc., la fabrication de la faïence fine n'est que l'accessoire d'autres fabrications, telles que celle des porcelaines tendres, des faïences décoratives et même des poteries communes.

La plus grande partie des matières premières, employées par les manufacturiers français, provient de notre sol ; dans quelques cas cependant, et pour certaines qualités, ces manufactures font appel aux produits étrangers.

L'argile plastique est presque tout entière extraite dans les environs de Montereau; les manufactures de l'Est joignent seules a cette terre différentes argiles du Palatinat ou de la Belgique. Les silex sont tantôt extraits de la craie, tantôt ramassés simplement sur nos côtes, principalement aux environs de Dieppe; tantôt, enfin, recueillis dans le lit de nos rivières. Le kaolin de Limoges, n'entre pas habituellement

dans la composition de la faïence fine; c'est le produit d'autres gisements découverts dans le département de l'Allier qui le remplace; ces kaolins, légèrement jaunâtres, prennent à la cuisson une belle couleur blanche. La roche feldspathique la plus employée, en France, est une pegmatite partiellement décomposéeet renfermant 15 ai 8 pour 100 de kaolin, que l'on rencontre dans ledépartementde la Nièvre et qu'on désigne sous le nom de sablon de Nevers. A cette roche viennent se joindre, suivant les cas, les feldspaths de Limoges, de Suède et même de Cornwall.

L'acide borique est, parmi les éléments essentiels de la faïence fine, le seul pour lequel les manufacturiers français soient absolument tributaires de l'étranger; ce tribut, ils le payent, non point à l'Italie qui produit l'acide borique, mais au négociant anglais qui a su, par des traités habiles, accaparer toute cette production. La situation dangereuse dans laquelle cet état de choses peut, à un moment déterminé, jeter la faïencerie française, n'échappera à personne. Aussi ne saurait-on encourager trop vivement les tentatives des industriels qui cherchent, ainsi que le fait M. Boyer, à Grenelle, à transformer économiquement le borate de chaux du Chili en borax, ainsi que les travaux des chimistes qui s'efforcent de remplacer, par des fondants nouveaux, l'acide borique jusqu'ici nécessaire à la couverte des faïences fines.

Toutes ces matières se vendent en France à peu près au même prix qu'en Angleterre, et, de ce chef, nos fabricants ne sont pas dans une situation moins favorable que celle des fabricants anglais, mais il n'en est pas de même lorsqu'il s'agit du combustible. Sans avoir la prétention de fixer une moyenne absolue, on peut dire que les usines françaises pavent le charbon dont elles font usage environ 20 ou 25 francs la tonne, tandis que les potiers anglais payent la môme matière, au rôd des fours, 10 à 12 francs. Nos manufacturiers ont donc, sur leurs concurrents anglais, un désavantage réel, et qu'on ne peut estimer à moins de 15 pour 100 sur la fabrication.

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Prusse et Allemagne du Nord. — La consommation de la faïence fine, eu Prusse et dans l'Allemagne du Nord, est assez restreinte; la porcelaine dure, qu'on y fabrique à très-bon marché, et la faïence commune, y forment de préférence l'élément habituel des services de table et de toilette. La production est elle-même limitée; tout au plus peut-on l'évaluer à la somme de 3,500,000 francs. Elle est, d'ailleurs, concentrée presque tout entière entre les mains de la puissante Compagnie connue sous la raison sociale Villeroy et Boch. Cette Compagnie possède en Prusse, en Saxe et en France cinq grandes manufactures, situées à Mettlach-sur-Saar et Vaudrevange-sur-Saar (province Rhénane) ; à Sept-Fontaines (Luxembourg) ; à Dresde (Saxe) et en France, à Maubeuge (Nord). De ces usines, trois seulement s'occupent de la fabrication de la faïence fine : celles de Dresde et de Mettlach, d'une façon presque exclusive, celle de Vaudrevange, concurremment, à la fabrication de la faïence ordinaire; elles comptent : la première, 400 ouvriers; la seconde, 850, et la troisième, 650 ouvriers.

