‹ Exposition universelle de 1867 Rapports du jury internationalChapitre 71 sur 75 · VANNERIE, SPARTERIE, TÔLES VERNIES · texte numérisé non relu

VANNERIE, SPARTERIE, TÔLES VERNIES

$ 1 . — Vannerie.

La vannerie fine de Paris jouissait au siècle dernier d'une grande réputation ; ses paniers, cabas et corbeilles sont encore

très-recherchés. La plupart de ces objets ne sont pas fabriqués dans la ville, où la main-d'œuvre est trop élevée, et les marchands les tirent de province.

L'osier est la seule matière employée, mais les formes sont étudiées avec soin et la manière de tresser les fibres employées dans ce travail est variée de la façon la plus intelligente.

En 1849, il existait à Paris, 141 vanniers ; en 1860, on en a compté :

Employant pins de 10 ouvriers 1

Employant de 2 à 10 ouvriers 61

Employant 1 ouvrier on travaillant seuls ... 132

Total 194 fabricants.

Avec 298 ouvriers, les 194 industriels ont fait un chiffre de 1 ,813,743 francs d'affaires.

Dans ce nombre, on a recensé dans les ateliers :

Hommes .' 245

Femmes ; 43

Enfants âfrés de moins de 16 ans 10

Total 298 ouvriers.

Les hommes sont payés à raison de 3 à 7 francs par jour,

avec une moyenne de 4 francs. Le quart seulement travaille à la journée et les autres à la pièce. Les femmes gagnent de 1 fr. 50 à 3 francs, avec une moyenne de 2 francs. La moitié travaille à la pièce et l'autre à la journée.

La production parisienne était à cette époque de 1,813,743 francs, dont 1,701,243 francs sont restés en France et 1 12,500 francs ont été exportés.

Celle de la vannerie française peut être estimée à 60 millions environ. Nous trouvons à l'exportation en 1865 le chiffre de 3,237,060 francs.

La vannerie artistique et de luxe est complètement parisienne. C'est surtout dans cette partie que la fécondité et une

OBJETS DIVERS DE MAROQUINERIE, DE TABLETTERIE, ETC. V7fj

activité incessante de création sont indispensables. A peine un modèle a-t-il paru que des acheteurs à la piste de nouveautés trouvent le moyen de se le procurer, l'expédient en Suisse et en Allemagne, et, quelques semaines après, l'article est déprécié, parce que la place est inondée de contrefaçons mal réussies, mais d'un prix tellement inférieur que les pièces bien faites ne peuvent plus se vendre. Il n'y a aucun moyen de se préserver de ce plagiat continuel, il faut être constamment sur la brèche et marcher en avant, afin que les imitations arrivent trop tard, et lorsque le modèle copié est déjà remplacé par un autre.

Ce sont les confiseurs qui écoulent ces objets de fantaisie, qu'on offre rarement vides ; mais, pleins de bonbons, ils for ment un charmant présent dont il reste toujours quelque chose.

Quatre ou cinq maisons dans Paris s'occupent de cette fabrication spéciale, et le nombre de leurs ouvriers, dont la plupart sont de véritables artistes pour le goût, ne s'élève pas à plus de 30 à 40. Leur salaire varie de 6 à 42 et même à 15 francs par jour. La vannerie fine, dont nous venons de parler, n'entre guère que pour un dixième dans les chiffres de production indiqués au commencement de ce chapitre.

M. Mutet, à qui nous devons une partie de ces renseignements, est à la tête de cette fabrication, et ses produits se font remarquer par une heureuse application de demi-boules de cristal dont il a orné ses boîtes, paniers et jardinières. La couleur du satin employé pour la doublure est encore relevée par l'éclat de ce cristal appliqué sur les bambous et les joncs formant la carcasse de ces différents objets.

§ 2. — Spartcrie.

La sparterie a singulièrement perdu de son importance depuis que les progrès de l'industrie ont rendu l'habitation plus confortable. Les parquets, les tapis, les étoffes pour meubles

ont remplacé avantageusement les nattes de paille et de jonc en usage dans les siècles qui ont précédé le nôtre.

