‹ Exposition universelle de 1878 à ParisChapitre 15 sur 15 · C.'officinalis (écorces à couronne) Équateur · texte numérisé non relu

C.'officinalis (écorces à couronne) Équateur

CaUsayaT Santa Fé 1 ^corces de Pita^o) C. cordifolia

J (écorces de Carthagène) j

> Colombie.

La première phase et la plus hasardeuse de l’entreprise consistait à recueillir les plants et les graines dans la Sud de l’Amérique et à les envoyer dans l’Inde. La seconde phase également difficile était la culture et la découverte des espèces les mieux appropriées à l’Inde et la meilleure méthode de traitement de façon à faire produire la plus grande somme possible de principes alcaloïdes fébrifuges dans les écorces.

Le première soin fut de rechercher pour établir les plantations, les emplacements les plus favorables et ceux qui présentaient le plus de ressemblance avec le lieu de naissance du quinquina. M. Markham s’appliqua en 1860 à terminer cet examen et il choisit à Neddivathem, sur les pentes septentrionales des monts Neilgherry, vis-à-vis Wynaad, un site pour les plants du C. succirubra , du C. Calisaya et les écorces grises, et un site plus élevé, audessous du pic Dodabetta, pour les plants du C. officinalis. Il désigna en outre des emplacements pour y établir des pépinières, dans les monts Coorg et Pulney et à l’occasion de sa seconde visite dans l’Inde en 1866, à Travancore et Wynaad.

La transformation successive du quinquina, de plante sauvage en arbre cultivé, est due à l’habilité et aux soinssans rivaux de feu M. Mclvor, directeur de la culture du quinquina, dans la Présidence de Madras. M. Mclvor propagea les plants avec le plus grand succès, établit des plantations, découvrit les conditions qui leur étaient nécessaires pour donner la plus grande production, et la manière de renouveler les écorces au moyen de l’application de la mousse, qui indubitablement assure et augmente la somme des principes alcaloïdes fébrifuges. Il arriva à reconnaître que le C. succirubra était l’espèce qui convenait le mieux à l’usage de l’Inde en fournissant la plus grande quantité de fébrifuge à bon marché, mais que le C. officinalis et les bonnes espèces de Colombie fournissaient les écorces les meilleures pour le marché de Londres et susceptibles d’un produit rémunérateur de la dépense. En 1870, les plantations du quinquina, dans les monts Neilgherry, appartenant au Gouvernement, couvraient 1,200 acres d’étendue et en outre plusieurs particuliers possédaient plusieurs plantations très prospères sur les Neilgherry et à Wynaad, 235,747 plants ayant été distribués jusqu’en 1875. Dans la même année plus d’un million de pieds existaient dans les plantations du gouvernement.

En 1862, une plantation de quinquina fut établie dans le Sikkim anglais, sous la direction du Docteur Anderson qui avait obtenu des plants du C. succirubra provenant des monts Neilgherry. Les autres espèces ne purent fleurir sous le climat Sikkim, mais le C. succirubra est parfaitement acclimaté dans la plantation de Rungbee. Dans l’année 1875, il existait plus de deux millions de plants du C. succirubra à Rungbee et la propagation peut parfaitement suffire à l’extension de la culture.

La seconde phase de l’entreprise qui était la culture, était ainsi couronnée d’un succès complet.

La troisième mesure et la plus importante a pour objet l’approvisionnement à bon marché du fébrifuge pour le peuple. Dès qu’ils était établi qüe le C. succirubra était l’espèce qui convenait le mieux à l’Inde, un point important était obtenu. Cette espèce produit un somme très importante de principes alcaloïdes fébrifuges, mais seulement une petite quantité de quinine. M. Markham vit qu’il était d’une importance capitale de découvrir la valeur médicinale des autres alcoloïdes, tels que la quinquinadine, quinidine et quinquinine et de reconnaître lequel d’entre eux possédait à l’égal de la quinine, les meilleures qualités'fébrifuges. En conséquence, il obtint en 1866 l’appui des commissions médicales de chacune des trois présidences pour étudier et résoudre cette question. Le résultat fut que la quinquinadine (le principal alcaloïde du C. succirubra ) et la quinidine pouvaient être considérés comme

l’exposition universelle de 1878.

