‹ Exposition universelle de 1878Chapitre 41 sur 47 · OO · texte numérisé non relu

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Entrons maintenant dans plus de détails. A la tête de l’enseignement technique se place le Conservatoire des arts et métiers.

Le Conservatoire des arts et métiers a été créé par la loi du 28 brumaire an u, renouvelée et complétée par le décret du 19 vendémiaire an m (10 octobre 1794)- La Convention avait surtout en vue de créer un musée industriel , où seraient déposés tous les outils, anciens et nouveaux, machines, matières premières, matières transformées, etc. Trois démonstrateurs devaient y expliquer l’emploi des matières et le fonctionnement des outils. 11 leur était prescrit de s’attacher à propager toutes les inventions utiles. L’idée était excellente. Comme la plupart des fondations de la Convention, elle ne vint à maturité qu’après la paix, c’est-à-

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dire après l’empire. Une ordonnance de Louis XVIII, rendue le 1 6 avril 1817, n’est que l’application , mais cette fois définitive, du décret de 1 7 9 4. Depuis lors, tous les gouvernements se sont appliqués à développer cette institution. On achève, en ce moment même, d’isoler l’ancienne abbaye de Saint-Martin-des-Champs, dont le Conservatoire avait pris possession dès 1795, et dont il a fait peu à peu un des monuments les plus complets et les mieux aménagés de la capitale. Nous avons pu, en 1878, présenter aux étrangers un musée industriel sans rival, un portefeuille d’une richesse incomparable, une excellente bibliothèque technologique et un enseignement très élevé et très complet, qui comprend maintenant quatorze chaires et fait du Conservatoire des arts et métiers la Sorbonne de l’industrie. On y enseigne la géométrie, la physique, la chimie, la mécanique appliquée aux arts, la chimie appliquée à l’industrie, la chimie agricole, l’économie industrielle, l’agriculture, la filature et le tissage, la teinture, l’apprêt et l’impression des tissus, la construction civile, la géométrie descriptive, la législation industrielle, les arts céramiques, la zoologie agricole, l’administration et la statistique industrielle. L’enseignement, confié aux savants les plus éminents, est public et gratuit. On a annexé au Conservatoire une école élémentaire gratuite, où l’on enseigne l’arithmétique, les éléments du dessin (figures, machines, ornements), des notions de géométrie descriptive avec application à la charpente et à la coupe des pierres.

On remarquera que notre Conservatoire des arts et métiers a la même forme que le musée de South-Kensington; c’est une école renforcée d’un musée. Cette conception éminemment juste remonte au décret de la Convention qui a

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Tonde le Conservatoire; on la retrouve bien antérieurement dans l’organisation du Jardin du roi, que nous appelons maintenant le Jardin des plantes. La différence entre Paris et Londres, c’est que le Conservatoire est un musée et une école d’enseignement technique, et le South-Kensington Muséum un musée et une école d’enseignement du dessin et des arts plastiques. Nos galeries de machines et d’instruments ne sauraient avoir l’éclat d’une collection où sont accumulés les chefs-d’œuvre de la peinture, de la sculpture, du dessin et de l’orfèvrerie. Notre Conservatoire n’en est pas moins, à tous les points de vue, un établissement de premier ordre. Nous avons le droit d’en être fiers. Ce qu’il faut lui souhaiter surtout, c’est d’être de plus en plus fréquenté.

L’Ecole centrale des arts et manufactures établie à Paris est spécialement destinée à former des ingénieurs pour toutes les branches de l’industrie et pour les travaux et services publics dont la direction n’appartient pas aux ingénieurs de l’Etat. Les élèves qui en sortent, munis du diplôme d’ingénieur clés arts et manufactures délivré par le ministre de l’agriculture et du commerce, prennent le nom d’ingénieurs civils, par opposition aux ingénieurs des mines, des ponts et chaussées et de la marine, qui sortent de l’Ecole polytechnique et sont les ingénieurs de l’Etat. Les élèves de l’Ecole centrale sont externes; mais le règlement auquel ils sont assujettis les oblige à un travail très sérieux et très assidu. On entre à l’Ecole par le concours; on y obtient le titre d’ingénieur à la suite d’examens sévères. Fondée par l’initiative privée, puis subventionnée par l’Etat, l’Ecole des arts et manufactures est aujourd’hui une école publique placée sous l’autorité du ministre de l’agriculture et du

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commerce, et elle a pris rang, par la force de son enseignement et la renommée d’un grand nombre des élèves qui en sont sortis, à côté de l’Ecole polytechnique. La rétribution scolaire y est assez élevée; l’Etat et les départements y entretiennent des boursiers.

