‹ Exposition universelle de 1867 Rapports du jury internationalChapitre 6 sur 75 · CRISTAUX ET VERRES DE LUXE · texte numérisé non relu

CRISTAUX ET VERRES DE LUXE

§ 1. — Pays étrangers.

Les principales expositions de cristaux et de verreries de

luxe appartiennent à la France, aux Ktats autrichiens et à l'Angleterre.

Les Anglais, ont les premiers, fabriqué cette belle matière, plus éclatante et plus blanche que le cristal de roche, qu'ils appellent flint-glass, et à laquelle nous avons donné le nom de cristal. Pour les verres de luxe, ils semblent vouloir s'en tenir à ce cristal à base de plomb qu'ils ont constamment perfectionné comme matière, comme travail et aussi comme forme; et, tandis que, à une époque encore peu éloignée, les verres anglais laissaient à désirer sous le rapport de la teinte, on doit reconnaître qu'ils joignent aujourd'hui une grande blancheur à beaucoup d'éclat. Cela tient en grande partie à ce que les premiers fabricants, ne trouvant pas dans le sol de l'Angleterre des sables assez purs, étaient obligés de corriger par le manganèse la coloration produite par l'oxyde de fer que contiennent ces sables; de là, les teintes un peu sombres que présentaient autrefois les cristaux anglais^. Depuis quelques aimées, les fabricants de ce pays se sont décidés à importer des sables étrangers, et aujourd'hui leurs verres de luxe sont faits avec dessables de France ou d'Amérique.

Nous ne sommes que justes en proclamant hautement Ifmérite de la fabrication anglaise, en ce qui concerne le cristal. Les produits sont fort beaux sous le rapport de l'éclat et de la blancheur ; ils sont supérieurs dans leur ensemble aux verres de luxe des autres nations, sans excepter les cristaux français ; les tailles sont d'un poli très-vif ; les gravures sont très-soignées.

Aussi, nous avons éprouvé un véritable regret de ne voir, dans l'exposition anglaise, qu'une représentation fort incomplète des réels producteurs. Sauf deux fabricants, qui n'ont envoyé, d'ailleurs, qu'un assez petit nombre d'échantillons de leurs produits, les autres exposants sont des marchands qui ont rassemblé, soit des échantillons de diverses fabriques auxquelles ils ont supposé les meilleures chances de vente, soit peut-être les produits exceptionnels d'une même cristallerie.

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Quelques gravures seulement peuvent être regardées comme étant l'œuvre de l'exposant ; elles sont très-finement exécutées, mais leur prix exorbitant est hors de toute proportion avec leur mérite.

Ces considérations ont empêché le Jury de décerner à la cristallerie anglaise aucune récompense de premier ordre ; il n'a trouvé parmi les exposants aucun nom auquel elle pût être sûrement attribuée.

Les États autrichiens, principalement la Bohême, sont brillamment représentés par leur verrerie de luxe. Le verre blanc ou cristal de Bohême est, depuis longtemps, en possession d'une légitime réputation qu'il doit à la pureté des matières employées, qui sont, comme on sait, le quartz, la potasse et la chaux. Ce verre conserva encore sa supériorité dans les premiers temps de la fabrication du cristal anglais à base de plomb et de potasse ; mais ce dernier genre de verre qui, venant d'Angleterre ou de France, était déjà, dès son origine, plus brillant que le verre allemand, étant devenu aussi plus blanc par suite des améliorations apportées dans le choix et la purification des matières premières, les Bohèmes s'efforcèrent de conserver la vieille réputation de leurs produits en les couvrant de gravures et d'ornements de toute sorte, et en produisant des verres de colorations très-variées à une ou à plusieurs couches. Ils furent ainsi conduits à créer les verreries de fantaisie, qui ont étendu d'une manière si notable le <'onnnerce des cristaux de luxe. Ce genre de fabrication, importé depuis une trentaine d'années en France, où il a été singulièrement perfectionné, est encore à peu près inconnu des fabricants anglais .

En Autriche, il existe des verreries qui, comme celles du comte de Harrach, de Pelikan, de Meyr neveu, fabriquent, taillent et gravent les verres de luxe; mais, dans un bien plus grand nombre d'établissements, on ne fait que le verre brut, blanc ou coloré, qui est acheté par des fabricants spéciaux, nommés raffiueurs. Ceux-ci ont des ateliers importants avec

moteurs hydrauliques ou à vapeur pour le travail de la taille, de la gravure, de la peinture, etc. Ce sont ces raffincurs qui vendent aux marchands.