égales à la quinine, et la quinquinine inférieure, quoiqu’encore efficace à grandes doses. C’était un grand point dont le résultat était de rendre possible l’approvisionnement à bon marché du fébrifuge. L’extraction de la quinine pure exige un procédé coûteux, tandis que la production d’un médicament contenant tous les principes alcaloïdes dans des écorces est simple et aisée. Ce fait important ayant été établi, M. Markham .s’empressa aussitôt de faire adopter une mesure destinée à assurer le résultat final de la culture du quinquina dans l’Inde, ce fut la préparation d’un médicament fébrifuge dans les plantations du Gouvernement qui contint tous les principes alcoloïdes et pût être vendu au plus bas prix possible. A cet effet M. Broughton fut nommé quinologiste des monts Neilgherry en 1866 et en 1873, M. Wood fut désigné pour la même fonction dans les plantations de Sikkim. M. Broughton adopta un moyen de préparatiou de ce médicament qui nécessitait l’usage de l’alcool, mais qui cependant était peu dispendieux. Depuis 1873, il produisit plus de 600 lbs. d’un quinquina alcaloïde amorphe, mais le point principal de bon marché n’etait pas obtenu. Ce moyen dut en conséquence être abandonné. M. Wood commença ses opérations actuelles en 1875. La méthode est la même que celle employée par le savant quinologiste de la Haye, le docteur J. E. de Vrij, qui appelle le résultat produit : quinetum . L’écorce pulvérisée est d’abord épuisée avec de l’eau froide acidulée et la liqueur en résultant est précipitée au moyen d’un alcali caustique. Rarement il y a besoin de combustible, le matériel est peu coûteux et il suffit de simples tuyaux en bois et de filtres en calicot. On put bientôt produire au moyen de ce procédé, plus de 140,000 onces d’un alcaloïde du quinquina chaque année à un prix inférieur à une roupie par once. La quinine en Angleterre coûte de huit à neuf shillings l’once et le prix en est beaucoup plus élevé dans l’Inde.

Ainsi le grand objectif de cette entreprise difficile est à la veille d’être atteint et un bienfait inestimable a pu être répandu dans l’Inde. En même temps des écorces riches en quinine ont pu être vendues sur le marché„de Londres et couvrir toutes les dépenses faites pour leur culture avec les intérêts. La somme de 40,000/. a été réalisée par ces ventes, en 1877 seulement. Tandis que d’un côté la culture du quinquina peut être le travail public le plus rémunérateur, de l’autre il peut enlever aux fièvres malignes de l’Inde les trois quarts de leurs victimes et par ce grand résultat diminuer la somme des misères et des souffrances humaines.

Appendice C.

Monographie sur l’Industrie des Soies sauvages des Indes, illustrée par les Objets et les Spécimens, ainsi que des autres genres de Soies, contenues

DANS LA VITRINE QUI SE TROUVE DANS LA SECTION INDIENNE : AUSSI SUR LA COLLECTION NOMBREUSE DES

Drogues tinctoriales des Indes exposées dans la même Section. — Par Thomas Wardle, Membre des Sociétés géologique et chimique de Londres, qui a été chargé et appuyé par le Gouvernement des Indes, afin de les améliorer et de les perfectionner.

La soie produite par la chenille du Tasar ou Tussore forme l’intérêt principal de la case.

J’ai essayé d’exposer cette soie d’une manière aussi complète que l’espace mis à ma disposition me permettait de le faire. On la trouvera dans tous ses états, fabriquée et montrant les perfectionnements les plus récents apportés à

GTIDE DE LA SECTION INDIENNE

son traitement aussi bien qu’à sa teinture. Des spécimens de ses différentes phases illustrant l’histoire de l’insecte dans tous ses divers états, à l’exceptions de la chenille qu’il m’a été impossible de me procurer.

La soie tussore était depuis longtemps connue des naturels qui s’en servaient ; exportée depuis quelques années en quantités considérables, la manière primitive dont les naturels la traitent en premier lieu ; l’impossibilité où l’on était jusqu’à présent de la teindre convenablement ont néanmoins fait que jusqu’à présent on ne s’en est guère servi en Europe si ce n’est pour robes pour dames et jeunes filles, et cela, non teinte, c’est-à-dire, de la couleur naturelle de la soie.