Voilà encore une excellente école; mais elle a le grand tort d’être unique. Peut-être pourrait-on rapprocher de l’Ecole centrale l’école lyonnaise qui porte le même nom et l’Institut industriel de Lille; cependant, tout en rendant justice au mérite de ces deux écoles, il faut reconnaître qu’elles ne donnent pas l’équivalent de l’instruction qu’on reçoit à l’Ecole centrale de Paris. Cette dernière école correspond assez exactement aux écoles polytechniques d’Allemagne. Mais elle a 55o élèves; les écoles polytechniques d’Allemagne en avaient, en 1875, 5,900. Elle est inscrite au budget pour 4A5,ooo francs; plusieurs des écoles polytechniques allemandes coûtent, par an, 600,000 francs. Leur budget, pris dans son ensemble, est très élevé : 2 Ao,ooo lï*. à Aix-la-Chapelle, 290,000 francs à Carlsruhe, 3 10,000 fr. à Stuttgard. Les dépenses de premier établissement de l’école d’Aix-la-Chapelle se sont élevées à près de 6 millions Û).

La richesse de ces écoles leur permet de donner un enseignement varié, solide, et de procurer abondamment aux élèves tous les moyens d’étude nécessaires. Ce n’est pas là ce qui explique la supériorité du nombre de leurs élèves; cette supériorité n’est même pas due à la multiplicité des écoles poly techniques , placées à proximité des affaires dans les grands centres industriels; c’est plutôt une question de mœurs. Notre Ecole centrale est surtout fréquentée par des

(1) M. Natalis Rondot, V Enseignement nécessaire aux industries de la soie, p. 29. Lyon, 1877.

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jeunes gens qui veulent avoir un cabinet d’ingénieur civil, ou entrer dans les grandes compagnies comme directeurs de travaux. 11 est très rare que le fds d’un grand industriel qui se destine à diriger la maison après son père s’astreigne à suivre pendant plusieurs années des cours très difficiles, exigeant un travail opiniâtre, et à courir après un diplôme. Quand il a fait ses études dans un lycée et travaillé quelques années sous les yeux de son père, il se croit en état de lui succéder. Il arrive trop fréquemment, par suite de ces habitudes, que le chef d’une maison a sous ses ordres, en ingénieurs, et même en sons-ingénieurs et contremaîtres, des auxiliaires plus instruits et plus capables que lui. En Allemagne, au contraire, et en Angleterre, on se prépare avec autant de soin à gérer sa propre fortune industrielle que si l’on était réduit à gagner sa vie en cherchant de l’emploi chez les autres. Le patron d’une maison aspire à être plus compétent que ses subordonnés. Il travaille à l’école polytechnique comme s’d avait sa fortune à faire. Le plus souvent, quand il a son certificat d’études en poche, il entre comme employé dans une autre maison que celle de son père, ne fût-ce que pour y apprendre l’obéissance, et passe ensuite quelques années dans les pays concurrents. Nos voisins sont plus pénétrés que nous de cette pensée éminemment vraie, que les carrières commerciales et industrielles deviennent de plus en plus des champs de bataille, et qu’il ne faut pas y entrer sans être fortement préparés pour la lutte. En un mot, nous pouvons à bon droit nous féliciter de l’excellente organisation de notre Ecole centrale; mais nous ne saurions trop nous affliger de la voir fréquentée par moins de 600 élèves. Il y a là une impulsion à donner, et elle doit venir principalement des chambres de commerce.

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A un degré inférieur dans la hiérarchie scientifique se placent les trois écoles d’arts et métiers de Châlons-sur- Marne, Angers et Aix. L’Ecole centrale embrasse toutes les sortes de travail; on y enseigne même l’agriculture, quoiqu’il soit vrai de dire que cet enseignement n’y a plus de raison d’être depuis la création de l’Institut agronomique. Les écoles d’arts et métiers ne sont établies que pour fournir des contremaîtres et des ouvriers d’élite à l’industrie du bois et à celle du fer. Les élèves y sont internes. Ils payent une pension assez élevée (600 francs) et peuvent obtenir des bourses. O11 n’entre dans ces écoles que par le concours, et la durée des études y est de trois ans. L’instruction qu’on y reçoit est théorique et pratique. Le titre d’ancien élève d’une école d’arts et métiers est une recommandation puissante auprès des chefs d’industrie, et il n’est pas rare de voir un jeune ouvrier se distinguer assez dans sa profession pour devenir patron à son tour. L’enseignement pratique, correspondant aux industries qui emploient le fer et le bois, se donne dans quatre ateliers spéciaux, savoir : modèles et menuiserie, fonderie, forges, ajustage. L’enseignement théorique comprend l’arithmétique , la géométrie élémentaire, l’algèbre élémentaire, la trigonométrie rectiligne, la géométrie descriptive, la mécanique, la cinématique, la physique, la chimie, le dessin, la géographie, la comptabilité, la grammaire. C’est un peu le cas de se demander, comme Figaro (en demandant pardon du rapprochement) : «Aux qualités qu’on exige d’un domestique, combien y at-il de maîtres qui soient dignes d’être valets? y Mais hâtonsnous de dire que les programmes de l’Ecole polytechnique et de l’Ecole centrale sont infiniment plus étendus, que les concours d’admission et de sortie sont sans comparaison

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plus difficiles, qu’il n’y a plus de maîtres et de valets dans l’industrie, mais des savants, des moins savants et des ignorants, et qu’il arrive tous les jours qu’on part des derniers rangs pour arriver aux premiers.