En France, la fabrication du cristal à base de plomb et de potasse, qui ne date que de la fin du siècle dernier, s'est d'abord concentrée dans un petit nombre de manufactures où elle s'est constamment perfectionnée. Si, jusque dans ces derniers temps, les cristaux anglais ont conservé quelque supériorité sous le rapport de la blancheur et de l'éclat, l'Exposition de 1867 établit qu'aujourd'hui certains fabricants français savent atteindre le même degré de perfection, et que tous ont, sous le rapport de la diversité des produits, de la variété et du bon goût des formes, une grande supériorité sur les produits anglais. Nos fabricants, en effet, ne se contentent pas de lutter avec les Anglais pour les cristaux blancs, ils ont suivi les Allemands dans la création de tous les verres de fantaisie colorés, peints ou gravés; ils les ont égalés et souvent surpassés. Ces fabrications si variées, auxquelles l'avènement de la liberté commerciale a donné un plus grand développement, ont accru la prospérité de nos cristalleries.

Nous n'avons pas à signaler ici de nouvelles colorations des verres de fantaisie ou de nouveaux procédés d'ornementation. Néanmoins , nous devons mentionner l'emploi de l'acide tluorhydrique pour la gravure des cristaux, qui, depuis quelques années, a pris en France une grande extension. Depuis longtemps, à la vérité, la gravure du verre par cet acide était pratiquée en Angleterre sur une assez grande échelle ; on y avait même appliqué le procédé de l'impression pour les parties réservées ; mais on ne gravait ainsi que des surfaces planes, c'est-à-dire du verre à vitre ou des glaces. Les ingénieux procédés d'impression et de décalcage dus à MM. Kessler, Tessié du Motay et Maréchal, ont permis d'employer la (jruvure chimique au décor des surfaces courbes des cristaux, et les établissements de Baccarat et de Saint- Louis ont donné un grand développement à ce nouveau mode d'ornementation.

MM. Kesslcr, Tessié du Motay et Maréchal, en faisant agir sur le verre des dissolutions de fluorures alcalines associées aux acides, sont parvenus en outre à produire des gravures mates qu'on n'avait obtenues jusqu'ici que par l'action mécanique de la roue de tailleur. On sait que l'acide fluorhydrique liquide ne donne au verre qu'une gravure brillante, sinon transparente ; on voit, dans les produits exposés par les cristalleries de Baccarat et de Saint-Louis, tout le parti qu'on peut tirer de ces nouveaux procédés de gravure, tant pour les cristaux blancs que pour les cristaux doublés, c'est-à-dire couleur sur blanc ou couleur sur couleur.

Nous mentionnerons un autre procédé qui, par sa nouveauté et parle résultat qu'il fournit, nous parait digne d'attention : c'est l'emploi du spath-fluor, qui donne au cristal un blanc mat opaque qui remplace avec grand avantage, dans les pièces d'éclairage, l'usage du dépoli ou du verre opalisé par le phosphate de chaux ou l'acide arsénieux. Dans les globes de lampes, rendus mats par le spath-fluor, la lumière se trouve divisée et comme tamisée également sur toute la surface sphérique ; le foyer central disparaît, pour ainsi dire, tandis qu'il est toujours apparent dans les globes dépolis, et qu'en outre il présente une teinte rougeâtre dans les boules en opale. L'honneur de cette découverte revient à M. Paris, de Bercy ; elle a été promptement adoptée par presque tous les fabricants de cristaux d'éclairage.

La gobeleterie blanche , à base de soude, a été singulièrement perfectionnée en France depuis quelques années; la matière est plus blanche, mieux affinée ; les formes sont plus régulières et plus gracieuses. Cette fabrication, qui n'alimentait autrefois que la consommation intérieure et locale, peut presque rivaliser aujourd'hui avec le verre de Bohême, et commence à donner lieu à une notable exportation. Quelques fabriques de gobeleterie se livrent même à la production des articles de fantaisie, et font à bon marché des verres coloriés, dorés et gravés.

