CHAPITRE VI
RÔLE DKS COLLABOIU TEIKS DANS LES IMUSTKIES DU MÉTAL ARTISTIQUE.
Autrefois, le nom du fabricant figurait seul dans les expositions. Ce n'est pas sans avoir rencontré de vives résistances, même chez nous, que la France a voulu proclamer les noms des savants, des artistes et «les ouvriers qui ont si utilement contribué à la création et à l'accomplissement des œuvres de L'industrie. Ce bon exemple a été peu suivi ; c'est à regret que nous le constatons. La Belgique et la libérale Angleterre sont jusqu'alors les seules nations qui aient consenti à donner les noms de quelques-uns de leurs collaborateurs. Nous sommes bien convaincus, que sur ce point, le temps donnera raison à l'initiative française.
Le sentiment de justice qui pénètre de plus en plus dans nos mœurs, ne nous fait-il pas un devoir de rechercher, de signaler le mérite, partout où il se trouve? D'ailleurs, en le faisant connaître, en l'encourageant, la juste satisfaction qu'on lui donne ne l'excite-t-elle pas à de nouveaux efforts?
Plus qu'aucune autre la classe 22 est intéressée dans la
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(Iiieslion : le plus souvent, ses auxiliaires sont des artistes célèbres, et elle s'honore hautement de leur collaboration. En effet, l'industriel ne peut que gagner en attachant à sou (euvre un nom d'artiste connu et aimé du public. Eir un mot, nous croyons la mesure si équitable et si bonne, que nous sommes heureux en pensant que c'est à nous que revient l'honneur de l'avoir mise en pratique.
Parmi les noms d'artistes qui ont spécialement consacre leur talent à l'industrie, nous n'en connaissons point de plus sympathique et de plus honoré que celui d'Eugène Klagmann, sculpteur-statuaire et ornemaniste, mort tout récemment au milieu de ses travaux. Eugène Klagmann qui était le do\en de la génération actuelle, en fut, on peut le dire, le digne professeur ; il enseignait par sa parole et pur ses exemples, cl son cœur généreux répandait sans cesse l'encouragement sur tous les élèves qui l'approchaient. Son dévouement était connu de tous ; souvent il oubliait ses propres intérêts pour aller rendre un service. Homme au cœur ardent, passionné pour son art, ne reculant jamais devant la difficulté ou la grandeur de la tâche, E. Klagmann serait mort à la peine plutôt que de faiblir devant les exigences du travail. Les nombreuses aptitudes de son talent lui permettaient de l'appliquer aux travaux les plus variés de l'industrie. Des compositions de toute nature, dont quelques-unes monumentales, ont assuré son nom contre l'oubli, dans les beaux-arts d'abord et aussi dans les industries de bronze, de la fonte de fer, de la céramique, etc.
Pour reconnaître dignement tant de services rendus et le mérite incontesté de l'éminent artiste, le Jur\ international a voulu lui donner la plus précieuse de ses récompenses.
On peut dire de M. Constant Sevin, sculpteur ornemaniste, que l'histoire future du travail mentionnera ses compositions. L'art grec est la base de ses croyances et la règle première de ses études ; et, lorsqu'il se laisse aller à d'autres inspirations, soit dans le genre Renaissance, soit dans le
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genre Louis XVI, son style reste sobre et pur. Sa connaissance de toutes les ornementations antiques et modernes est profonde. Il a pu mener à bonne fin des compositions chinoises , hindoues , persanes , bizantines , mauresques , gothiques, au point que des connaisseurs se méprennent sur leur origine; c'est, de plus, l*un des rares artistes qui se préoccupent des qualités décoratives propres et particulières h chacune des matières qu'il met en œuvre.
M. Piat, sculpteur ornemaniste, tient également une place importante dans l'industrie du bronze : il voudrait ouvrir la route d'un art nouveau; son ambition serait d'ajouter aux œuvres du passé l'œuvre bien distincte de notre temps; la pensée est noble et mérite toute approbation.
Nous ne saurions oublier M. Désiré Attarge, ciseleur ornemaniste, sous la main habile et intelligente duquel le métal s'assouplit et revêt les formes délicates comme les plus capricieuses. Son exécution manuelle est tout à la fois précise et élégante, et digne d'être comparée à ce que l'on connaît de plus habile dans les œuvres d'autrefois.
M. Victor Lebeau a marqué sa place au premier rang des ciseleurs figuristes de ce temps-ci. Il serait à désirer qu'une école de ciselure pût se former à ses leçons. Citons encore M. Faraoni, sculpteur, ciseleur etrepousseur; il fait lui-même la modelure des morceaux qu'il achève de sa propre main, après qu'ils sont fondus en bronze ou en argent.
Ici comme ailleurs, nous sommes forcés de nous arrêter bien avant d'avoir épuisé la liste des hommes de mérite, car l'industrie du bronze en compte un grand nombre.