ŒUVRES DE MUTUALITÉ ET DE SOLIDARITÉ
Les œuvres de mutualité et de solidarité, instituées par les industries de la Classe 86, sont fort nombreuses, la plupart ont été fondées jiar les Chambres syndicales pour venir en aide aux ouvriers, les assister en cas de besoin et resserrer ainsi les liens qui doivent unir le travail et le capital.
Des Sociétés de secours mutuels existent dans un grand nombre de fabriques, assurant des soins gratuits aux malades et soulageant les infortunes intéressantes.
Il convient de mentionner plus particulièrement, dans la rapide revue que nous allons faire de ces œuvres :
La Caisse de retraite des employés et ouvriers des deux sexes de l’industrie des tissus et matières textiles, que fonda, en 1898, l’Association des tissus et matières textiles qui compte, parmi ses chambres afliliées, de nombreuses industries de la Classe 86 ;
Les boutons;
Les corsets sur mesure;
Les cravates, foulards et cache-nez;
La lingerie confectionnée;
Les parapluies et les ombrelles;
Les tissus élastiques.
Les résultats acquis par cette œuvre, qui a pour but de constituer au bénéfice de ses membres, des retraites qui doivent leur être servies à 60 ans, et qu’alimentent en grande partie les patrons, soit comme membres fondateurs, soit comme membres adhérents
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EXPOSITION DE LIEGE
(la colisalioii patronale est (juaclruple de celle des employés), soit par des dons jiarliculiers, déinoiiireiil ([iielles belles et bonnes choses une entente parfaite entre jiatrons et ouvriers, qui sont en nonibre ép:al dans le Conseil de direction, peut réaliser pour le plus grand bien des uns et le plus grand bonneur des autres.
Il faut citer également «la Solidarité commerciale et industrielle de r.Vssociation des tissus». Société de secours mutuels alimentée par les patrons et emjiloyés (la cotisation jiatronale est triple de celle des employés) et qui. en outre des soins gratuits qu’elle assure en cas de maladie, verse une somme en cas de décès.
Nous devons faire une jilace à iiart aux œuvres de solidarité, qui existent et fonctionnent d’une manière si parfaite, dans un de nos plus importants magasins de nouveautés de Paris et ipii se composent d'une C^aisse de prévoyance, d’une C-aisse de retraites pour les employés, et d’une C-aisse pour les ouvriers et ouvrières.
C.es institutions dont les capitaux se cbitfrent par millions, constituent une œuvre considérable; elles sont alimentées par des prélèvements laits cliaque année sur les bénéfices de l’inventaire, sans qu’aucune retenue soit opérée, ni sur les appointements, ni sur les salaiies Elles permettent, en plus des sommes que touchent en quittant la maison les employés participant à la Caisse de jirévoyance, de donner des pensions viagères au jiersonnel c.omptant 20 années de service et 45 ans d’âge pour les femmes, et 50 ans pour les liommes, et de venir en aide aux ouvriers et ouvrières.
Cette maison obtint, dans la Classe 109, « Mutualité et Pré- ^oyance », uu Grand prix, et cette haute récompense est la juste consécration des efforts et des sacritices qu’elle s’impose pour améliorer le sort de ses collaborateurs et leur assurer un repos honorable.
Il faut louer l’organisation spéciale d'une très importante maison de cravates de Paris, qui, en reconnaissance des services rendus, alloue à ses employés qui la quittent lorsque l’âge ne leur permet plus de remplir leur emploi, des pensions viagères atte gnant des sommes élevées.
La Chambre syndia le des coiffeurs de Paris, qui obtint une médaille d’or, est la plus importante des organisations syndicales très nombreuses que compte cette industrie.
Elle a fondé l’Ecole française de modes et de coiffures pour
CLASSK 8(3.
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dames, dont })liis de *2(10 éh’nes suiveiil régidièremeid les cours qui leur })eruietleul d’ae(|uérir un l)rev(‘l d(; capaeilé; ee brevet leur est d’une grande ulilité pour se procurer du Iravail (ui France el même à l’élranger.
Des œuvres de mulualilé et de solidarité, (elles (pie la Sociélé de secours mutuels « Saiiil-Louis el Union » (pii oblini une médaille d’or à Idège, (d la «(laisse bumanilaire », gérée pai' des dames palronesses, permelleni de venir en aide aux ouvriers dans le besoin et de soulager les inrorlunes digiuis d’inlérél .
La Chamlire syndicale ouvrière a inslitm’' égalemeni des écoles de coilTure jiour hommes et jiour dames el un bureau de placement pour ses membres.
L’industrie du corsel [lossède à Paris deux Sociélés de secours mutuels des plus llorissantes ; la « Lorselière » (d la (( Dergère ».
Il convient de signaler tout parliculiènuneni les œuvres [diilanthropiipies que jiossèdc rinduslrie des fleurs et îles plumes, el (|ui font le plus grand bonneur, aussi bien aux liommes éminenls (pii les ont fondées, qu’à ceux qui se dévouent pour en assurer le fonctionnement régulier, pour le jilus grand prolil des ouvriers et ouvrières de cette belle induslrie.
Parmi les institulions patronales, il faut signaler :
La Sociélé de secours mutuels el de retraites des Heurs et plumes ;
La Caisse patronale de secours de rinduslrie des Heurs et plumes ;
La Caisse de secours aux ouvrières plumassières, dans le cas de maladie ou de chômage [irolongé.
Mais il convient d’accorder une mention spéciale à 1’ « Assistance paternelle aux enfants employés dans les falumpies de Heurs et plumes », dont les bienfaisants effets se manifestent de tant de manières diverses :
Parla création de cours diusirucl ion t(‘clini(pi(‘ (d d’bisloire naturelle, [lar le jilacement des enfants (ui apprenlis.sag(', (d par cette institution des (( groupes de familles », oii les jeunes lilles relrouvenl les joies du foyer familial absent, en y recevant inslruclion professionmdle et éducation morale.
Cette œuvre admirable obtint à Liège un Crand [irix.
11 s’est fondé récemment à Paris une Sociélé de secours mutuels
EXPOSITION DE LIEGE
pour les ouvriers el employés de la chapellerie, dont presque tou les patrons font partie comme membres honoraires.
Il convient de menlionncr également la haute récompense ohlenuc dans la Classe lO'i « liémunéralion du travail, parlicipalion aux bénélices » par une maison de bonneterie de Paris, qui se vit attribuer par le Jury un diplôme d’honneur.
Cette maison a distribué, depuis 1894, à ses employés et ouvriers, tant en jiarticipation aux bénélices qu’en versements alîectés à des œuvres de jirévoyance el d’assistance, une somme déliassant bOO.OOO francs, prélevée sur ses bénélices.
De telles manifestations de solidarité sont dignes des plus grands éloges. Elles méritent de retenir l’allention de tous les industriels, que oréoccupe si justement l’amélioration constante des rapports entre le travail et le capital, car elles aident singulièrement à atténuer les difiicullés si nombreuses et si complexes que soulève ce grand problème économique et social, dont on ne peut entrevoir une solution satisfaisante pour les diverses éléments de la production nationale, que par la difiusion des idées de progrès, de justice et d’équité.