‹ Exposition universelle de 1885Chapitre 1 sur 19 · ANVERS · texte numérisé non relu

ANVERS

Imprimerie-lithographie Jos. Theunis & cie, Fue du Lombard, 28.

L’année i885 doit être marquée en lettres d’or dans nos annales : c’est en cette année que notre ville vit, la première en Belgique, s’ouvrir, sur son territoire, une exposition universelle.

L’événement est trop important pour ne pas élargir en sa faveur le cadre habituel de notre rapport. Nous relaterons donc, aussi sommairement que possible, les principaux faits de cette vaste entreprise, en nous basant sur les renseignements qui nous ont été fournis par le comité exécutif de l’expositian et par le commissariat général du Gouvernement.

L’exposition d’Anvers, ouverte le 2 Mai 188 5, est entièrement due à l’initiative anversoise.

M. E. Colinet, qui avait étudié l’exposition d’Amsterdam de 1 883 , conçut l’idée d’organiser un semblable concours dans une des villes capitales où aucune exposition internationale n’avait encore été organisée jusqu’alors. Ayant communiqué son idée à M. F. Gittens, Conseiller communal, celui-ci fit observer qu’Anvers offrait peut-être des chances sé ieuses pour une entreprise de ce genre et que les terrains nécessaires seraient faciles à obtenir. Mis au courant de leur projet, M. J. L. Hussc, architecte, partagea leur manière de voir. Ils étudièrent ensemble la question, jetèrent les premières bases de l’entreprise en Juillet 1 883, et devinrent ainsi les promoteurs de l’exposition universelle de 1 885 .

Le 25 Août 1 883, ils obtinrent de la Société anonyme du Sud d'Anvers l’option pour la location des terrains situés entre la nouvelle gare du Sud et les nouveaux bassins de batelage, dans le but d’y ériger, pour 1 885, une exposition internationale industrielle, maritime et coloniale.

Le27 Août 1 883 , ils nous demandèrentl’autorisation d’enclaver, dans l’enclos, la voirie qui séparait les divers lo's de terrain, et ils sollici-

tèrent l’appui moral de l’Administration communale pour la bonne réussite de l’entreprise.

Notre Collège accueillit immédiatement cette double demande et mit une grande partie du bassin aux briques à la disposition des promoteurs.

Ceux-ci réussirent à s’entendre avec plusieurs financiers, négociants et industriels de la ville, appartenant aux deux partis politiques. Un comité provisoire fut formé, qui accepta la mission d’étudier le projet et d'en préparer la réalisation.

Tout en voulant laisser à l’entreprise sa marque distinctive d'origine, ce comité provisoire reconnut qu’il .y avait lieu, avant tout, d’obtenir du Gouvernement la promesse d’appuyer, auprès des puissances étrangères, les démarches qui seraient faites pour obtenir leur participation.

Le 20 Octobre 1 883, M. le Bourgmestre eut l’honneur de présenter MM. Victor Lvnen, A. Van den Nest, F. Belpaire, Jules Koch et F. Gittens, délégués du comité provisoire, à M. Frère-Orban, Ministre des affaires étrangères.

Dans une lettre du 3o du meme mois, le comité provisoire, réuni à l’hôtel de ville, résuma les demandes faites à M. le Ministre pendant l’audience du 20.

Par lettre du 19 Novembre notre Collège appuya énergiquement la demande du comité provisoire.

Le 26 Décembre i883, le comité provisoire fut reçu de nouveau par M. Frère-Orban, qui lui communiqua les réponses peu encourageantes, faites par quelques Gouvernements étrangers aux demandes officieuses qu’il leur avait adressées. La fréquence des expositions internationales, pour quelques-uns, le principe d’abstention absolue, ou la simultanéité d’expositions internationales, pour d’autres, étaient les motifs qui engageaient ces Gouvernements à ne pas se prononcer immédiatement en faveur d’une participation officielle.

Il est probable, enfin, que la plupart des Gouvernements étrangers considéraient à ce moment comme impossible la réalisation, par

l’initiative privée, d’une entreprise qui devait être menée à bonne fin en moins de 1 5 mois.