A côté des établissements de MM. Villeroy et Boch, s'est élevée, en 1853, une manufacture, qui a pris déjà un certain développement , c'est celle de M. Kruse , à Farge , près Brème ; on la désigne habituellement sous le nom de fabrique de Wittemburg , elle emploie 230 ouvriers , et fabrique annuellement 20,000 quintaux de faïence line, blanche et décorée.

On compte encore, disséminées sur le territoire de la Prusse et des pays allemands du nord, un certain nombre de fabriques moins considérables; l'une d'elles, située à Drieseu (Posuanie), se livre exclusivement à la production de la faïence line, elle a une centaine d'ouvriers ; quelques autres, situées dans le Brandebourg, principalement auprès de Francfort-sur-l'Oder et de Bheinsberg, fabriquent, accessoirement à la faïence ordinaire, une certaine quantité de faïence fine ; on en compte encore deux du môme genre en Saxe, à Colditz; toutes ces fabriques ont de 30 à 100 ouvriers. Les produits de ces

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divers établissements sont partiellement consomméssur place, mais, pour la plus grande partie, exportés en Russie, en Hollande, en Suisse, et même en Espagne et en Italie, en transitant par la France.

Autriche. — C'est principalement en Bohème, et à côté de l'industrie verrière, que se rencontre l'industrie céramique de l'Autriche; comme en Prusse, cette industrie consiste surtout dans la production de la porcelaine dure; cependant la faïence line y est aussi l'objet d'une fabrication intéressante, dont le rendement s'est élevé, en 1865, à 2,300,000 francs environ. Cette fabrication est extrêmement divisée ; une seule manufacture, située à Dalhvitz, et appartenant à la banque de Thuringe , emploie 130 ouvriers ; les autres établissements sont de petites fabriques, au nombre d'une trentaine environ, n'ayant chacune qu'un personnel restreint. La principale matière employée dans ces fabriques est l'argile plastique qu'on trouve en Bohême, en Moravie et dans la haute Autriche ; les produits sont presque entièrement consommés sur place, et les relevés officiels n'accusent qu'une exportation insignifiante de 789,500 kilogrammes, en 1865. Aucune fabrique autrichienne n'a envoyé de faïence line à l'Exposition de

Belgique. — On trouve, dans ce pays, deux importantes manufactures de faïences fines, celle de MM. Boeh frères, à Keramis, et celle de M. Capellemans, à Jemmapes, dont la production réunie peut-être évaluée à 1,500,000 francs. Celle de Kéramis, la seule sur laquelle nous ayons des renseignements précis , emploie 300 ouvriers ; la plus grande partie des faïences belges est consommée sur place; un cinquième environ est exporté en Amérique, en Portugal, etc.

J'ays-lias. — La Hollande, où la fabrication de la terre cuite,

faïences fines.

et notamment des briques, est si largement développée, et dont les anciennes faïences ont une si grande renommée, possède également une importante fabrication de faïence fine qu'on peut évaluer annuellement à près de 2,300,000 francs. A la tête de cette fabrication se placent les puissantes usines de M. Regout, à Maestricbt, usines où se trouvent réunis près de 2,600 ouvriers, dont 1,400 travaillent exclusivement à la production de la faïence, et 1,200 à celle de verreries diverses. Une portion de ces produits est destinée à la consommation locale, mais la plus grande partie est livrée à l'exportation et va, en Amérique et aux Indes, lutter contre les poteries anglaises. A la suite de cette manufacture, viennent se ranger celles de la Société Céramique, à Wyck, qui compte 220 ouvriers, et celle de M. Boch, qui, dans la même ville, emploie 60 personnes environ à la fabrication de la faïence fine.