L’Etat entretient une seule école spéciale d’ouvriers ou d’artistes, comme on voudra, en dehors des industries du Lois et du fer : c’est l’Ecole d’horlogerie de Cluses (Haute- Savoie), qui a pour but de former des ouvriers pour les diverses parties de la fabrication de la montre et de procurer l’instruction nécessaire à ceux qui se destinent à devenir rhabilleurs, visiteurs ou fabricants cl horlogerie. L’enseignement est gratuit; il dure deux ans. Les élèves sont externes et doivent être âgés de plus de douze ans. Outre le travail manuel de l’horlogerie, ils suivent des cours d’arithmétique, de géométrie, de mécanique et de dessin; tous ces cours sont directement appropriés à l’étude de leur art.

L’Ecole de Cluses, les trois écoles d’arts et métiers, l’Ecole, centrale et le Conservatoire des arts et métiers sont, en dehors de l’enseignement agricole, les cinq établissements d’instruction publique dirigés et entretenus directement par le ministère du commerce. 11 y a quelques autres écoles techniques appartenant à l’Etat (sans parler de la marine et de la guerre) ; mais elles sont dans les attributions du ministère des travaux publics ou de celui des beaux-arts. Tout cela a été fait, pour ainsi dire, de pièces et de morceaux, à mesure que les besoins se sont manifestés, sans aucune vue d’ensemble et sans aucun lien de coordination entre des écoles qui pourraient se prêter un mutuel appui. Tandis que la principale force de l’Université est dans le bel ensemble qu’elle présente, les diverses écoles techniques vivent chacune isolément. 11 ne faudrait pas croire cependant quel ni- *

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du strie et le commerce n’ont pas d’autres établissements spéciaux que ceux que nous venons d’énumérer; les villes, les particuliers, les corps d’état, représentés par leurs chambres syndicales, ont formé, de leur côté, des écoles en grand nombre, dont les unes sont surveillées et subventionnées, et les autres subventionnées seulement par le ministère de l’agriculture et du commerce. Quand une école privée donne de bons résultats et acquiert assez d’importance pour être élevée, si on peut ainsi parler, à la dignité d’institution nationale, le ministère en fait l’acquisition, lui impose un règlement et la fait administrer à ses frais par ses agents. C’est ainsi que l’École centrale des arts et manufactures est devenue une de nos grandes écoles publiques , après avoir été longtemps exploitée par l’industrie privée.

Une transformation analogue a eu lieu pour l’École supérieure de commerce, à la tête de laquelle nous avons vu longtemps M. Blanqui aîné, le célèbre économiste M. L’école appartenait alors à une société civile; c’est maintenant une école publique; seulement, ce n’est pas l’État qui l’a acquise, c’est la chambre de commerce de Paris. Cette école est destinée à former des négociants, des banquiers, des administrateurs, des directeurs, des employés d’établissements industriels et commerciaux. Les élèves sont internes, le prix de la pension est de 2,000 francs par an; l’école reçoit des demi-pensionnaires. La durée des études est de trois ans. L’enseignement comprend l’écriture (la réforme de l’écriture), l’arithmétique théorique et pratique, la comptabilité dans toutes ses parties; l’étude du français, de l’anglais, de

(1) M. Blanqui avait fondé cette école, en 1820, avec le concours de Casimir Perier, Laffitte, Cliaptal, Ternaux et Michel Chevalier. Elle a été, après lui, dirigée par Gervais (de Caen), puis acquise par la chambre de commerce.

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l’allemand, de l’espagnol et de l’italien; la géographie, l’histoire, la littérature comparée, la correspondance commerciale, l’algèbre, le dessin linéaire appliqué aux machines et à l’architecture et le dessin d’ornement; la physique appliquée et la mécanique, la chimie industrielle, la technologie; l’étude des matières premières du commerce et de l’industrie; l’histoire du commerce, la géographie commerciale, l’économie politique, le droit commercial, le droit maritime, la législation industrielle. La chambre de commerce s’applique constamment à perfectionner cette école, qui donne, comme on voit, une instruction solide et variée, à laquelle on ajoute la gymnastique, l’escrime, la danse et l’équitation. Les élèves font, sous la conduite de leurs maîtres, des excursions dans nos principaux centres industriels.

La transformation subie par l’Ecole supérieure de commerce diffère sans doute très profondément de celle qui a eu lieu pour l’Ecole centrale, puisque celle-ci est devenue une école de l’Etat, tandis que l’Ecole de commerce est la propriété d’une chambre parisienne élective. Cependant, dans les deux cas, c’est un établissement privé qui devient établissement public. Cela est considéré comme un progrès; et si, en effet, on regarde l’état de chacune de ces deux écoles avant et après sa transformation , on reste convaincu que le progrès est incontestable : une règle plus nette, mieux observée, un enseignement plus complet, des professeurs d’une valeur plus élevée, des ressources plus abondantes pour l’étude, en sont les infaillibles marques.

