CHAPITRE VIII
PAYS ÉTRANGERS
§ i. — Pays-Bas et Belgique.
L'exposition des Pays-Bas re:i ferme des brosses dont la fabrication est solide. Ces produits feraient un usage encore plus durable s'ils étaient plus soignés, et surtout si la préparation des soies était meilleure.
La partie la plus saillante de l'exposition belge dans la classe 26 est,*comnie pour les Pays-Bas, dans la brosserie.
M. Somzé-Mahy, le plus important de ses fabricants, a présenté des brosses destinées aux usages' domestiques, montées avec des soies blanches et des bois sculptés. Il ne nous paraît pas probable qu'il trouve à écouler de pareils produits. Cet industriel rencontrera plus de chances de succès en s'appliq uant à perfectionner la préparation de ses soies et même aussi le montage.
Plusieurs fabricants de Spa ont envoyé des buvards, des porte-montres et autres objets en bois verni, décorés de peintures. On reconnaît, à la manière de faire, un pays où les arts sont cultivés avec succès. Les peintures, exécutées avec une grande facilité, sont aussi d'un étonnant bon marché.
§ 2. — Prusse.
C'est aussi dans la brosserie que la Prusse est le mieux représentée parmi les industries de la classe 26. De nombreux
OIUKTS DIVERS DE MAHO^l iNEIUE, DE TA H LKÏTEit I E, ETC. 479
fabricants ont exposé des brosses eu buffle bien faites, quoique le montage ne soit pas aussi soigné qu'à Paris. Des pinceaux en blaireau pour la dorure bien fabriqués, des brosses à peindre, en bonne marchandise, et de la brosserie fine sur bois d'une exécution correcte : telles sout les qualités relevées par le Jury dans ces produits.
A ces excellentes qualités il ne manque que le dernier fini, qui peut s'acquérir avec la ferme volonté de mieux faire. Mais il faut remarquer que les prix sont aussi élevés que ceux de notre fabrication parisienne.
Dans la maroquinerie, nous n'avons trouvé que des pièces d'une exécution ordinaire et à des prix relativement supérieurs à ceux des expositions similaires.
Cependant des fabriques importantes de maroquin et de mouton sont établies à Francfort, à Mayencc et à Kirn. Elles fournissent à tous les pays environnants, et même à Vienne, des peaux dans des conditions très-favorables. La fabrique de Mayence a le monopole du veau et du mouton, dont les couleurs de fantaisie claires ont été jusqu ici inimitables. Ces peaux sont expédiées dans tous les grands centres de fabrication de la maroquinerie.
Avant 1858, les fabricants allemands faisaient venir directement, à grands frais, le cuir de Russie des lieux de provenance ou d'Angleterre. Depuis cette époque, on prépare la peau de veau dans les fabriques de Ma\ence, d'après le même système qu'en Russie. L'odeur est obtenue ainsi que la couleur, mais l'imitation n'atteint pas la solidité et la persistance de l'odeur du v éritable cuir de Russie.
Nous extrayons d'un journal commercial du grand-duché de Hesse, publié en mai 1864, les renseignements suivants sur la situation de la maroquinerie en Prusse.
A Berlin et dans les environs, 58 fabriques occupent 600 ouvriers et ouvrières, qui produisent de 800,000 à 850,000 thalers (3 millions à 3,187 ,500 fr.).
En dehors de Berlin, les principaux centres de fabrication sont Eilenburg, Halle, Striegau et Mûhlheim.
Si nous ajoutons aux chiffres de la capitale, indiqués plus haut, la production des aulres villes manufacturières, nous arrivons pour tout le royaume à la somme de 4 million ou 1,200,000 thalers (3,750,000 ou 4,500,000 fr.) pour la maroquinerie seulement. L'exportation, qui s'était d'abord dirigée sur l'Amérique, s'étend aujourd'hui en Russie, en Suède, en Norwége et en Suisse.
§ 3. — Grand-Duché de Bade.
La maroquinerie d'Offenbach soutient sa réputation de bon marché et se maintient dans sa fabrication courante, sans paraître chercher à aller au delà.
La maison Ed. Posen et O, qui occupe 300 ouvriers, a exposé des porte-monnaies, des portefeuilles et des porte-cigares qui représentent certainement leur prix. Les commissions importantes qui entretiennent leurs grands ateliers font probablement hésiter ces fabricants à élever leur genre de productions à bon marché.
M. J.-E. Knipp est dans les mêmes conditions que la maison précédente; sa fabrique, moins importante, n'occupe que 70 ouvriers.
Nous avons regretté l'absence de la maison Monch, dont le chef a été le fondateur de cette industrie à Offenbach.
La maroquinerie occupe dans cette ville et dans les environs de 5 à 6,000 ouvriers et ouvrières. Cinq grandes manufactures emploient 300 ouvriers et au delà, et produisent dans leurs ateliers tous les détails de la fabrication.
Giessen renferme aussi quelques maisons importantes dans celte branche d'industrie.
Le produit total de la maroquinerie dans le grand-duché de liesse s'élève de 5 millions à 5,500,000 thalers (18,750,000 à 20,625,000 fr.;. L'exportation absorbe environ 70 pour 100 de
cette production, dont la plus grande partie est expédiée en Angleterre et en Amérique.
§4. — Royaume do Wurtemberg.