Au Bengal et dans les provinces voisines, depuis les temps les plus reculés, les naturels ont fabriqué des étoffes avec cette soie. On les nomme Tusseh “ Doot Hies les Brahmines, ainsi que d’autres sectes indiennes, les portent comme vêtements.

On trouve le Tussah depuis la partie Nord- Ouest de l’Himalaya jusqu’à Midnapore dans le Sud, dans le Bengal et dans la partie Nord-Est de l’Assam, dans le Sud vers Chittagong et probablement plus loin ; on la trouve encore dans la Présidence de Bombay et dans celle de Madras ; on prétend qu’elle se rencontre en plus grandes quantités dans le Bhagulpore au Bengal.

Elle se trouve notamment en abondance dans l’Est du Chhatksgarh, et du Reupur, et Belaspure et Sambalpur, aussi dans le district de Chanda, de la province de Nagpure et dans le district de Leoni (Rapport officiel de 1875 ; J. O. Neill).

La couleur naturelle de la soie est un ton fauve assez foncé, fort différent des couleurs blanche et dorée~des soies du mûrier. Elle a beaucoup moins d’affinités qu’elles pour les matières de teinture et surtout pour celles qui viennent de l’Inde, et ce n’est que dernièrement qu’on l’a teinte en quantités assez considérables.

Je me suis depuis plusieurs années occupé et non sans succès, à perfectionner les diverses méthodes de teinture ; on en trouvera le résultat dans la case, dix numéros, 10, 11, 12, 20, 40, 41, 42 et 52.

Aux numéros 8, 9, 18, 19, 21, 51, 53, 54, 55, on voit des perfectionnements que j’ai fait exécuter dans la fabrique de la soie Tussore. Je les décrirai en temps et lieu.

Ces perfectionnements dans la fabrique des soies Tussore, auront, sans nul doute, une influence considérable sur leur culture et leur emploie ainsi que sur celle des autres soies sauvages, et l’on ne pourra guère en mesurer l’importance, dans quelques années, que par la quantité qu’on en pourra produire. ,

En premier lieu, on trouve dans la case une feuille (N° 1) de l’espèce Terminalia, sur laquelle sont des œufs du papillon du Tussore ; on dit qu’ils mettent de deux à quatre semaines à éclore.

Les larves, lorsqu’elles sont plainement développées ont à peu près dix centimètres de longueur ; elles ont douze anneaux ou articulations, en plus de leurs extrémités ; leur couleur est un vert ressemblant à celui de la feuille dont elles se nourrissent ; elles sont marquées de points rougeâtres et ont une ligne d’un jaune rouge courant en long sur elles; leur nourriture se compose de diverses plantes : —

Rhizophora calceolaris. Linn.

Terminalia alata glabra (Arbre Assum).

Terminalia catappa (Amandier du pays).

Tectoria grandis.

Zizyphus jujuba.

Shorea robusta.

Bombax heptaphyllum.

Careya sphærica.

Pentaptera glabra.

Ricinus communis (la plante du ricin).

Six semaines après son éclosion, la chenille commence à filer son cocon ; -elle le suspend d’une manière fort curieuse à l’une des branches de l’arbe sur lequel elle vit, formant une queue de filaments de soie entourant la branche à son extrémité, comme le montrent les spécimens du numéro 3.

l’exposition universelle de 1878.

Aussitôt le cocon filé, la chenille se transforme en chrysalide ou nymphe (voir le numéro 2) et y demeure prisonnière pendant à peu près neuf mois , depuis Octobre jusqu’en Juillet. Elle se transforme alors en papillon et tandis que les ailes sont encore dans un état imparfait, elle amollit l’extrémité du cocon avec une exudation qui lui permet de séparer les fibres de la soie ; elle se fait alors un passage au dehors pendant la nuit.

Au numéro 4, on voit les cocons tels qu’ils sont après la sortie du papillon.

Au numéro 5 se trouvent des cocons de Sambalpoor, provinces du Centre ; ils sont plus gros que ceux du numéro 3.

Le poids du cocon tussore avec sa nvmphe et la queue qui l’attache & la branche de l’arbre est d’ordinaire d’environ cinq grammes. Le rendement d’un cocon est d’environ 11 grains de soie, 700 @ 1,000 cocons font 4 5

yards de tissu 1| yard de large. Dans le Sambalpur le rendement est estimé à 10 millions de cocons.