On ne pourrait pas dire , d’une façon générale , que c’est un progrès, pour un établissement libre, de se transformer en établissement d’Etat. En principe, le régime du monopole est inférieur à celui de la liberté, principalement en

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toute matière industrielle. Il est parfaitement vrai que les deux éléments de la prospérité de l'industrie sont la sécurité et la liberté. Il en est de même dans l’ordre de renseignement. Les grandes universités séculaires de l’Angleterre, les universités allemandes, les créations analogues qui surgissent assez fréquemment aux Etats-Unis d’Amérique, ne gagneraient rien et perdraient beaucoup à se transformer en services publics dans le sens que nous attachons en France à ce mot. Mais il ne faut pas abuser des théories, même les plus justes. Dans toute affaire humaine , il y aune question de mesure. Si l’Ecole centrale ou l’Ecole de commerce de M. Elan qui avaient eu, comme telle université étrangère qu’on pourrait citer, une fortune assurée et indépendante, avec une organisation aussi complète et aussi parfaite que celle qu’elles ont reçue soit de l’Etat, soit de la chambre de commerce de Paris, il n’y aurait eu pour elles aucun motif d’accepter un changement de condition , ni pour le public aucun motif de souhaiter cette transformation. Il n’y a aucune métaphysique dans cette affaire ; le grand point est d’avoir les meilleures écoles possibles. Je veux bien qu’à égalité, on préfère l’école libre, mais, avant tout, le maître qu’il faut préférer est celui qui enseigne le mieux.

Il y a d’ailleurs un autre point de vue très important et qui domine la question. L’industrie a très rarement les ressources indispensables pour bien faire, en matière d’école; c’est une vérité banale pour tous ceux qui sont au courant des faits, que la carrière de l’enseignement libre n’est rémunératrice que par exception; en revanche, l’industrie est mieux placée que l’Etat pour connaître les besoins d’une localité ou d’une profession. Quand l’Etat se charge de créer une école qui n’existait pas (je parle d’écoles techniques), il

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arrive souvent que les élèves ne viennent pas; quand c’est l’industrie privée qui prend l’initiative, ce sont les ressources qui lui manquent. On a pu le constater de la façon la plus frappante pour les fermes-écoles. L’Etat avait fait, dans plusieurs localités, des frais en pure perte; il a trouvé plus sage de contribuer, par des subventions, à la prospérité d’établissements déjà fondés et dont l’utilité était démontrée et comprise. C’est ce qu’il fait aussi pour un nombre d’écoles techniques qui ne s’élève pas à moins de cinquante. Il mesure son intervention sur le besoin qu’on en a et sur l’importance des services rendus.

On a sans doute remarqué la part très exiguë faite aux industries textiles dans l’enseignement de l’Etat. Ces industries considérables, qui devraient avoir leur école spéciale, ou tout au moins une importance prépondérante dans les programmes du Conservatoire et de l’Ecole centrale, n’y obtiennent, au contraire, qu’un nombre de chaires extrêmement restreint. Cela se comprendrait si, en dehors de Paris, où toutes les industries sont exercées, il y avait des écoles spéciales pour les industries textiles dans nos grands centres industriels. Lyon serait le siège de l’enseignement pour la soie, Reims pour la laine, Rouen et Lille pour le coton. Il y aurait, dans chacune de ces villes, une école supérieure pour les chefs d’industrie, une école secondaire pour les chefs d’atelier et contremaîtres, et des écoles d’apprentissage pour les ouvriers. Si ces écoles, au lieu cl’être instituées par l’Etat, étaient dues aux chambres de commerce, ou aux départements, ou aux communes, cela n’en vaudrait que mieux; l’important est quelles existent, de manière à renouveler le personnel de notre industrie. A défaut de l’Etat, il y a eu des efforts locaux très dignes d’estime,

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particulièrement à Lyon, Rouen, Lille, Bordeaux et Reims. L’Etat est intervenu pour des sommes annuelles insignifiantes de 10,000 francs ou de 5,ooo francs. Autant dire qu’il n’a rien fait. Ce n’est pas 1 3 0,000 francs qu’il faudrait allouer au ministère du commerce pour subventions aux écoles dues à l’initiative des villes, des corps d’état ou des individus : c’est un million, pour commencer. Avec un million , on susciterait des créations, sauf à décupler la somme dans un avenir prochain. Ce sont là des placements, ce 11e sont pas des dépenses. Nous sommes arrivés peu à peu à un budget à peu près suffisant pour le ministère de l’instruction publique; mais l’indigence de l’enseignement technique est vraiment surprenante. A quoi sert donc le spectacle des expositions? Jamais il n’y eut d’intérêt plus évident, ni d’apathie plus cruelle.