Cette exposition est la seule, des pays étrangers, qui présente un assortiment aussi important de tabletterie en ivoire sculpté et tourné.
Dans un ensemble d'objets courants et d'un prix relativement peu élevé, nous avons remarqué une grande habileté de main et une étude approfondie de la sculpture.
Nous citerons, parmi les tourneurs de Geislingen qui ont fait une exposition collective, MM. Kauzmann frères, dont les produits sont vraiment remarquables.
M. CarÏDeffner, à Esslingen, qui occupe de 5 à 600 ouvriers ; M. Fried Vetter, à Ludwigsburg et MM. Rau et O, à Goeppingen, ont exposé des objets en tôle et en ferblanterie vernie, à des prix qui ne peuvent s'expliquer que par les salaires peu élevés de l'Allemagne.
L'industrie de la maroquinerie a aussi dans ce royaume une certaine importance. On compte à Stuttgart seulement 17 fabriques. Esslingen et Kirchheim renferment aussi quelques ateliers. Ces différentes villes occupent 2i0 ouvriers et 50 ouvrières, et produisent environ pour 200,000 th. (750,000 fr.) de marchandises.
La moitié de ces produits est exportée en Angleterre et en Amérique.
On estime à 300,000 thalers (1,125,000 francs) la somme totale de la fabrication de la petite ébenisterie et de la tabletterie dans le royaume, et les principaux sièges de ces industries sont : Stuttgart, Esslingen, Bietigheim, Freudenstadt et Gœppingen.
§ 5. — Bavière.
Les renseignements suivants, qui nous ont été donnés pour la t. m. 31
'l82 GROUPE III. — CLASSE 2(ï. — SECTION DU
Bavière sur les droits d'entrée et sur les prix de la main-d'œuvre, s'appliquent à presque tous les pays qui font partie du Zollverein.
La petite ébënisteric n'est pas représentée dans l'exposition bavaroise et peut difficilement être séparée de l'ébénisterie pour meuble, et même de la menuiserie, avec lesquelles elle se trouve confondue dans les statistiques.
La maroquinerie occupe, en y comprenant les relieurs, 2,151 ouvriers. Onze fabriques de portefeuilles emploient 176 ouvriers, et c'est à Nuremberg et à Fûrtb qu'elles sont généralement établies. Le prix de la main-d'œuvre est de 10 à 50 francs par semaine, avec une moyenne de 12 à 18 francs pour six journées de douze heures de travail.
C'est dans ces conditions avantageuses que se présente la fabrique de M. J .-G. Kugler, qui a exposé des albums, des trousses, des portefeuilles garnis, d'un bon marché extrême. On y a remarqué des albums avec table et fermoir à ressort s' allongeant lorsque le volume est un peu plein. Il serait aisé de faire quelques critiques sur la netteté du travail; mais, lorsque la valeur des marchandises est annoncée, l'indulgence devient une nécessité. Cependant cette industrie doit se perfectionner encore, et, même aux dépens de ses prix, élever le niveau de sa fabrication.
Les ceinturiers (gurtlers) rendent de grands services à la maroquinerie depuis qu'on emploie tant de garnitures eu métal. Ils occupent 854 ouvriers en Bavière.
La tabletterie emploie 3,669 ouvriers tourneurs (drechslers). Quatorze fabriques de boutons en bois, en corne et en nacre occupent 74 ouvriers. Vingt-huit fabriques, employant 248 ouvriers, travaillent l'os, l'ivoire, l'écaillé et la nacre.
Les principales villes manufacturières sont Nuremberg qui, dans ce genre, produit par an pour 600,000 florins, soit 1,285,000 francs, puis Fûrlh et Augsbourg.
Oberammergan et Berchtesgaden sont les centres d'une grande production de bois sculptés.
L'ivoire et la nacre en morceaux et en plaques brutes ne payent pas de droits d'entrée dans le Zollverein. Polies ou façonnées, ces matières sont grevées d'un droit de 30 francs pour 100 kilogrammes. L'écaillé brute entre en franchise lorsqu'elle est façonnée; l'entrée est taxée à 3 fr. 75 les 100 kilogrammes. La corne brute, comme les matières précédentes, est exemptée de tous droits ; moulée et polie, elle paye , comme l'ivoire et la nacre, 30 francs les 100 kilogrammes à son entrée.
M. J.-G. Behl, de Nuremberg, a exposé des sculptures à un prix modéré. Elles indiquent une certaine habileté, mais le dessin et le modèle demanderaient un peu plus d'étude.
La fabrication des peignes occupe it116 ouvriers dont Je salaire varie de 9 à 18 francs la semaine. Nuremberg et Fûrtli sont les principaux centres de cette fabrication.
Les matières employées sont la corne, les pieds de bétail, l'ivoire et le bois.
Le Zollverein renferme quelques manufactures très-importantes de peignes en caoutchouc, et notamment à Hannover, Harburg et Mannheim.
Les peignes fins sont fabriqués par des machines spéciales qui sont mues par la vapeur ou par des cours d'eau. Nous n'avons pas été à même d'apprécier cette fabrication, n'ayant pas trouvé de peignes dans l'exposition bavaroise.
La brosserie occupe 1,248 ouvriers gagnant de 9 à 18 francs par semaine. Les fabriques sont établies à Nuremberg, Fùrth, Municb et Augsbourg.
