‹ Exposition universelle de 1867 Rapports du jury internationalChapitre 65 sur 75 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

ÉBÉNISTERIE, PETITS MEUBLES DE FANTAISIE MARQUETÉS ET SCULP- TÉS, BUREAUX, TABLES, JARDINIÈRES, CAVES A LIQUEUR, BOÎTES À GANTS, OBJETS DE SPA, BOIS DURCI, LAQUES, COFFRETS, ÉMAUX, CRISTAUX ET FAÏENCES MONTÉS EN BOIS ET EN BRONZE DORÉ.

La petite ébénisterie et les nécessaires sont confondus dans la statistique de l'industrie parisienne de 4860 ; c'est au chapitre II que nous donnons les chiffres relatifs à l'ensemble de cette industrie.

Le petit bronze est aussi englobé dans la grande industrie dont il fait partie, et il nous est impossible d'en déterminer l'importance.

M. Tahan est un des représentants les plus connus de la . petite ébénisterie. Il a exposé un charmant meuble à cigares en noyer sculpté ; une mosaïque de bois du plus fin travail, représentant un paysage, forme le panneau de la porte principale. De petites boîtes décorées de plaques en émail et d'autres couvertes de mosaïques de bois, du meilleur goût, ont attiré l'attention du Jury, qui a décerné a M. Tahan l'une des premières récompenses.

MM. Duvinage et Harinkouck, ancienne maison Giroux, ont exposé, entre autres objets de fantaisie, deux petits meubles en glaces gravées avec montures de bambou en bronze doré, dont l'effet chatoyant est très-agréable.

Des progrès considérables ont été faits dans la fabrication de MM. Gerson et Wcber. Une grande variété de modèles dans les boites à cigares, à ouvrages et à liqueurs, des profils bien étudiés, prouvent une fois de plus qu'en France la fabrication des objets de luxe et de fantaisie se dirige vers l'art, aussitôt que les ressources des fabricants leur permettent d'obtenir le concours des artistes qui les entourent. MM. Ger-

son et Weber, dont rétablissement ne remonte pas au delà de 1856, sont arrivés à dépasser, dix ans après, le chiffre de 500,000 francs d'affaires. Ils occupent de 60 à 80 ouvriers, dont le salaire, réglé à f heure, varie de 50 centimes à 2 francs 50 centimes, avec une moyenne de 80 centimes. Leurs produits s'exportent dans tous les États de l'Amérique, en Angleterre et en Russie. Les ateliers, dont l'outillage est mû par la vapeur, sont parfaitement installés. Ils attribuent la prospérité de leur maison au système qu'ils ont adopté , en intéressant dans leurs affaires leurs commis, chefs d'atelier et contre-maîtres.

Nous citerons encore M. Diehl, dont l'exposition paraît avoir eu pour but de prouver qu'il se jouait des difficultés. A l'intérieur, à l'extérieur et jusqu'au-dessous de ses boîtes, il y a des moulures extrêmement compliquées, dont les onglets sont très-bien exécutés. Au point de vue du bon goût, on a pensé qu'il y avait exagération dans cette recherche, et, tout en tenant comp e à M. Diehl des efforts considérables qu'il a laits, on ne l'a pas placé tout à fait au premier rang. Dans les petits comme dans les grands meubles, la diversité des plans est nécessaire ; mais une composition simple et que l'œil comprend sans peine charme bien plus que la réunion des différents ordres d'architecture groupés sur la façade d'une boîte de 40 centimètres carrés.

Du reste, cet excellent fabricant produit des pièces courantes à des prix très-modérés.

M. Germain a exposé des meubles en laque, incrustée de nacre, dont l'exécution ne laisse rien à désirer, et des boîtes imitant avec une rare perfection les laques de Chine.

Les objets émaitlés, présentés par M. Gossart, sont remarquables par leurs dimensions et leurs formes variées. La modicité* des prix permet d'espérer que cette ancienne industrie trouvera un grand succès dans la nouvelle voie où elle est entrée. Les émaux sont obtenus sur cuivre et préparés de telle sorte qu'ils s'écaillent difficilement à la monture. Les

chances de perte se trouvant presque annulées, il est possible d'arriver à établir des bonbonnières depuis 5 francs. Des vases à tleurs, des lampes et une pendule du prix de 200

à 800 francs, prouvent que l'on peut exécuter de grandes pièces d'un placement facile.

M. Châtelain expose une quantité de petits objets en bronze doré atteignant les dernières limites du bon marché.

Par un procédé dont il a Le monopole, M. Chatenond tixe sur la pierre de lave un émail qui permet d'obtenir à peu de frais des panneaux de grandes dimensions.

Des modifications notables et heureuses se sont produites dans la construction des caves a liqueurs. C'est à MM. Kaffel frères que l'on doit cette innovation. M. Diehl, il y a quelques années, avait fait , dans le même genre , une tentative dont le succès s'est trouvé arrêté par l'élévation du prix d'établissement. En effet, ses premières caves à glaces avec cadres en ébénisterie demandaient un soin dans la monture, qui rendait excessif le prix de la main d'oeuvre. MM. Kaffel frères, ont repris l'idée des caves-glaces, mais avec cadres en bronze doré. Ils ont varié les panneaux e les ont faits,tantôt en onyx, tantôt en faïence. Celles en glaces ou en onyx, avec cadres unis, sont «lu meilleur goût, et le prix de 140 francs ne s'éloigne pas sensiblement de celui des mêmes objets en ébénisterie soignée.

Nous avons réservé pour la tin de ce chapitre l'examen des

objets en bois durci de M. Latry. Nous ne croyons pas devoir

revenir sur la composition de la matière employée, le rapport

fait en 1864 par M. Barrai (Classe 6, Section xti), en donnant déjà une description étendue.

M. Latry n'a pas hésité à faire les sacrifices nécessaires pour avoir de bons modèles. Il a exposé une foule de pièces dont le travail représente dix fois plus que leur valeur. Ce fabricant ayant été adjoint aux travaux du Jury s'est trouvé, par ce fait, hors concours, et privé de la récompense qu'on lui aurait certainement accordée si l'on n'avait réclamé sa coopération.

448 r.nouPE m. — classe 26. — section h.

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