HALLUCINATIONS PSYCHIQUES
encore aujourd'hui sur les causes anatomiques de l'hystérie, de l'épilepsie, de la chorée, delà catalepsie, du somnambulisme, de l'extase, et de tous les dérangements de l'intelligence sans exception. Ce n'est pas assurément une raison pour renoncer à ces recherches, qui, poursuivies avec des moyens plus rigoureux d'investigation , pourront peut-être conduire un jour à quelque résultat. Mais nous devons avouer qu'on n'a, jusqu'à présent, obtenu sous ce rapport aucun fait précis, et qu'on puisse regarder comme définitivement acquis à la science.
Les hallucinations, comme les autres névroses, sont produites par un désordre inconnu dans sa nature, et qui peut, par exemple, succéder à une suppression d'hémorrhoides aussi bien qu'a une impression morale vive. Dans quelques cas, ce désordre sera guéri par une saignée, et, dans d'aulres, il cessera après une violente émotion. Le plus souvent, il est le résultat de causes physiques et morales réunies, et le traitement qui réussit le mieux est en même temps physiqire~~elmioral.
84- Hallucinations psychiques. — On vient de voir qu'on n'avait rien pu déterminer, quant à la nature du désordre auquel on doit attribuer les hallucinations psycho- sensorielles , à plus forte raison doit-on s'attendre à ne rien trouver après la mort qui puisse expliquer les hallucinations psychiques. Les fausses perceptions psycho-sensorielles s'observent surtout, en effet, dans les maladies aiguës; elles sont souvent produites par des agents toxiques ; elles ont donc, sous ce rapport, un caractère en quelque sorte plus matériel.
A part le délire, l'état intellectuel des malades qui ont des hallucinations psychiques diffère peu de celui des personnes qui ont l'habitude de parler seules, à leur insu, et il est pro-
chez les hallucinés. C'est quelquefois la seule altération qu'on rencontre dans l'encéphale de ceux dont le délire avait pour base unique les hallucinations, etc. » Les altérations du cervelet paraissent donc avoir été rencontrées par M. Foville cliez des aliénés non hallucinés.
RÉSUMÉ DU CHAPITRE DEUXIÈME. fa%
bable que la cause immédiate des deux phénomènes est la même. Avant d'en arriver à reconnaître à quoi tiennent ces modifications dans l'exercice de l'intelligence, la science aura bien d'autres problèmes à résoudre.
ré'siimé du chapitre deuxième.
Jl y a , quant à la nature des hallucinations, deux points à étudier. Il s'agit de déterminer :
i° Si l'hallucination est un phénomène purement psychique ou psycho-sensoriel;
2° Si ce phénomène peut être expliqué par quelques altérations appréciables du cerveau ou des appareils sensoriaux.
On doit admettre deux sortes de fausses perceptions, dont la nature n'est pas la même : des hallucinations psycho-sensorielles dues à la double action de l'imagination et des organes des sens, et des hallucinations purement psychiques, et tout-à-f;iit indépendantes des appareils sensoriaux.
L'exùtence des fausses perceptions psyeho-sensorielles est prouvée par les témoignages des personnes saines d'esprit, et qui ont éprouvé des hallucinations passagères, et entre autres par ceux de Biirdach et de Millier, qui se sont tous deux expliqués sur ce point de la manière la plus précise.
L'état complet de veille et de lucidité dans lequel les hallucinations ont quelquefois lieu ne permettrait point de comprendre l'erreur des malades sains d'esprit, et qui affirment qu'ils ont réellement vu et entendu. Plusieurs de ces malades. et entre autres le libraire Nicolaï, se sont d'ailleurs nettement expliqués sur la différence qu'ils reconnaissaient entre leurs hallucinations et les idées reproduites par la mémoire.
