CHAPITRE II. a
«insulière nation, si souvent subjuguée, si souvent dispersée, et détruite en apjparence, mais toujours idolâtre de sa régie, s est pourtant conservée jusqu'à nos jours éparse parmi les autres Sîa'ns s'y confondre, et que ses mœurs, ses lois , ses rites, subsistent et du* reront autant que le monde , malgré la haine et la per-^ sécution du i^este da genre humain^
Lycurgue entreprit d'instituer un peuple déjà dé* gradé par la servitude et par les vices qui en sont Tef* fet. Il lui imposa un joug de fer , tel qu aucun autnt peuple n en porta jamais un semblable ; mais il rattacha , ridentifia pour ainsi dire à ce joug, en Toccupant toujours. Il lui montra sans cesse la patrie dans se6 lois , dans ses jeux , dans sa maison , dans ses amours , dans ses festins ; il ne lui laissa pas un inistant de ré* lâche pour être à lui seul : et de cette continuelle contrainte, ennoblie par son objet, naquit en lui cet ardent amour de la patrie qui fut toujours la plus forte ou plutôt Tunique passion des Spartiates , ^ qui en fit des êtres au-dessus de rhumsuiité. Sparte n etoit qu'une ville, il est vrai; mais par la seule fbrce de aoo institution, celte ville donna des lois à toute 1^ Grèce , ea devint la capitale , et fit trembler lempir^ persan. Sparte éioit k foyer d'où sa législation étendmc ^es effets tout autour d'elle*
Ceux qui n'ont vu ^ans Numa cpi'un instituteul* âfi me& et de cérémonies religieuses ont bien »m\.fi9^ ce grand hotnme* Numa ftuie vrai fondaleuip dé Jtomt» SîBomulus n'eût fait qu'assembler diss brigands qu'um revers pouvoit dispers^^^o^ ouvrage imparfint n'eut pu résister au temps. Ce fut Numa qui Le rendit solide
î86 gouvebnbm:e.t»t de Pologne.
m domble en onis^aMdes btigands im tm corps imlii^ êdhible^ éf» lés tratidferniflivi en dftdy«M^, moim pa^ ^€8 lois , dtfntkor rasti^oe patit rété à'amiitçtxèreen^ Gore besoin , que' par des^ fiidtiniiîoAd dotiedsp ^i l^ âtta^ctieM le» nos àtfit autre», m. t#ud à lear sol ^ #ft rendait e»&i Icfur Tille Sacrée par ses rites^ frivoles et superstitieux en appavence, dontÂpeadegemP^eo^ tent la force et Véttet^ eiétmt cépcadant fiaBudff», le faroache RomulciK ItMtêney a^mt jeié lei pre aM Mss fonoeâftettts*
Le ttéffii0 esprit guida i&as k^ aiMiem Mg^kMlRfrs dMsi leurs îtistittttkmsv ToosieliercbèreMde^lîeiiS'^piû «tea^ïha^eM tes df^^eos à la patrie* et iis im^aiKSi^aii^ très ; et ils le$ ts^ouvèt^eiiMiâtts de» usâ^^pai«mdie»as dans des* cNÉtémonAes r^tgieudes qui passeur éveieut loifjiMm eitcicttlvës et uatsdiiakt: < ;.d)ipa jeat qui tMoieuf bèaii€OUp tes oiip^erarraiSiBeixlbiés; da»vs des «xer^ice^ ipi ai«§cÊÊënt6i0nt &vmf hfkt vi* gaeur et leurs f&tce^ leur fierié et resftîiàe^stfeitx-» mêax^s^é^n^ des^eemcled qtti, Imir rappatam Yhis^ teiiirdpef lea»^ aaeéireïs , lews aaalbpéttr», leurs trevtua^ leuii» victoires, imér0ise<)ttefitlei»ii efeeurs^les eoflaa» fitioient d'une vwé émulafion , et>l«s êtéadamant finta^ ment à cette- patrie doat cm né ôeAairiît âetbax>oiqw; Ce sont ks poésies d'Hc^Evèrerécâféiaaii^Oreaaïic^iâl^ fteUemeut assemUf^s^^ neci daii$ ésiê eofltes , a«u» des jfifaaiches et4 argent à la imiir, maïs en pkîn wàtetéoL eorps de MEiti^; ce saut las* ftagédiee d'Eschyte, da Sopfaecle et d'Euripide , repféë#»iéed saovatit devant enic', Éè êtmi les pi4« dëM^mi» fieielamaii«Mie>d^toata
* Voyez la (in au Contrat social {liv. iv, ehap. 8).
CHiprTRf: ri. ^87
kl. Gtéeè j an cooroonoit les Taincpiears dana leo^s jeux , qui , les embrasant CMitiniieUemeiit d'énmlstioa et de gloire, portèrent leur courage et leurs vertus à ce degré d'énergie dont rien aujoud'hui ne nous donne d'idée , et cpi'H n^appatrtiédt pas même aux mô^ demes de croire. S'ils ont des lois, c'est uniquement pour leur apprendre à bien obéir à leurs maîtres , à ne pets voler dans les pqcbes , et à donner beaucoup d'ar- If^ntaux fripons publics. S'ils ont des usages, c'est pour sai^oir amuser l'oisiveté des femmes galantes, et pFQDQiener U leur avec^ace. S'ils s'asseocblcnt, c'est dans des t^nplcs^ pour ua coite qui n'a rien de natior nal, qui ne rappelle en rien la patrie; c'esÉ dans des Salles biett fecmées et à prix d'argent ^ pour voir sur des théâtres efféminés, dissolue, où l'on ne' sait parler que d'amour, déclamer des histrions, minauder des prostituées « et pour y prendre des leçonade corrup» tion , lesv seules qui profitent de toutes celles qu'on fait semblant dy donner; c'est dans des fêtes où le peur fi»f toujours méprisé , est toujoiu's sans influence , où le blânu» et l'approbatk» puUique ne produisent rien ; c'est dans des cohaes licencieuses, pour s'y faire def Uaiaeiis secrètes « pour y chercher les plaisirs qui sé*parent, isolent h» plus les hommes , et qui telàdient le plu» les cœurs. Sont*ce là des stimulants pour le,pa^ 1 triotisBoe? Faut-il s'étonner que des manières de vivre si diasemhhtdes produiseiu des effets  différents ,. et ^pie les-moderties iie retrouvent plus rien en eux^ dç cette vigueur d'ame que touf iwspirgit anx ^^ciens? Vudoi^ne^ ces di^^s^ooe à ua reste de chaleer quç voe» Avea raniméev Je reviens avec plaisir à celui de
a88 GOUVERNEMENT DE POLOGNE.
tous les peuples d'aujourd'hui qui m'éloigne le moiDi de ceux dont je viens de parler.