De toutes les villes de France, Lyon est peut-être, après Paris, celle qui possède l’ensemble d’écoles le plus remarquable. L’Etat y entretient quatre facultés, un lycée avec son annexe hors de la ville, une école des beaux-arts, une école de musique; la ville a fondé une école centrale, sur le modèle de celle de Paris; la chambre de commerce, un musée d’art et d’industrie, une école supérieure de commerce et de tissage de la soie; enfin, l’initiative privée y a créé une association pour la propagation de l’instruction primaire, une association pour l’enseignement professionnel des adultes, et l’école de la Martinière, école primaire supérieure, antérieure à nos écoles Turgot, qui a son organisation particulière et des méthodes qui lui sont propres. Après le vote de la loi sur l’enseignement supérieur, Lyon devint le siège d’une des universités catholiques les plus com lètes.

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Le Musée d’art et d’industrie a été fondé en 1 858 par la chambre de commerce , sur le rapport de M. Natalis Rondot h).

Ce qui frappe le plus dans ce rapport et dans la délibération de la chambre, c’est la préoccupation constante de l’art. On ne trouve rien de semblable, ni au Conservatoire

des arts et métiers, ni à l’Ecole centrale. A ce point de vue, la fondation lyonnaise de 1 8 5 8 est plus analogue au South- Kensington Muséum qu ’à nos écoles techniques de Paris, et même à notre Ecole des beaux-arts, qui est consacrée à la peinture, à la sculpture, à l’architecture, et n’enseigne pas

(1) Le musée comprend trois départements, un département de l’art, un département de l’industrie et un département historique divisé en deux sections : la section de l’histoire générale de la fabrication des soieries et celle de l’histoire de la fabrique de Lyon.

La délibération de la chambre de commerce de Lyon, en date du 97 septembre 1 858 , mérite d’être étudiée. C’est un document qui peut servir de modèle, et qui fait le plus grand honneur à la chambre, qui a adopté ces résolutions, et à M. Natalis Rondot, qui les a provoquées.

rrLa chambre de commerce de Lyon,

ff Attendu que, en votant la création d’un musée d’art et d’industrie, et en prenant ainsi la résolution de mettre à la portée du plus grand nombre un nouvel élément d’instruction, la chambre s’est proposé pour but principal d’aider au développement du goût, de contribuer à ses progrès, à son élévation, à sa diffusion, par la contemplation facile et permanente de chefsd’œuvre de l’art, et d’assurer par là, à la fabrique d’étoffes de soie et aux autres manufactures lyonnaises, la prééminence que leur a méritée sur tous les marchés le cachet de distinction et d’élégance qu’on s’est toujours plu à reconnaître à leurs produits;

ff Attendu que ce but ne peut être atteint que par la formation d’un musée où seront réunies, avec un discernement sévère, celles des œuvres de tous temps et de tous les peuples qui se sont rapprochées le plus des types du beau , et que les traditions de l’art ont définitivement et unanimement sanctionnées;

ff Attendu que ce serait altérer les principes d’un établissement fondé dans cette intention et le faire déchoir de la hauteur où il doit être maintenu dans

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les arts du dessin au point de vue industriel. C’est aussi sur le rapport de M. Natalis Rondot que des cours publics ont été annexés au musée et qu’on a fondé, en 1876, l’Ecole supérieure de commerce et de tissage de la soie. Cette école-ci est absolument technique. On y joint, à l’apprentissage manuel de la profession, la comptabilité de fabrique, le calcul des prix de revient, et des cours accessoires, à mesure que l’utilité s’en fait sentir. On y a ouvert l’an dernier un cours de japonais, professé par l’attaché japonais au conditionnement des soies. Les élèves lauréats obtiennent

l’intérêt de l’industrie que d’y admettre, autrement qu’à titre d’exception, les objets dont la valeur consisterait surtout dans leur ancienneté, leur rareté, leur curiosité; que, par les mêmes motifs, on devra rigoureusement en écarter tout ce qui, dans le domaine de l’art, serait sans originalité vraie, ou manquerait de correction, et, à plus forte raison, les dessins de fabrique, qui sont des produits de l’industrie et non des modèles;

ff Attendu qu’il serait chimérique, de la part de la chambre, de songer à rassembler dans le musée nouveau les plus belles œuvres en originaux; que cette réunion d’originaux serait impossible à obtenir même au prix des plus grands sacrifices; que fût-elle possible, les ressources dont la chambre dispose lui interdisent de s’arrêter à ce parti; que, dès lors, le seul système qui lui reste à suivre, pour demeurer fidèle à sa pensée, est de constituer le fond principal du musée futur avec les copies exactes des plus beaux chefs-d’œuvre reproduits à l’aide du moulage, de la galvanoplastie, de la gravure, de la photographie , etc. ;

«•Que ce système d’un musée consacré à l'art dans ce que celui-ci a de plus élevé, et alimenté par des copies, n’exclut pas cependant les acquisitions de pièces originales toutes les fois qu’il s’en présentera d’irréprochables au point de vue du goût, et d’un prix qui ne sera pas disproportionné avec les ressources de la chambre; que ce système n’exclut pas davantage, dans une mesure modérée, l’admission de monuments appartenant plus spécialement à la catégorie de l’archéologie et précieux pour l’histoire de l’art ou de l’industrie, pourvu que ces monuments soient d’un caractère qui les rende utiles aux études des artistes et des industriels;

cr Délibère, etc. n

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des bourses de voyage pour étudier les questions de filature, de tissage, de moulinage, etc.

