RESSORTS
de montres.
40,000 ressorts.
6,000 douzaines.
La consommation de l'acier a été :
En 1862, do 25,000 kilogrammes; En 1836 de 58,000 kilogrammes.
Dans ces 58,000 kilogrammes il y en a 22,000 d'acier anglais qui payent 15 francs de droits par 100 kilogrammes et tels sont le bon outillage et la parfaite direction de celte usine que ces 22,000 kilogrammes une fois réduits en ressorts, sont retournés en Angleterre, et, quoique en première qualité, à des prix inférieurs à ceux des fabriques de ce pays.
La consommation des produits fabriqués se répartit de la manière suivante :
i Angleterre, 3/4 de la production en 'Amérique,
Allemagne,
France, Espagne, Hollande, Italie,
1 4 de la production en
HORLOGERIE. ÎÎÏ>1
Les ressorts de montre se vendent 1 fr. 20 e. la douzaine; celle des ressorts de pendule 1 fr. 60 c.
A Serniaize, un autre établissement venant après celui-ci fabrique 220,000 pièces par an. Ces produits sont envoyés dans toute la France, en Suisse, en Angleterre, en Italie, en Hollande, etc.
C'est principalement en Suisse, en Angleterre et en France que l'on construit les montres de poche. En Suisse, deux maisons principales, celles de Roscopf, à la Cliaux-de-Fonds, et de Domont fils et Dinichert, à Morat, sont parvenues, au moyen de machines et d'une judicieuse division du travail, à fournir des montres du prix dei3ct 20 francs.
3 2. — Suisse.
Les principaux centres de la fabrication suisse sont : 1° Genève; 2° le canton de Neufchatel, qui comprend, le Locle, la Chaux-de-Fouds, les Brenels; 3° le Val-de-Travers, qui contient la vallée du lac de Joux, et 4° Morat, ou mieux Montillier près de Morat, où est la fabrique dont nous venons de parler.
La vallée du lac de Joux fabrique de belle horlogerie; elle alimente les autres fabriques de la Suisse, et ses produits s'expédient, môme eu France et en Angleterre. Celte vallée, à l'extrémité occidentale du canton de Vaud, ne produit absolument rien en fait d'agriculture. C'est vers 1740 que les habitants y introduisirent l'horlogerie, et plusieurs de leurs premiers ouvriers vinrent s'instruire à l'école des Leroy , des Berthoud, des Bréguct, et dotèrent ainsi leur contrée des bons principes dont ils s'étaient nourris auprès de ces grands maîtres. Aussi se sont-ils maintenus de tout temps dans les bonnes traditions. C'est peut-être le seul endroit où quelques montres soient construites d'une même main, depuis le blanc jusqu'à la cadrature. Les horlogers de ce petit pays ont une t. m. -21
grande réputation en Suisse pour la bonne qualité de leurs produits. Il n'y a point de fabrique, il n'existe que des ateliers de famille.
Genève. — Il y a un demi-siècle que l'on pouvait encore faire à Genève une montre complète ; mais peu à peu la consommation exigeant un plus grand nombre de montres dans un temps donné, les fabricants ont trouvé plus avantageux de faire venir les blancs et même les finissages , surtout du Val-de-Travers, où il y a une très-grande fabrique de blancs.
l'our les montres d'une qualité ordinaire, les ébauches sont tirées de la Savoie et du canton de Ncufchâtel. Néanmoins Genève est toujours l'endroit le plus renommé pour la belle horlogerie, comme ouvrage fini et comme goût.
Depuis quelques années on y a fait de grands progrès pour les pièces de précision, et notre Exposition de 1867 offre des montres de luxe et de précision dont la construction surpasse ce qui a jamais été fait dans la fabrique de Genève.