C'est en bois seulement que les brosses à tête et à habits se fabriquent en Bavière et dans tout le reste de l'Allemagne. Il se fait fort peu de brosses chevillées, et la plus grande partie est plaquée.
Les brosses à dents et à ongles sont généralement montées en os et en buffle. Quant à la brosserie en ivoire, on la tire de France et d'Angleterre. s
Quelques grands établissements emploient des machines à vapeur ou des moteurs hydrauliques.
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M. Pruckner , de Munich, a exposé des échantillons de brosserie simple d'une assez bonne fabrication.
La vannerie occupe 3,388 ouvriers, dont le salaire varie de 10 à 30 francs dans les villes, et dans la campagne de 7 à 12 francs par semaine.
Le principal centre de cette fabrication est à Lichtenfels et dans les environs, d'où l'on expédie chaque année pour un million de florins (2,142,000 francs) de marchandises en Amérique, en Russie, etc.
Une partie des osiers qui servent à cette fabrication vient de France et est tirée d'Origny, département de l'Aisne , et de Condé-lez-Vouziers ( Ardennes) .
MM. Kraus frères, de Lichtenfels, ont exposé des meubles en vannerie à très bon-marché et très-bienfaits, qui s'exportent en grande quantité en Amérique.
Nous croyons devoir rappeler que les renseignements qui précèdent nous ont été donnés par M. le docteur Stoclzel, notre collègue du Jury, dont le concours nous a été si utile pendant l'examen des produits de l'Allemagne.
§ 6. — Autriche.
L'aspect de l'exposition autrichienne nous a causé une surprise que nous ne chercherons pas à dissimuler. En effet, si on songe aux circonstances défavorables au milieu desquelles cette exposition a été organisée, il faut admettre que les industries qui ont une force de vitalité assez grande pour progresser dans de telles conditions, sont appelées à prendre un développement considérable lorsque la situation financière de l'Empire sera améliorée.
L'ébénisterie de fantaisie est organisée en petits ateliers qui ne renferment pas plus de 4 à 5 ouvriers et autant d'apprentis. Cette fabrication brille plutôt par le bon marché que par la forme et le goût des ornements, qui est très-contestable.
Les fabricants emploient les bois des forêts de Bohême, de
Hongrie et de Slavonie, qui produisent le chêne, le cerisier, le noyer, l'érable, le tilleul, le frêne, qu'on se procure à très-bas prix. Les bois étrangers, tels que l'acajou, le cèdre et le bois de rose, sont tirés de Hambourg.
Dans ces derniers temps, la fabrication s'est portée sur le bois de noisetier de Turquie dont elle fait une grande consommation. Ce qui manque à cette industrie comme à toutes les autres de l'Empire, c'est la direction. L'ouvrier livré à lui-même n'a à sa disposition ni écoles de dessin, ni musées, ni bibliothèques, et son goût s'égare dans des excentricités que l'aspect des œuvres d'art ne vient pas corriger.
Les principaux sièges de la fabrication de la petite ébénisterie autrichienne sont à Vienne et à Karlsbad, en Bohême.
Nous avons parlé de la consommation considérable de bois de noisetier faite depuis quelque temps par l'industrie viennoise. C'est à M. Cari Slenzel qu'on doit l'invention de l'emploi de ce bois pour l'imitation des articles de cuir. Une grande variété de modèles affectant la forme de petites malles, de cartons à chapeau, etc., avec des points imitant à s'y méprendre la piqûre sur cuir, ont donné à sa fabrique une extension d'autant plus importante qu'il produit ces articles à un prix extrêmement bas.
C'est aussi de cette maison que sont sorties ces quantités d'éventails en bois qui ont eu une si grande vogue il y a deux ans, et dont le prix, à Vienne, ne s'élevait pas à plus de 2 florins 50 kreutzers la douzaine, soit 7 francs.
Gmunden et Ischl, dans la province de Salzkammergut, produisent une grande quantité de bois sculpté. Le voisinage de l'école de Berchtesgaden (Bavière) a déjà eu une influence très-marquée sur les progrès de cette industrie.
La laque avec incrustation de nacre est représentée par la maison Cari Krouig, qui fait à Vienne un commerce considérable de ces articles très-apparents et à des prix très-avantageux.
M. Franz Thcyer allie le marbre et le bronze à la petite
ébénisterie et produit des objets dont le principal mérite réside dans les prix modérés auxquels ils peuvent se vendre.
On estime environ à 6,250,000 francs la production des div ers articles de l'ébénisterie de fantaisie réunis sous la dénomination de Kunstticblerei, et dont une partie très-importante est exportée.
Maroquinerie. — La maroquinerie autrichienne a pris depuis une quinzaine d'années une grande extension.
En 1865, dans la basse Autriche, seule partie de l'empire pour laquelle une statistique officielle puisse être consultée, 80 fabriques occupant 1,153 ouvriers ont produit pour 1,900,000 florins, soit, 4,750,000 francs.