Nous ne quitterons pas les cristaux sans mentionner quelques-unes des pièces les plus remarquables de l'Exposition. Nous signalerons, dans la partie anglaise, les élégants services de M. Dobson, ses coupes et ses vases gravés avec une rare perfection; les cristaux exposés par M. Copeland, remarquables, parmi les plus beaux, par leur blancheur et par leur éclat; les pièces gravées de M. Millar ; les brillantes expositions de MM, J. Green, Philips et Pcarce, Gardner, H. Greene, Powell et fils, Pellatt et G'1*. Dans quelques-unes de ces expositions on voit des pièces de fantaisie dans le style des anciennes verreries, du genre de celles qu'on appelait : « verres à la pincette », parce que c'est au moyen d'une pincette qu'on façonne avec du verre chaud les ornements très-délicats qui les décorent. Parmi ces exposants, MM. Powell et fils et Pellatt sont les seuls qui soient réellement fabricants de cristaux.

M. Osier, après que le Jury eut terminé son travail, a envoyé plusieurs petits lustres d'une très-bonne fabrication, et un autre d'assez grande dimension dont les branches creuses,

destinées à amener le gaz, ont dû présenter de sérieuses difficultés d'exécution.

M. Lobmeyr (Autriche), expose aussi une grande variété de lustres d'une forme très-élégante et d'un prix relativement peu élevé. Ces produits, auxquels on a généralement accordé le premier rang, font grand honneur à l'exposition autrichienne, si remarquable d'ailleurs, et dont presque tous les exposants seraient à citer. Nous nous bornerons à mentionner en première ligne MM. Kralich (Meyr neveu), dont le verre est toujours merveilleusement affiné et est plus parfaitement blanc que dans les précédentes expositions. On remarque les grands vases roses et d'autres bleus et roses parmi les pièces de haute fantaisie qu'ils ont exposées ; M. Pelikan Uaseh), hors de concours comme juré, dont les gracieux produits et notamment les verres gravés sont fort recherchés en France et en Angleterre ; le comte de Harrach qui, comme aux précédentes expositions, conserve un rang des plus distingués

parmi les plus habiles fabricants de la Bohême ; on remarque, au milieu des nombreuses pièces de fantaisie qu'il a exposées, de grands vases bleus turquoise marbrés et des figurines moulées très-bien réussies ; M. Guillaume Hoffmann, qui a de très-riches pièces ambrées et rubis, et M. Schreebcr neveu, dont les verres pour services ordinaires sont très-remarquables de blancheur et de finesse ; enfin les amateurs n'auront pas manqué d'admirer une merveilleuse imitation de la verrerie antique; c'est une coupe fabriquée en Hongrie et exposée par MM. Zahn et Pardotschek ; elle est entourée d'une inscription en lettres détachées à jour, formant corps avec elle ; le pied en est irisé, probablement au moyen du bismuth, par les procédés qu'on doit à M. Boianchon.

En Prusse, la verrerie de luxe est représentée par une belle exposition de M. le comte de Schaffgotsch, qui justifie la réputation qu'il s'est faite aux précédentes exposilions. M. Hecquert, de Berlin, a, comme précédemment, exposé des lustres, dont diverses parties sont formées par des fleurs moulées en cristaux de couleur d'un effet très-élégant.

La Belgique ne fabrique généralement ni les verreries de luxe et de fantaisie de la Bohême et de la France, ni les services riches d'Angleterre et de France; sa production consiste principalement en cristaux usuels, qui ont le mérité d'être à très-bon marché. Elle est très-bien représentée par la Compagnie d'Herbatte, dont l'exposition atteste une fabrication bien dirigée. Quelques-uns des services exposés par cette Compagnie sont remarquables par la blancheur et le poli du cristal. M. Dumler, son directeur, a adopté des premiers sur le continent les fours Siemens, et a même contribué à en propager l'emploi dans plusieurs usines françaises.

Venise a voulu nous prouver qu'elle possédait encore des verriers capables de fabriquer ces anciennes verreries si admirées dans les collections des amateurs. Le docteur Salviati a exposé un très-grand nombre de pièces filigranées, avec fleurs et ornements de couleur rapportés, exécutés avec une

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rare habileté. Tous les ouvriers verriers qui visiteront cette exposition seront frappés de la dextérité incomparable avec laquelle ces pièces ont été fabriquées.

