OBSERVATIONS SUR LA LIBERTÉ DES TRANSACTIONS INTERNATIONALES
Avant de clore notre travail , nous voulons exprimer hautement un vœu dont la réalisation contribuerait au développement et à la prospérité des industries artistiques; ce vœu consiste à préparer, sans retard, la suppression des mesures fiscales qu'on nomme aussi droits protecteurs, bien que ces mesures ne protègent que la routine et l'ignorance. Nous voudrions voir disparaître des entraves qui sont en plein désaccord avec nos mœurs et avec les principes économiques du temps. La raison moderne a voulu que la partie matérielle des œuvres de la pensée fût affranchie de toute gêne et de toute redevance; les livres, les tableaux, les sculptures, les dessins, etc., sont dans ce cas; et ce serait justice , car tout impôt qui pèse sur de tels produits atteint la pensée elle-même, et a pour effet de river à ses ailes un poids qui lui interdit de s'élever et de se propager.
Des industries comme celle du bronze, si difficiles à créer et non moins difficiles à soutenir, ne réclament-elles pas de la sagesse du législateur toutes les franchises possibles, au nombre desquelles se trouve le droit de circuler librement? Au lieu de cet appui bienfaisant, il nous est pénible de le dire, c'est le contraire qui se pratique. Voyez ce que font les plus grandes nations: la Russie, l'Allemagne, l'Amérique, la France elle-même, à l'envi les unes des autres, frappent nos travaux de taxes prohibitives. Et quel en est le résultat? L'importation cesse, le fisc n'a rien à percevoir, et de plus, les sources du travail s'amoindrissent partout. Le travail n'est-il donc pas la condition essentielle de l'humanité? N'est-ce pas le travail qui donne le bien-être et crée la richesse? Toute
812 6H0UMC m. — CLASSE 2*2.
mesure qui a pour effet de l'entraver sur un point quelconque de la terre est nuisible aux grands intérêts de tous. La liberté des transactions, enfin acclimatée parmi nous, doit s'étendre partout où la civilisation existe ; les peuples comme les individus ne sauraient s'en passer sans souffrir. Les libres mouvements dans le travail excitent l'intelligence, développent les aptitudes et attirent les forces humaines vers la satisfaction de l'utilité générale. Au contraire, la taxe et la prohibition ne sont que des causes de misère ; leur action ue peut qu'appauvrir et stériliser.
Nous croyons utile de placer sous les yeux du lecteur le tarif dont chaque pays est entouré actuellement, comme d'un cordon sanitaire destiné à faire obstacle à l'invasion d'un fléau :
Pour faire entrer 100 kilogrammes de bronze, il faut payer:
Pour !e bronze. Pour le bronze dor«*.
fr. fr.
En Russie 377 » 470 »
En Autriche 250 » 250 »
En Espagne 155 » 155 -
En France 20 * 100 »
En Italie 17 17 .... 100 »
En Suisse 16 » .... 100 »
En Prusse 13 10 .... 112 50
Dans les pays qui suivent, les droits d'entrée ne se perçoivent pas au poids, mais sur la valeur, ainsi : 4,000 francs de bronze payent 350 francs, en Amérique (États-Unis) ; en Belgique, 100 francs; en Hollande, 50 francs. L'Angleterre et le Portugal sont les seules nations qui aient supprimé toute espèce de droits. Espérons que cet exemple sera suivi.
Si, d'une part, il est bien clairement démontré que le Trésor public ne retire presque rien de ces combinaisons plus prohibitives que fiscales; si d'ailleurs, il est reconnu que les industries abritées contre la concurrence s'endorment facilement dans la sécurité d'une protection trompeuse, on en concluera sans peine qu'à tous les points de vue ces moyens sont mauvais. Et alors, la simple vérité apparaîtra, à savoir,
IJHO.NZES, FONTES D'ART, KTC. M'A
que la liberté des transactions et des échanges forme une des grandes lois de l'activité des peuples; que si cette loi est reconnue et pratiquée en ce qui concerne les œuvres de la pensée, il est juste, il est équitable d'en étendre promptement l'application aux produits manufacturés, qui ne sont euxmêmes qu'uue autre émanation de la pensée et de la volonté de l'homme. Rien ne peut mieux servir les intérêts du travail et le développement du progrès que la liberté des transactions internationales.
Horlogerie, par M. Bréguet, membre du Bureau des longitudes.
l'Ai! M. MtKCrKT.
Les produits qui ligurcnt à l'Exposition de 1867, sont plus abondants que ceux qui figuraient à l'Exposition de 1862.
Cela s'explique par ce fait, que pour beaucoup de nations le transport était plus facile et moins coûteux pour Paris que pour Londres. L'horlogerie anglaise, suisse et viennoise, est bien représentée. Les Anglais, quoique en nombre restreint, ont une exposition très-remarquable et digne du pays qu'elle représente.
L'horlogerie française ne manque pas de très-dignes représentants, mais le peu de place qu'il a été possible de lui accorder fait que, gênée dans ses allures, elle n'est, au premier aspect, ni ce qu'elle devrait être, ni ce qu'elle aurait voulu être.
Grosse horlogerie. — Il est à regretter que le défaut d'emplacement n'ait pas permis à la grosse horlogerie d'être représentée d'une manière digne de son importance ; car l'on sait que la fabrication nationale peut soutenir avantageusement la comparaison avec les autres pays. Elle l'emporte surtout par sa
ÎH8 OHOI PE III. — CLASSE 23.
bonne facture, niais bien davantage encore par la disposition rationnelle des pièces qui composent une horloge : aussi ses produits sont-ils appréciés et exportés dans tous les pays étrangers. Parmi le peu d'horloges exposées , il n'y a rien de bien nouveau, surtout au point de vue du progrès. — Ce que Ton peut remarquer dans quelques-unes, c'est la perfection de l'exécution.
Cependant un Français, établi à la Nouvelle-Orléans, a exposé une horloge qui, outre sa belle et bonne exécution, réalise certaines idées neuves, quelques-unes anciennes, mais mieux appliquées, et de plus un essai, qui nous semble assez heureux, de Papplication de l'électricité pour faire agir de Irès-fortes sonneries à de grandes distances, au moyen de très-petites horloges qui ne sont simplement que des commutateurs.