M. le Dr Alfred Jurnitschek, rapporteur autrichien, à l'obligeance duquel nous devons la plupart des renseignements que nous publions sur cet empire, remarque qu'à Vienne la maroquinerie est issue de la reliure , et que , plus la première de ces industries inarche en avant, plus la seconde paraît rétrograder. Cela tient à deux causes : la première que les bons ouvriers trouvent plus d'avantage dans le salaire du travail de la maroquinerie, et la seconde que les progrès de la librairie, en livrant maintenant des brochures cartonnées, dispensent les consommateurs de faire les frais de la reliure.
Cette industrie a été introduite à Vienne par M. Girardet, qui, en 1828, a étahli dans cette ville le premier atelier de maroquinerie fine. Les élèves formés dans cette pépinière sont aujourd'hui à la tète de leur profession et sont devenus les émules de leur maître. Le gouvernement autrichien a constamment soutenu, par des commandes très-importantes, les fabricants dont les efforts facilitaient le développement de cette industrie ; aussi les bons ouvriers de Paris, tant pour le travail de la peau que pour la dorure à la main, ont été attirés à Vienne, où ils ont formé des élèves aptes à ces différents genres de travaux.
Le salaire des ouvriers est à un prix très-inférieur à celui
que payent nos fabricants, car la moyenne du salaire de la semaine n'est que de 20 à 30 francs. La matière première est aussi meilleur marché qu'en France: sur les moutons il y a une différence en moinsde 25 pour 100 environ. Mais pour les garnitures de métal, qui sont le principal ornement de la maroquinerie viennoise, les prix ne peuvent plusse comparer. Les fermoirs, les coins et autres appliques sont établis par les petits fabricants dont nous avons parlé déjà dans notre appréciation de l'industrie bavaroise. Cette dénomination de Gurtler n'a pas d'équivalent en France, où cette industrie n'existe pas: la traduction littérale est ceinturier, c'est-à-dire fabricant de boucles pour ceintures. On ne peut guère les comparer qu'à nos bijoutiers en cuivre, et leurs articles très-apparents ne coûtent presque rien . Nous estimons que le prix des garnitures fabriquées à Vienne est inférieur de 75 pour 100 à celui des appliques fabriquées à Paris.
Parmi ces ornements nous citerons le bronze oxydé pour la fabrication duquel les gurtlers viennois ont une spécialité qui n'a pu être imitée jusqu'à ce jour. La nuance est d'une régularité parfaite .
Nous devons ajouter que si Vienne nous est supérieure pour le bon marché de quelques pièces, elle nous est très-inférieure sous le rapport du goût et de la solidité, car ces masses de cuivre tiennent à peine sur les boites et les albums sur lesquels elles ne sont généralement que collées. L'emploi des peaux de veau de Mayence, qui a la couleur et môme l'odeur du cuir de Russie, mais dont la valeur est bien inférieure à celle des peaux qui leur servent de modèle, explique les différences de prix que le public peut remarquer entre les mêmes objets produits dans divers pays. Non-seulement l'acquisition de la matière première est moins coûteuse, mais encore ces veaux sont plus souples et se prêtent plus facilement aux différentes applications que nécessite la fabrication.
Malgré toutes les observations qui précèdent, nous félicitons les fabricants viennois de la position qu'ils ont conquise à
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l'Exposition de 1867, et dont le résultat a été de faire donner à trois de leurs principaux exposants la plus haute récompense accordée.
Chez M. Girardct, la maroquinerie disparaît sous la bijouterie, les émaux, la dorure, et ne devient plus que l'accessoire.
M. Klein (Auguste), dont la fabrique importante emploie 200 ouvriers, a exposé une grande quantité d'articles en peaux blanches d'une étonnante fraîcheur. Il nous semble déjà difficile de maintenir cette fraîcheur jusqu'au jour de la vente ; mais quel usage l'acheteur peut-il faire d'un objet aussi susceptible ? Nous n'avons pu comprendre que ce genre de peau ait été employé pour une écritoire.
C'est à la suppression de ces anomalies que la fabrique de Vienne doit s'appliquer, si elle veut faire un pas de plus en avant, et les progrès déjà accomplis répondent de l'avenir.
MM. Rodeck frères nous ont montré des porte-monnaie, des porte-cigares, des buvards avec mosaïques <ie peau dont nous avons admiré le fini ; un guéridon auquel nous pouvons adresser le même reproche qu'à l'écritoire de M. Klein, mais dont il faut reconnaître l'irréprochable exécution.
Il est utile de remarquer que ces objets très-bien exécutés ne reviennent pas à un chiffra inférieur à celui que demandent les fabricants de Paris. La différence de prix n'est réellement sensible que dans les articles courants.
MM. Schlender etEdlinger, et Jacques Loew, ont exposé des articles d'une fabrication courante très-remarquable.
Pipes. — Cette industrie joue un rôle considérable dans la production viennoise. Le bois de bouleau, le tilleul, la racine de bruyère, l'acajou et le bois de rose, l'os, la corne, l'ivoire, la nacre, la noix de coco sont employés pour la fabrication des pipes, des porte-cigares et des porte-cigarettes. Les matières préférées pour les pipes de luxe sont l'écume de mer et l'ambre, enfin l'imitation d'écume.
La fabrication des pipes, déjà ancienne à Vienne, a toujours été en progressant, et l'habileté des ouvriers a peu à peu amélioré les salaires. Les meilleures mains gagnent de 20 à 24 florins (50 à 60 francs) la semaine, et même jusqu'à 40 florins (100 francs). La moyenne est de 8 à 15 florins (20 à 37 fr. 50). Dans la fabrication courante, les ouvriers gagnent de 4 à 6 florins (10 à 15 francs) la semaine. La durée de la journée varie entre 10 et 12 heures de travail.