Il est difficile, en effet, de se rendre compte de ce qu’il a fallu d’énergie, de patience et de tact, pour surmonter les obstacles qui se dressaient à cette époque en face du comité provisoire. Mais celui-ci ne se laissa pas rebuter, et malgré les réponses peu favorables reçues de l’étranger, assura à M. le Ministre, que la réalisation du projet serait poursuivie si le comité pouvait compter sur le concours du Gouvernement belge.

Ce concours ayant été promis par M. Frère-Orban, le comité se rendit auprès de M. Rolin-Jaequemyns, Ministre de l’intérieur, qui avait dans ses attributions le service des expositions, et il formula le minimum des demandes, qui, à son avis, devaient assurer quand même le succès de l’entreprise.

Ces demandes, qui s’adressaient aux divers départements ministériels, peuvent se résumer comme suit :

i. — Département des affaires étrangères.

à) Insister auprès des Gouvernements étrangers, pour qu’ils prêtent leurs concours officiel à l’exposition d’Anvers.

b) Charger les agents diplomatiques et consulaires belges à l’étranger d’appeler sur notre exposition l’attention des producteurs et commerçants des divers pays et de nous mettre en rapport avec eux.

ii. — Département des travaux publics.

a) Accorder sur le réseau de l’Etat belge le transport gratuit, à l’aller et au retour, jusqu’à concurrence de 25oo kil. par exposant, des marchandises destinées à l’exposition, et une réduction de 5o ° 0 au delà de 25oo kil.

b) Accorder la franchise postale aux conditions usitées dans des circonstances analogues.

c) Accorder l’usage gratuit d’une partie de la gare du Sud, pour y établir l’exposition des machines.

d) Raccorder le local de l’exposition à cette même gare.

e) Accorder, pendant toute la durée de l’exposition, une réduction

de 5o % sur le prix de transport des voyageurs sur le réseau de l’Etat, aux commissaires de l’exposition, tant belges qu’étrangers, aux membres du jury et à la presse.

iii. — Département de l'intérieur.

Déléguer un commissaire du Gouvernement auprès de l’exposition.

iv. — Département des finances.

a) Accorder, aux objets envoyés de l’étranger à l’exposition, le régime de l’entrepôt fictif, à des conditions garantissant les intérêts du trésor public.

b) Demander aux Chambres législatives un subside de 3oo,ooo fr., justifié par la faveur qui sera accordée aux exposants belges.

v. — Département de la justice.

Autoriser la commission de l’exposition à organiser une tombola, permettant d’acquérir un certain nombre d’objets exposés.

vi. — Département de la guerre.

Accorder le concours de l’armée pour le service de la manutention et de la surveillance de l’exposition.

11 est à remarquer que les avantages demandés, dont la plupart sont de droit accordés aux expositions, étaient tous en faveur des exposants.

En attendant la réponse du Gouvernement belge, le comité provisoire, désireux de consulter ses concitoyens et certain que le succès de l’œuvre ne pouvait être assuré que moyennant le concours de tous, décida de constituer la Société anonyme de l'exposition universelle d'Anvers , dont l’acte fut passé le 21 lanvier 1884. Dès le 22 Janvier, la circulaire dont nous donnons plus loin le texte fut adressée au public pour lui faire part de l’état de la question, de ses chances de réussite, comme de ses aléas, et demander aux Anversois leur concours financier :

Circulaire du 22 Janvier 1884.

« Le dernier semestre de l’année 1 883 a vu éclore l’idée d’organiser à Anvers une exposition universelle en 1 885.

» Le projet fut accueilli avec enthousiasme dans notre ville et dans le pays. Les expositions, à notre époque, répondent à des besoins spéciaux du commerce et de l’industrie.

» Par sa position géographique et par l’admirable aménagement de son port, Anvers, mieux que toute autre ville de l'Europe occidentale, se prête à l’organisation d’une de ces vastes expositions-foires qui entrent de plus en plus dans nos mœurs économiques.

» Il est inutile d’insister sur les avantages que la Belgique et la ville d’Anvers doivent retirer d’une entreprise de ce genre.