Les cristaux de MM. Lyon et O, des États-Unis, n'attirent pas sans doute les visiteurs ordinaires : leur forme n'est pas élégante ; la matière en est médiocre, mais les fabricants examinent avec curiosité des verres à pied unis et d'autres objets moulés d'une seule pièce avec une rare habileté. Tandis que généralement le moule laisse sur la surface du verre une empreinte qui en altère la limpidité , les produits de MM. Lyon et Cie sont presque aussi purs que s'ils avaient été soufflés. Les moules employés pour ces verres doivent être d'une plus grande perfection que ceux de nos fabricants «l'Europe , qui, en les imitant, donneraient une nouvelle impulsion au commerce des cristaux moulés dont l'importance a beaucoup diminué dans ces dernières années.

Nous devons aussi mentionner les beaux cristaux de la manufacture impériale de Saint-Pétersbourg, et la magnifique collection d'émaux de toutes nuances, ainsi qu'une nouvelle espèce d'émail rouge, la purpurine, qui font le plus grand honneur à cet établissement et à M. Bonafede; des cristaux bien fabriqués, de MM. Cimentes, Vola et O (Espagne >, et de la manufacture (la Marinha Grande, à Lisbonne (Portugal).

§ "2. — France.

Après avoir passé en revue les produits les plus remarquables envoyés par les nations étrangères, nous ne craignons pas d'être taxé de partialité en disant que l'exposition française l'emporte sur toutes les autres. Cette supériorité s'explique tout naturellement : les cristalleries de France, dont deux possèdent une puissance de fabrication qui ne se rencontre dans aucun autre pa\s, luttent ici sur leur propre terrain ; elles ont voulu que leurs expositions fussent en rapport avec leur importance, et elles ont fait, pour conserver

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leur rang, des frais qui constitueraient le bénéfice de plusieurs années pour des usines ordinaires ; aussi la cristallerie française est-elle l'une «les plus attrayantes décorations de l'Exposition, l'une des branches de notre industrie sur lesquelles se sont concentrés le plus volontiers les suffrages de tous les visiteurs.

La Compagnie de Baccarat et la Compagnie de Saint-Louis ont voulu prouver, la première, par sa fontaine de 7m 30 de hauteur, dont la vasque a 3m 10 de diamètre, et par ses vases Médicis de lm 60 de hauteur, la seconde, par ses deux grands candélabres et sa grande coupe à médaillons, qu'il n'est aucune sorte de pièces d'ornementation et d'ameublement, de quelque dimension que ce soit, qu'on ne puisse faire en cristal. Ces grandes pièces décoratives et beaucoup de grands vases montés en bronze, montrent tout le parti que des architectes habiles peuvent tirer du verre.

La Compagnie de Baccarat expose une belle collection de lustres, un grand surtout de table entouré de très-nombreux échantillons de services taillés et gravés avec une incomparable perfection. Une réunion d'objets de fantaisie et de luxe, parmi lesquels on remarque une grande coupe et une paire de vases gravés à sujets, sur doublé pourpre, et une foule d*au très pièces gravées ou peintes, de forme variée, témoigne du goût distingué qui préside à tous les travaux de cette grande manufacture et justifient la haute récompense qui lui a été décernée.

La Compagnie de Saint-Louis, outre ses belles pièces de cristal blanc et un grand nombre de services de table non moins habilement décorés , expose une grande variété de lustres et de cristaux coloriés, doublés, taillés, peints, gravés à la roue ou par l'acide tluorhydrique, et enfin des verreries filigranées vénitiennes.

La très-grande variété de ses produits, donne une haute idée du mérite de sa fabrication dans tous les genres.

M. Maës , de Clichy, qui , en sa qualité de membre de

ia Commission impériale , a été hors de concours, a prouvé qu'il tient à conserver le haut rang que les précédentes expositions lui ont assigné. L'ensemble de ses produits est toujours aussi remarquable ; on admire la limpidité de ses cristaux blancs, la finesse de ses verreries légères, l'élégance des formes, l'éclat et la variété de ses cristaux colorés ; il fabrique avec une rare perfection les verres filigranés.

M. iMonot, de Pantin, est aussi un brillant représentant de la cristallerie française. De la situation modeste d'ouvrier, il s'est élevé peu à peu à un rang distingué parmi les fabricants. Ses deux candélabres, sans être de très-grande dimension, sont justement remarqués par l'élégance de leur forme, par la blancheur et le brillant de la matière, qui ne craint de comparaison avec aucune autre venant de France ou de l'étranger. Ses services de table légers et ordinaires, taillés et gravés, ses cristaux variés de couleurs et ses imitations de verrerie vénitienne, forment un ensemble tout à fait remarquable.