Les sculpteurs les plus habiles travaillent chez eux, et on reconnaît dans les vitrines des principaux exposants les mêmes sujets exécutés par les mêmes mains. Les fabricants ne se distinguent guère entre eux que par l'importance de leurs affaires.
L'écume de mer est tirée de Constantinople, et Vienne possède des dépôts considérables de cette matière.
Autrefois, les pipes d'écume avaient toutes des couvercles: aujourd'hui, on les a supprimés, suivant l'usage établi en France, en Amérique, en Angleterre et en Belgique. Les portecigares et cigarettes sont l'objet d'un grand commerce.
L'ambre, que l'on emploie pour faire les extrémités qui touchent aux lèvres, vient de la mer du Nord. Les gros bouts ronds des chibouques sont fabriqués en Turquie et expédiés à Vienne.
L'industrie très-importante des pipes se trouve confondue dans les statistiques autrichiennes avec celle des tourneurs dont le nombre s'élève à 5,587, et qui ont fait pour 4,700,000 florins (11,750,000 francs) d'affaires. S'il n'est pas possible de déterminer exactement la production des fabricants de pipes, on sait que leur nombre est de 428.
La maison L. Hartmann est une des plus importantes de Vienne. Établie en 1830, elle a toujours été à la tête de la fabrication des pipes en écume et des pièces en ambre.
MM. Beisiegel et Hess ont exposé des ouvrages en écume et en ambre d'une belle exécution. Ils occupent 200 ouvriers, et leur chiffre d'affaires s'élève à 300,000 florins (750,000 francs).
490 GROUPE m. — CLASSE 26. — SECTION II.
M. Franz Hiess occupe 100 ouvriers, M. Math. Fuehs, 150; telles sont les maisons les plus considérables dans la fabrication des pipes d'écume.
Dans l'imitation, nous trouvons M. Trebitsch, qui emploie 200 ouvriers; M. Golmann, qui en a 150, et beaucoup d'autres moins importants.
Si nous avons cité un aussi grand nombre de fabricants avec le chiffre de leurs ouvriers, c'est que nous tenions à faire remarquer le développement de cette industrie, qui est une des plus florissantes de l'empire.
Peignes. — Le prix élevé du change est toujours en Autriche un obstacle considérable à la consommation des matières qu'il faut tirer de l'étranger ; aussi la fabrication des peignes d'ivoire et d'écailie n'existe-t-elle pas dans l'empire, qui les tire des marchés français et anglais.
La fabrication courante des peignes se fait en corne, et la douzaine de 8 zoll de longueur (10 centimètres) coûte de 2 à 4 florins (5 à 9 francs). Les peignes de bois coûtent 1 florin et demi la douzaine (3 francs). Il n'y a pas de grandes fabriques dans cette industrie , et les salaires varient de 6 à 8 florins la semaine (15 à 20 francs). Les peignes en caoutchouc prennent une grande extension et font aux peignes de corne une concurrence redoutable.
Sur les 1,285 fabricants de peignes répandus dans tout l'empire, 422 ouvriers de la basse Autriche font à eux seuls pour 250,000 florins (025,000 francs) d'affaires.
Brosserie. — La brosserie est très-peu florissante en Autriche. La France et l'Angleterre envoient dans ce pays, la première, les brosses à dents, et la seconde les brosses à tête et à habits.
L'Autriche exporte la marchandise brute, les soies de porc, et importe les produits manufacturés. On trouve cependant dans tout l'empire 814 brossiers, dont 263 dans la basse Autriche.
Le chiffre d'affaires de ces derniers est de 150,000 florins (375,000 francs).
Vannerie, sparterie. — La production autrichienne en vannerie et en sparterie est entièrement absorbée par la consommation locale, et ne donne lieu à aucune exportation.
Cette industrie est concentrée dans les villes de Vienne, Prague, Leilmeritz (Bohême), Hradisch (Moravie), et dans les campagnes qui les entourent. Le salaire est très-réduit: pour les hommes, la semaine est de 3 à 8 florins (7 fr. 50 à 20 fr.), et pour les femmes, elle est de 2 florins et demi (6 fr. 25).
On a recensé dans l'empire 922 vanniers. Dans la basse Autriche, 570 ouvriers ont produit en i865, 400,000 florins (1 million de francs) de marchandises.
§ 7. — Aulres pays.
Suisse. — Nous avons trouvé dans l'exposition suisse de notre classe des étuis pour montre d'une exécution trèsremarquable. M. Borzinsky, à Genève, a monté un atelier dans lequel se font non-seulement l'ébénisteric et la gaînerie, mais encore la serrurerie qu'il emploie. On reconnaît de suite, à l'aspect des ferrures de ces petites boîtes, qu'elles sont exécutées par celui qui en connaît l'usage, et apprécie l'importance de chacun de ces détails. On a lieu de féliciter M. Borzinsky de l'intelligence dont sa fabrication fait preuve.
La brosserie de M. Sick pourrait être plus soignée, mais paraît être solidement établie.
