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PLUMES

FRANCE

Le succès obtenu à Liège par l’industrie parisienne des plumes pour parures a été considérable. On peut affirmer que le Salon de la plume, avec son diorama, formait un ensemble qui a été certainement l’un des attraits de la Section française.

Cette superbe manifestation était dite à l’initiative du Comité de la Classe 86, qui, gréce au dévouement inlassable etaux démarches réitérées du président de la Chambre syndicale des fabricants de plumes pour parures et du président du Syndical des teinturiers en plumes, put obtenir la partici})ation désinléressée des principales maisons de j)lumes brutes et de matières premières, et réunir ainsi les éléments nécessaires à l’organisation de cette installation si originale, qui fut une innovation dans les Expositions et qui contribua tant au succès de la Classe 86.

Il convient de féliciter nos collègues pour le concours dévoué qu’ils apportèrent à l’œuvre commune, et de les remercier pour l’attrait qu’ils surent donner à notre Classe tout entière.

EXPOSITION DE LIÈGE

Les industries de lii plume présentèreni à Liège un ensemble tel (ju elles U eu avaient pas encore réalisé dans aucune Exposition Lniverselle, et qui permit aux visiteurs de se faire une idée nette de 1 importance de ces industries et d’apprécier quelle somme d’imagination, d ingéniosité, de fantaisie doivent dépensercliaque année, chaque saison, les fabricants parisiens pour créer des modèles nouveaux, pour lancer la mode qui conserve à Paris, en ces matières, sa primauté universelle.

Diorama de la plume

Montrer les matières premières dans les lieux où elles sont récoltées, puis faire voir leurs transformai ions multiples, jusqu’à la création définitive des modèles prèls pour la vente, faire toucher du doigt les différentes phases de la fabrication ; tel est le but que s étaient proposés d atteindre les organisateurs de cette Exposition.

En entrant dans la Section, on remarquait tout d’abord un diorama éclairé a 1 électricité, qui, par son arrangement amusant et pittoresque, séduisit et retint la foule des visiteurs.

Trois tableaux, dont les décors fort réussis étaient dus au talent du peintre décorateur M. Jambon, tiguraienl synthétiquement les trois lieux du monde où se récoltent principalement les plumes qu’utilise l’industrie: une ferme française, une forêt troj)icale, un paysage de l’Afrique du sud.

Dans la cour de la ferme françai.se, on voyait au premier plan un dindon noir et un dindon blanc.

Ces modestes volailles fournissent abondamment une plume duveteuse qui, mise en œuvre, a donné naissance à une industrie qui date d’un quart de siècle et qui est devenue aujourd’hui fort importante.

C’est grâce à celte plume, au duvet fin et soyeux, qu’on a pu créer ces éfoles, ces boas, ces manchons qui, dans ces dernières années, ont eu une si grande vogue, et que toute dame élégante a voulu porter.

La plume de dindon, autrefois presque sans valeur, atteint aujourd hui des prix (devés et donne ;i l’éleveur un supplément de revenus fort aj)j)réciable.

classe 86. — ACCESSOIRES DU VETEMENT

A Cülé des dindons, le visilenr remarquait toute la gent volatile de la basse-cour; le coq, la poule et ses poussins, le canard, l’oie, et i)lus loin, volelant ou se reposant sur le toit de la ferme, les pigeons. Les plumes de ces différeids oiseaux sont fort liabilemeid. utilisées, soit pour la parure des chapeaux, soit, grAce à des procédés brevetés il y a une quinzaine d’années, par un fabricant parisien, pour la confection des boas, des manchons, des cols, etc..., etc...

La lï'i'iiiü rraii(;ai.>c‘

Les plumes de basse-cour donnent lieu à un chiffre annuel de fabrication considérable. Pour le marché parisien seul, on peut l’estimer à une vingtaine de millions de francs.

Dans la forêt tropicale, formant la deuxième partie du diorama, les visiteurs ont pu remarquer les principaux oiseaux venant des contrées chaudes et utilisés par l’industrie des plumes pour parures: les paradis et les gouras venant de la Nouvelle-Guinée

EXPOSITION DE LIÈGE

o( (les îles cnvironnanles, les merles du Sc-m'o-ol, los oiseiuixmouclies du Brésil, les perruches d(> rindo-Cliiiie el de la pres- (pi'île d(‘ Malacca, les lopholbres des Indes, ele..., etc...

Tous ces oiseaux, de provenances si diverses, soni idilisés de mille façons. Tanhil Imirs plumes aux Ions hrillanis (d mélalli([ues serveni à ornementer les plumes de hasse-cour d(' Ions plus Iran- (piilles el plus prosaï(pies, lanUM ce sonI leur lèle, leurs ailes, leur (pieue, le reste de leur plumage cpii, s(*parémenl , soni mis en valeur par l’hahileté du plumassier, donl le ible consisie à salisfaire incessammenl ions les caprices de la nioih'.

Le commerce de ces plumes (\xoliques, donl le pi-incipal marché est à Londres, esl assez imporlanl. Il pmil èire estimé à une ipiinzaine de millions de francs.

Ln paysage de rAfri([u(' du sud, où liguraieni deux autruch('s, mêle et femelle, el leur couvi'e d’aulruchons, formail la troisième partie du diorama. Ce ne fut jias la moins intéressante, ni la moins remarquée par les visiteurs, (diacun sail, en effet, ({uel précieux volatile est l’autruche, et comhien soni recherchées les plumes de ce plus gros des oiseaux connus.

Ces plumes servent aujourd’hui non seulement à la fahrication des panaches et des amazones, ces ornements classiques du chapeau de la femme, mais encore à la confection de boas, d’étoles, de cols, de manchons, dont le succès est si grand dans le momh' entier dejiuis ((uelques années.

Jadis, l'homme chassail l’autruche, el cet oiseau si inléressani élait menacé de dis[)arai;re complètement de la surface du glolx' ; aujourd’hui, non seulement l’homme ne le détruit plus, mais l’industrie de l’élevage de l’autrucln' domeslique, créée il y a environ dü ans, constitue un (dfunent de richesse considérable pour tous ceux qui s’y consacrent.

La colonie du Cap de Bonne-Es])érance produit aujourd'hui la presque totalité des plumes d’autruche employées dans l’industrie: d()0,()0Ü autruches, réparties dans 1 ,‘200 fermes plus ou moins im])ortantes, ont produit, en 190.), *200,000 kilogrammes de plumes, d’une valeur de vingt-cinq millions de francs. Ces plumes de l’Atrique du Sud sont, en majeure partie, dirigées sur Imndres et vendues aux enchères publiques.

11 y a six enchères par an et les prix qui s’y réalisent serveni de

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