‹ Exposition universelle de 1878Chapitre 23 sur 47 · D’APRÈS LE PRIX DU BLE · texte numérisé non relu

D’APRÈS LE PRIX DU BLE

irc qualité.

2e qualité.

3e qualité.

Paris .

of 45e

or 4o°

Bordeaux . .

or 42e, 66 — of 35e, 66

Lyon .

Montpellier.. .

Saint-Brieuc .

LES ALIMENTS

déficit au moyeu d’importations dont le chiffre, à la vérité, n’est pas très élevé. C’est un devoir impérieux pour l’Administration d’avoir une réserve de grain et de farine suffisante pour mettre le pays à l’abri de la famine. Ce devoir est toujours rempli. Le pain ne nous manque pas, même quand le grain nous a manqué, et c’est seulement en ce sens qu’il est possible de dire que la production est égale à la consommation.

M. Pierre Grosfils, dans son rapport au gouvernement belge sur la classe 69, se montre prodigue de compliments pour nos céréales, ce La France, dit-il, occupe le premier rang pour ses céréales, sous le triple rapport de la beauté et de l’abondance de la paille, de l'excellence du grain, de l’adaptation des variétés perfectionnées aux sols et aux climats qui les produisent. II suffit, pour s’en convaincre, de parcourir l’exposition du département du Nord; 011 y voit des pailles de dimensions remarquables tant en hauteur qu’en diamètre, des variétés de froments blancs ou roux d’Armentières, de Bergues, des blés anglais hallett , spalding , golden drop , etc., souvent supérieurs aux semences qui les ont produits, t)

M. Grosfils a remarqué dans le département du Nord 'de vastes exploitations consacrées à la production des blés de semence; dans ces exploitations, une sélection bien pratiquée fait rejeter de la production toute semence qui ne présente pas, à un degré bien marqué, les caractères les plus purs de la variété.

II loue nos agriculteurs du Centre et du Nord de donner de plus en plus à l’agriculture une forme industrielle favorable aux rendements élevés et à l’amélioration des produits. Il est certain que les progrès réalisés dans certaines

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régions sont un avertissement pour toute la France de chercher les éléments de la lutte contre la concurrence américaine dans le perfectionnement de notre culture. Nos progrès, déjà considérables, ne peuvent manquer de se généraliser et de s’accroître, grâce à la forte organisation donnée depuis 1878 à notre enseignement agricole, et qu’une loi toute récente vient de compléter.

La situation ne s’est pas moins améliorée pour la viande de boucherie. Quoique nous ne puissions pas dire que les populations rurales consomment partout de la viande, il est certain qu’011 en consomme beaucoup plus qu’autrefois, et qu’à la viande de porc on a ajouté le bœuf, la vache, le mouton et la volaille. Le porc frais ou salé était encore, il y a quelques années, le principal ou le seul aliment azoté des paysans. L’élevage du porc a diminué, cela est incontestable; mais cette diminution est uniquement due à la concurrence faite à nos porcheries par le lard, les jambons et les bêtes sur pied que l’Amérique nous expédie; c’est donc la production seulement qui a diminué; la consommation s’est plutôt augmentée, d’ou il résulte que la viande de boucherie s’est ajoutée, et non substituée à la viande de porc. M. Mercier estime que la consommation a été, pour 1876, de 2 4 kilogrammes par habitant. Ce serait bien peu. Des documents que j’ai sous les yeux, et qui émanent directement du ministère de l’agriculture, portent la moyenne urbaine à 57 kilogrammes (56 et une fraction), la moyenne rurale à 2Ôk,5oo et la moyenne générale à 35 h). Cette consom-

(l) Consommation de la viande en France, en 1877, dans les chefs-lieux

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mation est loin d’être suffisante, mais elle constitue un progrès important.

Ii est à remarquer que cette augmentation dans la consommation coïncide avec une élévation croissante des prix, due très probablement à la baisse des peaux et des suifs.

