ECOLES PROFESSIONNELLES
FRANCE
es Écoles professionnelles de jeunes filles des principales villes de France élaieni représentées à Liège.
Il nous faut exprimer ici notre gratitude à MM. les ministres du Commerce et de l’Instruction publique, pour les sacrifices qu’ils ont bien voulu consentir, afin de permettre d’exposer les travaux exécutés par les élèves de ces écoles, qui rendent de si grands services à la classe laborieuse de notre pays. Les ouvrières y apprennent non seulement un de ces nombreux métiers féminins qui leur assurent une existence honorable, mais elles y reçoivent encore un enseignement basé sur les meilleures traditions de bon goût et de bien fini, qui sont la caractéristique du travail de la femme, en France.
La Collectivité des écoles pratiques du commerce et de l’industrie de jeunes filles de Boulogne-sur-Mer, Dieppe, le Hàvre, Marseille, Nantes, Reims, Rouen, Saint-Etienne avait exposé de nombreux objets, tous remarquables, en lingerie brodée, robes d enfant avec dentelles, trous.seaux de bébé, peignoirs, cols, fleurs artificielles, etc... d’un travail soigné et d’une exécution parfaite, qui faisaient le plus grand bonneur à l’enseignement des professeurs de ces établissements, et témoignaient de l’habileté acquise par leurs élèves.
Le Jury décerna à cette collectivité le Grand prix.
Nous avons également remarqué, dans une belle vitrine, des oiseaux et fleurs artificielles parfaitement exécutés par les apprenties de la Chambre syndicale des fleurs et plumes.
KXI’OSITION DK LIIHIE
Col (MiseigiuMiionl prolcssioiinol, si iiiléressaiil qu’il soit, et si l’ccoiids (iiK* soiciil les résullals (|u'il a déjà produits, ii’a pas, en Franc(K h' développtuiienl (pi'il (h^vi’ail avoir. Il serait iiéeessaire (pie, non s(‘uleuieul dans les «randes villi's, mais encore dans tous les ciMiIres de produclioii, il ('xislàt des écoles pour enseigner les uolioiis des industries de la n'-gion cl pour former des apprentis (pu deviiMulraicnt rapideiuenl, par la praliiptc (!(' rusine, des ouvriers habiles connaissant hii'ii leur uiélier, el aptes à rendn* de grands services aux (diefs d'iudnsirie que préocciqx' justeinent le recrnieineni de plus en pins difticile des jeunes ouvriers expérimentés et instruits.
BELGIQUE
La Belgique, sous ce rapport, est fort inléressante à étudier ; le nombre des élablissemenis dans lesipiels est enseigné le travail manuel, est considérable. Ixu’s du derni('r receusemenl, ou en c()m[)lait d7(), doni ^.vlponi’ les j('unes tilles et l'id pour les garçons, se subdivisant en écob's professionnelles, aleliers d’appriuitissage el écoles ménagèi-es.
Les principaux Liablisscmenis di' l’bilal el un grand nombre d’Ecolcs professionnelb's élaieni l'epréseidés à Liège.
Dans des salons spacieux, éb'gammeni aménagés, élaieul réunis des objets de lonl(‘s sortes, se l•apporlant à de nombi-euses industries, el (pii tous élaieni d’un Iravail rmuarquable, (d démoniraient les résullals merveilleux obtenus par cet (Miseignement professionnel pour leipnd la B(dgique s’impose de lourds sacrilices (jui lui fout grand bonueur.
Nous ne passerons rapidement en revue ici (pie les Ecoles exposant des objels se ral tachant aux industries de la Liasse (S6 et qui coiisislaienl priucijialemeiil en lingerie confectionnée, avec broderies, testons (d ajoiirs. Il convieni de signaler pari iculièremeni des robes de bajilénu' en liille et dentelles, brodées à la main, laites aux ecoles de Laeken, les objels tricotés provenant des écoles de \ ilvonb* el ib' Lbarleroi, rpii nous ont semblé d’une exécution irréprocbalib*.