Les numéros 6 et 7 montrent les papillons du Tussore dont les noms suivent : —

Antheræa Paphia (Linnæus).

Bombyx Paphia (Hübner).

Saturnia Paphia (Roxburgh).

Phalæna Attacus Mylitta (Durmy).

Phalæna Paphia (Roxburgh).

Bombyx Mylitta (Fabricius).

Le “ Bughy ” des naturels des monts de Burhhoom où cette soie (appelée par eux “ Tusseh) est fabriquée.*

Nos. 8 and 9.

Organsin et trame Tussore.

L’état et la qualité de ces soies sont tels qu’on les trouve à présent en Angleterre et comme on s’en sert pour fabriquer des étoffes. L’état actuel de la manufacture du tussore est bien représenté par ces échantillons qui sont de 255 deniers (15 drams par 1,000 mètres anglais) ; la grosseur du fil en Angleterre court en général de 152 deniers (9 drams) à 255 (15 drams). Elle est nécessairement trop considérable pour qu’on puisse produire avec elle des tissus de la finesse de ceux des soies du Mûrier : on fait avec ces dernières des trames et des organsins depuis 21 deniers (l£ drams) et c’est avec ces matériaux que l’on fabrique les tissus les plus fins.

Les tissus imprimés, numéros 21 et 55 sont faits avec de l’organsin et de la trame tussore de la grosseur des numéros 8 et 9 et de la même qualité.

Le manque de finesse et de qualité doit être attribué à la manière imparfaite et inhabile avec laquelle on travaille le cocon dans l’Inde et traite la soie qu’on en retire, et aussi au besoin de meilleures machines pour la préparer et la mettre en grège.

Aux numéros 10, 11, et 12, on voit les mêmes soies teintes en couleurs et en noir. Les numéros 10 et 19 sont teints avec des matières de teinture indienne seulement, et valent la peine d’être notées.

No. 13.

Soie tussore, grège, non teinte, venant de Bhagulpoor et dévidée par les naturels.

No. 14.

Un autre spécimen de soie grège, non teint, dévidé par les naturels.

No. 15.

La même soie que le numéro 14, teinte par les naturels.

* Le papillon mâle est d’une couleur rouge brun pâle, et la femelle plus jaune.

Mr. J. O. Niell, dans son rapport dit Le papillon est particulièrement révéré par les gens occupés de la culture du ver, les dessins sur ses ailes sont considérés comme le “ chakra 55 ou marque de “ Vichnou.”

Ces gens prétendent observer la plus grande pureté de vie pendant la période de temps qu’ils restent dans les jungles occupés à la culture du ver. Ainsi ils ne mangent pas de viandes ; pas de poissons et aucune épices, ne se rasent ni coupent leurs cheveux, ne portent pas de vêtements blanchis, oignent leur corps d’huile, et ne touchent personne qui aurait vu un membre des siens mort.

GUIDE DE LA SECTION INDIENNE

No. 16.

Soie tussore dévidée pour les naturels, grège, non teinte, venant de Bogra.

No. 17.

Soie tussore du Bengal, non teinte, dévidée par les naturels.

No. 17a.

Soie tussore, grège, tirée de la même espèce de cocons que ceux du numéro 3 et montrant les perfectionnements considérables apportés à sa fabrication.

No. 18.

Organsin tussore, le même que celui du numéro 12, dévidé dans l’Inde et fabriqué en Angleterre, 255 deniers (15 drams par 1,000 mètres anglais). On l’a placé ici pour contraster avec les échantillons à côté et qui sont fabriqués d’une manière perfectionnée.

No. 19.

Organsin tussore, fabriqué, etc. . . . par mes ordres et sous ma direction. On verra dès l’abord, sa grande supériorité comme qualité, finesse, et propreté. Au lieu de soies d’une grosseur de 152 à 255 deniers (9 à 15 drams) qu’on produisait auparavant, on peut maintenant obtenir des même cocons, de l’organsin et de la trame d’une qualité supérieure, de 51 deniers (ou 3 drams) et plus. On peut avec elles tisser un grand nombre d’étoffes pour lesquelles jusqu’à présent on n’avait pu employer que les soies du mûrier.

Je ne puis trop appeler à ce fait l’attention de ceux qui s’intéressent à la manufacture de la soie et l’on ne peut trop en priser la valeur.

