‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 107 sur 200 · LIVRE IV, pBAPITKE ÏV. r^3t · texte numérisé non relu

LIVRE IV, pBAPITKE ÏV. r^3t

trois classes, qui, de cette division, prirent le nom de tribus. Chacune de ces tribus fut subdivisée en dix curies , et chaque curie en décuriès , à la tête desquelles on mit des chefs appelés curions et décurions.

Outre cela on tira de chaque tribu un corps de cent cavaliers ou chevaliers , appelé centurie , par où Ion voit que ces divisions , peu nécessaires dans un bourg ^. n'étoittit d'abord que militaires. Mais il semble qu'un instinct de grandeur portoit la petite ville de Rome à se donner d'avance une police convenable à la capitale du monde.

Dé ce premier partage réisulta bientôt un inconvénient; c est que la tribu dçs Albains < et celle des Sabins ^ restant toujours au même état, tandis que celle des étrangers ^ croissoit sans cesse par le concours perpétuel de ceux-ci , cette dernière ne tarda pas à sur-' passer les deux autres. Le remède que Servius trouva. à ce dangereux abus fut de changer la division ; et à celle des races qu'il abolit, d'en substituer une autre tirée des* lieux de là ville-occupés par chaque tribu. Au lieu de trois tribus il en fit quatre , chacune desquelles occupoit une des collines de Rome et en portoit le nom. Ainsi remédiant à l'inégalité prés^te , il ]a*prévint encore pour IWenir; et afin que cette division ne fût pas seulementde lieux, mais d'hommes, il défendit aux habitants d'un quartier de passer dans un autre; ce qui empêcha les races de se confondre.

Il doubla aussi les trois anciennes centuries de cavalerie , et y .en ajouta douze autres , mais toujours sous les anciens noms; moyen simple et judicieux par

* Bammenses. — * Tatienses, — ' Luceref.

lequel il acheva de distinguer le corps des chevaliers de celui du peuple, sans faire murmurer ce dernier.

A ces quatre tribus urbaines SerVius eu ajouta quinze autres ^ appelées tribusTustiques , parcequ elles étoient formées des habitants de la campagne , partagés en autant de cantons. Dans la suite on en fit autant de nou* velles; et le peuple romain se trouva enfin divisé en trente-cinq tribus , nombre auquel elles restèrent fixées jusqu'à la fin de la république.

De cette distinction des tribus de la ville et des tribus de la campagne résulta un effet digne d'être, observé , parcequ'il n'y en a point d'autre exemple , et que Rome lui dut à-la-fois la conservation de ses mœurs et l'accroissement de so^ empire. On croiroit que les tribus urbaines s'arrogèrent bientôt la puissance et les honneurs , et ne tardèrent pas d avilir les tribus rustiques: ce Ait tout le contraire . On conijioît le goût des premiers Romains pour la vie champêtre. Ce goût leur venoit du sage instituteur qui unit à la liberté les travaux rustiques et militaire , et relégua pour ainsi dire à \bL ville les arts , les métiers , l'intrigue , la fortune , et l'esclavage.

Ainsi tout ce qi|| Rome avoit dlUustre vivant aux champs et cultivant les terres , on s'ac,coutuma à ne chercher que là les soutiens de la république. Cet état , étant celui des plus dignes patriciens , fut honoré dé tout le monde ; la vie simple et laborieuse des villageois fut préférée à la vie oisive et lâche des bourgeois de Rome ; et tel n'eût été qu'un malheureux prolétaire à la ville , qui , laboureur aux champs , devint unt^yen respecté. Ce n'est pas sans raison, disoit Varron, que

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