‹ Exposition universelle de 1867 Rapports du jury internationalChapitre 21 sur 75 · Porcelaines françaises. — Produits de Paris · texte numérisé non relu

Porcelaines françaises. — Produits de Paris

Paris et environs. — Les grands frais qu'occasionne le transport des matières et l'élévation du prix de la maind'œuvre ne permettent pas aux fabriques de cette contrée de prendre beaucoup d'importance industrielle, mais elles en ont

beaucoup, au point de vue de l'art ; et c'est par le goût qu'elles se soutiennent.

La décoration, au contraire, est à Paris dans son élément; elle se fait dans un très-grand nombre d'ateliers où règne un sentiment artistique très-développé.

Une petite industrie essentiellement parisienne a pris aussi beaucoup de développement, c'est la fabrication de fleurs en relief faites à la main, d'après nature, en pâte gommée. On fait ainsi soit des bouquets, soit des fleurs extrêmement délicates.

Il nous reste à parler du groupe des marchands en détail de Paris. L'aspect de leurs expositions, mêlées de porcelaines, de faïences, de bronzes ou de cristaux rappelle les étalages de leurs magasins. La plus grande partie des pièces qu'ils exposent est peinte par des artistes de Sèvres, qui leur consacrent le temps dont la Manufacture les laisse libres de disposer. Il y a lieu de les féliciter du bon goût qui préside en général aux commandes par eux données aux divers artistes dont ils savent utiliser le talent.

§ 6. — Résumé.

La porcelaine française a tenu dignement sa place dans ce concours de toutes les nations. Elle est restée une industrie nationale, et, malgré les efforts des contrées voisines, elle a gardé une incontestable supériorité.

La concurrence la plus sérieuse qu'elle ait eu à combattre est celle des belles poteries anglaises ; mais il faut reconnaître que les conséquences, aujourd'hui connues, du traité de commerce fait avec l'Angleterre, sont que les poteries anglaises présentées sur le marché français n'ont pas entravé la vente des porcelaines françaises à l'intérieur, et qu'au contraire des débouchés se sont ouverts en Angleterre pour nos produits.

Il dépend assurément de nos fabricants de s'assurer, dans les arts céramiques, un légitime succès, en s'attachant aux ouvrages

de goût, en faisant pour l'exportation ce qu'a fait pour l'Amérique la maison que nons avons citée, c'est-à-dire en ne reculant devant aucun des sacrifices nécessaires pour conquérir à l'étranger la réputation de livrer des marchandises irréprochables.

Il ne faut pas non plus perdre de vue la question des prix, dont on ne doit chercher l'amélioration que dans le perfectionnement des procédés de fabrication, et non dans l'abaissement des salaires.

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