Espagne. — Une mosaïque de bois, des nattes, des statuettes coloriées et quelques objets de maroquinerie ; tel est le résumé de l'exposition espagnole dans la classe 26.
La disposition des couleurs des nattes est très-harmonieuse, et nous reconnaissons que c'est la fabrication la plus avancée parmi celles que nous avons eu à examiner dans ce pays.
492 GROUPE III. — CLASSE w26. — SECTION II.
Portugal. — Le Portugal a exposé de la tabletterie, de la sculpture sur bois et de la petite ébénisterie, qui indiquent que ces diverses industries sont en progrès.
Danemark. — On a remarqué dans l'exposition danoise un vase en ivoire affectant la forme d'un cor antique. Les basrcliefs, qui représentent des scènes décrites par le poète suédois Fegner, ont été sculptés par M. Schwartz avec un talent très-distingué. Ce vase appartient à S. A. R. le prince Oscar d'Ostrogothie.
Suède. — Cette contrée nous a envoyé des produits d'une confection aussi originale qu'intéressante. La brosserie de M. Carlsson, de Stockholm, est très-supérieure à celle de la Belgique et des Pays-Bas, peut-être même à la fabrication prussienne. Les pièces fines manquent d'élégance, mais elles conservent une physionomie particulière et n'empruntent rien aux modèles français. Les pinceaux nous ont paru très-bien établis.
La fabrication de peignes de M. Schuldheis est aussi en véritable progrès sur les produits signalés aux Expositions précédentes.
Une grande variété de petits objets en écorce de bouleau servent d'échantillons à une production nationale qui s'exécute à très-bon marché.
Norwége. — Des pièces importantes en bois sculpté ont été exposées dans la Norwége. Les frères Borgersen ont envoyé des boîtes et une chope, coupées avec une vigueur et une facilité remarquables.
Russie. — L'exposition russe de la classe 26 permet d'apprécier deux fabricants, dont les produits méritent une mention particulière.
M. Feist, de Varsovie, a présenté des brosses dont la fabri-
cation est en progrès. Nous trouvons cependant les montures encore un peu matérielles. Établie au centre de la production de la matière première, cette industrie est appelée à une grande prospérité, si elle continue à être bien dirigée.
Nous croyons pouvoir signaler l'exposition des soies de porc de M. Mumontoff, de Moscou, bien qu'elle soit en dehors de notre classe, parce qu'elle touche à la brosserie, dont nous venons de parler. C'est tout ce qu'on a vu de plus beau jusqu'à présent comme qualité et comme préparation.
M. Stolzmann, de Varsovie, a exposé des objets en cuir clair dit de Varsovie très-fraîchement faits, et dont la piqûre est d'une finesse et d'une régularité parfaites.
Italie. — Nous avons remarqué l'exécution artistique des mosaïques de bois qui se trouvent dans l'exposition italienne.
M. Almeric Gargiulo nous a soumis un pupitre très-compliqué^ dont la construction ne nous a pas paru répondre aux intentions de l'auteur. La décoration rachète tous ces défauts par ses couleurs vives, le dessin correct des personnages, et le sentiment artistique qui fait un véritable tableau de chacun des panneaux de ce meuble.
M. Luigi Gargiulo, le père du précédent, a exposé des boîtes du même genre, dont la bonne exécution comme mosaïque est cependant inférieure à celle dont nous venons de parler. Il est regrettable que la monture des coffres soit tout à fait négligée.
Turquie. — L'Empire Ottoman est de tous les pays, y compris la France, celui qui contient le plus d'exposants dans la classe 26. Le Catalogue n'en indique pas moins de 143, qui ont envoyé des produits les plus variés. Parmi les principaux, nous citerons:
Les boites et tables en bois couveitcs de nacre de Stéfan et Micaïl, et deSeïd, de Damas;
Les porte-cigares également en bois, mais couverts d'in-
crustations d'argent d'une finesse et d'un caractère très-remarquables deSuleïmau, de Bosnie;
Les tuyaux de pipes en bois et en ivoire tournés en spirale de Mehemed-Effendi, de Constantinople ;
Les chapelets en ambre de la plus belle qualité de Chakir- Effendi et de Riza-Effendi.
Les cuillères et peignes en écaille découpée à jour de Hadji- Hussein-Effendi;
Enfin tout un assortiment de pièces de bureau en ébène incrusté d'argent, exécutées par Fenni-Effendi, de Trébizonde.
Ainsi que nous le faisions remarquer au commencement de ce rapport, cette industrie primitive ne fabrique que des objets d'une consommation toute spéciale à l'Empire Ottoman. Nous devons également faire observer que tout ce qui est fabriqué à Constantinople est d'un prix assez élevé, tandis que les produits venant des provinces sont au contraire très-bon marché.
Vice-royauté d'Égypte. — S. A. R. le Vice-Roi d'Égypte, qui a été mis hors concours, a exposé des vases en corne et en ivoire, un échiquier incrusté d'ivoire avec des pièces sculptées d'une belle exécution, des pipes, des corbeilles et des portemonnaie très -remarquables comme spécimens de l'industrie locale.
Chine. — Les laques et les ivoires sculptés sont admirables. La plupart de ces objets, et précisément les plus beaux, ne sont pas de fabrication moderne.