Suède. — La faïenee fiue est la seule poterie usitée en Suède ; deux belles manufactures établies, l'une à Rorstrand, l'autre à Gustafberg, près de Stockholm, comptent, l'une 250 ouvriers, l'autre 300, occupés à la production de services de table et de toilette élégants et soignés, dont le chiffre de vente s'élève, chaque «innée, à près de 1,500,000 francs. L'importation des faïences étrangères qui, depuis dix ans, n'a fait que décroître dans ce pays, n'atteint pas aujourd'hui 100,000 francs. En Norwége, au contraire, où l'on ne trouve aucune fabrique de faïence line, l'importation anglaise s'élève à plus de 250,000 francs.

Russie. — Nous ne connaissons qu'une seule fabrique de faïence fine en Russie, celle de M. Paul Gardner, à Verbilk, gouvernement de Moscou; la porcelaine y est fabriquée concurremment avec le produit qui nous occupe; les produits de cette usine, où figurent 300 ouvriers, sont en partie consommés sur place, en partie exportés en Perse et en Boukharie.

Italk. — La fabrication de la faïence fine y est limitée, et r. m. 9

l'on cite seulement comme adonnées à cette industrie, la fabrique de M. Palme, à Pise, et la manufacture importante de M. Richard, à Milan. Dans cette dernière usine, 300 ouvriers font à la fois de la faïence fine et de la porcelaine; le nombre des pièces de faïence fine s'y élève annuellement à 1,500,000. Mais celte fabrication est loin de suffire aux besoins de l'Italie, car l'importation des poteries autres que la porcelaine, s'élève dans ce pays à 2 millions de francs.

Espagne. — Trois fabriques de faïence fine sont établies en Espagne : celle de M. Pickmann et O, près Séville, la Moncloa, près Madrid, et l'Alcora, près Caslillon; nous n'avons pu nous procurer aucun renseignement sur le chiffre de production de ces usines ; celle de Séville est très-importante, on estime à près de 1 ,000 le nombre des ouvriers qu'elle emploie à la fabrication de la faïence fine.

Portugal. — Une manufacture de faïence fine a été fondée en ce pays, il y a quinze ans environ, aux portes de Lisbonne, à Sacavem; mais cette manufacture ne semble pas avoir pris un grand développement, car le chiffre d'importation des faïences anglaises en Portugal s'élève encore chaque année à un chiffre important.

g 3. — Examen des produits présentés à l'Exposition.

Les faïences fines dont nous avons a nous occuper en ce moment sont celles destinées aux usages domestiques, c'està-dire aux services de table et de toilette ; les faïences décoratives réservées à l'ornementation intérieure ou extérieure de nos habitations seront, plus tard, l'objet d'une étude spéciale.

Pour fixer la valeur d'une faïence d'usage, il faut se placer successivement à trois points de vue différents; il faut, au point de vue plastique, en apprécier la blancheur et la forme ; au

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point de vue économique, en prévoir la durée, d'après la nature de la couverte et de la pâle ; enfin, au point de vue commercial, il faut se préoccuper de son prix.

La blancheur et la forme que l'on peut appeler des qualités d'aspect, sont d'une appréciation facile; les prix sont également aisés à comparer; mais il n'en est pas de même des qualités de fonds, c'est-à-dire des qualités qui garantissent à la pièce de faïence une durée convenable.

Pâtes et couvertes — Les pièces de faïence fine se brisent aisément lorsque la pâte en est lâche et poreuse; elles se rayent lorsque la couverte en est molle, et une fois rayées, elles ne tardent pas à se salir et à s'empuantir par l'absorption des matières grasses dans le biscuit. Enfin, elles se couvrent de trésaillures dont l'inconvénient est le même, lorsque le vernis et la pâte n'ont pas la même dilatabilité. Aussi les fabricants, lorsqu'ils ont trouvé des matériaux qui cuisent blanc et des formes qui plaisent au consommateur, n'ont-ils pas de préoccupations plus grandes que de donner à ces pâtes un grain dur et serré, et de les recouvrir d'un vernis approprié à la pâte qu'il recouvre et résistant à faction du couteau. Ces qualités doivent d'ailleurs être concomitantes, et c'est en vaiu qu'on croirait obtenir un produit de premier ordre en recou- \rant un biscuit tendre d'un vernis très-dur. Dans ce cas, en effet, le vernis, tout capable qu'il est, par lui-même, de résister à l'action du couteau, se déprime néanmoins sous la pression que celui-ci exerce à sa surface, le biscuit est atteint, et la couverte n'étant plus soutenue, se brise, malgré sa dureté.