Le témoignage, des aliénés, mais surtout celui des aliénés guéris, acquiert une grande importance par l'accord remarquable qui existe dans la manière dont ces malades s'expri-
ment. Jl résulte des faits recueillis par Esquirol, MM. Lelut, Foville, Leuret, Aubanel, Bayle et par moi-même, que les hallucinés, soit pendant leur maladie, soit après leur guérison, affirment qu'ils ont vu et entendu aussi nettement qu'ils voient ou qu'ils entendent, dans l'état complet de santé et de Veille.
Les détails que les hallucinés donnent sur la manière dont ils sont impressionnés peuvent encore être invoqués pour démontrer l'existence des hallucinations psycho-sensorielles.
Pour les hallucinations de l'ouïe, les malades indiquent si la voix qu'ils entendent est forte ou faible, dans quelle direction elle vient; quelquefois cette voix n'est entendue que par une seule oreille, etc.
Les hallucinés qui ont eu des visions affirment, les uns, que les images couvrent les objets extérieurs; les autres, qu'elles suivent les mouvements des yeux. Gruithuisen, entre autres faits, a remarqué que, conformément aux lois de l'optique, une figure très brillante laissait à sa place une figure de même forme, mais obscure, etc. Nicolaï a décrit la décroissance graduelle dans la vivacité des images, la persistance de certaines parties, quand d'autres étaient déjà effacées, etc.
Les actes des hallucinés que leur conviction dans la réalité de leurs fausses perceptions poussent à l'homicide et au suicide, tendent encore à démontrer qu'il existe des hallucinations psycho-sensorielles.
J'ai pu encore m'appuyer, pour prouver la réalité de l'action des sens, sur ce que j'ai moi-même éprouvé quant aux fsusses perceptions de la vue, qui m'ont laissé la conviction d'impressions sensorielles aussi réelles que celles de l'état normal.
Les malades qui ont des hallucinations psychiques s'expriment d'une manière très différente de ceux qui ont des hallucinations psycho-sensorielles. Ils prétendent qu'on leur parle en pensée, par intuition , par magnétisme; ils conversent d'à nie à âme, en idée; ils entendent le langage de la pensée, etc.
DU CHAPITRE DEUXIÈME. l\l!)
Les auteurs mystiques ont admis deux sortes d'hallucinations. les unes intellectuelles, et les autres corporelles.
L'étude des rêves prouve qu'il existe des hallucinations psychiques et psycho-sensorielles.
On peut surtout démontrer l'existence de deux sortes d'hallucinations par le témoignage de certains malades, qui ou' éprouvé successivement deux phénomènes fie nature différente, et qu'ils ont distingués avec soin.
f^es aliénés qui ont des hallucinations psychiques de l'ouïe prétendent souvent qu'ils peuvent converser mentalement, et sans que leurs interlocuteurs remuent les lèvres et prononcent aucune parole. Ils comprennent le langage de la pensée.
Les médecins ont confondu les hallucinations psychiques avec les fausses perceptions psycho-sensorielles.
Les cas dans lesquels les malades entendent des voix à l'épigastre paraissent tous appartenir aux hallucinations purement psychiques.
Il faut aussi rapporter aux hallucinations psychiques les observations dans lesquelles les aliénés entendent des voix secrètes. intérieures.
Il en est de même des cas dans lesquels les hallucinés prétendent qu'ils peuvent à toute heure du jour, et quand il leur plaît, adresser des questions à leurs interlocuteurs invisibles et en recevoir des réponses.
Ces malades se servent quelquefois du mot voix, faute d'une autre expression qui rende mieux ce qu'ils éprouvent.
Les aliénés qui n'ont que des hallucinations psychiques prétendent quelquefois qu'ils entendent des vola- ordinaires, parce qu'il est plus simple de soutenir ce fait que d'inventer des explications étranges, et de dire par exemple qu'ils conversent d'à/ne à âme, par intuition, par magnétisme, qu'ils comprennent le langage de la pensée , etc.
Il est parfois difficile de décider de quelle nature sont les hallucinations , parce que les malades n'ont pas on n'ont
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