L’industrie du Tussah a un avenir des plus importants ; une amélioration aussi considérable aura lieu, pour cette industrie que celle qui résulta de l’introduction de machines perfectionnées dirigées par des mains habiles, il y a un nombre d’années dans les districts produisant la soie du mûrier au Bengal. On trouva alors que les soies du Bengal, au lieu d’être pour ainsi dire, sans valeur, pouvaient se travailler de telle sorte, que leur usage devint général en Europe et peuvent rivaliser avec les soies françaises et italiennes comme finesse.*

No. 20.

Cette soie est la même qu’au numéro 19, mais teinte par des procédés perfectionnés avec des couleurs d’aniline, pour montrer la délicatesse de nuance qu’elle peut prendre par le nouveau traitement. C’est à peine s’il existe une nuance, légère ou foncée, que l’on ne puisse maintenant teindre sur le tussah.

No. 21.

Dans la partie supérieure de la case, on trouvera des étoffes tussore faites avec de l’organsin et de la trame numéros 8 et 9. J’ai imprimé sur ces étoffes, une série de dessins pour montrer qu’il est maintenant possible d’imprimer sur tussah. C’est, je crois, la première fois qu’on a essayé, et en Europe et dans l’Est, d’imprimer sur étoffe de soie sauvage quelle qu’elle soit. On peut se servir et avec beaucoup d’effet, de tussah imprimé de cette manière, pour tentures, rideaux, garnitures pour meubles, robes pour femmes et jeunes filles. Les tapissiers et fabricants de soieries ne peuvent trop étudier ces spécimens et surtout les trois du numéro 55 qui sont des étoffes faites avec du tussah et aussi de la chaîne et de la trame du No. 809, 255 deniers.

Les étoffes qu’on produit avec lui sont extrêmement fortes, très durables et sont très brillantes.

Les dessins imprimés en bleu sont faits avec de l’Indigo ; c’est la première fois qu’on a réussi à appliquer l’Indigo sur étoffes de soie, comme imprimé et non peint. On trouvera ces couleurs extrêmement solides ; du reste, il n’entre d’aniline dans aucune d’elles, ni quoi que ce soit de passager. Kemarquez le ton du bleu qu’on y trouve ; il est très riche et modifié jusqu’à un certain point par le fond, dont la couleur sombre a empêché le trop de brillant d’apparaître.

* Le coût pour produire les organsins et les trames de cocons, est d’environ 15 frs. par ko.

Mr. O’Neill dans son rapport de 1875 dit Les procédés pour manipuler la soie sont très-simples, mais les moyens nouveaux sont nécessaires dans l’art de fabrûiuer les soies.

l’exposition universelle de 1878.

Je parlerai plus au long de la nature artistique des produits végétaux colorants de l’Inde, et cela dans la description que je ferai de la collection de ces objets, exposés dans cette section.

No. 24.

Trois papillons et six cocons de l’Attacus Cynthia, ver à soie sauvage de l’Inde, produisant la soie connue sous le nom d’Erie ou Eria d’Assam. On le connaît encore sous les noms qui suivent : —

Phalæna Cynthia (Roxb.).

Bombyx Cynthia (Olivier).

Sania Cynthia (Hûbner).

Saturnia Cynthia (Westwood).

Saturnia Arrundia (Royle).

C’est l’Arrindi, ou ver à soie de l’Arrundi de Roxburgh. Il me faut ajouter à ces noms, l’Attacus Ricini (Boisduval) ; c’est, si je ne me trompe, le même insecte, avec cette seule différence, qu’il se nourrit du Ricinus communis ou Palma Christi, et qu’on l’élève dans l’Assam et dans une grande partie de l’Indoustan, et surtout dans les districts de Dinagepur et Langepur.

Monsieur Hugon nous donne les détails qui suivent à son sujet, détails qui sont fort intéressants : “ La larve, pleinement développée a 9 centimètres de “ longueur, à peu près ; elle met quatre jours à filer son cocon. Les tribus des “ montagnes, qui se sont depuis fixées dans la plaine, aiment beaucoup à “ manger la chrysalide.”

Le cocon est bien plus petit que celui du Tussah et est mou ; le naturels ne peuvent en dévider la soie, mais la filent comme du coton. Le Dr. Helfer nous dit que l’insecte produit tellement qu’il y a douze élevages par an, la chenille croît rapidement et n’offre aucune difficulté pour un commerce étendu.