D'après les chiffres de la statistique de l'Industrie parisienne,

On a recensé en 1860 :

Fabricants d'ouvrages en sparterie 28

Fabricants de paillassons 28

Fendeurs et fileurs de rotin 13

Tolal 69 fabricants.

Avec 261 ouvriers, les 69 industriels recensés ont fait un chiffre de 1,150,850 francs d'affaires. Les fabricants d'ouvrages en sparterie, 276,450 francs avec 72 ouvriers.

Les fabricants de paillassons, 211,900, avec 48 ouvriers.

Les fendeurs et fileurs de rotin, 662,500, avec 141 ouvriers.

Dans ce nombre, on a trouvé dans les ateliers :

Hommes 116

Femmes 138

Apprentis au-dessous de 16 ans 7

Total 261 ouvriers.

Le salaire des hommes varie de 3 à 5 francs, avec une moyenne de 3 fr. 50 c. Les femmes gagnent de 1 à 3 francs par jour, et la moyenne est de 1 fr. 75 c. Le quart des ouvrières travaillent à la journée, les autres à la pièce. Chez les hommes, le nombre de 116 est divisé en un tiers pour les ouvriers travaillant à la journée, et les deux autres tiers occupés à la pièce.

Le produit de cette industrie était, en 1860, de 1,109,850 fr., dont 41,000 francs seulement ont été exportés.

En France , la classe 26 ne renfermait aucun exposant dans la sparterie.

Les fabricants de tôles vernies ont été placés dans une autre classe, et nous n'avons pas été appelé à les examiner.

Algérie. — L'Algérie compte, dans la classe 26, vingt-neuf

OHJKTS DIVERS DE MAR0QL1NKKIE, DE TAIJLKTTER1E, ETC. 477

exposants, dont cinq fabricants parisiens, qui ont placé dans cette section des pièces confectionnées avec les bois de cette contrée. Parmi les essences qui sont le plus répandues daus rindustrie, le thuya occupe toujours la première place. Sa couleur agréable, ses dessins variés, la finesse de ses pores, qui acceptent si bien le vernis, lui ont acquis dès son apparition un succès qui se maintiendra encore longtemps.

MM. Maréchal et Duthoit ont exposé des caves à liqueur et des boîtes en thuya qui ont été remarquées.

Dans la maroquinerie, Bou-l'Assel a envoyé des ceintures brodées (harem), des porte-monnaies (lesdad) et des portepistolets solidement établis et dont les broderies ne manquent pas de caractère.

La corporation des nègres de Biskra Constantine) fabrique de la vannerie dont le principal mérite est dans la solidité.

M. Porcellaga expose des œufs d'autruche dont la sculpture primitive est assez originale.

La proximité de la métropole doit arrêter pendant longtemps encore l'industrie locale des pièces fabriquées de la classe 26, et elle n*a de chances de développement que dans les objets d'usage particulier aux indigènes.

Colonies françaises. — La Guadeloupe, la Réunion, l'Inde, la Cochincbine, la Martinique, la Guyane, la côte occidentale d'Afrique, Madagascar, la Nouvelle-Calédonie et Tahiti ont envoyé des produits qui se rattachent presque tous à la vannerie et à la sparterie .

Nous avons remarqué les corbeilles en latanier de M. Esparon et de M,Ie Panon, de Saint-André de la Réunion, la vannerie de bambou de Marc Cyrus, de la Martinique, et les nattes de MM. Contt'St-Lacour, de l'Inde. Tous ces ouvrages sont finement et habilement tressés.

Les élèves de rétablissement de la Ressource, à la Réunion, ont envoyé un pupitre et une cassette en bois du pays, qui indiquent une certaine aptitude aux ouvrages d'ébénisterie.

Enfin, une des expositions les plus importantes de nos co-

'l78 GROUPE III. — CLASSE 2f>. — SECTION II.

lonies a été exécutée par un ouvrier annamite nommé Caô- Van-Hien. Ses plateaux à bétel sculptés et incrustés d'ivoire et de nacre sont d'une bonne fabrication. Une certaine quantité d'autres pièces du même travail rappellent la perfection des ouvrages que nous avons admirés dans l'Inde anglaise.

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