Voici tout ce que fait l’Etat pour les fondations de cette grande ville si dévouée aux écoles, et qui est le chef-lieu d’une de nos plus grandes industries. Il donne, sur le budget de l’agriculture et du commerce, à l’Ecole supérieure de tissage de soie, 10,000 fr. ; à la Société de l’enseignement professionnel du Rhône, 5,ooo francs; à l’Ecole centrale, 4, 000 fr. ; en tout, 19,000 francs. Il y a, en outre, des subventions sur le budget du ministère des beaux-arts, mais qui ne se rapportent nullement à l’enseignement technique.

Plusieurs sociétés industrielles ont fondé des cours publics ou de véritables écoles. La Société industrielle de Saint-Quentin a des cours et conférences sur le tissage, la mécanique, le chauffage, la sucrerie, le droit commercial, la langue allemande et la langue anglaise; elle a, pour diverses professions, des ateliers d’apprentissage. La ville de Saint-Quentin , le conseil général , la chambre de commerce , lui accordent des allocations qui seraient insuffisantes, si l’Etat n’y joignait une subvention de 10,000 francs.

Il alloue la même somme à la Société philomathique de Bordeaux, qui a créé une école d’industrie et de commerce où l’on enseigne la mécanique, le dessin, l’architecture, la physique et la chimie industrielle, en même temps qu’on donne aux élèves des connaissances pratiques sur la conduite des machines à vapeur, l’armement des navires, l’installation des appareils hydrauliques, et qu’on les exerce à des travaux d’ajustage.

Comme nous l’avons vu, indépendamment de son école supérieure de tissage, Lyon a aussi une école centrale fondée par une société anonyme au capital de 3oo,ooo francs,

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et dont 1’enseignement est analogue à celui des écoles d’arts et métiers. La Société de l’enseignement professionnel du Rhône est de même nature que les associations philotechnique et polytechnique de Paris; elle donne un enseignement très bien entendu à des employés, apprentis, ouvriers adultes des deux sexes. Les cours sont au nombre de i 1 o ; les élèves inscrits, au nombre de 6,000, presque tous assidus. Les programmes sont très variés; ils comprennent, outre les langues étrangères et l’instruction générale (grammaire, calcul, etc.), des cours de chimie et de physique industrielle, de droit commercial pratique, de comptabilité, d’économie politique, la théorie du tissage, la coupe des pierres. La bibliothèque contient 2,3 00 volumes. La société vient d’ouvrir un atelier de menuiserie et de modèles pour travaux manuels qui réunit déjà i5o apprentis. Le jury international de 1878 lui a décerné une médaille d’or.

Il peut n’être pas sans intérêt de signaler ici une différence entre l’Enseignement professionnel du Rhône et les deux associations polytechnique et philotechnique de Paris. Le but de ces trois sociétés est le même; elles s’adressent au même public, donnent un enseignement analogue, et rendent, en somme, les mêmes services. Mais, à Paris, tout est gratuit, les élèves ne payent rien, les professeurs ne reçoivent aucune rétribution. Au contraire, l’Enseignement professionnel du Rhône reçoit de ses élèves une rétribution très modique; si modique quelle soit, elle attache l’élève à l’école. Le très habile directeur des cours, M. Lang, ancien officier du génie, regarde cette chétive rétribution comme la cause principale de l’assiduité et de la persévérance, vraiment remarquables, des auditeurs de l’association. R y a chez les ouvriers, et spécialement chez les Lyon-

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nais, un sentiment, après tout, très naturel, c’est, de ne pas perdre ce qu’on a payé. Il faut considérer, en outre, que 10 francs, multipliés par 6,000 élèves, font un revenu annuel de 60,000 francs. Non seulement cela estplus pratique que la gratuité, mais cela est plus démocratique. Les deux associations de Paris ne marcheraient pas sans les patrons, qui versent par année un minimum de 100 francs. Les professeurs donnent encore plus, puisqu’ils donnent leur temps et leurs forces, dont ils ont besoin. Quelques-uns donnent aussi de l’argent. Cela est fort beau; mais cela 11’a ni la même puissance ni la même sécurité jqu’une société comme celle de Lyon, ou tout le monde met du sien.