» Il importe de faire connaître au monde entier les merveilleuses installations pour lesquelles l’Etat et la ville dépensent plus de cent millions de francs, et qui feront de notre port un des premiers de l’univers. Ce but sera plus rapidement atteint au moyen de l’organisation d’une exposition universelle à la fois maritime, commerciale et industrielle, par laquelle des commerçants de toutes les parties du monde seront attirés dans nos murs.

» Le comité provisoire, qui a accepté la mission d’étudier ce projet grandiose et d’en préparer la réalisation, vient de terminer son travail.

» En se chargeant de cette étude le comité provisoire s’est sincèrement inspiré des intérêts généraux du pays et de ceux du port d’Anvers.

» Il a tout d’abord reconnu que l’exposition d’Anvers ne peut pas être l’objet d’une spéculation financière ; mais qu’elle doit revêtir le caractère d’une œuvre nationale, à laquelle la Belgique entière est appelée à prêter son concours.

» C’est en exécution de ce programme, que nous offrons au public la majeure partie du capital de la société anonyme constituée pour l’organisation et l’exploitation de l’exposition universelle d’Anvers. Les statuts de la société sont à l’inspection du public dans tous les bureaux où la souscription est ouverte.

» On trouvera ci-joint les conditions de la vente des actions. Le

résultat de la vente dira si le projet peut être réalisé ou s’il doit être abandonné. Nous acceptons le verdict de l’opinon publique.

» Il n’est créé ni parts de fondateurs ni actions de jouissance. La seule charge imposée à la société résulte d’une convention faite avec MM. F. Gittens, E. Colinet et J. L. Hasse, promoteurs du projet, qui ont renoncé à tout concours financier étranger. Cette convention leur attribue, si l’exposition a lieu, une somme de cent vingt mille francs et 10 pour cent dans les bénéfices de l’entreprise. Nous avons jugé équitable d’accorder ces avantages aux promoteurs de l’exposition, en compensation de leurs études, plans, devis, renseignements, concessions et conventions, dont nous nous sommes assuré l’acquisition éventuelle. Ces Messieurs se sont engagés à convertir en actions de la société les 3/4 de la somme qui leur serait payée.

» Nous avons à faire connaître le résultat du minutieux examen que nous avons fait des chances de succès de l'entreprise.

» Pour réaliser le projet, la date de 1 885 s'impose. C’est dans le courant de cette année que les travaux gigantesques de notre port seront entièrement achevés. Il faut profiter des terrains encore momentanément disponibles pour établir l'exposition au centre de la ville et à proximité de ses établissements maritimes.

» La ville d'Anvers et la Société anonyme du Sud ont mis à la disposition des promoteurs de l’exposition des terrains d’une superficie d’environ 220,000 mètres carrés, comprenant une partie du bassin'de batelage destinée pour l’exposition maritime.

» Notre Auguste Souverain n’est jamais resté indifférent aux projets qui peuvent contribuer à étendre la renommée de notre port et à augmenter le bien-être de la nation. Aussi ne doutons-nous pas que l’exposition universelle d’Anvers n'obtienne le haut patronage de S. M. Léopold IL

» L’Etat et la ville d’Anvers prêtent leur concours à l’entreprise.

» Le Gouvernement nous a promis son appui auprès des puissances étrangères et le concours de nos agents diplomatiques et consulaires est acquis. Si nous ne comptons pas sur le concours officiel de tous les

Gouvernements étrangers, nous savons par l’expérience faite ailleurs, que là ou les Gouvernements n’interviennent pas par principe, l’intérêt privé des exposants supplée dans une large mesure au défaut de l’initiative gouvernementale. Nous avons du reste prévu la création d'agences spéciales à l’étranger, dans le but de faciliter aux exposants des divers pays l’accès à l’exposition.

» Le concours financier de l’Etat, sous forme de subside, subordonné à des conditions dictées par l’intérêt général, sera demandé par le Gouvernement aux Chambres législatives.

» La ville, de son côté, accordera à la société des faveurs qui allégeront les charges de l’entreprise.

» L’exposition triennale de la Société pour l’encouragement des Beaux-Arts aura lieu en 1 8 N 5 ; elle attirera à Anvers les amateurs d’art, qui s’y rencontreront avec les commerçants et les industriels.

