RESUME DU CHAPITRE PREMIER
Les hallucinations de l'ouïe sont les plus WJqucntcs et les plus compliquées.
Les plus simples ne consistent guère qu'en des bruits de différente nature, ou bien dans la reproduction de quelques mots ou de quelques phrases toujours les mêmes.
Lorsque ces hallucinations deviennent pins compliquées elles reflètent, pour ainsi dire, les préoccupations des malades.
Quelquefois il semble à l'halluciné qu'on répète tout haut ses pensées ou ses paroles; dans ce dernier cas le malade suppose qu'il y a autour de lui une sorte d'écho. Quelquefois on redit ce que l'halluciné vient de lire.
Les interlocuteurs invisibles parlent le plus souvent au malade à la seconde personne; plus rarement ils s'entretiennent de lui, et il assiste comme simple spectateur à une conversation dont il est l'objet.,
Le nombre des voix varie; il peut n'en exister qu'une seule, ou bien deux, trois, quatre, et jusqu'à dix ou douze. Quand il y en a deux, souvent l'une conseille le bien et l'autre le mal, et les hallucinations reflètent alors les combats de la conscience.
Les hallucinés engagent souvent de longues conversations avec les personnages invisibles qui les entourent. Quelquefois ils font en même temps la demande et la réponse, mais avec deux voix différentes; l'une esnâ~~voîxT ordinaire^ l'autre une sorte de voix gutturale qui rend très difficile à entendre ce que Je malade dit de cette manière.
Les aliénés semblent dans quelques cas pouvoir reproduire à volonté leurs fausses perceptions sensorielles; ils font quand il leur plaît des questions à leurs prétendus interlocuteurs, et en reçoivent des réponses.
Chez ceux qui savent plusieurs langues, les voix se servent ordinairement de la langue qui est la plus familière au malade. *
Il est loin d'être prouvé que l'intelligence des hallucinés soit quelquefois, pendant la durée des hallucinations, supérieure à ce qu'elle est dans l'état normal.
Les fausses perceptions de l'ouïe sont assez souvent la reproduction de sensations vives antérieures.
Les voix que les hallucinés entendent sont graves et fortes, ou ressemblent à des murmures et à des chuchotements; quelquefois elles ne font pas de bruit: ce sont des voix secrètes intérieures; les malades entendent la pensée à distance, ils conversent à' âme à aine, ils causent en idée, etc.
La direction dans laquelle les voix arrivent aux malades, et la distance à laquelle elles sont entendues, varient extrêmement.
DU CHAPITRE l'ULMIMl. 365
fies interlocuteurs invisibles sont tantôt à l'étage supérieur, ou an-dessous du plafond, ou daus un .meuble, dans le lit, etc.; souvent ces voix paraissent venir de fies loin, d'où le mot de porte-voix qu'emploient si souvent les halluciné*
Les 'voix ne sont quelquefois entendue* que par mie seule oreille.
Des bruits de différente nature, des bourdonnements dans les oreilles, précèdent ou accompagnent souvent les hallucinations de l'ouïe.
Les hallucinés entendent quelquefois les voix flans leur tète, dans leur gorge, dans leur poitrine, mais pins souvent à l'épigastre ; dans ce dernier cas, le développement d'une vive sensibilité dans la région épigasii ique, et nnv, sorte de ventriloquie que le malade produit à son insu , paraissent les causes probables du siège que ces hallucinés assignent à leurs finisses perceptions.
Les hallucinations de l'ouïe sont presque constantes, chez les aliénés atteints de surdité.
L'étude des phénomènes intellectuels dans les fausses perceptions de la vue est beaucoup plus simple que dans celles de l'ouïe. Ces fausses perceptions reproduisent tantôt un objet toujours le même, mais plus souvent des objets très variés.
Les hallucinations de la vue, comme celles de l'ouïe, ont souvent desi-apports avec des préoccupations des malades; elles ne sont aussi quelquefois que la reproduction de sensations \ives antérieures.
Les phénomènes sensoriaux sont plus faciles et plus importants à étudier dans les fausses perceptions de la vue, (pie dans celles des autres sens.
Les images qui apparaissent aux hallucinés sont tantôt -i vives, que ces malades indiquent avec précision les moindres détails; tantôt, au contraire, ces images ne se montrent que comme à travers un voile ou une gaze très fine.
Les personnages que voient les hallucinés sont immobiles,