Enfin, la cristallerie de Lyon, sans être à la hauteur des établissements dont nous venons de parler, nous offre des échantillons fort estimables de sa fabrication

Les cristaux d'éclairage donnent lieu à un commerce assez important. Outre ceux que produisent les grandes usines , ci-dessus mentionnées , nous mentionnerons ceux de M. Paris, de Bercy, ceux de MM. Nicolle et Dubois, qui les fabriquent fort bien , soit en cristal blanc , soit en cristal opaque et colorié, et ceux de la verrerie de M. F. Vanderborght, de Gand.

Après avoir rendu hommage à la cristallerie française, prise dans son ensemble et dans ses détails, nous voudrions appeler toute l'attention de nos fabricants sur la blancheur et sur l'éclat de leurs cristaux comparés aux cristaux anglais. Nous croyons être les échos de l'opinion publique, en disant que les cristaux blancs sont mieux fabriqués en

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Angleterre qu'en France. Assurément, pour la vente courante, la qualité de nos produits est suffisante ; niais pourquoi les Anglais, qui emploient les mêmes procédés et les mêmes matières premières, arrivent-ils à donner a leurs verres de luxe un brillant que les produits français ne présentent qu'exceptionnellement ? A la vérité, les prix, à pièce égale, sont beaucoup plus élevés ; mais il ne s'agit pas ici d'une simple question de dépense, il s'agit d'une importante

question technique, qui, franchement posée, sera sans doute rapidement résolue.

Outre ses cristaux, la France produit une très- grande quantité de gobeleterie ordinaire, qui est généralement à base de soude. Depuis quelques années, cette fabrication s'est beaucoup perfectionnée sous le rapport des formes et de la blancheur de la matière. Dans les fours chauffés à la houille, le verre est généralement fondu à pots couverts; les fabriques qui se servent encore du bois continuent de fondre à creusets ouverts.

La Compagnie des verreries de Vallerysthal et de la Plaine de Walch s'est acquis depuis longtemps une réputation méritée par son verre blanc ; la première en France, elle s'est liv rée à la fabrication de toutes les variétés de verres colorés et gravés à l'instar de la Bohême* Elle expose de beaux échantillons de ses produits. MM. Burgun Schyercr, de Meysthal, font aussi- de belle gobeleterie blanche, des pièces de fantaisie et des lustres bien réussis.

La fabrique de verres de montre de MM. Wal ter Berger est toujours en progrès; les perfectionnements apportés aux procédés de cette intéressante fabrication se sont traduits par des diminutions de prix qui assurent à leur usine de Gœtzenbruck un monopole presque exclusif sur tous les marchés du monde. Bien des personnes apprendront, en effet, avec étonnement, que les verres de montres ehevés de première qualité ne se vendent que 9 francs la grosse de douze douzaines. On fabrique, depuis quelques années, dans

cette usine, des verres de lunettes blancs, bleus, verts on de teintes neutres, dont on vend de très-grandes quantités, à très-bas prix, soit, par exemple, 1 fr. 75 c. la douzaine de paires en verre blanc, 2 fr. 55 c. en verre bleu et 4 francs en verre neutre. Les verres de montre de M. Avril sont aussi fort estimés et à bon marché.

Les émaux en pains, en baguettes et en tubes, étaient autrefois tirés de l'étranger, principalement de Venise ; c'est la famille de M. Paris qui la première a introduit en France cette fabrication, dont M. E. Paris a présenté de nombreux et beaux échantillons. Il expose des pièces nombreuses de fer et de fonte émaillés, notamment des plaques pour rues et pour enseignes, et des vases de jardin imitant les anciennes faïences de Kouen.

MM. Guilbert fit Martin ont aussi une belle exposition d'émaux de toutes sortes, en pains, en tubes et baguettes, et d'imitations de pierres précieuses; ils fabriquent également des perles à l'instar des Vénitiens. L'emploi considérable que la passementerie fait aujourd'hui des ornements en jais pour la toilette des daines, a donné à leur fabrication une grande extension. L'exposition de M. Soyer mérite aussi, sous ce rapport, d'être honorablement mentionnée.

La fabrication des émaux et des perles a également chez les nations étrangères des représentants parmi lesquels nous citerons MM. Rabin (Eric), d'Autriche ; MM. Seharrer et Koeh, et M. Bettmann, de Bavière. Le commerce de ces trois fabricants s'élève à des sommes très-considérables .

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