» L'inauguration des nouveaux quais de l’Escaut et de leur puissant outillage coïncidera avec l’exposition universelle et sera un attrait de plus pour les visiteurs.

» La réputation delà ville d’Anvers grandit chaque jour à l’étranger. Ses magnifiques monuments, ses musées, ses collections particulières d'œuvres d’art, ses quais, ses bassins et son mouvement maritime, seront pour les uns des éléments d’études, et des sujets de distractions variées pour les autres.

» Le vaste terrain choisi au nouveau quartier du Sud, est exceptionnellement situé pour la réalisation de l’entreprise. L’appropriation n’en exigera que des terrassements relativement peu importants; de larges voies de communication y donnent accès; il avoisine l’Escaut et confine aux voies ferrées de l’Etat et aux établissements maritimes.

» La manutention des marchandises, tant à l’arrivée qu’au départ, pourra donc se faille dans des conditions de célérité et de bon marché qui auront été rarement réalisées.

» Tels sont les éléments de succès surlesquels l’exposition universelle d’Anvers peut incontestablement compter. Ils nous ont paru de nature à justifier l’appel fait à la coopération de tous ceux qui croient avec

nous que l’exposition projetée contribuera puissamment à étendre les relations commerciales de la Belgique avec l’étranger.

» Nous tenons à ne pas cacher au public le côté aléatoire de l’entreprise.

» Sans doute l’exposition d'Anvers se fera dans des conditions particulièrement économiques. La situation du terrain permettra de fixer les frais de manutention des marchandises à un taux inférieur au chiffre des expositions précédentes, et des offres faites par des entrepreneurs sérieux nous donnent l’assurance que les locaux seront construits dans le délai relativement court dont nous disposons, et à un prix qui permettra de faire aux exposants des conditions de location favorables.

)> Mais divers autres éléments de la dépense qu’entraine une exposition universelle sont moins aisés à fixer. C’est là le côté aléatoire de l’entreprise. Il appartiendra à la société constituée de calculer les dépenses d’après les nécessités du succès.

)) De l’ensemble de nos investigations sur les expositions les plus récentes, il nous est permis de conclure que si l’exposition universelle parvient à louer les emplacements mis à sa disposition, et que le nombre des visiteurs se rapproche de celui d’Amsterdam et de Bruxelles, le capital engagé sera non-seulement remboursé, mais trouvera une rénumération suffisante.

» Ajoutons que nous avons tout lieu de croire que le Gouvernement autorisera l’organisation d’une tombola et fournira ainsi a la société l’occasion d’acquérir une partie des objets exposés.

» En offrant en vente, par souscription publique, 1 3, 100 actions de ioo fr. de la société anonyme, constituée pour l’organisation et l’exploitation de l’exposition universelle d’Anvers, nous avons eu un double but : consulter le public sur l’opportunité deVouverture de cette exposition, et l’associer éventuellement à une œuvre nationale particulièrement favorable aux intérêts de la ville d’Anvers.

» Anvers, le 22 Janvier 1884.

» C. Bal, Frédéric Belpairk, J. Havenith-De Decker, Julien Koch, Victor Lynen, Eugène Meeus, Gustave Van den Abkele, Arthur Van den N est. »

La souscription aux actions de la société anonyme de l’exposition ayant été entièrement et exclusivement couverte à Anvers, le 8 Février, le conseil d’administration de la société en informa M. le Ministre des affaires étrangères, par lettre du 9, en précisant les divers points qui devaient constituer le concours du Gouvernement

Le 21 du même mois, M. Frère-Orban fit connaître les intentions du Gouvernement au sujet de l’appui sollicité par la société de l’exposition. 11 accordait entr’autres :

i° L’intervention pécuniaire de l’Etat en cas de déficit constaté, à la condition que cette intervention n’excèderait pas ce déficit et ne serait en aucun cas supérieure à la somme de 2 5o,ooo fr. ;

2° La nomination d’un commissaire officiel, qui devait servir d'intermédiaire entre les différents Gouvernements qui prendraient part à l’exposition et le comité exécutif;

3° L’autorisation d’organiser une tombola, destinée à acheter aux exposants une partie des objets exposés par eux, et à faciliter l’entrée de l’exposition aux corporations ouvrières, aux artisans et aux écoles. Cette autorisation concernant la tombola était donnée sous réserve de l’approbation des Chambres législatives.