L’Institut industriel et commercial du nord de la France, à Lille, à la fois externat et internat, est destiné aux industries chimiques et à la construction des machines. On y construit en ce moment des laboratoires pour les manipulations industrielles. Les ateliers de filature et de tissage sont pourvus de métiers mécaniques réunissant les types les plus en usage dans les grands établissements. L’Institut du nord de la France a eu aussi une médaille d’or en 1878. Il en a été de même des écoles académiques et professionnelles de Douai, des cours de la Société industrielle d’Amiens, de l’Ecole supérieure d’industrie de Rouen, fondée par une société civile, et qui est déjà, après onze ans d’existence, une école de premier ordre; de l’Ecole professionnelle de Reims, école municipale dont l’idée a été conçue et le plan arrêté en 1867 Par Société industrielle sous la présidence de M. Warnier. La longue occupation allemande, à laquelle la ville de Reims a été soumise, avait interrompu les travaux. Le maire, M. Diancourt, et le conseil municipal, secondés par la Société industrielle, la chambre de

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commerce et les chefs des principales maisons, les ont repris avec énergie, et l’école a pu être inaugurée en 1875. La ville et les particuliers y entretiennent 3o boursiers; les élèves sont au nombre de i5o, la durée des cours est de trois ans. Outre renseignement théorique, dans lequel figurent un cours d’économie politique et un cours de législation usuelle, l’enseignement pratique comprend le peignage, la filature et le tissage de la laine, la menuiserie, le modelage, l’ajustage, la chimie appliquée aux industries locales et le dessin.

L’Ecole d’apprentissage du Havre, qui est l’une des plus utiles et des mieux conçues, et qui a servi de modèle à beaucoup d’autres, a inauguré un système économique qui n’est ni l’externat ni l’internat. En réalité, les élèves sont externes; mais ils trouvent dans un réfectoire toutes les facilités pour prendre leurs repas aux prix établis par les sociétés alimentaires coopératives.

Toutes les écoles patronnées par le ministère de l’agriculture et du commerce mériteraient d’être citées. On peut remarquer parmi elles l’Ecole des maîtres ouvriers mineurs de Douai, portée pour une allocation de 2,000 francs et une collection de modèles et dessins : cette école figure dans le budget du ministère des travaux publics auquel elle appartient comme école de l’Etat.

11 faut signaler aussi des écoles de filles, en très petit nombre : la Société pour l’enseignement professionnel des femmes, fondée à Paris par Mmc Elisa Lemonnier, et présidée depuis quatorze ans par Mme Jules Simon (600 élèves); l’orphelinat de Levailois- Perret, fondé par Mlle Chanson (4o internes de 10 à 20 ans; couture, lingerie, broderie, fleurs artificielles, dessin, peinture sur porcelaine); l’Asso-

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dation des jeunes économes de Conflans (1G0 orphelines de 1 2 à 2 1 ans) ; l’OEuvre de Notre-Dame de Caen h).

(l) NOMENCLATURE DES ECOLES TECHNIQUES FRANÇAISES

QUI ONT ÉTÉ RÉCOMPENSÉES PAR UNE MÉDAILLE D’OR À L’EXPOSITION DE 1 87 8.

Association polytechnique de Paris, OEuvre des écoles professionnelles catholiques (pour les filles), orphelinat de Rothschild, écoles du Creuzot, Société pour l’enseignement professionnel des femmes (Elisa Lemonnier), Ecole professionnelle de l’imprimerie des chemins de fer (Napoléon Chaix), Ecole supérieure de commerce de Marseille, Ecole supérieure de commerce de Paris, Ecole académique et professionnelle de la ville de Douai, Ecole communale professionnelle d’Avignon, Ecole d’apprentissage du Havre, Ecole delà Martinière, de Lyon, Ecole municipale professionnelle de Reims, Ecole supérieure de commerce et de tissage de Lyon, écoles supérieures de commerce et d’industrie de Rouen, Institut industriel, agronomique et commercial du nord de la France , les trois écoles des arts et métiers du ministère du commerce , Ecole d’horlogerie de Cluses, Société de l’enseignement professionnel du Rhône, Société industrielle d’Amiens, Société industrielle de Saint-Quentin, Société du nord de la France (Lille), l’Ecole spéciale d’architecture (Paris).

NOMENCLATURE DES ÉTABLISSEMENTS SUBVENTIONNES PAR LE MINISTERE DE L’AGRICULTURE ET DU COMMERCE (BUDGET DE 1879).