Locle. — Chaux-de-Fonds. — Ces deux centres de fabrication sont situés dans la même petite vallée , sur le haut du Jura. Ce pays, où l'horlogerie est la seule industrie possible, a fait depuis quelques années, comme Genève, des progrès très-sensibles, et lutte véritablement avec cette contrée pour la construction des belles pièces. A partir du finissage, tout se fait sur les lieux ; mais on tire les ébauches du Val-de-Travers pour la première qualité, de Cluses pour la deuxième, et de Beaucourt, Fontaine-Melon pour la troisième; la production y est considérable.
La Chaux-de-Fonds est à la fois un marché et la fabrique la plus active de tous les centres de la Suisse; c'est de là que s'exporte le plus de montres ; les fabriques ont des comptoirs dans toutes les parties du monde. Cependant, le canton de
Neufchâtel a presque perdu la France comme débouché, par suite du notable développement qu'a pris la fabrique de Besançon. Les points principaux d'exportation sont les États- Unis, le reste de l'Amérique, la Chine, le Japon, et l'Angleterre qui réexporte les mêmes produits comme étant de sa fabrication, vu qu'on les fabrique exclusivement pour elle, en leur donnant la forme anglaise.
Il n'y a pas de statistique à établir, quoiqu'il y ait un bureau de poinçonnage ; mais comme il est facultatif, on ne peut rien en tirer de certain ; tout ce que l'on peut dire, et ce qui a une certaine valeur, c'est qu'une population de 3o,000 âmes vit presque exclusivement du produit de l'horlogerie : cela suffit pour donner une idée de l'importance de la production de Neufchâtel.
Vallée du lac de Joux. — C'est la principale ressource des autres centres de l'horlogerie, quant à la qualité ; comme on l'a vu plus haut, elle ne produit par elle-même qu'un trèspetit nombre de montres terminées, mais elle fournit au Locle et à Genève.
Dans le cas de montres toutes finies, c'est de Genève que lui viennent les boîtes et les cadrans.
Montillier , près de Morat , canton de Fribourg. — Cette fabrique d'horlogerie est très-importante ; elle emploie des machines à vapeur et 000 ouvriers. On y construit seulement de l'horlogerie de commerce et d'exportation.
On y fait toutes les parties de la montre : ébauche, finissage, montage et boîte, en or, argent et métal blanc. Les prix sont remarquables par leur modicité, puisque l'on produit des montres, réglées à cinq minutes près, de 13 fr. 50 c, 16 fr. 50 c, 20 francs et 23 francs.
C'est une fabrique de montres dans toute l'acception du mot. La production est de 30,000 pièces par an.
Telle est la situation des centres de la Suisse qui sont repré-
sentes à l'Exposition de 1867. Arrivons maintenant à la fabrique française, la plus importante.
§ 3. — France.
Besançon. — La travail s'y fait, comme dans certaines localités de la Suisse, par des ouvriers isolés ou en famille, formant des ateliers de trois à six personnes, hommes et femmes. 11 y a quelques ateliers plus considérables, mais l'ouvrier laborieux etqui se sent de la valeur préfère s'installer chez lui. Le travail ainsi produit est en général préféré des fabricants comme étant mieux fait. Ce n'est en effet qu'avec de tels ouvriers que l'on peut obtenir certains ouvrages plus ou moins compliqués et qui exigent des soins minutieux.
En l'an II, les ouvriers du canton de Neufcliâtel étant tourmentés pour leurs opinions politiques, émigrèrent en France, et en se fixant à Besançon y fondèrent la fabrication de l'horlogerie qui n'a cessé, depuis cette époque, de s'étendre, de progresser, et, malgré quelques fluctuations, de prendre une position importante.
De même que Genève, la fabrique de Besançon emprunte ses ébauches et finissages â la vallée de Joux et au Val-de- Travers pour les ouvrages de choix. C'est la même manière de faire qu'en Suisse; mais cependant l'ouvrage n'atteint pas encore le fini, la belle exécution que l'on trouve dans l'horlogerie suisse et génevoisc.