Comité exécutif. — Pour bien montrer que la spéculation était absolument étrangère à l’entreprise qui s’annoncait, le conseil d'administration de la société de l’exposition, ne se réservant que les questions financières, constitua le comité provisoire en comité exécutif ; celui-ci s’occupa dès lors exclusivement de l’organisation et de la direction de l’exposition.

Ce comité exécutif se composait de :

président d’honneur: M. Léopold de Wael, Bourgmestre de la ville d’Anvers;

président: M. Victor Lynen, négociant, consul du Chili; vice-président: M. Eug. Meeus, industriel, membre de la Chambre des représentants;

secrétaire général : M. P. Koch, avocat;

membres: MM. Bal C. J., industriel; Belpaire Fréd., ingénieur;

Koch Jul., industriel; J. Havenith-De Decker, négociant; G. Van

den Abeele, industriel ; A. Vanden Nest, Echevin delà ville d’Anvers; secrétaire-adjoint : M. L. Perrignon.

Le comité exécutif, ainsi constitué, se mit résolument à l’œuvré et prit une série de mesures prouvant qu’il avait à cœur de mener à bonne fin cette vaste entreprise.

Il sut s’assurer dès l’abord le concours d’hommes pratiques, dont l’expérience, acquise dans les expositions antérieures, devait faciliter la tâche ardue qu’il avait devant lui.

Dès le mois de Janvier déjà, le comité avait obtenu la collaboration, à titre consultatif, de M. le comte Ad. d’Oultremont, ancien commissaire de Belgique aux expositions de Philadelphie (1876), Paris (1878), Bruxelles (1880); celle de M. Gody, secrétaire du commissariat aux mêmes expositions; celle, enfin, de M. Bordiau, architecte des expositions de Bruxelles (18801 et d’Amsterdam ( 1 883).

Dans le même ordre d’idées, le comité exécutif institua, dans les premiers jours de Février 1884, un comité technique dont le concours tout gracieux a été des plus utiles à l’œuvre de l’exposition.

Comité technique. — Dans sa première séance, qui eut lieu le 14 Février 1884, ce comité eut à s’occuper de la question de l’emplacement des halles et de leur mode de construction.

M. l’architecte Bordiau sut réaliser les idées émises à ce sujet et présenta, le 28 du même mois, un avant-projet qui rallia tous les su ti rages .

Dans les autres réunions, qui furent assez nombreuses, et dont la dernière eut lieu le 16 Avril 1 885, le comité technique eut à traiter toutes les questions qui lui furent soumises par le comité exécutif, notamment celles relatives aux façades de l’exposition, à la construction des halles, à l’organisation de la halle aux machines et de ses annexes, au réseau des voies intérieures pour la manutention des produits, au projet de l’installation de l’eau et du gaz, à l’organisation de comités d'essai pour l’industrie et l’électricité, etc., etc.

Son avis fut également demandé dans l’examen de divers règlements et son intervention fut très utile pour l’arrangement de certains litiges.

Le comité technique se composait de:

Président: M. A. Belpaire, administrateur des chemins de fer de l’Etat;

Vice-président: M. G. Royers, ingénieur de la ville d’Anvers; Membres-secrétaires : M. J. Gody, architecte au ministère des chemins de fer, postes et télégraphes ;

M. E. De Keyser, ingénieur, directeur de la Société anonyme du Sud d’Anvers ;

Membres : MM. le comte Ad. d’Oultremont, membre de la Chambre des représentants :

E. Rousseau, professeur à l’école militaire et à l’universitéde Bruxelles; De Graux, ingénieur à l’administration des chemins de fer de l’Etat à Malines ;

De Schrijver, ingénieur des ponts et chaussées ;

G. L. Delcourt, ingénieur en chef du génie maritime ;

De Ruydts, major d’artillerie ;

Van Hoorebeke, capitaine du génie ;

Grandgaignage, directeur de l’institut supérieur de commerce à Anvers.