L’Ecole professionnelb' de la coilfiiri' de Bruxelles et celle d’Anvers nous ont singulièrmiienl éloimés. Dans une belle vitrine
de 3 mètres, elles avaient exposé un choix réellenaent merveilleux de cheveux de toutes couleurs, des postiches de formes et de façons diverses, qui étaient dignes de nos meilleurs artistes capillaires.
Les écoles de cordonnerie d’Anvers, de Louvain et de Garni exposaient des chaussures pour hommes, de luxe et de fatigue, d'un travail soigné.
L’Ecole d’apprentissage, pour le tressage de la paille, de Bassenge, montrait les travaux de ses élèves, en indiquant le laps de temps des études de chacun d’eux.
Les écoles de Liège et de Bruxelles avaient fait une démonstration intéressante de chapeaux garnis et de fleurs artificielles.
11 faut encore mentionner la belle vitrine de linge brodé et ajouré, exposée jiar l’Orphelinat des hospices civils de Gand, celle de l’Institut Benoist, et de l’Ecole pour jeunes tilles idiotes, aliénées et arriérées de Lokeren.
Toutes ces écoles furent encouragées, comme elle le méritaient, par les plus hautes récompenses.
A côté de ces établissements, il convient de signaler plusieurs œuvres philanihropiques, où de nombreuses jeunes tilles s’initient aux travaux féminins, lingerie, broderie, dentelles, qui leur assurent leur gagne-pain futur.
Enfin il faut louer tout particulièrement les Ecoles ménagères, qui ont pour but de mettre les tilles des ouvriers en état de posséder les qualités nécessaires pour administrer sagement une maison et faire du logis un foyer agréable.
Pour donner une idée des services que peuvent rendre ces éiablissements, en voici le programme si simple et si complet :
1” Comme cours théorique : des leçons d’hygiène et d’économie domestique, et les soins à donner aux entants et aux malades ;
2° Comme exercices pratiques :
a) L’entretien et la propreté de l’habitation et des meubles ;
b) Le lavage et le repassage du linge ;
c) Les travaux à l’aiguille, la coupe et la confection des
vêtements usuels, le raccommodage du linge et des vêtements ;
d) La cuisine ;
e) Enfin, pour les communes rurales, les travaux au jardin
potager, les soins à la basse-cour.
EXPOSITION DF. LIEGE
Des idées d’ordre et de stricte économie dominent tout l’enseignement.
Pour la coulure, par exemple, on fait étudier aux élèves la coujie et la confection du linge de literie, des chemises de femme, des vêtements simples de petite fille et de petit garçon, des rôties de jeune tille, des vêtements de travail, etc...
Le raccommodage du linge, rutilisation des vieux habits sont l’objet d’une attention toute particulière.
Enfin, pour la cuisine, on se borne à la préparation de plats à bon marché, en restant dans les limites (pi’autorise le modeste budget d’un ouvrier ou d'un artisan.
Ces écoles, qui comptaient lors du dernier recensement, 9.539 élèves, sont subventionnées par l’état, la province et la commune et peuvent ainsi, soit gratuitement, soit en ne demandant qu’une faible contribution aux élèves, donner à celles-ci de solides principes de travail, d’ordre et d’économie, qui leur permettent plus tard de se créer un foyer heureux et prospère.
Il est regrettable que désétablissements de ce genre n’existent pas en France. Les bienfaits en seraient d’autant plus sensibles, que, dans notre pays où le sentiment de l’épargne et l’amour de la famille sont développés au plus haut point, ils permettraient de combattre ce terrible lléau de l’alcoolisme, cause de tant de misères parmi les ouvriers qui, ne trouvant pas toujours à leur foyer, le plus souvent par ignorance des ménagères, le bien-être et les soins qu’ils pourraient raisonnablement espérer, le désertent pour les distractions malsaines et ruineuses du cabaret.