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PEIGNES EN ÉCAILLE, IVOIRE, BUFFLE, CAOUTCHOUC

La fabrication ordinaire des peignes est répandue dans tous les pays, mais la France a conservé la supériorité pour les retapés en buffle et en écaille, et pour les peignes fins en ivoire.

Ceux de parure ou à chignon demandent plus de goût, de dessin, et rentrent encore davantage dans notre genre d'industrie artistique. Ils sont soumis aux caprices de la mode, aussi changent-ils de forme toutes les fois que la coiffure varie.

Cette année, l'ornementation des peignes à chignon fait ressortir les qualités de l'écaillé, sa transparence et son beau poli. Ce sont des enlacements unis, des tresses à jour, des boules de grosseur décroissante, et aussi des semis de petites étoiles d'or qui enrichissent les peignes sans les charger. Celte fabrication est très-importante à Paris et dans les départements de la Seine, de l'Eure, d'Eure-et-Loir, de l'Oise, de l'Ain et du Jura, où elle emploie de 5 à 6,000 ouvriers.

La valeur de ces produits peut être estimée pour la France de 10 à 15 millions de francs. Les deux tiers de ces marchandises sont destinés à l'exportation, et principalement pour les mers du Sud, l'Espagne, la Russie, l'Allemagne et la Belgique

En 1800, on a trouvé 135 fabricants.

Il a été recensé en plus 198 façonniers.

Avec 984 ouvriers, les fabricants de peignes ont fait un chiffre de 5,360,900 francs d'affaires. Les 198 façonniers onl fait en plus 349,970 francs d'affaires avec 82 ouvriers.

GROUPE III

CLASSK *2t>. — SKCTION II.

On a recensé dans les ateliers :

Hommes

Femmes

Knfants au-dessous de 16 ans.

Total

984 ouvriers.

Un tiers des hommes travaillent à la journée, et les deux autres tiers à la pièce. La moyenne de leur salaire est de 5 fr. 50 c. par jour. La proportion des ouvrières travaillant à la journée est la même que chez les hommes ; leur salaire est de 2 francs à 2 IV. 50 c. par jour de dix heures de travail. En province, la journée des débiteurs, aplatisseurs, courbeurs et ehignonneurs, est en moyenne de 4 francs, et celle des ouvrières polisseuses est de 2 francs.

3 machines de la force totale de 24 chevaux sont employées à la fabrication des peignes. Les produits des fabriques parisiennes, qui s'élèvent, nous l'avons dit, au chiffre de 5,360,900 francs, sont livrés au commerce français jusqu'à concurrence de 3,724,900 francs. Le surplus, montant à 1,136,000 francs, est exporté en Amérique, ni Angleterre, en Russie, en Allemagne, eu Espagne, en Italie, en Portugal, en Belgique, etc., etc.

L'exposition de la classe 26 ne renferme que les peignes d'une confection supérieure, les qualités inférieures ayant été renvoyées à la classe 91 où sont réunis les peignes de buis, de corne de bœuf et de caoutchouc.

Quelques échantillons mixtes attestent que, dans les qualités ordinaires, le fini de nos pièces justifie la petite différence de prix qui existe entre la valeur de nos peignes et celle des objets similaires fabriqués en Allemagne, en Angleterre et en Amérique.

Les modèles sont d'une variété extrême, et, pour en donner une idée, nous citerons le prix courant d'un fabricant, qui ne contient pas moins de 106 modèles divers.

Les peignes d'écaillé faits à la main sou! «l'un usage bien supérieur à eelui des peigne» découpés à la mécanique. Les

premiers sont, pendant le travail, chauffés à l'eau salée, qui entretient l'élasticité de la matière. Les dents ne sont pas ébranlées par la scie comme par le découpoir. Pendant cette opération du découpoir, l'écaillé est chauffée à la chaleur sèche qui la rend cassante, et le burin qui détache une dent atteint toujours un peu celle qui suit. Il y a là un progrès à réaliser. Nos fabricants sont très-préoccupés de la concurrence que leur font les Allemands, qui emploient des ouv riers dont la journée de douze heures ne coûte que 1 fr. 25 au minimum et 3 francs au maximum. 11 faut qu'ils appellent la mécanique à leur aide pour sortir de rembarras dans lequel ils se trouvent depuis la réduction de la journée. Déjà, à la suite d'une augmentation de la main-d'œuvre, la monture des peignes à chignon, qui se faisait à Paris, est organisée en Prusse pour tous les articles exportés dans ce pays. Les fabricants prussiens sont encore obligés d'acheter ici les charnières et les vis, qu'ils ne trouvent pas bien faites chez eux; mais ils réalisent une économie de 33 pour 100 sur la monture.

