‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 127 sur 200 · LIVRE IV, CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE IX

Note du comte d^Antraigfues se rapportant à un passade du Contrat social, livre m, chapitre i0. à la fin.

Jean-Jacques Rousseau ayoit eu la volonté dVtablir, dans un ouvrage qu'il destinoit à ëclaircir quelques chapitres du 'Contrat social f par quels moyens de petits états libres pouvoient exister à côté des grandes puissances, en formant des confédérations. Il na pas terminé cet ouvrage, mais il en avoit tracé le plan, posé les bases, et placé à côté des seize chapitres de cet écrit, quelques unes de ses idées, qu'il comptoit développer dans le corps de l'ouvrage. Ce manuscrit de trente-deux pages, entièrement écrit de sa main, me fut remis par lui-même, et il m'autorisa à en faire, dans le courant de ma vie, Fusage qtieje croirois utile.

Au mois de juillet 1789, relisant cet écrit, et frappé des idées sublimes du génie qui l'avoit composé, je crus (j'étois encore dans le délire de Fespérance ) qu'il pouvoit être infiniment utile à mon pays et aux Etats-généraux, et je me déterminois à le publier.

J'eus le bonheur, avant de le livrer à l'impression, d'e consulter le meilleur de mes amis, que son expérience éclairbit sur les dangers qui nous entouroient, et dont la cruelle prévoyance devinoit quel usage funeste on feroit des écrits du grand homme dont je voulois publier les. nouvelles idées. U me prédit que les idées salutairef qu'il offroit seroient méprisées ; mais que ce que ce nouvel écrit pouvoit contenir d'impraticable, de dangereux pour une monarchie, seroit précisément ce que l'on voudroit réaliser, et que de coupables ambitions s'étateroient de cette grande ai:^torité pour saper, et peut-être détruire l'autorité royale.

Combien je murmurai de ces réflexions I combien elles m'affligèrent 1 Je respectai l'ascendant de Famitié unie à l'expérience, et je me soumis. Ah ! que j'ai bien reçu le prix de cette déférence I Grand Dieu 1 que n'auroient-ils pas fait de cet écrit I comme ils Fauroient souillé , ceux qui, dédaignant d'étudier les écrits de ce grand homme, ont dénaturé et avili ses principes ; ceux^qui n'ont pas vu que le Corttrat social, ouvrage isolé et abstrait, n'étoit applicable à aucun 'peuple de l'univers ; ceux qui n'ont pas vu que ce même J. J. Rousseau , forcé d'appliquer ces précepûîs à un peuple

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eûfttant en corps de nation depuis des siècles, plioit aussitôt ses principes aux anciennes instituti(^ns de ce peuple , mëna^eoit tous les préjagés trop enracinés pour être détruits sans dëcïhireraents , qui disoit après avoir tracé le tableau le plus déjplorable de la constitution dégénérée de la Pologne : « Corrigez, s'il se peut,* les abus « de TOtfe copstitution^ mais pe méprisez pas cellfi (jui voi|8 a fpts « CQ qu^,Tpus êtes ! »

Quel parti d*aussi mauvais disciples d*un si ^rand hômmp anrqient tiré de Técrit que son amitié m*avoit confié s'il pouvait être utile !

Ce( écrit que la sagçsse. d*autrui m*a préservé de publier ne le sera jamais; j*ai trop bien vvi et dç trop près le dapger qifil en résulteroit pour ma patrie. Après Favoir communiqué à l'un des plus véritables amis de J. J. Rousseau, 'qui habite près du lieu où je suis , il n existera plus que dans nos souvenirs.

( Cette no|e termipe une brocltfire quele comte d'Antraigues , àéfkUté d\\ Yivar^is k l'Assemblée constit«||Dte| e( qpî éoM^a d^s 1790, fft imprimei^ cçtte apn^e même à Lausanpe spus ce titre : Quelfe es^ la situation de l'Assemblée nationale? (in-S** de 60 p2|ges. ) Nous reproduisops ici sa note tout fsntière^ en PQi^s dispensant de toute réfl^yipp ^pr SQo*eopt?pp- )

FIN DU CONTRAT ftOCIAL.

CONSIDÉRATIONS

SUR

BT

SUR SA RÉFORMATION PROJETÉE EN AVRIL 177a.

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