LITBE IV, CHAPITRE IV
nos ntagnaniines ancêtres établirent au village la pépinière de ces robîlistes et vaillants hommes qui les dé&adoieDt en temps de ^erre et tes nourrissoient en temps de paix. Ffinedit positivement que les tribus des champs étoient honorées à cause des hommes qui les composoient; au lieu qu'on transféroit par ignominie dans celles de la ville les lâches qu on vouloit avilir. Le Sabïn AppîusClaudius, étant venu s'établir à Rome , y liit comblé d'honneurs et inscrit dans "une tribu rustique , qui prit dans la suite le nom de sa &mille. Enfin les affranchis entroient tous dans les ttibus urbaines , jamais dans les rurales ; et il n'y a pas , durant toute la république, un seul exemple d'aucun de ces affranchis parvenu à aucune magistrature, quoique devenu dtoyen.
Cette maxime étoit excellent!
si loin , qu'il en résulta enfin u tainement'Un abus dans la poli
Premièrement, les censeuri long-temps le droit de transfê citoyens d'une tribu à l'autre , de se faire inscrire dans celle qi sion qui sûrement n'étoit bonn« grands ressorts de la censure, les puissants se faisant tous ina la campagne, et les affranchis devenus citoyens restant avec la populace dans celles de la viUe , les tribus , en général , n'eurent plus de lieu ni de territoire , mais toutes se trouvèrent tellement mêlées , qu'on ne pouvoit plus discerner les membres de chacune que par les registres; en sorte que l'idée du mot tribu passa
aiQsi dt^réel au personnel, ou plutôt dévint presque une chimère.
Il arriva enc(M*e que les tribus de la ville , étant plus à portée , se trouvèrent souvent les plus fortes dans les comices , et vendirent rétait à ceux qui daignoient ache* ter les suffrages de la canaille qui les composoit.
A regard des curies , l'instituteur en ayant fait dix en chaque tribu, tout le peuple romain, alors renfermé dans les murs de la ville, se trouva composé de trente curies, dont chacune avoit ses temples, ses dieux, ses officiers, ses prêtres, etsesfJêtes, appelées compitalia, semblables anxpaganalta qu'eurent dans la.suite les tribus rustiques.
Au nouveau partage dé Servius , ce nombre de trente ne pouvant se répartir également dans ses quatre tribus, il n'y voulut point toucher; et les curies, indépendantes des tribus , devinrent une autre division des habitants de Bome : mais il ne fut point question de curies ni dans les tribus rustiques ni dans le peuple qui les composoit, parcequeles tribus étant devenues un établiss«aent purement civil , et une autre police ayaift été introduite pour la levée des troupes , les divisions militaires de Bomulus se trouvèrent superflues. Ainsi, quoique tout citoyen. fut inscrit dans une tribu , il s'en falloit de beaucoup que chacun ne le fût dans une curie.
Servius fit encore une troisième division, quin'avoit aucuh rapport aux deux précédentes, et devint, par ses effets, la plus importante de toutes. Il distribua tout le peuple romain en six classes , qu'il ne distingua tiî par le lieu ni par les hommes , mais par les' biens ;