Tout en se préoccupant de l'obtention de ces deux qualités, les fabricants ont négligé jusqu'ici de déterminer par des méthodes exactes dans quelle mesure leurs produits les possèdent. Ainsi, pour se rendre compte de la dureté d'une couverte, on a coutume de rayer celle-ci à l'aide du premier couteau venu, et d'évaluer par l'esprit l'effort qu'il a fallu déployer pour obtenir ce résultat. De même pour estimer jusqu'à quel point le

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biscuit est serré, on se contente d'apprécier avec quelle énergie il happe à la langue. Sans doute, des expérimentateurs très-exercés peuvent à l'aide de ces moyens grossiers arriver quelquefois à de bons résultats, mais pour une étude générale, comme celle que nous avons à faire en ce moment, il nous a semblé nécessaire de recourir à des procédés plus sérieux.

Dans une première série d'expériences, nous nous sommes proposé de déterminer la dureté de la couverte des faïences fines, indépendamment de l'état du biscuit ; dans une seconde série, nous avons cherché à estimer le degré de corps de la pâte, sans nous préoccuper de la couverte ; enfin, nous avons également cherché à nous rendre compte, par des expériences directes, de la résistance de ces poteries à la trésaillure.

Pour déterminer la dureté de la couverte, nous avons employé l'appareil suivant : un petit plateau circulaire en bois de 8 centimètres de diamètre environ est porté sur trois pieds de 1 centimètre de hauteur; deux de ces pieds sont terminés par des pointes mousses, le troisième porte un diamant enchâssé comme ceux dont on fait usage pour couper le verre. Ce plateau est posé sur la pièce que l'on veut essayer (pièce de platerie bien entendu) ; on le promène à la surface de celle-ci, en le chargeant de poids rentrant les uns dans les autres et placés exactement au-dessus du pied qui porte le diamant, jusqu'à ce que la couverte fasse entendre un léger cri et se montre franchement écorchée ; on note alors le poids nécessaire pour obtenir ce résultat, et on le considère comme exprimant la dureté de l'émail par rapport au diamant dont on a fait usage. Les pointes d'acier même fortement trempées ne peuvent être substituées au diamant ; elles s'émoussent trèsvite et ne donnent pas de résultats comparables; avec le diamant, au contraire, on détermine ainsi la dureté avec une grande exactitude ; 10 grammes de plus ou de moins suffisent presque toujours pour modifier l'action du diamant sur la couverte. Les limites de dureté dans lesquelles l'opérateur peut se mouvoir sont d'ailleurs suffisamment étendues; l'expérience,

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en effet, démontre que pour rayer la porcelaine dure, il faut appliquer sur le plateau plus de 1 kilogramme, tandis que la faïence commune à vernis plombifère est franchement écorchée par l'addition d'un poids de 120 grammes.

D'un autre côté, la solidité du biscuit dérivant principale^ ment de l'état plus ou moins serré de la pâte, et conséquemment du rapprochement plus ou moins grand des particules qui la composent, il nous a semblé exact de la considérer comme proportionnelle à ce rapprochement, et par suite comme inversement proportionnelle à la porosité. Ceci admis, et pour mesurer cette porosité, nous avons pris des tessons d'assiettes, et, après les avoir soigneusement pesés, nous les avons immergés sous l'eau et abandonnés pendant soixante heures dans le vide. Le poids d'eau absorbé par ces tessons représente évidemment le degré de porosité du biscuit et permet conséquemment d'établir pour celui-ci une échelle de solidité.