Cours de la Société industrielle de Saint-Quentin . io,oool

Cours de la Société philomathique de Bordeaux . 10,000

Ecole supérieure de commerce et de tissage de soie de Lyon, 10,000

Société de renseignement professionnel du Rhône . 5, 000

Ecole centrale lyonnaise . ô,ooo

Institut industriel, agronomique et commercial du Nord. . . 8,000

Ecoles académiques et professionnelles de Lille . 2,000

Société industrielle du Nord . 2,000

Ecoles municipales professionnelles de Roubaix . 3, 000

Ecoles municipales professionnelles de Douai . 3, 000

Ecole des mineurs de Douai . 2,000

Société industrielle d’Amiens . 8,000

Ecole supérieure de commerce et d’industrie de Rouen.. . . ô,ooo

Ecoles professionnelles d’apprentis du Havre . 3, 000

Ecoles professionnelles d’apprentis de Rouen . 2,000

Société industrielle d’Elbeuf. . 3, 000

Société industrielle et professionnelle de Fiers (Orne) . 2,000

A reporter . 81,000

L’ÉCOLE

Nous avons vu la chambre de commerce de Lyon, voulant défendre l’industrie de la soie contre la concurrence

Report . 8i,ooor

École municipale professionnelle de Reims . 2,000

Société industrielle de Reims et concours de chauffeurs. . . . 1,000

Pensionnat Notre-Dame de Nantes . 2,000

Société industrielle et patronage de Nantes . 1,000

Apprentissage professionnel de tissage de Nîmes . 2,000

École professionnelle de Marseille . i,5oo

École et cours professionnels de la Ciotat . 3, 000

Écoles professionnelles municipales de Saint-Étienne . i,5oo

Société de jeunes apprentis de Grenoble . 3, 000

Association polytechnique de Paris . . . 3, 000

Écoles professionnelles de la chambre syndicale de la joaillerie

et de la bijouterie de Paris. . . . A, 000

Cercle des maçons et tailleurs de pierre de Paris . i,5oo

École d’apprentis de la rue Rataucl, à Paris . 1,000

École municipale de modelage de Neuilly et Levallois-Perret. 1,000 Société de l’enseignement professionnel des femmes de Paris. 5, 000

Orphelinat de jeunes filles de Levallois-Perret . 1,000

Société des jeunes économes de Conflans . 5oo

École d’apprentissage pour le dessin et la peinture céramique 1,000

de la Société des sciences et arts de Limoges . 3,ooo

École des beaux-arts appliqués à l’industrie, de Limoges. . . 3, 000

Patronage des apprentis d’Arras . 2,000

Société industrielle et École d’apprentissage d’Epinal( Vosges). 3, 000 École communale professionnelle de Joinville (Haute-Marne). i,5oo

Patronage d’apprentis d’Orléans . 1,000

Apprentissage d’horlogerie, dessin et sculpture sur bois, de

Chamonix (Haute-Savoie) . i,5oo

École d’horlogerie de Sallanches (Haute-Savoie) . 1,000

École d’apprentis pour le travail du jaspe, de Saint-Gervais . 5oo

Apprentissage professionnel des jeunes filles de Caen . 1,000

Association pour le placement en apprentissage des orphelins

des deux sexes . 200

Patronage des apprentis tapissiers . 3oo

Chambre syndicale du papier et des industries qui le transforment . 200

Total des subventions allouées en 1879, sur le budget du commerce et de l’agriculture . i3A,200

L’ÉCOLE

anglaise, créer un musée. Si l’on jette les yeux sur les fondations des autres villes, sur celles même de l’Etat, c’est l’enseignement technique, pratique, scientifique, qui domine. Cependant Lyon a raison. La plus grande force industrielle de la France, c’est le goût. On peut avoir ailleurs plus de charbon, plus de fer, plus de coton, plus de capitaux, plus de muscles. Jusqu’ici nous l’avons emporté par le goût. C’est sur ce point précisément qu’on nous combat; c’est ce point qu’il faut défendre.

Après la bataille décisive de 1 8 5 1 , l’Angleterre, qui est une nation politique, a compris sur-le-champ qu’il lui fallait des artistes. Elle n’avait jusque-là combattu que par des moyens indirects, soit en nous prenant nos artistes, soit en envoyant les siens étudier chez nous. En i85i, elle prit la résolution d’avoir elle-même ses écoles. Elle créa du même coup le département de la science et de l’art, et le musée de Kensington. Il fallait pour cela de l’argent, beaucoup d’argent : elle en a donné. Rien que pour le musée, la dépense courante est de 1,200,000 francs par année. Elle s’est élevée une année à 6 millions. Outre le musée central, on a créé une sorte de musée ambulant de l’art et de l’industrie, renouvelé à chaque voyage, et formé, pour chaque centre industriel , des matériaux les plus appropriés à son genre d’industrie, et que l’on emprunte au musée central h). L’enseignement du dessin est aujourd’hui donné dans 2,800 écoles. Il y a trente ans, on manquait d’écoles et de maîtres!

Voici, d’après M. Natalis Rondot des chiffres qui pour-

(1) Natalis Rondot, V Enseignement nécessaire à l’industrie de la soie, p. 128. Lyon, 1877.

(2) L’Industrie de la soie, p. ia4. Lyon, 1875.

L’ÉCOLE

raient bien être au-dessous de ïa réalité, puisqu’ils concernent seulement les écoles qui acceptent les subventions et la direction du département de la science et de l’art.

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