‹ Extrait d'un mémoire intitulé Des hallucinationsChapitre 48 sur 49 · OBSERVATIONS XXIX ET XXX · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS XXIX ET XXX

Illusions ayant leur point de départ dans les organes génitaux , et devenant beaucoup plus fortes au moment, du sommeil.

J'ai donné des soins à une jeune fille chlorotique et monomane qui éprouvait spontanément dans les organes génitaux des sensations tantôt voluptueuses et tantôt douloureuses. La sensibilité de ces organes était si exaltée , que la marche et quelquefois même le simple contact des draps pendant la nuit suffisaient pour développer des crises. Cette malade passait ses journées dans un fauteuil, les jambes relevées et écartées;

5o4 CAUSES ET THÉORIE

quelque peu décente que fût cette position, elle prétendait n'en pouvoir supporter d'autre, parce que le simple rapprochement des cuisses donnait lieu aux sensations qu'elle voulait éviter. Dans une série de lettres qu'elle m'a adressées, cette malade décrit avec soin tous les accidents qu'elle a éprouvés, et je trouve signalé dans l'une d'elles le paroxysme qui a lieu dans les hallucinations au moment du sommeil.

« J'ai eu vers ce temps, dit-elle, de très fortes sensations qui se répandaient partout et qui me produisaient un calme et une paix d'esprit inexprimables. Pour les combattre, je travaillais continuellement, souvent depuis cinq heures du matin jusqu'au soir; je me donnais ma tâche, je m'occupais avec acharnement, je me privais toujours d'un, peu de sommeil dont j'aurais eu grand besoin dans le milieu du jour ; mais aussitôt que je voulais m'y livrer, les sensations devenaient si excessives qu'il me semblait que j'aurais été coupable de m'y exposer. » J'ajouterai que cette jeune fille est aujourd'hui mariée et complètement guérie (i). '

J'ai vu , il y a peu de mois , un hypochondriaque chez lequel l'approche du sommeil produisait les mêmes effets. Les sensations, au moins très exagérées, qu'il accusait dans presque tous les organes, prenaient alors une telle intensité, qu'il redoutait singulièrement le moment où il allait s'endormir.

Je rappellerai encore que le malade qui fait le sujet de la seizième observation dit, en parlant des hallucinations de l'ouïe, qu'il avait presque continuellement : « Cela m'arrive surtout le soir, au moment où je vais m'endormir, et le matin lorsque je m'éveille. »

(1) J'ai rapporté plus haut avec tous leurs détails les deux observations qui précèdent. (82. 49.)

DES HALLUCINATIONS. 5oS

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