Nous avons mis en expérience un très-grand nombre d'échantillons et, en répétant plusieurs fois nos essais sur chacun d'eux, nous avons constaté l'exactitude de la méthode ; dans le cours de ce travail, un fait nous a profondément surpris, et a surpris de même les manufacturiers auxquels nous l'avons communiqué : c'est la constance des résultats fournis par les produits d'un même établissement. Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, trois pièces portant la même marque, achetées en divers magasins, ont donné pour la dureté de la couverte les résultats suivants : 0 kil., 390 — 0 kil., 370 — 0 kil., 370. Trois autres pièces d'une autre maison, achetées dans les mêmes conditions ont donné pour la porosité : 15,58 — 15,24 — 14,50.

Quant à la résistance à la trésaillure, nous nous sommes contenté d'appliquer l'ancienne méthode, dont l'exactitude nous a paru largement suffisante, et qui consiste à soumettre des pièces entières ou des tessons à de brusques changements de température. Dans ce but, nous avons, à plusieurs reprises, plongé brusquement dans l'eau bouillante les pièces préala-

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blement immergées dans de l'eau ne marquant pas plus de 10* et inversement. Les résultats que nous avons obtenus dans ces conditions sont dignes de remarque ; parmi près de soixante échantillons de toute provenance, nous n'en avons pas rencontré un seul qui offrît la moindre trésaillure ; c'est là un indice certain du soin qu'apportent les manufacturiers de tous les pays à l'appropriation de leurs pâtes et de leurs vernis; c'est la preuve que les faïences fines possèdent aujourd'hui d'une manière régulière l'une des qualités qui leur sont le plus indispensables.

Pour établir, à l'aide des méthodes que nous venons d'indiquer, une comparaison sérieuse entre les produits des manufactures de faïences fines, nous avons recueilli et soumis à l'expérience autant d'échantillons que le temps nous a permis de le faire. Les résultats de ce travail sont consignés dans le tableau que nous présentons ci-dessous. En faisant cette étude, notre but n'a pas été de classer entre elles telle ou telle manufacture; nous avons pris la question de plus haut : il nous a semblé plus intéressant et plus utile de comparer les produits par nationalité ; d'établir, en un mot, quelle est la situation actuelle de la fabrication anglaise en face de la fabrication de la France et de quelques autres pays du continent.

Tous nos échantillons n'ont pas été recueillis de la môme façon ; tous ceux qui proviennent des manufactures françaises ont été pris par nous, à l'usine, dans la cazetle même où ils venaient d'être cuits (1). Tous ceux, au contraire, qui proviennent des manufactures étrangères, nous ont été remis à l'Exposition, après avoir été choisis parmi les produits des exposants par les personnes chargées de. les représenter (2). 11 n'est donc

(1) Il faut excepter les produits de la manufacture de Gien, que le temps ne nous a pas permis de visiter; ils ont été les uns pris à l'Exposition, les autres achetés par nous dans le commerce.

(2) Les échantillons de M. Pinder, Bourne et C'"" nous ont été remis par M. Saglier, négociant à Paris, qui les a retirés de ses magasins.

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pas permis de les considérer comme l'expression aussi fidèle de la fabrication courante de ces manufactures.

Dans le tableau qui va suivre, les faïences sont rangées par ordre de blancheur ; celles de la première section, que nous appelons produits supérieurs, sont d'une blancheur éclatante ; celles de la seconde, un peu moins blanches que les premières, le sont encore assez cependant, pour ne pouvoir être confondues, comme produits blancs, avec les faïences de la troisième section ou produits courants, qui présentent toutes, avec des intensités croissantes, cette teinte jaunâtre, crémeuse, que les fabricants cherchent à combattre en azurant la cou-, verte à l'acide de l'oxyde de cobalt.

Comparaison

136 GROUl'K III. — CLASSK 17. — SECTION II.

Comparaison des principales faïences fines, présentées à l'Exposition universelle de 1867, au point de vne de leurs qualités et de leurs prix.

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