‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 131 sur 200 · CHAPITRE U · texte numérisé non relu

CHAPITRE U

ouverte à ses agresseurs, au fort de ses malheurs et de son anarchie, montre encore tout le feu de la jeunesse; elle ose demander un gouvernement et des lois , comme si elle ne iaisoit que de naitre. Elle est dans les fers, et discute les moyens de se conserver libre; die sent en eUe cette force que celle de la ty* ranniene peut subjuguer. Je crois voir Rome assiégée régir tranquillement les terres sur lesquelles son\ ennemi venoit d'asseoir - son camp. Braves Polonois, prenez garde; prenez garde que, pour vouloir trop bien être , vous n empiriez votre situation^n songeant à ce que vous voulez acquérir, n'oubliez pas ce que vous pouvez perdre. Corrigez , s'il se peut, les abus de voti*e constitution; mais ne méprisez pas cellç qui vous a faits ce que vous êtes.

> Vous aimez la libellé, vous en êtes dignes; vous l'avez défendue contre un agresseur puissant et rusé , qui , feignant de voué présenter les liens de l'amitié , vous chargeoit des fers de la servitude. Maiojtenantlas des troubles de votre patrie , vqyiS«adoùpirez après la tranquillité. Je crois fort aisé de l'obtenir; mais la conserver avec la liberté , voilà ce qui me parolt difficile. C'est au sein de cette anarchie qui vous est odieuse que se sont formées ces âmes patriotiques qui vous ont garantis du joug. Elles s'endormoient dans un repos léthargique; l'orage les a réveillées. Après avoir brisé les fers qu'on leur destinoit, elles sentent le poids de la fatigue. Elles voudroient allier la paix du despotisme aux douceurs de la liberté. J'ai peur qu'elles ne veuillent des choses contradictoires. Le

38a GOUVERNEMEJNT DM POLOGNE.

teposei ialiberté me paroî^sest mooropBLt&i^ /liêiint cfrter.

Je ne dtô pas qu il faille Irâcser les choses ^éam9 Tétat dk elies sont; mais je dis qu'il n y hmi leucbisr qa«ivecfiiDe circonspeeti<m extrême. £q ce aoMKoeiit en est pluâ frappé ^iea alms qiae «des avaitfages. Le temps viêudra, jelecraÎBS, qu^nseatea mieux, ces avantages, ât malhemteusemeiil; oe sera quand on jles aara peidus.

iQu'îljsrâtaisé^ si Y on yeut^ defiare demeiUeiuies lois. Il jest iiiipcissiiafe d'en 'faire dont les passî^^ hommes n abuseoi: pas^ comme ils ont abuaé des pre^ mières. Prévioîf- et peser laiusces ak«s à ¥«ûr esiLpeu^* étape une dbose impossible à l'homme d'étf^ h plus consommé. Mettre la loi au-dessu» de Tbomm^ e^t iw prabl^e en politique que je compare à cdui de la quadrakure du cercle ea géométrie. BésolyesB bien ee problème; etle|^yem€9nentfondésuricette.$alutioià serabon«t sans abus. Mais juscpi^àdoyez sârsqu où y4>us oroinez &ire réggaer les lois , ce serouties b^mme» qui régneront.

Il n y aura jamais de bonne et solide /oonsiitulioa que celle où la loi ré^juera sur 1^ cœurs 4es qixoyeo3 : tant que la force législative n'ira pas jjiisque4à| le» lois seront toujours éludées. Mais comment arriver aux cœurs? «est à quoi aos instituteurs, qui ne voient jamais que la force et les châtiments^ ne sou*gent guère, etcest à qucn les nécumpeases matérielle se méneroieot peut-être pas mieux ; la justice même laplusintégre n y mène pas , pas>Geque la justice est , ainsi que la santé , • un bien dont on jouit sans le sén-

GHÀPITBE L 283.

ne soMt le prix ou aprè^ lav^Mr p^^d«i.

jRar oà done fimoavoir les ooMuns , et iaîreiâmer la I pairie et see lois? L'os«n»jedire? par de^ jeux d'en* ^ fiuQta, par des ôutitattiioais tH9eit«es aux yeux des hommes superficiels, mais qui forment des habitudes ehénas et des attachemaats ^^TiBcâbles. Si j extraifagoe ieî, cestdÉ moins bien oompLètement , car j ayoue que je vms ma folie sous tous les. traits de la isttson.

CHAPITBË II.

Esprit des aDciennes institutions.

Quand en ik rhîMNre aneieane 9 ousecnoittranB*per^ dane on autue unrfcrs et parmi d'antres êtres. Qci<mt de commua ies Ananoois , les Anglois , les Basses, aWc Les Boosams et jes Grecs? rien prèsf{iie qœ iii.figm«. Les foites aiàesr\de ceux-ci paroissent aux autres des exagérations de Thistoire. Commenc eux qui se sentent si- petits penseroîent4ls qu'il y ait en de ai grwds hommes? Ils existèiMt ponrtnat et c'étaient des humains comme nous« Qu'est-ce qaî nous ampéofafi d'être des hommes conome eux? nos : pe^ufjés , natM basse phîlosofriiie , et les passions du i petit intérêt, concentrées avec l'égoïsme dans tons \ leecœurs par des institutions ineptes que le génie ne \ dteta.)amais.

fc negarde les nations aaodemes. J'y vois force finseura de lois et pas un législateur. C3iez les anciens , .

j en ' vois trois principaux qui méritent une attention particulière; Moïse, Lycurgue, et Numa. Tous trois, ont mis leurs principaux smns à des objets qni parottroient à nos docteurs dignes de risée. Tous trois ont eu des succès qu on jugeroit impossibles, s'ils étoient moins attestés.

Le premier forma et exécuta Tétonnante entreprise d'instituer en corps de nation un essaim de malheureux fugitifs, sans arts, sans armes, sans ta» lents , sans vertus , sans courage , et qui , n'ayant pas en pix)pre un seul pouce de terrain, iaisoient une troupe étrangère sur la foce de la terre. Moïse osa faire de cette troupe errante et servile un corps politique, un peuple libre; et, tandis quelle erroit dans les déserts sans avoir une pierre pour y reposer sa tète , il lui donnoit cette> institution durable , à Té- [H'euve du temps, de la fortune et des conquérants, que cinq mille ans n ont pu détruire ni même altérer , et qui subsiste encore aujourd'hui dan/ toute sa force , lors miéme que Ih corps de la nation ne subsiste j^us.

Pour empêcher que son peuple ne se fondtt parmi les peuples étrangers, il lui donna des mœurs et des usages inalliables avec ceux des autres nations; il le sivchargea de rites , de cérémonies particulières ; il le gêna de mille façons pour le tenir sans cesse en ha*> leine et le rendre toujours étranger parmi les autres hommes ; et tous les liens de fraternité qu'il mit entre les membres de sa république étoient autant de barrières qui le tenoient séparé de ses voisins et l'empêchment de se mêler avec eux. C'est par là que cette

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