Depuis que la mécanique a poussé la fabrication du peigne tin jusqu'au dernier degré de perfection, les progrès ont été peu sensibles. L'abaissement du prix ne peut plus être obtenu que par l'amélioration des machines. Quoique cette industrie ne soit pas représentée dans les expositions étrangères, il n'en existe pas moins des fabriques très-considérables en Angleterre, en Allemagne et en Amérique.

Aussi nous devons demander avec insistance un abaissement du droit d'entrée sur les cornes, qui permette à nos fabricants de lutter dans de meilleures conditions avec nos rivaux.

MM. Fauvelle-Delabarre et fils représentent une importante fabrication de peignes à retaper en écaille, buffle et caoutchouc. M. Fauvelle-Delabarre père, notre collègue dans les Jurys d'admission de 1862 et de 1867, est mort pendant le cours de l'Exposition, et n'a pas pu jouir de la récompense que le Jury lui avait décernée.

M. Massue, dont l'outillage se perfectionne tous ios jours, expose des poignes en ivoire dont la régularité est mathématique. Avec ses 6 machines, il peut en produire jusqu'à 150 douzaines par jour. Ses derniers outils pour rogner et faire les biseaux d'un seul coup, et celui pour cintrer les dents, datent de 4850. Cette fabrique si bien montée rend aussi de grands services à la tabletterie, et il est curieux de suivre les progrès et les économies de temps et de matière que cet industriel fait faire chaque jour à tous nos petits fabricants. C'est chez M. Massue que se débite l'ivoire pour presque toute la tabletterie parisienne. Le prix du débitage, en plaques de 81 millimètres de haut , est de 4 centimes , et de 2 centimes par 27 millimètres en plus au delà de cette dimension, et sur n'importe quelle largeur. Depuis que la vente des livres de messe, recouverts d'ivoire, a pris de l'extension, un tour avec fraise tubulaire a été monté. Cette fraise enlève, dans un morceau d'ivoire de l'épaisseur de son diamètre, des dos tout cintrés, les côtés amincis. On trouve une douzaine de ces dos pris l'un dans l'autre dans une partie où autrefois on en découpait cinq ou six au plus.

L'ivoire qui coûte, lorsqu'on achète une dent entière, de 20 à 24 francs le kilogramme, revient, dans les parties employées pour la fabrication des peignes, tous déchets déduits, de 50 à 55 francs.

Les déchets se divisent en sept parties :

1° La pointe, dont la grosse partie sert à faire les billes de billard, se vend de 22 à 23 francs le kilogramme;

2° L'extrémité de la pointe s'emploie pour les pommes de canne, de parapluie et autres articles de tourneur: son prix est de 5 à 6 francs le kilogramme;

3° La partie creuse sert à faire les brosses à dents, les couteaux à papier, les chasses à rasoirs et les touches de piano : elle se vend de 12 à 15 francs le kilogramme;

4° Les déchets sortant du cœur de la défense s'utilisent pour tous les articles de petite tabletterie et pour la télégra-

phie électrique, qui recherche la propriété isolante de 11 voire : celte partie est toujours retenue d'avance au prix, de 3 à 12 francs le kilogramme, suivant la qualité de la dent;

5° Les écorces s'emploient pour les talons de queues de billard et valent de 1 à 2 francs le kilogramme;

6° Les petites rognures, sortant de la fabrication des peignes, qui se brûlent pour faire le noir d'ivoire et produisent de 15 à 20 centimes le kilogramme;

7° Enfin, la sciure, sert à l'engrais des terres, et l'on en tire encore de 7 à 10 francs les 100 kilogrammes.

Si nous nous sommes autant étendus sur le débitage de l'ivoire , c'est que nous avons pensé qu'il n'y avait pas d'autre moyen d'expliquer comment, avec une matière qui, à l'état brut ei prise en bloc, est d'un prix aussi élevé, nos fabricants de petite tabletterie, qui n'emploient que les déchets, arrivent à produire des objets ouvrés dont la valeur est inférieure à celle de celte même matière première.

L'opération du débitage paraît simple à l'aspect des machines qui font le travail; mais elle demande encore une grande habitude pour éviter, sans perte de matière, le croisement des veines qui formeraient des roses sur chaque plaque, si la coupe n'était pas tracée par une main expérimentée.

M. Hargage a exposé des peignes à chignon en écaille blonde d'un excellent goût et d'un travail remarquable.

M. Fontaine, qui expose pour la première fois, a présenté un choix de modèles de peignes retapés buffle des plus variés et d'une bonne exécution.

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