Monsieur Atkinson nous dit que les fils sont si fins, qu’il est impossible de dévider les cocons, on en file la soie comme du coton ; avec le fil fait de cette façon, on fabrique une étoffe blanche et grossière qui semble fort peu serrée et qui cependant est extrêmement durable ; une personne vit rarement assez longtemps pour user un vêtement fait avec cette étoffe.

On dit que récemment on est parvenu à dévider le cocon.

L’épaisseur du fil de l’Eria est de 0*007 millimètres.

Laissant de côté la question du filage, une considération importante se présente ; je veux dire, la capabilité où l’on est de filer le cocon d’Eria, comme l’on fait la laine ou le coton. Depuis quelques années, on a considérablement perfectionné en Angleterre les machines à filer. On est arrivé à obtenir des résultats merveilleux ; le fil produit pour coudre ou tisser, avec le déchet de soie ne pouvant se dévider, était d’une égalité extraordinaire. Je me hasarderai à prédire pour ces produits et tous ceux qui dérivent des déchets de soie et des cocons qu’on ne peut dévider, un avenir qui compensera pleinement la peine prise pour cette collection.

L’industrie des naturels devrait être excitée à recueillir toutes sortes de cocons pouvant et ne pouvant se dévider. Il est en effet très-facile de filer ces derniers, et en ce moment même les filateurs de soie ont besoin de plus de Tussah qu ils ne pouvent s’en procurer ; sans nul doute ils achèteraient sans hésiter d’autres espèces de cocons de soie.

No. 25.

Un échantillon de soie de l’Eria, filé, sans doute, à la main, par les naturels.

No. 26.

Échantillon de la même soie, grossièrement teint par eux.

No. 27.

Soie de l’Eria produite par le ver à soie du Ricin d’Assam.

No. 28.

Échantillon de la même soie, venant d’un autre district de l’Assam (Lakhimpur).

GUIDE DE LA SECTION INDIENNE

No. 29 et 30.

Spécimens mâle et femelle du papillon : —

Attacus Atlas (Hübner).

Phalæna Attacus Atlas (Linn.).

Bombyx Atlas (Fabricius).

Ce ver se nourrit du Phyllanthus Emblica.

No. 30.

Cocon de ce magnifique papillon ; on peut facilement le filer.

No. 31.

Actias Selene.

Phalæna Attacus.

Se nourrit de Monsoore (Coriarior Nepalensis). Le cocon de ce ver est renfermé entre deux feuilles. Il semble impossible de dévider sa soie assez grossière ; on peut la filer.

No. 32.

Cocons de P Actias Selene.

Nos. 33 et 34.

Papillons mâle et femelle et cocons du Bombyx Attacus (Yama Mai). Bien que cet insecte soit originaire du J apon, on le trouve aussi en Chine et dans l’Inde.

On dit qu’au Japon la soie de ce ver est fort estimée et qu’on la réserve à l’usage du roi, mais ceci j’en doute. Elle est très-fine et d’une couleur verte ; on a naturalisé la chenille en Europe.

Il y a plusieurs étoffes fabriquées avec cette soie dans la section du Japon, bien intéressante et belle.

En France on est arrivé à des résultats remarquables en croisant le Yamamai et le Bombyx Attacus Pernyi ; cet insecte est si robuste qu’on prétend que son éducation a lieu à zéro.

Nos. 35 et 36.

Cocons et soie du Mooga ou Moonga Antheræa Assama.

Il y a cinq élevages de ce ver par an ; il se nourrit des plantes qui suivent : — Addakoory, Digluttee, Champa Soona, Dattee, Souhalloo, Kontooloa, Shoondee.

No. 37.

Soie appelée Ya-baine, du district de Prome, Burmah, produite par le Bombyx mori.

No. 38.

Œufs, cocons, papillons et soie grège du Bombyx mori. C’est la soie Bengal du commerce ; le vers se nourrissent des feuilles du mûrier, comme en Chine, au Japon et en Europe.

No. 39.

Soie “ Pat,” une espèce de soie assez rare, venant d’Assam, probablement une variété de Bombyx mori, mais qu’on dit être le produit de Bombyx Texta ; le ver se nourrit des feuilles du mûrier.

