TISSUS ÉLASTIQUES
L’industrie des tissus élastiques est une industrie française, dont les débuts sont relativement récents, et qui a pris rapidement une importance extraordinaire.
Les tissus élastiques sont employés principalement pour la fabrication des bretelles, jarretières, jarretelles et ceintures, articles dont la consommation a augmenté en France, durant ces dernières années, d’une manière considérable.
Malheureusement, la situation de cette industrie à l’étranger est moins satisfaisante ; les tarifs douaniers lui ont fermé les principaux pays de consommation, les échanges sont devenus difficiles avec lieaucoup de marchés, impossibles même avec certains {Russie, Etats-Unis), où des droits prohibitifs atteignant jusqu’à 220 7oî empêchent toute exportation.
Cependant, la fabrication française, malgré la grande concurrence qu’elle a à supporter, a pu conserver encore quelques débouchés dans l’Amérique du Sud, en Belgique, en Suisse, au Mexique, en Italie. Elle s’est efforcée d’attirer et de retenir la riche clientèle étrangère par ses créations constantes, ses applications nouvelles, ses modèles de haute fantaisie; et le chiffre d’exportation, qui a atteint, en lOOb, 2,529,000 francs, en augmentation de 574,000 francs sur celui de 1904, démontre que ses efforts sont couronnés de succès.
EXPOSITION DE LIEGE
I^e chiffre d’exportation jiourrait peut-être se dévelo])per davaiitag'e si nos industriels français n’avaient pas à payer, sur les tils de caoutchouc ((ui leur servent en réalité de matière première, des droits d’entrée que leurs concurrents étrangers n’ont pas à supporter.
Des fahriques de til élastique dont nous sommes tributaires, aucune usine de caoutchouc ne s’occupant de cette fabrication en France, existent à Milan, Barmen, Leicester et Boston.
Le salaire des ouvriers de l’industrie des tissus élastiques, dont les principaux centres de fabrication se trouvent dans les déqiartements de la Seine-Inférieure, de la Loire, de l’Oise et de la Somme, varie de ‘2 à 4 francs pour les femmes, de 3 fr. 50 à 5 francs poulies hommes, qui sont presque exclusivement employés à la conduite des métiers et aux apprêts; les travaux de dévidage, cannetage et ourdissage sont faits par les femmes.
FRANCE
Deux maisons françaises seulement exposaient à Liège : l°Une société très importante, formée par la réunion des deux premières maisons parisiennes de l’industrie des tissus élastiques, du caoutchouc manufacturé et ses applications, exposait dans une vitrine fort intéressante les princi[)aux articles de sa fabrication: tissus élastiques, bretelles, jarretelles, ceintures, dessous de bras, articles de lingerie caoutchoutée : bavoirs, couches-culottes, tabliers de nourrice, vêtements imperméaldes et une multijilicité d’olijets en caoutchouc, tels que jouets, blagues à tabac, bracelets, gommes à effacer, etc., etc...
Cette société, qui possède trois importantes usines en province, et fait un chiffre d’affaires considérable, est la seule maison de ce genre, non seulement en France, mais en Europe. Elle était hors concours un de ses gérants étant juré-expert.
2° Une maison parisienne, ayant son usine en Picardie et ne s’occupant exclusivement ipie de la fabrication des tissus élastiipies pour jarretières et jarretelles, présentait avec goût des types très variés de dessins et de coloris, qui lui valurent un diplôme d’honneur.
BELGIQUE
Une médaille d’or récompensa une fabrique de tissus élastiques pour chaussures, de Courtrai. Quoique l’usage de plus en plus répandu des bottines à lacets et à boutons ne permette plus à cet article une grande extension en Europe, cette manufacture présentait des types très variés de qualité, d’envers et de largeur.
Elle avait également exposé cjuelques genres pouvant être employés pour la confection de ceintures et de guêtres pour cyclistes.