Japon (Taishiou de Satsouina).— Nous avons visité avec Le plus grand intérêt l'exposition très-curieuse de ce gouvernement. Une des pièces qui ont appelé notre attention est un petit meuble représentant une maison dont la toiture est en vannerie d'une finesse admirable. Les quatre faces sont en laque avec figures en ivoire sculpté et peint. L'intérieur est rempli d'une quantité de petils tiroirs laqués en dedans et
OBJETS DIVERS DE MAROQUINERIE, DE TABLETTERIE, ETC. 'lD5
en dehors, avec ce beau vernis qui résiste à la pression de l'ongle. Le tout est d'une légèreté incompréhensible.
D'autres objets, tels que les boîtes dites de Satsouma, en maroquin, avec intérieur laqué, qui entrent cinq ou six l'une dans l'autre, des porte-cigares en écaille laqués d'or, et une foule d'autres objets, donnent une haute idée de la patience, de l'habileté et du goût qui président à ces fabrications diverses.
Régence de Tunis. — S. A. le bey de Tunis, comme le vice-roi d'Égypte, a été mis hors concours. On n'en a pas inoins visité avec intérêt la belle collection de coffrets incrustés de nacre, de frottoirs, de corbeilles, etc., et on a particulièrement remarqué la longueur exceptionnelle des tuyaux de pipe, en cerisier, suspendus dans les salons où sont réunis les produits de la Régence.
États-Unis. — Nous n'avons trouvé parmi les exposants des États-Unis qu'un seul fabricant de pipes. M. Koldenberg a envoyé des pièces en écume d'un travail soigné , mais dont les prix ne peuvent être comparés à ceux des produits du continent.
Brésil. — Le seul exposant que nous ayons remarqué dans les galeries du Brésil est un gainier, M. Oliveira. Sa fabrication, sans être parfaite, indique cependant des mains exercées qui ont dû travailler dans les ateliers européens.
§ 8. — Angleterre.
L'industrie anglaise est très-développée dans la plupart des différentes professions comprises dans la classe 26.
Les négociants ont sous la main les grands marchés des ivoires, de l'écaillé, des cornes, des peaux et des bois d'ébénisterie. Ils peuvent choisir dans les meilleures conditions, et ne prendre dans les entrepôts qu'au fur et à mesure des besoins de la consommation, les matières premières qui ser-
vent à la confection des produits variés dont cette classe se compose. C'est un avantage considérable sur nos fabricants, qui, en plus des frais de déplacement, doivent payer, au moment du marché, la provision qu'ils sont obligés de faire. Pour les peignes fins, par exemple, cela constitue une différence de 2 à 3 pour 400 sur l'acquisition de l'ivoire, en faveur des fabricants anglais.
La petite ébénisterie est peu représentée à l'exposition anglaise : quelques pupitres, des classeurs avec côtés s'allongeant pour maintenir un plus grand nombre de volumes, sont bien établis.
Le petit bronze paraît prendre une grande extension chez nos voisins, mais ces objets, très-bien exécutés et d'une belle dorure mate, sont d'un prix qui en rendrait la vente difficile ailleurs qu'en Angleterre, où l'on calcule par livres sterling et non par francs,
MM. Howell James et O en ont présenté un assez grand nombre. Les pièces les plus importantes sont des nécessaires dont la boîte en métal ne permet plus de les considérer comme des objets de voyage, mais simplement comme ornements de chambres élégantes.
La réputation des fabricants de nécessaires anglais est ancienne et méritée. L'exécution est consciencieuse, et la coutellerie, la brosserie, les cristaux et l'argenterie sont exécutés avec soiu. Les coffres plaqués sur bois d'acajou, et ferrés avec des charnières et des serrures de peu de longueur, ne présentent pas, malgré leurs dehors matériels, la solidité des coffres français. Ceux-ci sont montés sur chêne, et leurs ferrures, faites sur la longueur de chacun d'eux, maintiennent mieux les bois.
M. Lcuchars a présenté, au milieu d'une belle exposition de sacs et de nécessaires de toilette, un coffre avec des pièces dont les couvercles sont en or massif. Ces couvercles unis sont d'un beau poli et rehaussés par une bordure de perles en or mat.
Les boîtes à écrire, très-usitées en Angleterre, sont parfaitement exécutées, et, en général, toutes les pièces en maroquin lisse sont très-soignées et très- résistantes.
Ce dernier genre de peau de chèvre est aussi très-employé pour la fabrication des sacs ; il a, sur nos maroquins chagrinés, l'avantage de ne pas se graisser et d'être moins exposé à se gâter à la poussière.
Les articles de voyage sont établis en vue des possessions lointaines de la métropole. On a prévu que la réparation ne serait pas possible, et ils sont généralement lourds, mais trèssolides.
Il faut reconnaître que l'esprit pratique, qui avait placé les fabricants anglais à la tôle de la fabrication des nécessaires, il y a soixante ans, leur a fait présenter aussi, en 4855, les premiers sacs de voyage, que nous avons imités et même perfectionnés sous certains rapports. Nous les avons cependant précédés pour les nécessaires-malles, dont un de leurs exposants, M. Schafer, qui fabrique pour la plupart des négociants de Londres, a présenté quelques échantillons d'une confection intelligente. Le seul reproche qu'on puisse leur adresser, c'est que leur poids en rend l'usage incommode.