Comité de la presse. - - Dès l’une des premières séances du comité exécutif, il fut décidé de s’adressera la presse pour la formation d’un comité. Les rédacteurs descinq journaux quotidiens de la villed’Anvers furent convoqués à cet effet et convinrent de constituer un comité de la presse belge. Dès le 21 Mars 1884, ce comité lança la circulaire dont nous reproduisons plus loin le texte. Cette circulaire fut envoyée aux journaux du monde entier et quelques jours plus tard un appel fut adressé par le comité de la presse aux consuls belgesà l’étranger, pour obtenir de leur influence la reproduction, dans les journaux de leur rayon, de la circulaire du comité exécutif aux producteurs étrangers ;

« Exposition universelle d’Anvers, sous le haut patronage de S. M. le Roi des Belges.

» Comité de la presse.

» Monsieur et cher confrère ,

» Une exposition universelle , ayant un caractère commercial, industriel et maritime, s’ouvrira à Anvers au printemps de l’année 1 885, sous le haut patronage de S. M. le Roi Léopold II, avec le concours du Gouvernement belge et avec l’appui des autorités locales.

» Elle coïncidera avec l’exposition triennale des beaux-arts, à laquelle seront invités les peintres, sculpteurs, architectes et graveurs de tous les pays, et qui jouira cette fois d’avantages spéciaux et aura une importance exceptionnelle.

» Désireux et de contribuera la réussite de cette nouvelle affirmation des progrès du génie humain et de remplir un devoir de fraternité envers les journalistes du pays et de l’étranger, les rédacteurs des journaux quotidiens d’Anvers ont tormé un comité de la presse avec la participation bienveillante des rédacteurs en chef de ceux des journaux quotidiens de Bruxelles qui ont eu l’expérience de la grande exposition nationale de 1880.

» Nous avons l’honneur de vous en donner notification et nous nous mettons à votre disposition pour tous les services que vous seriez dans le cas d’avoir à nous demander.

» Faire œuvre utile à la presse, assurer un accueil cordial aux confrères qui viendront à Anvers, leur rendre agréable leur séjour parmi nous, leur procurer les plus grandes facilités pour l’accomplissement de leur mission, telle est notre ambition, tel est notre programme.

» Une visite à la métropole commerciale et artistique de la Belgique ne peut manquer de les intéresser : en effet, notre belle rade vient d’ètre transformée ; les plus grands steamers transatlantiques accostent la nouvelle ligne de quai de 3 5oo mètres de longueur sur ioo

mètres de largeur qui borde la rive droite de l’Escaut; les installations et l’outillage perfectionnés de nos vastes bassins et de nos établissements maritimes expliquent l’entrée dans notre port en 1 883 de 4689 navires de mer, représentant un tonnage de 3,857,934 tonnes, et de 28,433 bateaux d’intérieur, jaugeant 2,229,588 tonnes, mouvement maritime qui promet de croître encore ; enfin la ville d’Anvers agrandie, opulente, fière de ses monuments et de ses œuvres d’art, est surprise elle-même de la rapidité avec laquelle s’édifie, sur l’emplacement de l’ancienne citadelle, le nouveau quartier dont le centre est réservé à l’exposition.

» Nous aurons soin, Monsieur et cher confrère, de vous adresser en temps et lieu les communications qui pourront intéresser soit votre honorable journal, soit vos représentants à l’exposition d’Anvers.

» Aujourd’hui nous vous transmettons ci-joint un exposé émanant du comité exécutif de l'exposition et qui vous indiquera les bases de cette entreprise patriotique.

» Cet exposé sera publié par les journaux d’Anvers le Lundi, 24 Mars. S’il vous convenait, dès maintenant ou plus tard, d’y puiser des éléments d’appréciation ou de le reproduire en tout ou en partie, nous vous en serions très reconnaissants.

» Nous vous prions dans ce cas de bien vouloir, lorsque paraîtra le n° de votre journal contenant cette appréciation ou cette insertion, nous adresser un exemplaire spécial pour être conservé dans les archives du comité de la presse.