Besançon a fait beaucoup de progrès depuis quelques années, et l'on peut être sûr, avec le désir de bien faire qui existe chez les fabricants et les ouvriers; que dans peu d'années on les verra exécuter quelques pièces d'horlogerie aussi bien finies qu'à Genève. Cependant il est à craindre que Genève ne conserve encore longtemps sa suprématie, car sa position géographique est telle qu'elle appelle chaque année un concours d'étrangers de distinction qui entretiennent le bon goût et la grâce des formes de ses ouvrages.
Besançon, sentant de ce côté son infériorité et ayant toute l'énergie nécessaire pour obtenir un meilleur rang, a institué une école d'horlogerie pour laquelle la ville dépense 20,000 francs par an, et dont la direction est remise entre les mains de M. Sire, homme très-distingué.
Tout en ayant fait beaucoup de progrès, nous lui dirons cependant qu'il lui en reste encore un à faire pour que ses produits de première qualité puissent lutter avantageusement avec ceux des principales maisons de la Suisse et de Genève. Ce qui donne à certaines montres de Genève et du Locle, par exemple, le cachet de supériorité qui les distingue, c'est un travail parfaitement terminé et un cachet particulier dans le fini des diverses pièces, qu'on ne peut obtenir qu'avec les soins les plus minutieux. Il est possible que ces soins ne donnent pas aux montres plus de valeur réelle, plus d'exactitude dans la marche ; mais ils se trouvent réunis dans les montres de prix qui sont fabriquées en Suisse et en Angleterre, ce qui assure à ces pays une suprématie que Besançon, nous le pensons, partagera un jour avec eux.
Quand cette fabrication de luxe ne servirait qu'à entretenir de bons ouvriers, l'avantage serait encore considérable.
Si les bons ouvriers sont devenus très-rares aujourd'hui, on le doit à rabaissement graduel de la fabrication, dû particulièrement à la trop grande importance que, selon nous, on a attachée aux produits à bon marché dans toutes les Kxposilions, de 1830 à 1849. Le public s'est imbu de ce principe, cl alors on a divisé de plus en plus le travail pour y arriver; c'est ainsi que chaque ouvrier, ne faisant toujours qu'une seule et même chose, gagnant facilement sa vie, ne pense pas à diriger son attention vers un autre but; il en résulte qu'il y a peu d'ouvriers capables de faire toutes les parties d'une montre.
Indépendamment de la fabrique de Besançon, où les montres sont fabriquées sur une vaste échelle, il existe dans les grands centres, à Paris surtout, plusieurs maisons d'horlogerie très-connues pour la beauté de leurs produits, qui ont figuré
avec honneur à l'Exposition de 1862 et qui sont de nouveau présents à celle de 1867.
Ces établissements très-dignes d'intérêt, en ce qu'ils entretiennent à Paris et à grands frais un certain nombre d'ouvriers capables, que du reste ils forment dans leur intérieur, sont malheureusement peu nombreux et souffrent beaucoup de la concurrence que leur fait le commerce proprement dit. Leur production doit être très-minime, relativement à celle de Besançon. Si l'on s'en rapporte aux documents que l'on trouve dans le compte rendu de la Chambre de commerce de Besançon, on voit que, d'après un relevé de l'exercice 1866 du nombre de montres soumises au contrôle de la garantie, la fabrique de Besançon fournit à elle seule les ^ de la fabrication française.
En 1862, Besançon avait produit 254, £77 montres, dont 87,966 en or et 166,51 1 en argent, tandis qu'en 1866 on trouve 101,309 montres en or et 204,126 en argent : total 805,435; ce qui donne un accroissement de 50,958 pour 1866 sur l'année 1862. Ces chiffres prouvent l'importance de ce centre de fabrication. La force des puissants éléments de prospérité qu'il renferme dans son sein fait présager que le temps s'approche où elle deviendra une rivale redoutable pour la Suisse.
D'après les états du commerce général on trouve que l'exportation se classe ainsi :
1864, montres argent 141,840 fr. montres d'or 268,135 fr.