La tabletterie donne lieu à un commerce important en Angleterre, et occupe un grand nombre d'ouvriers.
En 4861, les industries des graisses, cornes, ivoire, etc., occupaient :
Angleterre et le pays de Galles
Ëcusse
Irlande
Hommes. Femmes.
Total.
Total
Mouvement commercial en 1865.
Importation.
Os 10,725,575 t'-
Dents d'éléphant.. 8,057,150
Réexportation. Consommation.
1,150 10,721,425 tr-
Tolal 18,782,725 ***
T. III
498 groupe m. — CLASSE 26. — SECTION II.
Il ressort des chiffres précédents que l'Angleterre, ainsi que nous le disions plus haut, est un des principaux marchés pour l'ivoire, puisque, à l'état brut, elle en réexporte pour 5,175,350 francs.
M. Heinrich, de Londres, a exposé des peignes à chignons, hauts de forme, avec des découpures à jour, des feuillages sculptés et mats, dont les modèles sont délaissés depuis longtemps.
Nous avons regretté l'absence de fabricants de peignes à retaper et de peignes fins, qui font un commerce très-considérable d'exportation.
Brosserie. — La brosserie est considérée en Angleterre comme l'industrie la plus importante de celles comprises dans la classe 26.
D'après la statistique de 4861, les fabricants de brosses et de balais de crin représentent les chiffres suivants :
L'Angleterre et le pays de Galles 11,178 fabricants.
Ëcosse 535
Irlande..... 617
Total 12,330 fabricants.
Ils ont exporté en 1865 pour 1,300,000 francs de marchandises, dont la plus grande partie a été expédiée en Australie.
D'un autre côté, il se fait un mouvement considérable dans le commerce des soies de porc ; et, en 1865, nous trouvons :
Importation. Réexportation. Consommation.
La brosserie anglaise est la seule qui puisse entrer en comparaison avec la nôtre.
Dans l'exposition de M. Fentum, nous trouvons d^s brosses dont le montage laisse à désirer, mais l'ivoire et les soies sont admirables. Il faut ajouter que les soies sont préparées en
France, et que la beauté de l'ivoire est la conséquence de la facilité qu'ont les négociants anglais de choisir sur leurs marchés les plus belles matières premières. Les brosses à dents sont très-inférieures à celles de la fabrication' française pour la façon et les modèles.
Les brosses à peindre, faites avec de bonnes marchandises, ne sont pas bien montées, à l'exception toutefois de celles de M. Grenslade.
M. Coudron a expose de la brosserie fine en bois qui est très-bien exécutée.
M. Kent a présenté des brosses en nacre et en écaille d'une belle facture et très-soignées.
Les brosses pour chevaux et voitures de M. Pemberton sont parfaites. La fabrique de Londres a, pour cet article, une supériorité incontestable; mais cette brosserie est d'un prix élevé.
Les pièces en bois de santal sculpté que nous avons trouvées dans les Indes anglaises, ont été envoyées pur le gouvernement de Bombay. C'est toujours ce même genre de sculpture fine, régulière, délicate et originale, qui1 étonne lorsqu'on sait que c'est avec un outillage très-imparfait que ces pièces sont produites. La sculpture la plus estimée dans le pays est celle qui est percée à jour, c'est-à-dire que les côtés des boites, ainsi que le couvercle, sont découpés de part en part, et l'intérieur est doublé d'une étoffe de soie qui fait ressortir le dessin. Le bois étant très-dur, la difficulté augmente lorsqu'il s'agit de repercer un panneau qui a quelquefois plus d'un centimètre d'épaisseur.
Dans le gouvernement de Madras, nous avons trouvé ces charmantes mosaïques rondes, incrustées d:ihs des bandes d'ivoire qui, elles-mêmes, sont incrustées dans du bois de santal. Les pièces les plus riches sont entièrement recouvertes d'ivoire. L'adresse, la patience et le goût déployés par les
Indiens pour l'assemblage de ces petits triangles de plusieurs couleurs qui forment les rosaces, est incroyable. L'effet est charmant, et il est impossible de rien voir de plus doux et de plus agréable aux yeux.
Nous avons aussi remarqué, dans le Penjaub, des boîtes en bois peint, des objets en papier mâché dont les dessins ont un caractère particulier, et les couleurs cette harmonie singulière de ton que l'on rencontre dans tous les produits de cette contrée.
g 5. — Conclusion.
Notre conclusion sera la même que celle de M. Rondot, en
L'industrie française a conservé jusqu'à ce jour sa supériorité pour les professions comprises dans la classe 26; mais les progrès considérables faits par toutes les nations qui nous entourent diminuent chaque jour la distance qui nous séparait d'elles.
Il est remarquable que chez tous les peuples où l'instruction est le plus répandue, les progrès industriels sont aussi les plus rapides. Nous pouvons espérer que les efforts faits par notre gouvernement pour la développer en France porteront leurs fruits.
Mais pour toutes les parties de l'industrie où le goût est nécessaire, cela ne suffît pas; il faut encore que cette instruction soit complétée par la fréquentation des écoles de dessin et des musées. C'est par les soins donnés à leurs apprentis que nos fabricants assureront l'avenir de leur industrie ; en encourageant leur goût pour l'étude, ils formeront des ouvriers qui, par leur talent, feront un jour honneur à l'industrie française.