» En vous réitérant l’expression de nos sentiments dévoués, nous vous prions de croire que nous tacherons de ne rien négliger de ce qui pourra ajouter au prestige de la presse, qui, dans notre libre pays de Belgique, est déjà tant honorée.

» Anvers, le 21 Mars 1884.

» Le comité de la presse:

» Le président: Aug. Snieders, rédacteur en chef du Handelsblad

(Anvers).

» Les vice-présidents: Arthur Gofmaf.re, rédacteur en chef du Précurseur (Anvers); Eue. Gressin-Dumoulin, rédacteur en chef de L'Opinion (Anvers).

» Le£ secrétaires : Jean Van den Dries, directeur-rédacteur en chef de L'Escaut (Anvers) ; Paul Billiet, rédacteur en chef du Koophandel (Anvers).

» Les membres conseillers: Ph.Bourson, directeur-rédacteur en chefdu Moniteur belge (Bruxelles); L. Berardi, directeur-rédacteur en chef de l Indépendance belge (id.) ; baron de Haulleville, directeurrédacteur en chef du Journal de Bruxelles (id.); A. Madoux, directeur de L'Etoile belge (id.); An. Canler, rédacteur en chef de l'Echo du Parlement (id.); A. Delmer, rédacteur en chef du Courrier de Bruxelles id.); A. Rf.nson, directeur-rédacteur en chef de La Galette (id.); Victor Hallaux, directeur-rédacteur en chef de la Chronique (id.) ; Ch. Bontems, directeur des Nouvelles du Jour (id.); Th. Van H aesendonck, rédacteur en chef du Scheldegalm (Anvers); J. Van Dieren, rédacteur en chef du Huisvriend (id.); J. Beruy, rédacteur du Lloyd anversois (id.); L. Van Keymf.ulen, délégué de la presse artistique anversoise: Fédération artistique , Vlaamsche School, Revue artistique et Chronique des beaux-arts (Anvers). »

« Exposition universelle d'Anvers, sous le haut patronnage de S. M. le Roi des Belges.

» Comité » Anvers, le 24 Mars 1884.

de la presse.

» Monsieur le consul ,

» D’accord avec le comité exécutif de l’exposition universelle d’Anvers, qui dans son exposé ci-joint indique les bases de cette patriotique entreprise, nous avons l’honneur de porter à votre connaissance que nous venons d’adresser ce document, avec prière de reproduction totale ou partielle, aux principaux journaux du pays où vous exercez vos fonctions.

» Il nous est bien agréable d’accomplir à votre égard cet acte de déférence.

» En meme temps, connaissant l’obligeance habituelle de MM. les consuls de Belgique dès qu’il s’agit de nos intérêts nationaux, nous osons espérer que vous voudrez bien user de votre haute influence en faveur de nos efforts, et notamment nous signaler les observations ou les réclamations que pourraient faire naître, maintenant ou plus tard, soit les démarches du comité de la presse, soit les mesures prises par le comité exécutif de l'exposition.

» Jamais ne s’est présentée meilleure occasion de faire de la métropole des arts et du commerce de la Belgique le théâtre d’une lutte pacifique entre toutes les nations civilisées. En effet, notre belle rade vient d’être transformée; les plus grands steamers transatlantiques accostent la nouvelle ligne de quai de 3,5oo mètres de longueur sur 100 mètres de largeur qui borde la rive droite de l’Escaut ; les installations et l’outillage perfectionnés de nos vastes bassins et de nos établissements maritimes expliquent l’entrée dans notre port en 1 883 de 4689 navires de mer, représentant un tonnage de 3,857,934 tonnes et de 28,433 bateaux d’intérieur, jaugeant 2,229,588 tonnes, mouvement maritime qui promet de croître encore; enfin, la ville d’Anvers agrandie, opulente, fière de ses monuments et de ses œuvres d’art, est surprise elle-même de la rapidité avec laquelle s’édifie, sur l’emplacement de l’ancienne citadelle, le nouveau quartier dont Je centre est réservé à l’exposition.

)) D’une statistique, dressée au mois de Mars 1879 Par M. Weaver, consul des Etats-Unis à Anvers et envoyée à son Gouvernement, nous extrayons le petit tableau suivant :

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