‹ Exposition universelle de 1867 Rapports du jury internationalChapitre 27 sur 75 · TAPIS D'UN USAGE ORDINAIRE · texte numérisé non relu

TAPIS D'UN USAGE ORDINAIRE

la chenille (ou le velouté à palettes libres) qui s'est substitué* au genre baute-laine, et les Anglais, aussitôt après la conclusion du traité, ont pu vendre chez nous d'assez fortes quantités de leurs tapis de feutre imprimés ou carpettes et de leurs moquettes tissées à la vapeur et imprimées à cinq chaînes de couleur, et encore de leurs moquettes à dessins imprimés sur une seule chaîne avant le tissage, genre de tapis d'une fabrication trèséconomique.

Les premières maisons françaises qui, dans la situation nouvelle de l'industrie, ont monté des métiers pour le tissage à la vapeur et l'impression sur chaîne, sont celles de MM. Têtard, de Beauvais ; Sallandrouze, d'Aubusson ; et Réquillart, Roussel et Chocqueel, de Tourcoing, qui l'ont fait, pour ainsi dire, simultanément.

Nous aurons une idée exacte de la variété des tapis fabriqués eu Fiance, de l'importance proportionnelle de chacun des genres et des variations de la production même, en comparant entre elles quelques-unes des données qui servent chaque année de base à la fixation de la valeur dite « valeur actuelle » du kilogramme de tapis exporté pour les tableaux de l'Administration des Douanes.

En 185H, immédiatement après la première Exposition Universelle de Paris, l'exportation se répar tissait ainsi :

Unités.

Prix du kil.

Total.

Broché camaïeux et reps .

Haute-laine et chenille..

Tapis ras tf Auhusson. ..

Tapisserie eu laine pour

Tapisserie laine et soie..

200 GROUPE m. — CLASSE 18. — SECTION II.

Soit 45 fr. 36 c. pour le kilogramme. Auparavant c'était 19 fr. 50 c. la moyenne adoptée. La moquette figure dans ce tableau pour 35 pour 100; c'était 7 pour 100; l'Aubuwon pour 25, c'était 13 pour 100.

En 1857, le prix moyen du kilogramme tombe à 44 fr. 76 c. par suite de l'abaissement des prix que remploi de la mécanique commençait de produire. En 4860, il tombe à 43 fr. 44 e*, mais par suite d'une crise industrielle plutôt qu'à cause des perfectionnements nouveaux de la façon. • J

Les traités de commerce ont changé le mode d'application des droits de sortie ou d'entrée des tapis des peuples avec lesquels nous faisons le plus d'échange. Au lieu d'une taxe spécifique, ces tapis acquittent une taxe proportionnelle à la valeur. Dans les deux premières années, l'Angleterre et la Belgique, mais surtout l'Angleterre, nous ont vendu pour 3 miluons tte tapis.

Pour l'année 4862, année de la seconde Exposition universelle de Londres, voici comment notre importation se divisait et s'évaluait dans ses divers éléments.

Unités.

Prix

data.

Total.

Jaspé uni............

lp.100.

Zf

Broché double face. . .

Broché camaïeux et reps

Haute-laine et chenille.

A nœuds veloutés

Tapis ras d'Aubusson.

Tapisserie pour meuble en laine (velouté, mo-

quette fine comprise).

Tapisserie avec soie...

Le prix moyen du kilogramme est remonté à 44 fr. 49 c L'exportation des genres communs a baissé, quoique leur prix ait diminué, mais la consommation intérieure de ces genres a

TAPIS d'un usage ordinaire. 201

profité de la diminution. L'Aubusson, dont nous n'avons pas, do reste, à nous occuper ici puisque c'est de la tapisserie, garde son rang dans le tableau. La moquette et la chenille (ou le velouté à palettes libres) font de grands progrès, soit comme qmantité vendue au dehors, soit comme qualité et bon marché. G'estnla moquette à chaînes superposées qui seule se vend au dehors. Quant à la chenille, d'année en année, elle devient plus fine et plus riche.

Les proportions de la vente à l'exportation et les prix ont peu ▼arié depuis 1862. En 1863 les laines sont devenues plus chères, de 6 à 12 pour 100 (on sait que la cause de cette élévation de prix a été la guerre d'Amérique, qui a rendu le coton plus rare et a fait rechercher les laines). Les genres tout à fait communs ont vu leurs prix s'élever encore plus que la moquette. Malgré cette augmentation générale du prix des tapis français, l'exportation a monté en 1863, à la somme de 1,589,171 fr. elle n'avait été, en 1861, que de 808,637 francs.

En 1864 la hausse des laines a continué. Cette hausse a été surtout fâcheuse pour la production des qualités inférieures, et, à ce titre, elle a été plus pénible encore pour les manufacturiers de l'Angleterre que pour ceux de la France.

En 1865, les nouveaux efforts faits pour traverser des temps de crise, ont permis à notre industrie de profiter de la reprise de la consommation et d'exporter de nouveau d'assez fortes quantités de tapis à bas prix. Les laines, cependant, ont coûté plus cher encore, et les salaires ont dû être élevés presque partout. Mais, malgré le prix moyen de 16 fr. 50 c. le kil., chiffre qui ne donne, après tout, qu'un instrument très-artificiel pour l'évaluation des produits divers de l'industrie, nous avons vu encore l'ensemble de notre exportation s'accroître, l'importation étrangère diminuer, et la consommation intérieure n'a point cessé de se développer.

En 1866, la fabrication frauçaise a été très-active, et notamment à Aubusson, dont les tapisseries sont plus recherchées que jamais, et à Tourcoing où de nouveaux établissements se

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sont créés. Non-seulement cette ville produit la plus grande partie de nos moquettes; elle s'adonne aussi, avec une activité croissante, à la production des tapis à bas prix, et elle trouve sur son propre marché de laines, qui est le plus considérable de la France, toutes les ressources dont elle a besoin. Amiens, Abbeville, Nîmes et Aubusson y puisent en grande partie leurs matières premières, soit à l'état brut, soit en fils.

En 1867, les prix sont restés les mêmes, en partie à cause du prix des laines, qui depuis a baissé, en partie à cause de l'amélioration soutenue de la qualité des produits.

L'étranger, c'est-à-dire l'Angleterre, et la Belgique aussi pour quelques articles, ne peut plus guère introduire en France que les genres qu'on y fabrique dans des conditions spéciales de bon marché, comme les carpettes de feutre, les spartes et les chaînes imprimées. Notre exportation commence, au contraire, à comprendre tous les genres ; elle a atteint le chiffre de 2 millions de francs, c'est-à-dire environ le dixième du chiffre de notre production totale de tapis. Nous vendons, avec 1 million de tapisseries, pour 1 million de jaspés, de moquettes bon marché, de tapis de foyer haute-laine et de hautelaine ou chenille en pièces. Nos jaspés] surtout sont arrivés aux dernières limites du bon marché.

L'Exposition n'a pas offert une grande variété de produits dans les genres ordinaires. On a surtout exhibé des tapisseries ou de grands tapis. Nous avons bien regretté que les manufacturiers anglais se soient abstenus si généralement de figurer au concours. Il serait trop flatteur pour notre Industrie de croire qu'ils n'ont pas jugé nécessaire de laisser s'établir une comparaison entre leurs tapis et les nôtres. Quoiqu'il en soit, la fabrication française dont on n'a jusqu'ici parlé que pour louer sa production de luxe, est dès à présent en mesure de suffire aussi aux besoins ordinaires de la majorité des consommateurs.

SECTION III

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