Une autre raison encore pour la surélévation des prix de la viande, c’est l’accroissement des populations urbaines. L’industrie forme très rapidement de grandes accumulations d’hommes; la production agricole, malgré tous ses progrès , ne peut suivre le mouvement. Il faut aller chercher des suppléments pour l’alimentation dans les pays nouvellement défrichés , qui , n’ayant encore qu’une population de pionniers et d’agriculteurs, produisent au delà de leurs besoins. Ces produits , transportés à travers les mers , se vendent à des prix que les consommateurs trouvent très élevés, et qui inquiètent cependant les producteurs indigènes, obligés de lutter avec un sol vieilli contre un sol vierge, et de subir, pour tous les prix de main-d’œuvre, les conséquences du voisinage de l’industrie.

Quels que soient les inconvénients de cette situation pour la vieille Europe, inconvénients qu’il faut envisager en face,

de département et d’arrondissement et dans les villes d’une population de 10,000 âmes et au-dessus :

Bœufs . 152,439,983 kilog.

Vaches . . .. 78,295,738

Veaux . 68,918,600

Moutons . . . . , . . . 79,263,950

Agneaux et chevreaux . 5,396,392

Porcs . 75,4oi,243

Quantités livrées par la boucherie foraine . . . 75,650,798

Total*.., . . 535,366,654

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sans découragement ni faiblesse, parce quils peuvent être vaincus par la science et le travail, on a pu constater, à l’Exposition de 1878, des améliorations, des progrès, qui démontrent dès à présent la possibilité de la lutte. Nous connaissons à présent la véritable théorie des engrais, et nous commençons à l’appliquer. La France, en outre, devient de plus en plus habile à s’approprier les belles races étrangères; on peut citer les durham, dans l’espèce bovine, les mérinos et les southdown, dans l’espèce ovine.

Le mérinos est acclimaté chez nous depuis longtemps W; nous ne l’avons, bien entendu, recherché que pour sa laine. Il y a jusqu’à présent peu d’éleveurs de southdown; mais le comte de Rouillé, à Villars (Nièvre), et M. Nouette- Delorme, à Ouzouer-des-Champs (Loiret), avaient exposé des produits d’une telle beauté , que le problème de l’acclimatation de cette belle race, sans rivale pour la viande de boucherie, peut être regardé comme résolu.

L’acclimatation des vaches durham est due au ministère de l’agriculture. La première importation faite par le Gouvernement date de 1 8 3 6 ; les animaux furent placés à l’école vétérinaire d’Alfort. La deuxième importation, qui date de 1 8 3 8, servit à fonder la vacherie du Pin. D’autres importations eurent lieu en 1 8 ào, i84i, 18^2, 1 8 43 et 18AA, et peuplèrent les vacheries de Saint-Lô, de Poussery et du Camp. La vacherie du Pin a été transférée à Corbon (Calvados); les autres ont été supprimées comme désormais inutiles, l’acclimatation de la race durham étant un fait accompli et définitif.

Le durham français est plus petit que le durham anglais ;

(l) Voir ci-dessus, chap. 1^ p. 18.

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mais il a les mêmes qualités pour la boucherie et la reproduction, et la même élégance de formes W.

La race charolaise, une des plus belles de France, doit en partie ses hautes qualités à un croisement intelligent avec le durham. Nous pouvons signaler aussi, au nombre de nos richesses bovines, la race limousine, une des meilleures pour la boucherie; la race garonnaise; la race de Salers, dont les bœufs sont des travailleurs de premier ordre; la race flamande; la race normande, qui donne de très belle viande de boucherie , et dont les vaches produisent les beurres d’Isigny et de Gournay ; la petite race bretonne, dont la viande est estimée, et qui donne des vaches

MESURES DES VACHES FRANÇAISES ET DES VACHES ANGLAISES PRIMÉÈS À L’EXPOSITION DE 1 878.

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