Les cocons sont plus petits et plus longs en proportion de leur diamètre que ceux de Bombyx mori, mais de la même couleur jaune. La soie est fine mais ne parait pas produire un filé fin, et ressemble à un gros No. de la soie Tussah, fabriquée par les indigènes.

No. 40.

Une espèce de soie fort rare de Mezankuri, Assam.

No. 41.

Un autre spécimen de soie “ Pat,” avec des cocons ; soie du mûrier, d’Assam.

Nos. 42 et 43.

Une série de couleurs d’aniline sur Tussah. On a placé ces échantillons ici afin de montrer les teintes qu’on peut produire avec des couleurs d’aniline sur ce genre de soie et non pas à titre de recommandation pour leur usage dans cette direction. Les matières de teinture indiennes, donnent des couleurs plus solides quand elles sont mordantées comme il faut ; les couleurs d’aniline G 343. L

sont fugitives et l’on ne peut trop en déplorer l’usage pour objets artistiques ou pour étoffes qu’on désire conserver longtemps.

No. 44.

Cet échantillon, soie Bengal ordinaire, est teint avec une matière commune dans l’Inde et dont il me semble qu’on ne se sert pas en Europe ; elle consiste de la poudre recueillie des capsules du Mallotus Philippensis et qu’on nomme dans l’Inde, “ Kapila” ou “ Kamala” et qui contient de 70 à 80°/o de matières colorantes. Si l’on se sert de carbonate de soude et d’alum pour mordanter la soie, cette poudre produit une variété fort riche de couleurs jaune d’or et orange. Cette matière semble être digne de l’attention des teinturiers européens.

Nos. 45 à 51.

Une série d’échantillons, montrant à quoi peuvent servir le déchet de la soie tussah et les cocons percés par le papillon à sa sortie. On les file comme on fait la laine et le coton. On trouve d’abord des échantillons de cocons percés ne pouvant se dévider ; le déchet de soie provenant du rebut de la manipulation de cette soie et les divers procédés par lesquels la soie passe avant de produire le fil pour tissage ou soies à coudre. Ceci promet naturellement un avenir assuré pour les produits de toutes sortes de vers à soie. 11 y en a un grand nombre d’espèces que le commerce ne connaît pas, rejetées simplement parce qu’on ne peut les dévider par la manière ordinaire. Dans le district de Simla seulement, on dit qu’il y a 8 ou 9 espèces de Bombyz qu’on pourrait certainement utiliser ainsi, puisque, comme je l’ai déjà dit, les machines à filer la soie sont maintenant si perfectionnées que toutes sortes de cocons peuvent se filer et qu’on peut en conséquence, faire avec les matériaux qu’on en retire, une variété d’objets.

Ceci m’amène aux numéros —

Nos. 53 et 54.

qui sont des échantillons de déchet de soie Tussah, faits de la façon décrite plus haut et avec les mêmes matériaux ; ce sont des fils de diverses grosseurs pouvant servir pour coudre ou tisser, pour franger ou tricoter, teints et nonteints. On peut produire sur ce genre de travail presque toutes les couleurs imaginables.

No. 56.

Ces échantillons sont des étoffes produites avec le déchet de soie Tussah, non teintes, tissées pour moi en plusieurs dessins par Messieurs Clayton, Marsdens, Holden & Co., filateurs de soie d’Halifax. Ces messieurs ont aussi fabriqué pour moi les échantillons 45 à 47. Ils proviennent de cocons percés et de déchet de Tussah, le tout provenant de matériaux recueillis dans l’Inde par ordre du Gouvernement des Indes pour me permettre d’étudier pleinement le sujet.

No. 57.

Échantillon semblable à 56, mais que j’ai imprimé en sept couleurs.

On verra par ce qui précède qu’il est prouvé que la soie Tussah peut devenir d’un usage fort étendu et à cause des perfectionnements apportés à sa manipulation précédemment nommées et parce que l’on peut la teindre et l’imprimer dans une grande variété de couleurs. L’on peut aussi filer le déchet de telle sorte que rien ne soit perdu ; et je suis heureux de l’honneur qui m’a été fait lorsqu’on m’a confié la tâche de montrer l’étendue des usages auxquels le Tussah peut être appliqué, ainsi que toutes les autres espèces de soies sauvages.

Thomas Wardle,

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